La philosophe, Chantal Delsol a fait une intervention remarquée au Colloque des Climato-réalistes du 7 décembre 2017. Elle a intitulé son intervention "Le catastrophisme climatique et la perception du temps et de l'histoire". Elle n'est pas entrée dans le débat scientifique qui "n'est pas de ses cordes", a-t-elle précisé, mais se place en "observateur" du discours. Ce discours sur le climat, dit-elle, est "tout aussi inquiétant, surement, que le climat lui-même". Pourquoi inquiétant? Entre autres parce que "le discours sur le climat signe son caractère idéologique en n’admettant aucun débat". On ne peut s'empêcher de penser au refus insistant de l'Académie Pontificale des Sciences d'organiser un débat scientifique "honnête et transparent" (Laudato si § 188), c'est à dire, selon nous, contradictoire et public.
Chantal Delsol devine dans ces discours, une forme d'apocalyptisme: "La crainte des apocalypses a été constante depuis que les humains peuplent la terre et pensent...Il y a trente ans on s’inquiète d’un refroidissement mortel, aujourd’hui d’un réchauffement mortel..."
Que cachent de tels discours anxiogènes et comment les décrypter ? Chantal Delsol estime que "l’attente de la catastrophe devient systématique et traduit dès lors autre chose que la menace elle-même...L’apocalypse radicale est peu crédible dans sa radicalité : sa description décrit davantage le prophète que la prophétie. Les discours frénétiques sur le climat nous en disent plus long sur les discoureurs que sur le discours.... L’apocalypse radicale est peu crédible dans sa radicalité : sa description décrit davantage le prophète que la prophétie. Les discours frénétiques sur le climat nous en disent plus long sur les discoureurs que sur le discours". L'auteur ajoute: "ce n’est pas la crainte de la catastrophe qui suscite le nihilisme, c’est le nihilisme qui engendre le catastrophisme."
La philosophe procède à une autre forme de décryptage: "Le remplacement de la croyance dans le progrès par la crainte et l’attente de la catastrophe, ne signifie donc pas seulement une inversion du temps au sens où le temps optimiste deviendrait pessimiste, ni une substitution de l’idée de décadence à l’idée d’amélioration.
Dans la "Lettre écologique de l'Institut Montalembert" (N° 2, juillet 2017), une analyse de Benoit Perrin s'appuyait sur la Bible pour évoquer le thème de l'écologie et de la rétribution "Le concept de rétribution se fissure alors avec Job", écrivait-il, ajoutant: "nous voudrions que nos bonnes actions écologiques soient rétribuées par un Dieu calculateur". Chantal Delsol s'appuie plutôt sur le philosophe Hans Jonas: "...depuis Jonas, nombre d’écologistes préconisent de faire l’impasse sur la démocratie pour sauver la terre. Jonas parlait d’un heuristique de la peur, aujourd’hui ce serait plutôt une pastorale de la peur....depuis Jonas, nombre d’écologistes préconisent de faire l’impasse sur la démocratie pour sauver la terre".
Source: Blog de Chantal Delsol

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