La maison d'édition anglo-néerlandaise Elsevier B.V. a mis en ligne le 25 octobre 2016, un article, intitulé « identification du climat terrestre vs. détection et attribution ». Cette publication, référencée sur le site ScienceDirect, a été revue dans les règles par les pairs du comité de lecture de Annual Reviews in Control (ARC, 2016 1-12), une des sept revues scientifiques de l'IFAC, fédération internationale qui regroupe des milliers d'experts en contrôle, automatique et modélisation des systèmes complexes.

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"identification du climat terrestre vs. détection et attribution"

L’auteur, le professeur Philippe de Larminat, est un spécialiste reconnu dans ces disciplines. Il a appliqué les techniques éprouvées de l’identification des systèmes dynamiques au climat terrestre, en exploitant des bases de données paléo-climatiques disponibles auprès des grands instituts et organismes internationaux.  Il en résulte que, « avec un niveau de probabilité de 90%, on ne peut pas rejeter l'hypothèse d'une contribution anthropogénique nulle ou insignifiante ». Par ailleurs, « l'hypothèse d'une faible contribution de l'activité solaire doit être rejetée avec un niveau de probabilité supérieur à 90% ».

À l’inverse, le Giec, considère comme « extrêmement probable que l'influence de l'homme a été la cause dominante du réchauffement observé depuis le milieu du 20e siècle », ceci sur la base d’une théorie de « Détection et Attribution » explicitement dédiée à l’attribution humaine des récents changements climatiques.

L’article [1] présente et clarifie les origines de ces contradictions.

  • La principale tient aux durées retenues pour les observations climatiques : mille ans pour l’Identification, au maximum cent cinquante ans pour la Détection-Attribution, ce qui élimine ainsi les évènements millénaires de la période chaude médiévale et du petit âge glaciaire, notoirement corrélés à l’activité solaire. « Cela contribue à minimiser la contribution de l’activité solaire », explique l’auteur.
  • La seconde dénonce une confusion entre cause et effet, à propos des événements de type El Niño. On ne peut que s’interroger sur les raisons de cette « erreur méthodologique lourde, qui saute aux yeux de n'importe quel expert en science des systèmes ».

La publication de Philippe de Larminat est-elle de nature à remettre en cause le consensus dominant sur l’origine humaine des changements climatiques, consensus en passe de bouleverser les équilibres économiques mondiaux (COP 21, 22) autant que les repères éthiques (Laudato si) ?  Interrogé sur la possible émergence d’un autre consensus, celui d’une action prépondérante de l’activité solaire sur le climat, l’auteur se limite à rappeler que: « Ni les consensus, ni les votes n'ont de place en science ; seules les preuves importent. A l’argument d’autorité, Descartes opposait l’autorité de l’argument. Or, le consensus n'est qu'une soumission à l'argument d'autorité, le plus faible qui soit »[3].

Cette publication, dont une bonne partie est accessible même à des non-experts confirme les conclusions déjà avancées par l’auteur dans son précédent ouvrage « Changement climatique - identification et projections » (ISTE/Wiley 2014). Il devrait permettre de relancer le débat sur de nouvelles bases.


[1] Lien libre accès en anglais : http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1367578816300931

 

[2] Lien pour la version française : https://www.dropbox.com/s/g2e7vzr5oc1rlfy/VF.pdf?dl=0

[3] Les organes de presse qui souhaitent interviewer Philippe de Larminat peuvent le lui demander via la rubrique "commentaires" de cet article. La demande lui sera transmise aussitôt.