La démographie française est en berne. Comment relancer la natalité ? Faut-il considérer l’immigration comme une fatalité ? La différence de taux de natalité entre les populations européennes de souches et celle des populations d’origines étrangères conduit certains à penser que toute politique nataliste reviendrait à accélérer une forme de révolution culturelle dans la société française, car les les immigrants continuent à avoir des enfants après leur arrivée en France.Certains autres vont jusqu’à préconiser une relance discriminatoire de la natalité. Mais de telles politiques ne sont-elles pas contraires aux droits de l’homme, à la Constitution européenne qui se veut « tolérante et non discriminatoire » ?
Alors quelle est la solution ? Avant de proposer des pistes de réflexion, commençons par faire un état de la situation, tant démographique que juridique.
Nous verrons ensuite que toute politique réaliste doit probablement commencer par des réformes institutionnelles
Analyse les2ailes.com
1- La situation démographique
L’Observatoire de l'immigration et de la démographie s’est fondé sur les données INSEE disponibles pour les 55 « unités urbaines » françaises comptant plus de 100.000 habitants. Il ressort de ses travaux[1] que les flux migratoires sont particulièrement frappants : le basculement, en Seine Saint-Denis, est particulièrement marqué dans certaines communes : A La Courneuve : 75% des 0-18 ans sont nés de parents immigrés extra-européens (moins d’un quart des mineurs résidant sur la commune est donc d’origine française ou européenne). Ces chiffres sont de 73% à Villetaneuse, 72% à Clichy-sous-Bois , 70 % à Aubervilliers ou 69% à Pierrefitte-sur-Seine …
En 1990, si ces taux étaient déjà nettement plus élevés en Seine-Saint-Denis que la moyenne nationale, ils étaient néanmoins un peu plus faibles qu’aujourd’hui : A la Courneuve, la proportion d’enfants d’immigrés extra-européens a augmenté de 60% entre 1990 et 2017. A Pierrefitte-sur-Seine, la proportion d’enfants d’immigrés extra-européens a augmenté de 102% : elle a donc plus que doublé.
Dans Paris intra-muros, les chiffres sont inférieurs mais comparables dans certains arrondissements : 50% dans le XIXème arrondissement, 43% dans le XVIIIème, 42% dans le XXème, 41% dans le XIIIème.
Ces chiffres sont peut-être sous-estimés, car ces calculs n’incluent pas la « troisième génération », celle des enfants nés de grands-parents immigrés extra-européens.
Malgré ses limites, l’analyse démontre que les effets cumulés de l’immigration et des différentiels de fécondité ont d’ores et déjà modifié significativement la population française dans les grandes et moyennes agglomérations – et qu’ils continuent de le faire.
Une fois posé ce diagnostic incontestable, il est permis à chacun de s’interroger sur les conséquences d’un tel basculement à court, moyen et long terme, étant entendu qu’il ne pourra cesser de s’amplifier « naturellement » sans la mise en œuvre d’une volonté politique contraire.
Mais y a-t-il une politique contraire possible ?
2- Le "grand remplacement": mythe ou réalité?
Le seul mot de remplacement suscite une accusation de complotisme. Citons simplement quelques propos du cardinal Gerhard Müller, ancien préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Nommé à cette fonction par le Pape Benoît XVI, il n’a pas la réputation d’être un complotiste. Dans une interview du 17 septembre 2025, il n’hésite pas à donner l’exemple de l’Allemagne qui « pourrait ressembler à l'Afrique du Nord. Jusqu'au VIIe siècle, c'était une région entièrement catholique, malgré les difficultés liées aux Donatistes. Mais l'islam est arrivé et, cinq cents ans plus tard, la population était devenue entièrement musulmane.
Si cela se produisait, les chrétiens deviendraient des citoyens de seconde zone.
Pourtant, rares sont ceux qui veulent le reconnaître. … Actuellement, 30 % de la population [allemande] n'est pas d'origine allemande, et elle est majoritairement jeune. D'ici vingt à trente ans, l'islam pourrait devenir la religion dominante… Je crois que les jeunes Allemands ne sont plus capables de se défendre ; en réalité, ils ont déjà perdu la bataille. En réalité, il n'y a pas eu de bataille, c'était une infiltration. »
Le Cardinal Müller regrette l’inertie des évêques à ce sujet : « Au début du mouvement de dépopulation, avec des initiatives comme le Club de Rome, une résistance s'est manifestée. Le pape et les évêques s'y sont opposés. Mais la génération suivante d'évêques a perdu son énergie. … En Allemagne, la liberté religieuse est garantie et, en théorie, chacun peut pratiquer ouvertement sa foi, y compris l'islam. Mais la réalité est bien différente. Les musulmans sont très présents dans la sphère publique, tandis que les chrétiens hésitent souvent à organiser une procession eucharistique publique, de peur d'offenser ou de défier autrui. »
Le Cardinal voit une forme de paradoxe en ce qui concerne le wokisme et l’Islam : « les wokistes instrumentalisent l'islam pour saper l'identité chrétienne, la tradition et la culture occidentales. Je crois cependant que ces mêmes wokistes pourraient être les prochaines victimes des islamistes radicaux. Ils ont peut-être calculé que les musulmans finiraient par adopter les idées wokistes, mais il n'y a aucune chance que cela se produise. Au contraire, l'islam rejette la dignité des femmes, et son cadre moral n'a rien à voir avec les objectifs du wokisme, dont l'un est d'homosexualiser la société et la pensée. »
Face à ce risque de « grand remplacement, que faire ?
3- La fausse bonne idée : une politique familiale discriminante
Préconiser une relance discriminatoire de la natalité. L’idée serait d’inverser la fameuse « discrimination positive » qu’avait proposé Nicolas Sarkozy en 1978. Mais, déjà à cette époque, d’éminents constitutionnalistes disaient qu’il faudrait amender le préambule de la constitution. Le président Sarkozy disait y être prêt pour y intégrer "les nouveaux droits que notre époque appelle".
Mais il y a également le droit européen.
Le traité de Lisbonne de 2007, qui a institué l’Union européenne, a affirmé que l’UE est, entre autres, « fondée sur des valeurs communes caractérisée par le pluralisme, la non-discrimination, la tolérance… ».
En réalité, ces trois mots sont très liés. L’homme – au sens le plus profond– est doté entre autres de deux critères de base : le premier est sa capacité de discriminer le vrai et le faux, ce qui lui permet de décrire des perceptions ; le second est l’aptitude à différencier le bien du mal, pour évaluer ses actions ou des situations. Or, les deux concepts de « tolérance » et de « pluralisme » ignorent commodément la notion de « vérité » qui, tel un parent pauvre, est laissée dans l’obscurité pour ne pas porter atteinte au subjectivisme en vogue.
4- Les valeurs communes de non-discrimination et de tolérance sont-elles imprescriptibles ?
Interrogeons-nous : en quoi les auteurs du traité ont-ils pu prétendre que la tolérance « s’inspire des héritages culturels, religieux et humanistes de l’Europe » ?
- L’héritage grec ?
Le concept de tolérance n’est pas une idée développée dans la philosophie grecque. Certes, la cité était en contact avec de nombreuses cultures. Mais si la tolérance est une capacité à entendre des propos novateurs, il faut reconnaître que Platon avait peur du changement.
Et, si Socrate, pendant plus de vingt ans, a développé des propos hérétiques pour son temps, il a toutefois été condamné à mort au motif que l’interrogation socratique était un instrument qu’on qualifierait aujourd’hui de négationniste. Une forme d’athéisme chez lui a d’ailleurs été une des principales accusations de son procès. La tolérance répressive est ici poussée à son extrémité !
Par ailleurs, la pensée grecque, à partir de Socrate et de Platon, s’est drapée dans une volonté de puissance à travers la recherche d’une dialectique de l’opinion vraie. Certes, la civilisation grecque s’est nourrie des débats contradictoires sur l’agora. Mais, cette vérité est le fruit d’un jeu de pouvoirs : les discours sur la vérité sont tributaires de la subjectivité des locuteurs, de la contingence de leur contexte, et des insuffisances du langage. La pensée grecque n’érige donc pas la tolérance en valeur, au contraire.
b. L’héritage du christianisme ?
On aura beau jeu de critiquer l’Eglise sur l’intolérance dont elle a fait preuve pendant l’inquisition. Il y a là, une forme d’amalgame entre les pratiques de l’Eglise, institution humaine faillible, et sa doctrine.
La tolérance n’est pas un concept évangélique quand on entend le Christ affirmer que « celui qui pratique des choses viles a de la haine pour la lumière [de la vérité] » (Jean 3:20).
Le Christ, face au pécheur, n’est pas tolérant, mais développe une autre culture, celle du pardon. « Va et ne pèche plus » !
Dans le christianisme, il y a deux mises en garde : distinguer l’acte et l’auteur de l’acte et ne pas confondre tolérance et relativisme. On peut être intolérant vis-à-vis de l’acte, tout en refusant de juger l’auteur de l’acte. Le wokisme contemporain est à l’opposé de cet esprit de tolérance en cherchant à condamner, tout à la fois, des actes injustes et leurs auteurs. Quant au relativisme, Jean-Paul ii n’hésitait pas à affirmer, dans Fides et ratio : « « Croire en la possibilité de connaître une vérité universellement valable n’est pas du tout une source d’intolérance ; au contraire, c’est la condition nécessaire pour un dialogue sincère et authentique entre les personnes ».
c. L’héritage des Lumières ?
Voltaire s’est imposé comme l’un des principaux défenseurs des victimes de l’intolérance religieuse. Au nom de la raison, ces philosophes critiquaient également les « superstitions » religieuses. Mais en attribuant à la superstition la cause de l’intolérance, les Lumières ont confondu le combat contre la superstition et celui pour la tolérance.
Largement inspirée des idéaux politiques des Lumières, notamment des écrits de Montesquieu, elle proclame la liberté de conscience et la liberté de culte, avec une limite : le trouble à l’ordre public. La tolérance des Lumières s’est, d’ailleurs, heurtée à l’épreuve de la Révolution et l’histoire religieuse de la Révolution est celle de l’échec du projet religieux des Lumières, qui n’a pas su tenir compte des résistances qu’il pouvait engendrer, et celle de la radicalisation d’un État qui a naïvement cherché à diriger les consciences pour mieux les émanciper.
5- Proposer de nouvelles valeurs pour les institutions nationales et européennes
Les principes, tels que les énonce le traité de Lisbonne, s’appliquent aux états. Aucun des Etats-membres ne pourrait adopter une loi discriminatoire ou s’opposant à la tolérance.
L’idée émise, ici, consiste à renverser les principes et les appliquer aux citoyens. Nul ne peut revendiquer une liberté s’opposant à la Dignité d’autrui et nul ne peut revendiquer un droit et son contraire.
a) Remplacer le principe de Tolérance par celui de Dignité de toutes les personnes
Si la tolérance ne trouve son fondement ni dans les cultures grecques, ni chrétiennes ou humaniste, toutes ces cultures reconnaissent le principe de Dignité de l’homme.
Le premier principe formulé par les Grecs est celui de la dignité de l'homme comme tel, une fois reconnu ce qu'est l'être humain dans son essence même. De ce principe résultent les deux autres: L'homme se doit de se respecter lui-même, de ne pas s'abaisser à ses propres yeux. On aboutit ainsi, d'une part, au paradoxe du Gorgias, qu'il vaut mieux subir l'injustice que de la commettre – c'est le deuxième principe –.
La culture chrétienne a étendu ce principe de dignité, non pas au nom de son essence même », mais du fait qu’il a été créé à l’image de Dieu.
On pourrait également citer la formule célèbre du philosophe des Lumières Emmanuel Kant : "Toute personne existe comme une fin en elle-même, et non pas simplement comme un moyen dont on pourrait user à son gré".
b) Remplacer le principe de non-discrimination par le principe de non-contradiction
Le principe de non-contradiction (on ne peut pas affirmer en même temps qu’une chose est et n’est pas) a été un pilier de la logique, de la théologie et de la philosophie politique [2].
Aristote formulait ainsi ce principe : « Il est impossible que le même attribut appartienne et n’appartienne pas en même temps au même sujet et sous le même rapport. » (Métaphysique, Γ, 1005b19–20) .
On retrouve également ce principe dans les évangiles chrétiens : « Nul ne peut servir deux maîtres : car, ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent. » (Matthieu 6,24). Il s’agit là d’une application éthique du principe de non-contradiction dans la sphère spirituelle.
Quant à Voltaire, il n’hésitait pas à écrire : « La contradiction est la plus grande absurdité où l’esprit humain puisse tomber ; car affirmer et nier tout à la fois est détruire tout raisonnement. »[3]
6- Pour une nouvelle politique familiale incensurable par les institutions
a) Une proposition à affiner
- Dans un premier temps, réduire drastiquement les politiques sociales. L’idée d’un état nounou n’est pas un vain mot. Il y a dans un excès d’assistance publique, une forme d’indécence vis-à-vis de la Dignité de l’homme, y compris des plus pauvres. A trop assister les citoyens, on les prive de cette liberté qui est la leur : trouver, par eux-mêmes, les solutions d’amélioration de leur situation.
- Dans un second temps, accompagner les désirs des familles de donner naissance à un second enfant, voire un troisième. Attribution, par exemple d’une faible allocation au premier enfant, (une fois le niveau actuel de l’« Allocation de soutien familial »), puis augmentée au fur et à mesure des naissances suivantes (Allocation triplée lors de la naissance du second enfant, et décuplée lors de la naissance du troisième enfant)
Le principe de la fiscalisation de ces allocations importantes permettrait de rétablir une forme de justice entre les classes sociales.
- Par ailleurs, afin d’éviter que les populations émigrées ne bénéficient intempestivement de telles ressources, le principe d’une « Demande volontaire et contraignante d’adhésion aux valeurs européennes » serait un préalable pour tout citoyen réclamant une « Allocation de soutien familial ». Ce ne seraitpas au nom d'une préférence nationale, mais d'une préférence culturelle.
b) Pourquoi une « Demande volontaire et contraignante d’adhésion aux valeurs européennes » ?
Toute politique nataliste doit veiller à ce qu’elle favorise l’intégration et une éducation, par les parents, conforme aux valeurs européennes.
Le contre-exemple est celui de la "Déclaration Islamique des Droits de l’Homme" adoptée[4] au Caire le 5 août 1990. Son titre exact est "Déclaration Islamique des Droits de l’Homme Suivie de leurs spécificités dans la Charia Islamique". Elle a été élaborée par l'actuelle "Organisation de la Coopération Islamique". Cette Déclaration est l'expression consensuelle des "droits de l'homme" selon l'interprétation de l'Islam.
57 états musulmans sont membres de cette organisation, dont la Turquie, mais elle n’a jamais été reconnue par un traité européen.
Le préambule de la Déclaration islamique réaffirme "le rôle civilisateur et historique de la Communauté islamique, meilleure communauté que Dieu ait créée et qui a donné à l'humanité une civilisation universelle équilibrée".
Il déclare que " personne n'est en droit d'entraver totalement ou partiellement les droits fondamentaux et les libertés universelles dans l’Islam, de les violer ou de les ignorer". Nombre des articles de cette déclaration remettent en cause le droit à la vie, l’intégrité physique des personnes, l’éducation, légalité des sexes, la liberté religieuse, les libertés de circulation et d’expression, la justice, l’engagement politique… [5]
Certes, il est difficile de revenir sur la citoyenneté accordée par la France en réclamant une abjuration du type que celle exigée à un ressortissant étranger qui demande la citoyenneté américaine: lors de son entretien de naturalisation, il doit abjurer toute allégeance antérieure à son pays d’origine[6]. En France, aucune jurisprudence française n’emploie plus le mot "abjuration" et ne reconnaît pas un mécanisme autonome qui porterait ce nom.
En revanche, la renonciation à un droit est possible par une déclaration de volonté à la condition qu’elle soit expresse ou certaine (Civ. 1ʳᵉ, 3 juill. 1996).
Mais dira-t-on, les cas de jurisprudence concernent plus le droit civil (succession, usufruit, servitude, contrat, etc.). Il existe toutefois quelques situations où une personne s’engage à renoncer, publiquement ou formellement, à une conviction ou à une liberté personnelle.
Toutefois, la liberté de conscience est garantie par la cour européenne des droits de l’homme (art 9). Un citoyen français peut donc adhérer en conscience à la Déclaration du Caire (intérieurement), mais sa manifestation extérieure (pratiques, discours, revendications) peut être limitée au nom de l’ordre public.
Concrètement, une « Demande volontaire et contraignante d’adhésion aux valeurs européennes » pourrait faire référence à la déclaration sur les droits de l’homme en Islam du Caire. Il y serait précisé, entre autres, que le demandeur d’Allocation au soutien familial renonce à toute allégeance au contenu de ces droits de l'homme islamiques. D'ailleurs, il existe des décisions françaises où les juges ont refusé toute tentative d’introduire la charia comme norme applicable en matière familiale ou successorale. La logique repose sur deux piliers : ordre public international et principe d’égalité entre sexes. On pourrait citer des exemples en matière de droit successoral[7], de mariage polygamique[8], de droit à l’adoption[9]…
Dans tous ces exemples, les juridictions françaises refusent d’appliquer des règles de la charia lorsqu’elles portent atteinte au principe d’égalité entre hommes et femmes, à la monogamie, ou à la dignité des personnes.
Mise en perspective
Dans le droit actuel européen, le refus d’accorder une allocation à une catégorie de citoyens serait discriminatoire en fonction de leurs convictions.
En revanche, dans le cadre de nouveaux principes européens de Dignité ou de non-contradiction, une telle « Demande volontaire et contraignante d’adhésion aux valeurs européennes » serait être la condition pour obtenir une "Allocation de soutien familial".
En effet, un citoyen serait en pleine contradiction s'il souhaitait, à la fois, demander le soutien familial à l'état, et, en même temps, refuser de renoncer à la valeur normative de la charia. En effet, personne ne conteste, quand on analyse le détail de la « déclaration du Caire », qu’elle porte atteinte à la dignité des personnes, à leur intégrité physique et au respect des femmes.
Deux limites nécessitent un complément d'analyse:
- la première limite oblige à s'interroger sur l’existence de la Taqîya : la taqiyya est une doctrine chiite de la dissimulation permettant aux Musulmans d’adopter des comportements habituellement proscrits par l’Islam. Elle est autorisée dans le sunnisme L’objectif est de ne pas éveiller les soupçons et de se fondre totalement dans la masse. La taqiyya érige la dissimulation stratégique en art de la guerre dans un contexte de conquête.
Son fondement coranique provient notamment de la sourate 3:28. On peut lire dans le Coran même :"Que les croyants ne prennent pas pour alliés des infidèles au lieu de croyants. Quiconque le fait contredit la religion d’Allah, à moins que vous ne cherchiez à vous protéger d’eux"[10]. Mais est-ce une raison pour ne pas chercher à contrecarrer la progression d'une contreculture européenne?
- La seconde limite est procédurale: comment un referendum, éventuellement dans plusieurs pays européens, peut-il amener l'Europe à modifier les termes du traité de Lisbonne? Par ailleurs, comment revenir sur des jurisprudences énoncées par la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Certes, ses statuts n'utilisent pas le terme de tolérance. Mais dans son arrêt du 6 juillet 2006, Erbakan c. Turquie, le § 56 a retenu que « La tolérance et le respect de l’égale dignité de tous les êtres humains constituent le fondement d’une société démocratique et pluraliste. Il en résulte qu’en principe on peut juger nécessaire, dans les sociétés démocratiques, de sanctionner, voire de prévenir, toutes les formes d’expression qui propagent, incitent à, promeuvent ou justifient la haine fondée sur l’intolérance … »
Concernant la non discrimination, les statuts de la CEDH sont encore plus clairs: L'article 14 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH) est intitulé « Interdiction de discrimination » et proclame le respect des droits de la Convention sans considération (notamment) « sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l'origine nationale ou sociale, l'appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ».
Concrètement
La solution procédurale réaliste pourrait consiter
Au plan français:
- Réduire les pouvoirs du Conseil constitutionnel Français
- Supprimer le Conseil Economique, Social et Environnemental Regional (CESER) qui fait partie de ces officines néfastes sur ces sujets,
- Revenir sur les lois PLEVEN et GAYSSOT qui condamnent les discours de ceux qui veulent réguler l'immigration
Au plan Européen,
- négocier la sortie de la France de la Cour Européenne des Droits de l'homme tant qu'elle érigera la tolérance et la non discrimination, au mépris de la dignité et du principe de non-contradiction
- boycoter la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI) s'apparente plus à un ministère de la vertu, très orienté et très puissant. Il a été créé en 1993 et c'est lui qui a prévu que le Traité de Lisbonne rende possible l'adhésion de l'Union Européenne à la Convention et de la Cour européenne des droits de l'homme. Il s'agit d'une de ces officines européennes dont les membres sont désignés [11] par le ministère des affaires étrangères (un par pays) sur des critères d' "expertise" en matière de discrimination etr d'intolérance [12]. Tous les cinq ans environ, la Commission examine la situation de chaque pays, distribue les bons et mauvais points dans un mécanisme de suivi, et formule de nouvelles recommandations.
Ce n'est qu'ensuite qu'une loi française pourrait créer une « Demande volontaire et contraignante d’adhésion aux valeurs européennes », préalable à la mise en place de politique familiale conforme aux héritages culturels de l'Europe.
[1] Source : https://www.causeur.fr/immigration-et-demographie-urbaine-les-cartes-a-peine-croyables-de-france-strategie-208601
[2] En droit, Marc Sztulman écrit : « il s’agit juste d’exclure une application de l’autorisation qui conduirait à une acception négative de cette dernière. En droit positif, cette clause est appelée clause d’abus de droit » (https://books.openedition.org/putc/736?lang=fr#:~:text=Cette%20norme%20de%20non%2Dcontradiction,gr%C3%A2ce%20%C3%A0%20l'article%2017.)
[3] Dictionnaire philosophique, article « Contradiction », 1764
[4] A ne pas confondre avec "La charte arabe des droits de l'homme", adoptée en mai 2004 à Tunis par la "Ligue des États arabes"
[5] Analyse les2ailes.com : « Les droits de l’homme islamique » ( https://www.larminat.fr/les2ailes/index.php?option=com_content&view=article&id=309:les-droits-de-l-homme-islamique&catid=96&Itemid=110#2)
[6] Source : https://frenchdistrict.com/articles/devenir-citoyen-americain-immigration-naturalisation-carte-verte/
[7] la Cour de cassation a jugé que la règle successorale marocaine était contraire à l’ordre public international français, car elle violait le principe d’égalité hommes/femmes (Cass. 1ʳᵉ civ., 17 février 2004, n° 01-16.612)
[8] Le Conseil d’État a refusé de reconnaître un mariage polygamique contracté à l’étranger. [CE, 11 avril 1980, Epoux B. (Rec. Lebon, p. 153)]
[9] La « kafala » (recueil légal d’un enfant selon le droit musulman) ne peut être assimilée à une adoption plénière en France. (Cass. 1ʳᵉ civ., 6 octobre 2004, n° 02-17.912)
[10] Pour l'anthropologue Dounia Bouzar, « À son origine, la taqîya provient directement d’une recommandation du prophète de l’Islam selon laquelle la foi peut être cachée si elle conduit à la persécution. Les réseaux reprennent cette définition pour mettre en situation de dissimulation d’apparence les jeunes [en cours de radicalisation] puisqu’ils les ont déjà convaincus qu’ils étaient persécutés par un monde hostile ».
[11] La représentante française, en 2025 est Anne-Françoise Tissier, ancienne magistrate, est décrite comme spécialiste de la discrimination et de l'incitation à la haine. Entre 2005 et 2016, elle a occupé plusieurs postes au ministère des Affaires étrangères, notamment conseillère du ministre sous les gouvernements Fabius et Ayrault.
[12] Le Statut de l'ECRI stipule que celle-ci est composée de membres ayant « une haute autorité morale et une expertise reconnue dans le traitement des questions relatives au racisme, à la discrimination raciale, à la xénophobie, à l'antisémitisme et à l'intolérance ».
