La descendance Marrier de Lagatinerie

Trente ans plus tard, en 1937, Jean-Charles-Jacques MARRIER de LAGATINERIE est préfet maritime à Bayonne. Il y épouse Eugénie GALLIAN, dont il aura une descendance innombrable :

PASCAL, PLIEUX de DIUSSE, de GISLAIN de BONTIN, RODIER, MNISCEK, BOURGOIS, de VERDELON, BROCHANT de VILLIERS, GUYOT d’ASNIERES de SALINS, CHOPARD, RACT-MADOUX, DESROUSSEAUX de MEDRANO, BONNAURE, de CHOLIER de CIBEINS, JOUET, de TURCKHEIM, POZZI, RONIN, de LESTAPIS, DUGé de BERNONVILLE, BES de BERC, de ROQUEFEUIL, MARRIER d’UNIENVILLE, de la TAILLE, CHAMBRIARD, de la FORGE, CASSASSOLLES, LASSARA, PESTRE, JOZAN, GOBILLIARD, de BRUCHARD, ROMEFORT, GUILLEMOT, de LAFORCADE, de BREBISSON, d’ANTIN TOURNIER de VAILLAC, HERVé-BAZIN, BRILLAUD, GAULTIER du PERRAY, FARJON, FAVRE, VILLEDEY, BONHOMME de MONTAIGUT, ICERY-MARTIN, PIAT, DESVAUX de MARIGNY, PFIRSCH, MALLAC, MAINGARD de la VILLE ès OFFRANS, …

... parmi laquelle quelques célébrités :

  • Andrzej, comte MNISCEK, (1824-1905), peintre de renom
  • Xavier DOR (1929), médecin condamné en 2013 pour entrave à l’IVG
  • Landry MARRIER, baron de LAGATINERIE (1912-1999), acteur de cinéma sous le nom de « Gérard Landry »
  • Marc-Michel MARRIER de LAGATINERIE (1949 -1983), acteur sous le nom de « Marc Porel »
  • Hervé-Michel GOBILLIARD (1941), général d’Armée, gouverneur des Invalides

La visite des fiancés à l'Impératrice Joséphine

Le 13 juillet, Mme de Bois d’Hyver va à Paris avec sa fille et son futur gendre. Elle a obtenu une audience de 2 heures avec l’impératrice dans un appartement particulier :

« L’impératrice lui a donné beaucoup de témoignages de bienveillance. Elle lui a promis de signer et de faire signer par l’empereur le contrat de mariage à son premier voyage de Fontainebleau qu’elle croit très prochain. Je sais cela par voie indirecte car je n’ai vu ma belle-sœur qu’une seule fois chez Jurien où le hasard me l’a fait rencontrer.» (lettre du 13.7.1807 de Jacques-Marie MARRIER à son fils)

Napoléon est à Tilsitt. On peut imaginer que l’impératrice évoque les lettres qu’elle a reçue quelques jours avant :

« ... Je viens de voir l'empereur Alexandre ; j'ai été fort content de lui ; c'est un fort beau, bon et jeune empereur ; il a de l'esprit plus que l'on ne pense communément. La belle reine de Prusse a dîné hier avec moi. J'ai eu à me défendre de ce qu'elle voulait m'obliger à faire encore quelques concessions à son mari ; mais j'ai été galant, et me suis tenu à ma politique. Elle est fort aimable... Quand tu liras cette lettre, la paix avec la Prusse et la Russie sera conclue, et Jérôme reconnu roi de Westphalie... ».

Le contrat de mariage

Il est également commenté par le vieil oncle qui raconte à son fils :

« Mon frère donne par contrat de mariage à sa fille 38.000 francs dont 24.000 F sont le capital d’une rente de 1.200 F qui sera acquittée par le logis et la pension des jeunes époux. Les 700 F de rente provenant des 14.000 F sont acquittés par des effets par l’état et sur une rente de Mme de Bois d’hiver. Tu vois qu’il n’y a de disponible que ces 700 f pour l’entretien et les fantaisies de M. de Larminat lequel apporte 30.000 F en biens fonds et ses appointements de garde général qui sont, je crois, de 2.000 F. Je conclus de tout cela que Mme de Bois d’Hiver n’a pas voulu se gêner en établissant sa fille et que son revenu ne sera pas beaucoup diminué.

Je souhaite que son esprit de calcul ne déplaise pas, par la suite, à son gendre. » (lettre Jacques-Marie à son fils Jean-Charles le 29.7.1807)

 

Le mariage

Les deux jeunes fiancés de 29 et 18 ans s’unissent le 28 juillet 1807 à Fontainebleau.

Ils auront, en 2017, une descendance constituée de 2.149 personnes !

Les Lagatinerie assisteront-ils au mariage ?

Le jour du mariage, Jacques Marie MARRIER n’assistera pas à la fête et prend prétexte du mauvais état de sa jambe blessée pour refuser l'invitation. La rancœur n’a donc pas vraiment été atténuée.

« Je t’annonce que la célébration du mariage de Victorine a été conclue hier à huit heure du matin. J’ai reçu dimanche soir une lettre de mon frère qui me l’annonce. Elle renferme un mot de lui pour toi que je n’ai pas eu le temps de te faire passer lundi. »

 

Le prétendant éconduit félicitera-t-il ?

Les conseils que le père de ce dernier lui donne pour la rédaction de sa lettre de félicitations sont assez piquants. D'ailleurs, pour plus de sûreté, le père rédige lui-même le brouillon, craignant que son fils n'écrive une lettre blessante :

« Et comme tu dois lui répondre, j’ai pensé que tu ne serais pas fâché d’avoir une espèce de minute à laquelle tu changeras ce qui ne te plaira pas.

Peut-être en trouveras-tu le style laconique, mais il me semble que les choses s’étant passées sans être pénétrées de la confiance si intéressante en franchise, tu ne pourrais pas te livrer à ce qu’inspire d’agréable l’établissement de deux jeunes gens et que tu devrais, au contraire, être très réservé et très poli. D'ailleurs Mme de Bois d’hiver n’aime pas la plaisanterie...

...

Il ne me reste plus qu’à te communiquer la minute de la réponse à la lettre de mon frère à qui tu ne peux pas te dispenser d’écrire promptement :

Brest le...,

Mon Oncle, J’ai reçu la lettre par laquelle vous me faites l’honneur de m’annoncer que vous avez donné votre consentement au mariage de ma cousine avec M. de Larminat.

Je vous remercie de ne m’avoir pas oublié dans cette circonstance et vous prie de croire que je suis sensible à votre souvenir. Ne doutez pas de l’intérêt avec lequel j’apprendrai toujours ce qui peut contribuer à votre bonheur, à celui de ma Tante et de vos enfants auxquels je vous demande de dire beaucoup de choses obligeantes et affectueuses de ma part.

Agréez l’assurance du respect avec lequel j’ai l’honneur d’être, mon Oncle, votre très humble et obligé serviteur neveu.

P.S. Je n’oublie pas, ma chère Tante Jabline à laquelle j’offre mes tendres hommages ; le souvenir des soins qu’elle a prodigués l’année dernière à mon père ne s’effacera jamais de ma mémoire ni de mon cœur. »

(lettre de Jacques-Marie MARRIER à son fils - 29.7.1807)

 

Le père commente lui-même l’esprit dans lequel il a rédigé ce projet de réponse :

« Il y a une grande différence entre la lettre et le P.S. mais il faut des ombres dans les tableaux de feutrine.

Tu auras soin d’adresser directement ta lettre à M. de Bois d’hiver, capitaine forestier, régisseur de la capitainerie impériale, rue Basse à Fontainebleau.

Adieu, je t’embrasse comme je t’aime de tout mon cœur. » (lettre de Jacques-Marie MARRIER à son fils Charles-Jean-Marie, du 29.7.1807)

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"d’azur au pal d’argent, chargé d’un tourteau d’azur" ou "d'hermines plein" ? That is the question.