La situation de crise dans laquelle Macron laissera la France après deux mandats présidentiels est une évidende : crise de la dette, crise politique, crise migratoire, crise morale… Le professeur de science politique Amy Oakes a écrit un ouvrage sur la « guerre de diversion » qui permet de décrire les options possibles d’un dirigeant ne parvenant pas à restaurer une stabilité intérieure.
Il peut jouer de plusieurs options pour détourner l'attention du public de ses difficultés quotidiennes :
- Le « Spectacle » de diversion. Macron en a joué avec un conflit militaire très limité contre une cible incapable de riposter lors des frappes françaises en Syrie du 13 au 14 avril 2018. Le décor est planté : « plus démocrate que moi, tu meures ! »
- La Réforme économique avec la loi Industrie verte n° 2023-973 du 23.10.2023 dont les fondements sont plus démagogiques que réels dans une recherche d’orientation de l'appareil productif français vers la réindustrialisation et les technologies décarbonées : « Il faut produire plus et vert, et la production décarbonée, c'est une opportunité de réindustrialisation et de maintien de nos industries en Europe. » (Discours sur l’Europe du 24.4.2024)
- La répression. Macron en a joué lors de la crise des Gilets jaunes en décembre 2018 « ces violences ne bénéficieront d'aucune indulgence ». Dans ce cas, une partie seulement de la population était visée. Mais un autre exemple plus insidieux à été celui du confinement pendant la crise du COVID. Avec le recul, le retour d’expérience médical n’a pas été démontré et montre qu’il pouvait s’agir d’une expérience en vrai grandeur de la capacité de confiner tout un peuple dans une forme d’état d’urgence[1].
- La Réforme politique dont l’exemple le plus flagrant chez Macron a été la constitutionnalisation de l'IVG le 8 mars 2024. Mais il y a eu surtout la dissolution de l’Assemblée nationale du 9 juin 2024 qui a bloqué toute velléité de réforme politique.
- Temporisation / Laisser traîner la situation avec, en particulier l’abandon de la réforme des retraites pourtant indispensables étant donné la crise démographique annoncée.
Quand toutes les options ont été utilisées, sans succès, restent deux options :
- L’appel/invitation à une intervention militaire étrangère
- Et la « Guerre de diversion » [2]
Il y a dans les discours de Macron, une progression du vocabulaire qui évolue progressivement de « soutien à l'Ukraine » vers « défense de l'Europe », puis vers « défense de la liberté », et enfin vers la possibilité de payer « le prix du sang ».
Ce constat mérite d’être analysé à la lumière des réflexions de Amy Oakes

Le pape Léon XIV a donné la clé dans son discours en disant qu’il était un élève de saint Augustin. Augustin a utilisé le mot synodalité lors de son ordination épiscopale : « Avec vous je suis chrétien, pour vous je suis évêque. » (sermon 340,1) Tout le concept de synodalité réside dans cette tension entre le « être avec vous » en raison du baptême et le « être pour vous » en raison de la consécration.
Dans le 
Le Frère Adrien Candiard a écrit en 2017, un ouvrage intitulé « Veilleur, où en est la nuit ? » en référence au texte d’Isaïe (Is 21,11). L’ouvrage commence par une description de Jérusalem assiégée, en 487 av. JC et de la réaction des assiégés voulant partir se battre contre Babylone. Dieu veillera à leur victoire, pensaient-ils.