Une « lettre ouverte » est, trop souvent, utilisée pour critiquer ouvertement. L’art est difficile dans le cas présent des conférences de carême données à ND par Fabrice Hadjadj. L’homme est en effet admirable à tant de points de vue : sa personnalité, sa conversion du judaïsme au catholicisme qui fait de lui un des grands témoins contemporains de nos racines juives, la maîtrise de la langue française tant écrite qu’orale, la profondeur de sa réflexion philosophique. Soulignons aussi son courage : dénoncer devant un parterre de diplomates, les dérives eugénistes de l’UNESCO. Toutes ces qualités font de Fabrice Hadjadj un homme public écouté. Concernant ses conférences à ND, il faut commencer par souligner ce qui nous a marqué positivement. Pour cela il doit être remercié. Nous voudrions toutefois l’interpeller sur la manière dont il a surfé sur certains thèmes écologiques d’habitude réservés à des orateurs ayant le souci du clientélisme, ce qui n’est pas le cas de Fabrice Hadjadj.
La manière dont sont évoqués le désastre écologique, l’eucharistie ou  le thème de la création, mérite d’être approfondie

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Il est intéressant de voir ce que dit Romano Guardini, prêtre et philosophe allemand,  au sujet du concept de crise : « une "crise" est toujours un choix entre des possibilités négatives et des possibilités positives. La question essentielle consiste à savoir quelle décision sera prise. Si, en face de cette crise, on a l'impression que les dangers qui représentent les aspects négatifs d'injustice et de destruction, grandissent à l'extrême, c'est là un fait nouveau par son degré seulement, et non par nature. Ces dangers sont dans l'homme en tant qu'homme, et non seulement dans celui des temps en devenir ». Il ajoute : « s'élever contre l'identification de l'humanité en une époque qui prend fin, à l'humain en général, … serait là cette sorte de pessimisme qui décide a priori que le combat se terminera par la défaite ».
De telles citations ne peuvent qu’encourager nos contemporains sensibles à l’écologie à relire ce philosophe qui a été cité trois fois par le Pape François dans Laudato si. Benoit XVI avait suivi ses cours et Mgr Giampaolo Crepaldi, principal rédacteur du « Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église » a analysé le concept de nature chez R. Guardini dans un opuscule Italien « Écologie environnementale et écologie humaine »[1].
Nous reprenons ici un passage de Romano Guardini[2] qui montre que Jean-Paul II avait raison de mettre en garde l’éducation écologique pour qu’elle n’entretienne pas « un rêve de retour au paradis perdu ».

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Un nouveau colloque va être organisé à l’Académie Pontificale du 2 au 4 novembre 2017. Il sera  intitulé « Santé des personnes, santé de la planète - notre responsabilité sur le changement climatique, sur la pollution de l’air et sur la santé »[1]. Le cardinal Parolin ouvrira la session aux côtés du nouveau président de l’Académie Pontificale, Joachim von Braun, et du chancleier Mgr Sorondo.
On aurait pu espérer que l’Académie fasse sienne l’appel de Laudato si à organiser un « débat scientifique honnête et transparent » (Ls § 188).). Le caractère public de ce colloque lui donnerait de la transparence. Malheureusement, l’honnêteté, en sciences, ne passe que par  l’acceptation de la contradiction. Le consensus n’a aucunement sa place en science. Ce n’est qu’un argument d’autorité qui cache la faiblesse des arguments scientifiques.
Or, une fois de plus, l’Académie Pontificale des Sciences donne un rôle clef à Jeffrey Sachs.
C’est lui qui animera aux côtés du chancelier et de deux autres académiciens, la discussion pour entériner la déclaration finale. C’est lui qui ouvrira également la 4ème partie consacrée aux « solutions globales ». Or, on connait les idées malthusiennes[2] de cette personnalité proche de l’ONU qui n’en sera qu’à sa 11ème participation[3] aux colloques de l’Académie Pontificale.

La 2nde partie du colloque, consacrée au climat, est ouverte uniquement à des orateurs proches du Giec :
- Jos Lelieveld, Directeur du Max Planck Institute for Chemistry, Or on connait la proximité de cet institut avec le GIEC puisque  plus d’une trentaine de ses chercheurs sont cités comme auteurs de référence des rapports du Giec[4].
- John Schellnhuber, académicien pontifical, est le fondateur du Potsdam-Institut für Klimafolgenforschung.(PIK). Le PIK a fondé un autre institut de recherche sur le changement climatique financé par le Qatar. Cet accord[5] a été signé le 5.12.2012 en présence de Faisal Al Suwaidi[6] et HH Sheikha Moza bint Nasser[7] , mais aussi de Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, et de Christiana Figueres, responsable de la CCNUCC. On ne peut donc pas dire que J. Schellnhuber soit un scientifique ordinaire. C’est plutôt un acteur politique. Toutes les sources de financement sont bonnes pour lui.
- Jonathan Samet, de l’ « Institute for Global Health » à l’University of Southern California. C’est un commentateur cité dans le rapport AR5  du Giec,  
- Liu Qiyong, du « Center for Disease Control » en Chine. Il est l’auteur du rapport du GIEC (AR5-WG2 §11) intitulé « Human Health - impacts, adaptation and co-benefits ».

Quant aux autres thématiques catastrophistes habituelles, elles seront défendues par d’autres malthusiens notoires :
- Peter Raven parlera de la soi-disant « extinction des espèces ». On sait que le magazine Time l'a qualifié de «héros de la planète» et que il a appelé  dans le Guardian, à « atteindre un niveau de population durable », propos malthusien s’il en est !
- Ulrich Pöschl, autre chercheur du Max Planck Institute, proche du Giec, parlera de la thématique de l’Anthropocene qui est le genre de sémantique « holistique » sans fondement scientifique. 

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Depuis la publication de Laudato si, de nombreux observateurs cherchent à analyser les spécificités du pape François, les influences qui ont marqué sa pensée.
Nous retenons ici un article de Ricardo Simmonds. Il est le fondateur de l’ONG Creatio et conseiller en politique environnementale au conseil de la Justice, de la Paix et du Développement humain, qui fait partie de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis. Auparavant, M. Simmonds était le directeur du Newman Centre de l'Université de Pennsylvanie.
Il explique l’analyse de Alberto Methol-Ferré, un proche du Cardinal Bergolio. Celui-ci constate que les jeunes générations doivent faire face à un véritable athéisme libertin. Il s’agit, dit-il du "plus grand ennemi de la foi de notre temps". Il ne s’agit pas d’une idéologie, mais d’une pratique. Face à cela, on ne peut pas le combattre par des arguments et des dialectiques. il faut lui opposer une autre pratique, d’autant plus que les jeunes générations ne lisent plus vraiment. Ils appréhendent la réalité "à travers le langage symbolique et visuel et le raisonnement discursif est moins important. L'Église doit donc présenter une pratique alternative de la vie chrétienne, une qui soit belle, joyeuse, visible, incarnée, expliquée et enseignée par des exemples personnels et remplis de symboles, de signes et de gestes".
Dès lors, La création pourrait devenir (avec les arts) une porte à travers laquelle un noyau de vérité et de beauté de l’athéisme libertin, trouverait une expression évangélique qui dirige les gens vers le ciel.
L’auteur de l’article explique que les débats sur le changement climatique sont un excellent exemple de la façon dont l'environnement devient un espace réservé pour le débat de nombreuses autres idées, désirs et attentes.
Nous reprenons ici la traduction de l’intégralité de l’article de Ricardo Simmonds

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"La nature et l’esprit... nous donnent bien assez d’abondance pour tendre au but pour lequel nous avons été créés". C’est ce qu’écrit le Père Schall en réponse à tous les prophètes de malheur qui annoncent que les habitants de la planète seraient trop nombreux, que les espèces d’oiseaux disparaîtraient à jamais et que notre « Terre-Mère » serait bien cruelle ! Bref, « Le mal à présent ne se défini[rai]t pas par nos péchés, mais par notre usage abusif de ressources rares » !

En réalité, le Père Schall nous invite à « contempler l’extraordinaire abondance du monde ? Comment se fait-il que nous ayons pu disposer de tant de biens pendant si longtemps ? ». Il nous rappelle que le terme « abondance » signifie excédent, profusion.

« La terre est le domaine de l’homme où il doit réaliser un objectif qui n’est pas seulement de préserver l’écologie de la planète. La protection de la terre passe en second après la sauvegarde de l’âme de chacun et de celle d’autrui ». C’est pourquoi, conclut le Père Schall, «  notre fin terrestre arrivera quand Dieu le décidera... et pas quand les abondantes ressources s’épuiseront ». 

Source : France Catholique du 13 juin 2017

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