L’encyclique Laudato si, appelle à une révolution. Elle montre que tout est lié. Elle dit clairement que chacun a son rôle à jouer. Reste une question : que faire concrètement  à la place où chacun se trouve ?
Concrètement, chacun est appelé à exercer un charisme particulier. Saint-Paul, dans sa lettre aux corinthiens le disait déjà : « Il y a diversité de dons.... A chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune » (Cor 12, 4-7).
Nous proposons des pistes de réflexions sur ce que chacun peut faire, à sa place, en nous appuyant sur l’enseignement de l’Église en matière des sept dons de l’Esprit. Le pape François y a consacré sept audiences entre les 9 avril et 11 juin 2014.
On peut en tirer des perspectives très concrètes

Proposition "les2ailes.com"

1- Pourquoi faut-il exercer les charismes?

C’est une invitation pressante de l’Église qui s'adresse à chacun : « le Saint-Esprit accorde aux fidèles des dons particuliers, les charismes. De la réception de ces charismes, même les plus simples, résulte pour chacun des croyants le droit et le devoir d’exercer ces dons dans l’Église et dans le monde, pour le bien des hommes et l’édification de l’Église et dans le monde, pour le bien des hommes et l’édification de l’Église, dans la liberté du Saint-Esprit qui « souffle où il veut » (Jn 3,8) »[1]

2- Sept dons de l’Esprit... pour sept situations concrètes !

Bien sûr, chacun, le jour de sa confirmation, a reçu les sept dons. Un don n'est pas réservé à certains. Le propos ne cherche, ici, qu’à montrer que chacun n’est pas appelé à être tout le corps, mais à être un membre du corps, pour le bien de la communauté.

  • La sagesse... pour le monde des médias, commentateurs et journalistes
    (« à l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse » Cor. 12, 8)
  • L’intelligence... pour les agents économiques
    (« à un autre, le discernement des esprits » Cor. 12, 10)
  • Le conseil... pour les enseignants
    (« à l'autre une parole de connaissance, selon le même Esprit » Cor. 12, 8);
  • La force... pour les familles
    (« à un autre, la foi, par le même Esprit » Cor. 12, 9)
  • La science... pour les chercheurs et les artistes  
    (« à un autre la prophétie » Cor. 12, 9)
  • La piété... pour les associations caritatives
    («  à un autre, le don des guérisons, par ce seul et même Esprit; à un autre, la puissance d'opérer des miracles » Cor. 12, 9)
  • La crainte de Dieu... pour les pasteurs et les clercs
    (« à un autre la diversité des langues; à un autre le don de les interpréter » Cor. 12, 10)

Le pape François a donné des pistes lors des audiences qu’il a consacré à chacun de ces dons. Ces pistes ouvrent des voies d’action concrètes pour telle ou telle situation.

a) Le don de Sagesse

- Qu’en dit le pape François ?

« Il ne s’agit pas simplement de la sagesse humaine, qui est le fruit de la connaissance et de l’expérience. ... Elle est simplement cela : voir le monde, voir les situations, les conjonctures, les problèmes, tout, avec les yeux de Dieu...  Parfois, nous voyons les choses selon notre plaisir ou selon la situation de notre cœur, avec amour ou avec haine, avec envie... Non, cela n’est pas l’œil de Dieu. La sagesse est ce que le Saint-Esprit accomplit en nous afin que nous voyions toutes les choses avec les yeux de Dieu. Tel est le don de la sagesse. » (Audience du 09/04/2014)

- Un don spécial de Sagesse pour les commentateurs et journalistes ?

Les commentateurs doivent entendre cet appel concret à « voir le monde avec les yeux de Dieu »

Citation de Laudato si : « Parfois, on ne met pas à disposition toute l’information, qui est sélectionnée selon les intérêts particuliers, qu’ils soient politiques, économiques ou idéologiques. De ce fait, il devient difficile d’avoir un jugement équilibré et prudent sur les diverses questions, en prenant en compte tous les paramètres pertinents ». (§ 135)

Concrètement, comment mettre de côté ses intérêts particuliers, en particulier idéologiques ?

Une idéologie est une « logique d’idée » qui se propage avec une sémantique « fourre tout » contenant tout et son contraire. François-Bernard Huygue [2], fait une analyse de la propagation des idéologies : « des thèmes comme développement durable, multilatéralisme, démocratie participative, échange équitable, droit d’intervention, réduction de la dette, se répandent très vite par des réseaux. Le vocabulaire et la thématique s’imposent sans que l’on s’en aperçoive ou que l’on sache très bien de quel petit cercle est né le mouvement. Souvent le succès de l’expression a précédé celui du contenu. Le pouvoir de désigner est particulièrement important ».
N’y a-t-il pas une forme de précipitation idéologique quand la presse fait de la publicité pour l'appel « Nous chrétiens, désinvestissons les énergies fossiles !», inspiré d’un  méthodiste américain? Est-ce sérieux de vouloir écarter de son portefeuille les entreprises détentrices des plus grandes réserves de carbone fossile et d’inciter à réinvestir dans des sociétés comme Google, IBM ou Rolls-Royce Holding et tant d’autres dont on peut se demander s’il s’agit vraiment d’entreprises éthiques (trans-humanisme, commerce d’armes, gender, ...) ? Le monde est probablement plus compliqué que l’idéologie veut le faire croire. Où est le « jugement équilibré et prudent » sur ces questions ?

Concrètement,...

Concrètement,...

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b) Le don d’Intelligence

 

- Qu’en dit le pape François ?

"Il ne s’agit pas de l’intelligence humaine, de la capacité intellectuelle dont nous pouvons plus ou moins être pourvus. Il s’agit en revanche d’une grâce que seul l’Esprit Saint peut donner et qui suscite chez le chrétien la capacité d’aller au-delà de l’aspect extérieur de la réalité et scruter les profondeurs de la pensée de Dieu et de son dessein de salut.
L’intelligence permet de « intus legere », c’est-à-dire de « lire à l’intérieur ».
On peut comprendre une situation avec l’intelligence humaine, avec prudence, et cela va bien. Mais comprendre une situation en profondeur, comme Dieu la comprend, est l’effet de ce don" (Audience du
30/04/2014).

- Un don spécial d’Intelligence pour les agents économiques ?

Pour un homme d’entreprise, que signifie « aller au-delà de l’aspect extérieur de la réalité » ? Quel est le  « dessein de salut » voulu par Dieu ? Comment, l’agent économique peut-il contribuer à la construction d’un royaume de vérité et de justice.

Citation de Laudato si : « Une liberté économique seulement déclamée, tandis que les conditions réelles empêchent beaucoup de pouvoir y accéder concrètement et que l’accès au travail se détériore, devient un discours contradictoire » (§ 129)

Concrètement,

Au nom de la vérité, l’entreprise n’est pas obligée de prendre parti dans un débat scientifique non avéré. Si le pouvoir politique prend le parti de lui imposer des normes, par exemple d’émission de CO², elle peut être contrainte de le faire, mais n’est pas obligée d’utiliser des éléments de langage faisant croire qu’elle est crédule. Sinon, elle contribue à la propagation des idéologies. Il est des formes de « green-washing » ou de « croissance verte » qui sont contraires à l’esprit de vérité économique.
Au nom de la justice, l’entreprise ne doit pas profiter de règles par trop libérales qui risquent de porter atteinte aux économies les plus pauvres. Par exemple, l’Organisation mondiale du commerce, en réduisant progressivement les frais de douanes, met en situation de concurrence les pays quelque soient leurs niveaux de développement. Par exemple les exportations de céréales des pays du nord parviennent en Afrique à des niveaux de prix inférieurs à celui de celles produites à quelques centaines de Km des capitales africaines. C’est une situation inique et injuste qui résulte de l’interdiction faite aux pays pauvres de se protéger.

Concrètement,

Ce n’est pas l’économie qui est mauvaise, mais l’usage qui en est fait. La jeune génération est tentée de ne pas vouloir se compromettre dans le fait économique Elle voit dans ce recul une forme de pureté, mais, en fait, risque de rester dans le virtuel ! Que ceux d’entre eux qui ont cette culture de l’économique, n’hésitent pas à s’y investir, y compris et surtout dans les grandes entreprises. S’ils ne le font pas, le champ restera libre à l’exercice du pouvoir économique par des agents n’ayant pas forcément le souci du bien commun.

Concrètement,...

Concrètement,...

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c) Le don de Conseil

- Qu’en dit le pape François ?
"A travers le don du conseil, c’est Dieu lui-même, avec son Esprit, qui illumine notre cœur, de manière à nous faire comprendre la juste manière de parler et de se comporter et le chemin à suivre. ... Le conseil est donc le don par lequel l’Esprit Saint rend notre conscience capable de faire un choix concret en communion avec Dieu, selon la logique de Jésus et de son Évangile.
Ensuite, comme tous les autres dons de l’Esprit, le conseil constitue lui aussi un trésor pour toute la communauté chrétienne. Le Seigneur ne nous parle pas seulement dans l’intimité du cœur, il nous parle en effet, mais pas seulement là ; il nous parle également à travers la voix et le témoignage de nos frères. "
(Audience du 07/05/2014)

- Un don spécial de Conseil pour les enseignants ?

Pour un éducateur, que signifie  user d’une « juste manière de parler » ? Quel est pour l’enseignant le « témoignage » qu’il porte ?

Citation de Laudato si : « Une bonne éducation scolaire, dès le plus jeune âge, sème des graines qui peuvent produire des effets tout au long d’une vie ... L’éducation sera inefficace, et ses efforts seront vains, si elle n’essaie pas aussi de répandre un nouveau paradigme concernant l’être humain, la vie, la société et la relation avec la nature» (§ 213, 215)

Concrètement,

Comment mettre en place une éducation à l’universel, au développement et à l’engagement solidaire ? Caritas in veritate donnait déjà des pistes : « sans vérité, sans confiance et sans amour du vrai, il n’y a pas de conscience ni de responsabilité sociale, et l’agir social devient la proie d’intérêts privés et de logiques de pouvoir, qui ont pour effets d’entrainer la désagrégation de la société » (Caritas in veritate §5). C’est cette vérité qui rend libre, or, « les institutions ne suffisent pas à elles seules, car le développement intégral de l’homme est d’abord une vocation et suppose donc que tous prennent leurs responsabilités de manière libre et solidaire » (Caritas in veritate §11).
Cette recherche de vérité, comme toute connaissance, doit s’inscrire dans une grande humilité sur la vulnérabilité de nos connaissances. En ce sens, il y aurait une forme de gnose et de sentiment de toute puissance de l’homme à imaginer que son agir lui apportera le salut. Notre agir ne peut être fondé sur un rêve d’efficacité humaine directe : il y a d’abord la véritable « efficacité de la vérité » (Comp. § 63). L’éducation à agir doit toujours être encouragée, tout en rappelant qu’« aucune structuration positive du monde ne peut réussir là où les âmes restent à l'état sauvage » (Encyclique Spe salvi § 15).

Concrètement,...

Concrètement,...

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d) Le don de Force

- Qu’en dit le pape François ?
" Le Seigneur vient toujours nous soutenir dans notre faiblesse et il le fait avec un don spécial: le don de la force.
Pensons à ces hommes, à ces femmes, qui conduisent une vie difficile, luttent pour faire vivre leur famille, éduquer leurs enfants : ils font tout cela parce que l’esprit de force les aide.
Ils ont justement le don de la force pour accomplir leur devoir de personnes, de pères, de mères, de frères, de sœurs, de citoyens.... Et cela nous fera du bien de penser à ces personnes: si elles font tout cela, si elles peuvent le faire, pourquoi pas moi ?
Ce don doit constituer la note de fond de notre être chrétien, dans l’ordinaire de notre vie quotidienne.... Nous pouvons être tentés de nous laisser gagner par la paresse ou pire, par le découragement, surtout face aux difficultés et aux épreuves de la vie. Dans ces cas-là, ne baissons pas les bras, invoquons l’Esprit Saint, pour qu’avec le don de la force »
(Audience du 14/05/2014)

- Un don spécial de Force pour les familles ?

Citation de Laudato si : « Je veux souligner l’importance centrale de la famille, parce qu’« elle est le lieu où la vie, don de Dieu, peut être convenablement accueillie et protégée contre les nombreuses attaques auxquelles elle est exposée, le lieu où elle peut se développer suivant les exigences d’une croissance humaine authentique. Contre ce qu’on appelle la culture de la mort, la famille constitue le lieu de la culture de la vie »[3]. Dans la famille, on cultive les premiers réflexes d’amour et de préservation de la vie, comme par exemple l’utilisation correcte des choses, l’ordre et la propreté, le respect pour l’écosystème local et la protection de tous les êtres créés. La famille est le lieu de la formation intégrale, où se déroulent les différents aspects, intimement reliés entre eux, de la maturation personnelle. Dans la famille, on apprend à demander une permission avec respect, à dire “merci” comme expression d’une juste évaluation des choses qu’on reçoit, à dominer l’agressivité ou la voracité, et à demander pardon quand on cause un dommage. Ces petits gestes de sincère courtoisie aident à construire une culture de la vie partagée et du respect pour ce qui nous entoure. (§ 213)

Concrètement,

La capacité des familles à laisser une place au handicap est un témoignage et une éducation à la réalité concrète de la dignité humaine, y compris du plus pauvre. Elle confirme que la dignité ne se mesure pas à l’avoir, aux capacités qu’untel ou untel peut avoir, mais à sa simple condition d’être humain.

Concrètement,...

Concrètement,...

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e) Le don de Science

- Qu’en dit le pape François ?
" Quand on parle de science, on pense tout de suite à la capacité qu’a l’homme de connaître toujours mieux la réalité qui l’entoure et de découvrir les lois qui régissent la nature et l’univers. Mais la science qui vient de l’Esprit Saint ne se limite pas à la connaissance humaine : c’est un don spécial qui nous porte à saisir, à travers la Création, la grandeur et l’amour de Dieu, et sa relation profonde avec chaque créature.
Lorsque nos yeux sont illuminés par l’Esprit, ils s’ouvrent à la contemplation de Dieu, dans la beauté de la nature et dans la grandeur de l’univers, et nous conduisent à découvrir que toute chose nous parle de Lui et de son amour. Tout cela suscite en nous un très grand émerveillement et un profond sentiment de gratitude ! C’est la sensation que nous éprouvons également lorsque nous admirons une œuvre d’art ou toute autre merveille qui est le fruit du génie et de la créativité de l’homme.
Et c’est dans cette perspective que nous réussissons à saisir dans l’homme et la femme le sommet de la création, comme accomplissement d’un dessein d’amour qui est imprimé en chacun de nous et qui nous fait reconnaître comme frères et sœurs.  " (
Audience du 21/05/2014)

- Un don spécial de Science pour les chercheurs et les artistes ?

Citation de Laudato si :
« Sur beaucoup de questions concrètes, en principe, l’Église n’a pas de raison de proposer une parole définitive et elle comprend qu’elle doit écouter puis promouvoir le débat honnête entre scientifiques, en respectant la diversité d’opinions (§ 61)...  Il faut garantir une discussion scientifique et sociale ». (§ 135)
Une « techno-science, bien orientée, non seulement peut produire des choses réellement précieuses pour améliorer la qualité de vie de l’être humain, depuis les objets usuels pour la maison jusqu’aux grands moyens de transports, ponts, édifices, lieux publics, mais encore est capable de produire du beau et de ‘‘projeter’’ dans le domaine de la beauté l’être humain immergé dans le monde matériel » (§ 103).

Concrètement,

Science et Beau se rejoignent. La complexité fait partie de la beauté de la création. Cette complexité ne doit pas faire peur. En matière de climatologie, de biodiversité, d’écologie en général, les débats ne doivent donc jamais être considérés comme clos. Comment le seraient-ils en matière scientifique ?[4]
L’Église et les chrétiens doivent donc rester ouverts à des approches plurielles en matière scientifique.
Le scientifique doit contribuer à ne pas se limiter à la connaissance. Il peut, mieux que quiconque, montrer que Dieu a écrit un beau livre « dont les lettres sont représentées par la multitude des créatures présentes dans l’univers ». Il faut apprendre à lire cette grammaire de la nature.

Concrètement,...

Concrètement,...

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f) Le don de Piété

- Qu’en dit le pape François ?
" Si le don de la piété nous fait croître dans la relation et la communion avec Dieu et nous conduit à vivre comme ses enfants, il nous aide dans le même temps à déverser cet amour aussi sur les autres et à les reconnaître comme des frères. C’est alors que nous serons en effet animés par des sentiments de piété — pas de piétisme !
Pourquoi ai-je dit : pas de piétisme ? Car certains pensent que faire preuve de piété signifie fermer les yeux, prendre le visage d’une image pieuse, faire semblant d’être comme un saint...  Le don de la piété signifie être vraiment capables de se réjouir avec qui est dans la joie, de pleurer avec qui pleure, d’être proche de qui est seul ou angoissé, de corriger qui est dans l’erreur, de consoler qui est affligé, d’accueillir et de secourir qui est dans le besoin. Il existe un lien très étroit entre le don de la piété et la douceur.."
(Audience du 04/06/2014)

- Le don de piété pour les associations caritatives

Citation de Laudato si : « Quand on ne reconnaît pas, dans la réalité même, la valeur d’un pauvre, d’un embryon humain, d’une personne vivant une situation de handicap ..., on écoutera difficilement les cris de la nature elle-même ». (§ 117).

Concrètement,

Comment pleurer avec celui qui pleure ?
La tentation est grande de développer toute sortes d’assistanat et d’écoles de la passivité.
Là où il y a risque d’assistanat, il faut reconstituer un lien social par le dialogue, là où il y a esclavage, il faut reconstituer un lien social par l’information , là où il y a des solitudes, il faut reconstituer un lien social par l’éducation.

Concrètement,...

Concrètement,...

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g) Le don de Crainte de Dieu

- Qu’en dit le pape François ?
" La crainte de Dieu est le don de l’Esprit qui nous rappelle combien nous sommes petits face à Dieu et à son amour et que notre bien réside dans l’abandon, avec humilité, avec respect et confiance, entre ses mains.  ... La crainte de Dieu prend en nous la forme de la docilité, de la reconnaissance et de la louange, en emplissant notre cœur d’espérance...

Non pas à travers une attitude résignée et passive, ou même de lamentation, mais avec l’émerveillement et la joie d’un fils qui se reconnaît servi et aimé par le Père. La crainte de Dieu, donc, ne fait pas de nous des chrétiens timides, soumis, mais engendre en nous courage et force ! C’est un don qui fait de nous des chrétiens convaincus, enthousiastes, qui ne sont pas soumis au Seigneur par peur, mais parce qu’ils sont émus et conquis par son amour...
Le don de la crainte de Dieu est aussi une alarme face à la ténacité du péché. (…) Je pense, par exemple, aux personnes qui ont une responsabilité sur les autres et qui se laissent corrompre  ... Je pense à ceux qui vivent de la traite des personnes et du travail d’esclave  ... Je pense à ceux qui fabriquent des armes pour fomenter la guerre. Mais quel métier ! Ces gens-là fabriquent la mort, ils sont marchands de mort, ils font commerce de mort. Que la crainte de Dieu leur fasse comprendre qu’un jour, tout finira, et qu’ils devront rendre des comptes à Dieu." (Audience du
11/06/2014)

- Un don spécial de Crainte de Dieu pour les pasteurs et les clercs

Quelle place laisser, dans nos homélies à « la docilité, de la reconnaissance et de la louange, en emplissant notre cœur d’espérance... » ? Comment appeler nos communautés à être « des chrétiens convaincus, enthousiastes » ? Comment, en même temps, savoir sonner l’« alarme face à la ténacité du péché » sous toutes ses formes.

Citation de Laudato si : « La création est tendue vers la divinisation, vers les saintes noces, vers l’unification avec le Créateur lui-même[5] » (§ 236).

Concrètement,
La docilité à la loi conciliaire veut que les ne soient pas conduits à attendre de leurs pasteurs qu’ils « aient une compétence telle qu’ils puissent leur fournir une solution concrète et immédiate à tout problème, même grave, qui se présente à eux, ou que telle soit leur mission »  (Gaudium et spes § 43.2).

Concrètement,...

Concrètement,...

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3- Les charismes: un remède à la tentation du "faire"

a) Le Pape François, dans l'encyclique met en garde contre l'illusion de la toute puissance du "faire".

▪ Citation de Laudato si:  "toute solution technique que les sciences prétendent apporter sera incapable de résoudre les graves problèmes du monde si l’humanité perd le cap, si l’on oublie les grandes motivations qui rendent possibles la cohabitation, le sacrifice, la bonté". (§ 200).

▪ Le pape met ainsi en garde contre une primauté du faire déjà dénoncée par Caritas in veritate: "le développement technologique peut amener à penser que la technique se suffit à elle-même, quand l’homme, en s’interrogeant uniquement sur le comment, omet de considérer tous les pourquoi qui le poussent à agir" (Caritas in veritate, § 70).
Le pape François reprend ici un thème déjà développé par Benoit XVI : "aucune structuration positive du monde ne peut réussir là où les âmes restent à l'état sauvage" (Encyclique Spe salvi § 15).
Pour rester concret, c’est bien de l’état de nos âmes qu’il s’agit.

b) Or ce sont les charismes de l'esprit qui peuvent nous faire éviter la négligence de "l'être":

Citation de Laudato si : « la crise écologique est un appel à une profonde conversion intérieure » (§ 217).

▪ Le pape lance un appel à plus d’ascèse, mais, dit-il, « une ascèse qui « signifie apprendre à donner,et non simplement à renoncer. C’est une manière d’aimer,de passer progressivement de ce que je veux à ce dont le monde de Dieu a besoin. C’est la libération de la peur, de l’avidité, de la dépendance » (§ 9).

c) La frugalité: un chemin vers "plus d'être" et non l'efficacité du "faire moins"

Ce paragraphe reprend l'intégralité d'un propos tenu à ce sujet par Stanislas de Larminat devant les quarante moines de ND de Randol, le 12 octobre 2014:

La règle de St-Benoît dit que « les moines doivent toujours vivre comme pendant le carême » (§ 49-1).  Mais elle ajoute que si « peu d’entre eux ont ce courage » il est recommandé « de garder une vie pure, au moins pendant le carême ». Le jeûne est une école de pureté de notre relation à Dieu.
Pour le monachisme, l’ascèse ne se limite d’ailleurs pas à la consommation. Elle est un modèle qui appelle à bien autre chose. Elle est une dynamique qui allège notre vie de tout ce qui l’alourdit, dans la nourriture, les rythmes de vie, l’hospitalité, le silence, la parole.
Tout cela est très loin d’un modèle écologique !
L’ascèse permet de se poser dans le calme pour laisser Dieu nous rejoindre, de manger moins, non pour épargner la planète, mais pour éprouver le manque et ainsi nous introduire au partage avec les affamés de pain, de justice et de paix. En matière d’hospitalité, l’ascèse, c’est se laisser servir pour regarder celui qui vient comme le Christ.
L'ascèse, c'est aussi rechercher la sobriété dans nos paroles et nos interventions pour mieux être attentif aux autres [6]. Saint-Bernard de Clairvaux réunissait d’ailleurs indissolublement l'ascèse du corps et celle de l'esprit pour le progrès de l'âme dans son ascension vers Dieu [7].  Le psalmiste rejoint cette « De peur que, dans l'abondance, je ne te renie » (Proverbes 30-9).
Alors que penser de cette frugalité heureuse dont parle les écologistes ? L’ascèse ou le jeûne sont-ils des vertus spirituelles ou peuvent-ils avoir une efficacité directe sur la planète ?
Comme le disait Jean-Paul II, « le livre de la nature est unique, aussi bien à propos de l’environnement que de l’éthique personnelle » [8]. Il en est ainsi du « refus de la contraception » (Compendium de la DSE § 233) qui, s’il se limitait seulement à éviter une pollution du corps féminin, ferait oublier la nécessité de suivre la grammaire de la nature dans des « rapports entre époux [basés] sur le respect réciproque et sur l’accueil total » (Comp. § 233).
Exactement de la même manière, il est une forme de vie simple qui, si elle se limitait à seulement éviter de « gaspiller les ressources » (Comp. § 332), ferait oublier qu’une « ascèse vigilante » permet de « finaliser le travail humain à la charité, ... [de lui] conférer une spiritualité animatrice et rédemptrice » (Comp. § 266). Nos modes de vie ne peuvent être fondés sur un rêve d’efficacité humaine directe : c’est dans le respect de la cohérence globale de la création qu’on obtient indirectement une véritable « efficacité de la vérité » (Comp. § 63). Comme l’a dit Benoit XVI : « aucune structuration positive du monde ne peut réussir là où les âmes restent à l'état sauvage » (Encyclique Spe salvi § 15).
L’ascèse est un chemin de liberté et de pacification et non pas une peur du lendemain ni une façon de retarder une apocalypse pour la planète.

Conclusion

C'est quand chacun réfléchit à ce qu'il "est" et non à ce qu''il doit "faire" que chacun pourra trouver le charisme particulier qui est le sien, sans vouloir chercher à "tout faire", ni à "faire" ce que les esprits messianistes recommandent. Saint-Paul, dans sa lettre aux corinthiens le disait déjà : « Il y a diversité de dons.... A chacun la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune » (Cor 12, 4-7).


[1] Vatican II- Apostolat des laïcs, Décret n°3.

[2] Docteur d'État en sciences politiques et habilité à diriger des recherches en sciences de l'information et de la communication

[3] Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus (1er mai 1991), n. 39

[4] On ne reviendra pas ici sur la difficulté qu’a eu l’académie pontificale des sciences à s’ouvrir à de véritables confrontations scientifiques sur le climat : Il existe pourtant Une nouvelle approche scientifique invalidant les scenarios-catastrophe du GIEC : l’identification du système climatique.

Or, le GIEC (IPCC), dès sa création, a reçu mission de « comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d'origine humaine » qui serait à l’origine de la période chaude actuelle. De fait, les travaux qu’il a expertisés s’accordent sur un réchauffement catastrophique avant la fin du siècle si rien n’est fait pour limiter les émissions anthropiques de CO2.

 

A- Un plafonnement du réchauffement contraire à toutes les prévisions du GIEC

Cependant, les observations montrent un fort ralentissement depuis une quinzaine d’année. Le GIEC reconnait, avec quelque réticence, ne pas l’avoir prévu : « La plupart des simulations de la période historique ne reproduisent pas la réduction observée dans la tendance au réchauffement de surface moyen sur les derniers 10 ou 15 ans » (IPCC -WG1-AR5 - Chap 9  p. 743).

1- Comment expliquer l’échec des modèles de calcul élaborés par le GIEC à expliquer cette réalité nouvelle ?

Le GIEC qualifie ces  modèles de calcul de « modèles de connaissance ». Ils sont dérivés des outils utilisés par les météorologues, enrichis par la modélisation physique de multiples phénomènes additionnels. Si la « connaissance » de certains de ces phénomènes est parfois robuste, elle est malheureusement encore balbutiante dans d’autres domaines. Un exemple typique est la modélisation de la genèse des nuages, d’importance majeure sur le climat. Le GIEC reconnait que « les modèles climatiques incluent désormais d’avantage de processus décrivant les nuages et les aérosols, et leurs interactions, ... mais le degré de confiance dans la représentation et la quantification de ces processus dans les modèles reste faible » (chap. D1- p. 14 du SPM)  Cette extrême complexité et l’impossibilité d’expérimentation à ce sujet incitent évidemment à une très grande prudence sur la fiabilité de modélisation de tels mécanismes et de leurs interactions mutuelles.

Au fil de ses rapports, le GIEC a cherché également
▪ à globaliser le système climatique et le cycle du carbone. Il consacre un chapitre entier de son dernier rapport à étudier comment « le climat répond au CO2 et... comment le cycle du carbone océanique répond au changement climatique », tout en reconnaissant que « les réponses sont très incertaines »  (chapitre 6.4.2.1, page 7).
▪ à intégrer des phénomènes comme celui des courants océaniques tels que El Nino. Le GIEC lui attribue un rôle en disant : « le renversement de tendance du réchauffement depuis 1998 s’explique par la combinaison d’une basse activité solaire dans les 10 années récentes et par l’exceptionnel évènement qui est arrivé sur El Nino » (Chap. 10.3.1.1.3 p. 21).

Ce sont là des défauts de conception intrinsèque aux « modèles de connaissance » (GIEC) qui n’isolent pas suffisamment :
ni les systèmes complexes entre eux, par exemple, le système climatique, qui a une certaine logique propre, et celui du cycle du carbone, qui en a une autre. 
ni les boucles de réactions entre elles :
- Les boucles de rétroactions externes. Ainsi, les émissions de CO2 constituent une donnée d’entrée du cycle du carbone et la teneur en CO2 dans l’air n’est qu’une donnée de sortie de ce cycle, tout en étant une donnée d’entrée du système climatique.
- Les boucles d’interactions internes. Ainsi, le phénomène El Niño est à la fois une conséquence de variations spatiales de températures selon les régions et une cause de variations temporelles de températures. Or le GIEC est amené à considérer El Niño comme une entrée du système climatique et à lui affecter une contribution (Fig. 10.5, page 119).

Toute cette complexification a conduit le GIEC à reconnaitre lui-même ses « erreurs de forçage et une surestimation, par certains modèles, de la réponse à l’augmentation de forçage par les gaz à effet de serre ». (IPCC -WG1-AR5 - Chap 9  p. 743).

2- Une modélisation de sous-systèmes océaniques qui n’explique rien

Le GIEC veut expliquer le « hiatus » climatique observé depuis 2000 par une accumulation de chaleur océanique au détriment de l’atmosphère. L’idée est plausible et séduisante mais elle vaut dans les deux sens : un dégagement de chaleur océanique n’aurait-il pas puissamment contribué au réchauffement à la fin du siècle dernier ? En effet, aucune modélisation à partir des comportements océaniques n’est possible, faute :
de pouvoir l’isoler du reste de la mécanique climatique alors qu’il en est un effet
d’identifier un état initial des températures océaniques
d’isoler des causes indépendantes des effets affectant les équilibres océaniques. Qu’est ce qui permettrait de dire ou d’infirmer qu’un tel réchauffement viendrait :
-  d’un réchauffement de la couche séparant l’atmosphère de l’océan ou d’un refroidissement des couches profondes, qui même faible et compte tenu de leurs masses importantes entre 2 et 4.000 m, pourrait contribuer au réchauffement des 700 m supérieurs ?
-  d’un réchauffement de l’atmosphère par une cause d’origine humaine ou par celle d’une activité solaire élevée ?

Rien ne permet de dire ni d’infirmer quoique ce soit, faute
de disposer d’événements océaniques sur des périodes largement plus longues que les quelques décennies de mesures en notre possession.
de disposer de degrés de confiance sur quelques 0,015°C/an. Le GIEC évoque une « augmentation observée du contenu calorifique océanique supérieur équivalente à un flux de chaleur net moyen dans l'océan de 0.5 W/m²». (Source : AR5- Executive summary, Chap. 3, lignes 8 et 48). Il ne peut se prévaloir d’une cohérence avec le bilan radiatif à la surface de la terre ou en haute atmosphère, qui ne sont chiffrés qu’à 0.6 W/m² mais avec des approximations variant autour de ± 2 à 7 W/m² selon les mesures.

Le « hiatus » climatique ne peut donc s’expliquer à partir des comportements océaniques. Tout prétendu raffinement des modèles est source de nouvelles erreurs et ne permet en aucun cas d’annoncer « une prochaine ré-accélération du réchauffement global » (source : CNRS).
Les raisons sont à chercher dans une activité solaire qui est dans une phase de ralentissement.

3- Une validation par « détection-attribution » non robuste.

Les contributeurs aux rapports du GIEC seraient-ils des milliers de scientifiques, en thermodynamique, physique, océanographie, glaciologie, biologie, chimie, ou en sciences informatiques, une méthodologie robuste pour juger l'adéquation entre la théorie et les observations n’en est que plus nécessaire.

Sur ce point, le GIEC compte sur une théorie très spécifique mentionnée comme la « détection et l'attribution », qui est exclusivement consacrée à la science climatique. Or seul un nombre très restreint de personnes revendique cette technique de validation non reconnue par les autres communautés scientifiques : Gabriele Hegerl, citée plus de 20 fois parmi les références bibliographiques du chapitre 10 (AR5), est co-auteur des recommandations aux rédacteurs du GIEC: « Good practice guidance paper on detection and attribution related to anthropogenic climate change » (2010). Le titre de cette recommandation induit que l’objectif est de valider « la cause anthropogénique du changement climatique » ! Pourquoi le GIEC n'utilise-t-il pas les méthodes universellement reconnues, comme l'identification des systèmes ? Cet isolement conduit à des lacunes graves consistant à
se limiter à des données portant sur les seules 150 années récentes (IPCC -WG1-AR5 - Chap 10 - Fig. 10.1- p. 107). L’imprécision des reconstructions antérieures ne peut justifier d’occulter 1000 ans d’histoire.
et à inverser des causalités : l’effet « El Niño South Oscillation » est traité comme une cause.

Pourtant, il y a d'autres techniques pertinentes et reconnues, en particulier la théorie d'identification des systèmes.

4- Certains hélio-centristes en mal de preuves

Par ailleurs, de nombreux scientifiques sont critiques quant aux approches du GIEC. Le discours proche du GIEC les a enfermés dans l’image du « climato-scepticisme ». Il faut reconnaître que sur ce sujet, les preuves sont aussi difficiles à apporter dans un sens que dans l’autre. Bon nombre d’entre eux se fondent sur des corrélations visuelles ou calculées entre des courbes d’activité solaire juxtaposées aux courbes de température. Approche très insuffisante lorsque les sens de causalité ne sont pas bien établis, et que la variabilité interne ou des comportements transitoires viennent perturber les phénomènes.

 

B- Une méthode alternative d’analyse : l’identification des systèmes dynamiques complexes

Face à ces difficultés, le Professeur Philippe de Larminat a développé une méthode d’analyse alternative, publiée en 2014 dans « Changement climatique- Identification et projections », chez Iste et Wiley, maison d’édition scientifique prestigieuse dans le monde anglo-saxon. Il se fonde sur les techniques dites d’identification des systèmes, dont il est un expert reconnu. Ces techniques ont, à l’origine, été développées pour l’automatisation du contrôle de systèmes technologiques, et elles consistent à déterminer le modèle mathématique des systèmes, si complexes soient-ils, à partir de leur comportement global. Elles sont surtout enseignées dans les écoles d’ingénieurs et sont moins connues dans les milieux universitaires, plus traditionnellement attachés à la recherche de mécanismes physiques fondamentaux. Appliqués à la science climatique, ces modèles ne se limitent pas à la détermination mathématique de relations causales abstraites. Les modèles incorporent également les fondamentaux de la physique et de la thermodynamique, en particulier les phénomènes d’accumulation de chaleur dans les inerties thermiques océaniques. Ils constituent des outils d’investigation très puissants, permettant d’accéder de manière macroscopique à de précieuses informations quantitatives sur les mécanismes sous-jacents. Ils sont ainsi à parité avec les modèles « de connaissance », voire beaucoup performants que ces derniers lorsqu’il s’agit de systèmes très complexes… ce qui est très clairement le cas ici. LE GIEC le reconnait lui-même : « la moindre complexité ajoutée, bien que destinée à améliorer certains aspects du climat simulé, introduit aussi de nouvelles sources d’erreur possible » (FAQ 9.1 § 9, p. 76). !

La procédure d’identification se déroule en quatre temps :

1 - Définition de la structure du modèle. Dans le cas de l’étude climatique, elle s’articule autour d’un modèle « à bilan énergétique » (EBM : Energy Balance Model), loi simple et robuste qui assure la cohérence de la conservation d’énergie dans toutes les relations entre les divers paramètres. Dans la « structure », est fait le choix fondamental des grandeurs d’entrée et de sortie du modèle. Pour les entrées, les signaux retenus sont la teneur en CO2 atmosphérique, l’activité solaire, et l’activité volcanique. L’unique signal de sortie retenu est l’historique de la température globale sur une période donnée.

2 - « L’observation » du comportement du système. La période considérée est celle où l’on dispose de mesures  suffisantes, directes  ou indirectes, sur tous les signaux énoncés ci-dessus. En l’occurrence, il s’agit d’une période de l’an 843 à nos jours, durée nécessaires pour bénéficier d’un nombre suffisants d’évènements significatifs ; les historiques utilisés sont très largement issus des rapports du GIEC.

3 - L’identification des paramètres du système. Le modèle est issu du traitement mathématique des données. Du choix d’un modèle à bilan énergétique, il résulte que les résultats  du calcul donnent directement les coefficients dit de « sensibilité à l’équilibre » relatifs aux trois entrées (CO2, activités solaire et volcanique), qui se trouvent être  également des données essentielles dans les évaluations du GIEC. La différence fondamentale est qu’un modèle « de connaissance » conduit à ces coefficients à partir de modèles physiques d’une extrême complexité, alors que l’identification donne accès aux mêmes élément uniquement à partir de l’observation des données historiques, et ceci sans requérir de connaissances physiques détaillées des mécanismes sous-jacents.

Outre l’évaluation des sensibilités, la méthode permet également d’effectuer de façon rigoureuse le calcul de la probabilité qu’a un paramètre de se trouver dans un intervalle donné. Ceci par opposition aux évaluations de « confiance » ou de « probabilité » du GIEC, qui reconnait lui-même que « la probabilité n'est pas issue d'un calcul statistique. Elle exprime ce qu’on entend par "très probablement". La probabilité donnée indique que les auteurs estiment que, sur 100 affirmations de ce type, plus de 95% sont vraies. C'est une évaluation subjective basée sur un faisceau d'indices » (Mail du GIEC adressé le 13 déc. 2014 au groupe de travail).

Notons également que la méthode d’identification permet de quantifier précisément ce que le GIEC appelle la « variabilité naturelle interne du climat ». En identification, elle se traduit par l’écart résiduel irréductible qui apparaît entre les résultats du modèle identifié et la réalité, du fait des phénomènes aléatoires ou non pris en compte dans le modèle.

Notons enfin, ce qui va sans dire, que le modèle d’identification est intrinsèquement un modèle dynamique, c’est-à-dire qu’il prend, de lui-même, en compte le délai entre toute variation d’une donnée d’entrée, et son effet différé et pondéré dans le temps, du fait notamment  des inerties thermiques mises en jeu. Le modèle évalue de lui-même les effets de cette inertie par le biais de constantes de temps, là aussi sans qu’il soit besoin de « connaissance » à priori des phénomènes en jeu.

Dans l’ouvrage de Philippe de Larminat, la méthode, telle que très sommairement synthétisée ci-dessus, est  appliquée à seize combinaisons de données : quatre chroniques de reconstitutions de températures paléo-climatiques, et quatre reconstitutions d’activité solaire. Globalement, on peut en tirer deux types de conclusion. La première est que la période de réchauffement qui conduit à la période chaude actuelle est due, pour l’essentiel, à la conjonction des effets de l’activité solaire et de la variabilité interne naturelle du climat. La seconde est que l’éventuelle contribution de l’activité humaine ne se distingue pas suffisamment des effets ci-dessus pour qu’on puisse affirmer qu’elle soit significative avec le haut degré de certitude que lui attribue le GIEC.

4 - L’évaluation à posteriori de la validité du modèle. Les calculs d’incertitude et les tests d’hypothèse apportent toutes les validations académiques requises, mais restent assez abstraits. Une preuve tangible résulte de l’adéquation entre ses résultats et les observations et sur sa capacité prédictive : On se replace dans la situation de l’an 2000, quand personne n’aurait misé sur un possible ralentissement du réchauffement. Or, les simulations effectuées à l’aveugle, sans y incorporer la moindre information de température postérieure à l’an 2000, prédisent avec une exactitude surprenante le palier de température que nous connaissons encore actuellement.  La méthode exploite les techniques classiques dite « de reconstruction d’état » (filtrage de Kalman), où l’« état » en question correspond à des combinaisons de quantités de chaleur accumulées dans les inerties océaniques.

 

C- Des conclusions qui s’opposent aux scénarios-catastrophe du GIEC

En s’appuyant sur ses résultats d’identification, Philippe de Larminat pose dans son ouvrage les conclusions suivantes : "Non seulement il n’est pas possible d’estimer avec quelque précision la sensibilité au CO2, mais on ne peut même pas détecter avec certitude l’existence d’une relation de cause à effet. … L’hypothèse d’un impact insignifiant de l’ensemble des gaz à effet de serre et de l’activité humaine en général ne peut pas être écartée. … On doit considérer comme un fait établi que l’activité solaire, en tant que variable explicative causale, constitue effectivement l’explication première du "changement climatique". … Dans le scénario envisageable d’un retour aux faibles activités solaires des années 1700 ou 1800, les modèles identifiés font craindre, au contraire, une baisse des températures qui pourrait annuler la hausse du siècle dernier. Cette éventualité est ni plus ni moins probable que la reprise alarmante que nous promet le GIEC".

Le Professeur Philippe de Larminat est un pionnier dans l’application des techniques de l’identification au processus climatique terrestre. Nul doute qu’il sera suivi, avec toute la fécondité qui sortira de traitements croisés par d’autres chercheurs.

 

D- La position de l’Académie Pontificale des Sciences

Quelles sont les occasions récentes qu’a eues l’Académie pontificale des sciences de débats pluriels contradictoires sur la question climatique ?

  • Un groupe de travail a été réuni à l’Académie pontificale des sciences autour de Mgr Sánchez Sorondo, du 2 au 4 avril 2011 et intitulé « Avenir des glaciers de montagne pendant l’Anthropocène ». Il a été suivi d’une publication le 11 mai 2011. Toutefois, les questions portaient sur les conséquences des changements climatiques, en particulier sur les glaciers, plus que sur ses causes, anthropique ou non. Par ailleurs, la liste des intervenants montrait qu’il s’agissait, pour l’essentiel, de représentants de l’IPCC, son président Rajendra K. Pachauri en tête, sans véritables débat contradictoire.
  • Un colloque a été organisé du 2 au 6 mai 2014 par les deux académies pontificales des sciences et des sciences sociales, intitulé « Humanité durable, nature durable : notre responsabilité ». Les vidéos intégrales montrent un large spectre de sujets abordés : l’éthique sociale, l’éducation, les trafics humains, la solidarité avec les générations futures, les GMO, la démographie et les mégapoles, les disponibilités et besoins alimentaires, l’aspect océanographique, la déforestation, la biodiversité, le nucléaire, les nouvelles technologies,...    et bien sûr, la question climatique. Les personnes qui ont fait des exposés, ou qui ont pris part aux débats, sont :
    • soit des académiciens comme

- Veerabhadran Ramanathan, professeur de sciences atmosphériques au San Diego Scripps Institution of Oceanography de l’université de Californie,
- Paul J. Crutzen, prix nobel de Chimie et professeur au Max-Planck-Institute for Chemistry de Mainz,
- ou Partha Sarathi Dasgupta, Professor of Economics, University of Cambridge, auteur de "Pricing Climate Change" Politics, Economics, & Philosophy, 2014

  • soit des personnalités extérieures comme

- Dr. Pablo Canziani, Physicien de l'atmosphère,
- Y.T. Lee, prix Nobel de Chimie à l’académie chinoise de l’Institut des sciences atomiques et moléculaire de Taïpei (Taïwan),
- ou Martin Rees,  professeur d’Astronomie à l’université de Cambridge,
- Hans-Joachim Schellnhuber, fondateur du Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK).

  • Un colloque sur « les dimensions morales du changement climatique » s’est tenu à l’Académie pontificale des sciences le  28 avril 2015 en partenariat avec le réseau SDSN des Nations Unies et le mouvement « Religions pour la paix ». Les intervenants étaient les mêmes qu’en 2014.

Tous sont des chercheurs qui ont collaboré directement ou indirectement aux travaux de l’IPCC. Aucun d’eux n’a évoqué, pendant les débats de ces colloques, le fort ralentissement du réchauffement depuis une quinzaine d’année, ni le fait que l’IPCC a reconnu ne pas l’avoir prévu.

Faute, semble-t-il, d’un indispensable débat contradictoire entre des approches plurielles, il est logique que les communiqués qui ont suivi ces colloques retiennent des assertions formelles :
- « L’utilisation massive des énergies fossiles, a un impact décisif sur la planète... Si les tendances actuelles se poursuivent, ce siècle connaîtra des changements climatiques sans précédents... L’utilisation massive d’énergie fossile qui est au cœur de notre système énergétique global perturbe le climat de la planète... Le réchauffement climatique et les événements climatiques extrêmes qui lui sont associés vont atteindre des niveaux sans précédents... » (Communiqué final du colloque de mai 2014).
- « L’action humaine, à travers l’usage des énergies fossiles, a un impact décisif sur la planète. Si les tendances actuelles se poursuivent, ce siècle assistera à un changement climatique sans précédent et à la destruction de l’écosystème qui aura de nombreux impact sur nous ». (Communiqué final du colloque de avril 2015)

Or toutes ces assertions sont invalidées par les conclusions exposées ci-dessus (§ C). On notera d’ailleurs avec intérêt que le Pr Werner Arber, prix Nobel et  président de l’Académie Pontificale des sciences, n’a signé aucun de ces deux communiqués.

 

E- Des conclusions qui appellent à la plus extrême prudence

Les conclusions des travaux de Philippe de Larminat dans « Changement climatique- Identification et projections », (Wiley Ed. 2014) ne devraient-elles pas, a minima,  inciter les observateurs à une extrême prudence ? Rien n’indique que la période chaude contemporaine corresponde à un changement climatique d’origine humaine, ni qu’elle puisse devenir catastrophique.  Quand le GIEC assure le contraire avec les accents d’une certitude qu’il qualifie de « jugement d’expert (à 95%), ce n’est pas vrai et c’est grave. Si l’avenir lui donne tort, comme tout le laisse prévoir, on va vers une perte de confiance généralisée dans la Science, dans les medias qui colportent le catastrophisme, et même dans les religions qui cautionneraient l’erreur.
En ce qui concerne l’Église, sa doctrine est constante en faveur de l’universalité du bien commun, de la solidarité comme socle du vivre ensemble et de l’espérance face à l’avenir. Ce corps doctrinal n’a besoin ni d’en appeler à des formes de catastrophisme qui ne sont donc pas de mise, ni à des thèses scientifiques non définitives.
Le Concile a d’ailleurs rappelé que les laïcs ne doivent pas attendre de leurs pasteurs  qu’ils « aient une compétence telle qu’ils puissent leur fournir une solution concrète et immédiate à tout problème, même grave, qui se présente à eux, ou que telle soit leur mission». (Gaudium et spes, § 43-2).

[5] Benoît XVI, Omelia nella Messa del Corpus Domini (15 juin 2006)

[6] Les statuts la Chartreuse de Serra San Bruno en Calabre disent: "Si le monde ne tire pas profit de notre silence, il en tirera encore moins de notre parole" (Observatore Romano n° 41- 13.10.2011)

[7] Dans ses deux premiers traités : Sur les degrés de l'humilité et de l'orgueil et Sur l'amour de Dieu.

[8] Jean-Paul II : Message du 1er janvier 1990.