Un colloque intitulé "Affronter le transhumanisme" était organisé le 17 janvier 2018 à l’Assemblée Nationale. Stanislas de Larminat y a abordé un thème rarement traité, celui des liens entre transhumanisme et écologisme. Tout est lié : il y a un lien entre vouloir être le mécanicien du climat, le mécanicien des océans, le mécanicien de l’homme, mais aussi le mécanicien de toute la société à travers la démographie.
Cette logique incite les philosophes personnalistes à recommander de savoir "assumer nos limites" ? Ce devoir deviendrait le nec plus ultra de l’équilibre pour l’honnête homme de notre temps. Et pourtant, c’est le genre de locution fourre tout qui ne veut strictement rien dire puisqu’elle appelle à tout et à son contraire : on pourrait en effet citer des tas d’exemples de limites que nous sommes appelés à dépasser. Quand un mot ne veut rien dire, c’est qu’il faut changer de langage et le thème de la fragilité semble une bonne porte d’entrée pour cela. Stanislas de Larminat appelle à un changement de langage : "Assumer sa vulnérabilité" pour mieux "dépasser nos limites intérieures".
Nous reprenons ici l’intégralité de l'intervention.
Gunter Pauli est le nouveau promoteur de l’ "économie bleue", une couleur qui n’est pas choisie au hasard, mais celle de la planète qui, vue de l’espace, est "globalement bleue". Après avoir été directeur du Institut Zero Emission Research and Initiatives (ZERI), il s’est lancé autour du monde pour faire des conférences.
Disons le tout net: il ressort de ses discours un enthousiasme et un amour de la vie qui est très remarquable. Reste à se demander si l'engouement qu'il suscite ne risque pas d'être trompeur ou irréaliste. Membre du très malthusien Club de Rome, Gunter Pauli bénéficie d’un réseau de relations lui permettant de s’infiltrer dans les cercles gouvernementaux depuis Nicolas Hulot[1] jusqu’à l’Indonésie. Il a été appelé par le Conseil pontifical pour la culture[2] pour présenter son modèle. Il séduit tous les publics et les jeunes générations écoutent ses slogans enthousiasmants : « il faut créer de la valeur avec ce que vous avez… Ce qui précède l’action, c’est l’inspiration... Il ne faut pas polluer moins, il faut arrêter de polluer » ! Ils sont sensibles à l’idée « d'une économie intégrée, systémique, non polluante et circulaire, tirant son modèle des écosystèmes de la nature, qui fonctionnent en cascade ».
Les médias sont fascinés par le personnage: LeMonde titre "Vive l'économie bleue" et Libération associe le personnage à "la sagesse de la nature". Les médias chrétiens ne sont pas de reste: après le journal LaVie, Aleteia se demande si Gunter Pauli "n'aurait pas trouvé la solution pour réconcilier l'économie et l'environnement".
Mais, aucune réconciliation ne sera possible entre économie et écologie si on oublie le premier des gaspillages, celui des ressources financières résultant d'un déficit de rentabilité des projets. Comme le dit le dominicain C. Boureux, « un discours sur l’écologie ne tient pas la route s’il n’est pas reçu par des personnes qui ont des intérêts concrets de rentabilité et d’exploitabilité ».
Or, il faut entrer dans le détail pour découvrir à quel point Gunter Pauli s’appuie sur des projets approximatifs. Tous racontent une histoire séduisante par les problèmes qu’ils prétendent résoudre. L’émotion des auditoires joue grâce à un talent oratoire évident que certains comparent à celui d'un bateleur de foire. Derrière un vernis écolo, il pourrait y avoir une belle idéologie mercantile. Un jour viendra probablement où, selon l'expression du Guardian, "l'arche de Noé construite pour les bénefs de Wall Street" finira par prendre l'eau.
En effet, il y a, dans le discours de Gunter Pauli, beaucoup de réalités non dévoilées.
Nous prendrons, comme exemples, ceux qu’il a cité dans une conférence organisée le 10.9.2017 par le Zermat Matterhorn[3].
Source: Youtube

Le groupe de travail III du Giec 
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