Nous reprenons ici l’essentiel de trois articles parus dans le « Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques » publié en 2005 par le Conseil Pontifical pour la famille. Leurs auteurs sont le démographe Gérard-François Dumont, académicien pontifical des sciences, et Mgr Michel Schooyans, Académicien pontificale des sciences sociales. Ils permettent de mieux comprendre le concept de « transition démographique » que Mgr Schooyans définit ainsi : c’est le « passage d’une situation démographique caractérisée par une mortalité ET une natalité élevées, à un régime démographique caractérisé par une mortalité ET une natalité basses ».
G.F. Dumont explique que ce concept a induit, malgré son caractère scientifique, le mythe de l'équilibre démographique automatique qui n’a jamais existé et n’existera pas. Mais ce mythe justifie des politiques démographiques coercitives : puisqu'il y aurait un idéal stationnaire à atteindre, et autant vaudrait y parvenir le plus vite possible ! Mgr Schooyans explique que l’ONU est dans cette logique.
La vulgate malthusienne se nourrit dans les discours d’organisations gouvernementales comme l’ONU ou non gouvernementales, et en particulier dans l’écologisme, au nom d’une forme « d’idéologie de la sécurité démographique ».
Enfin, G.F. Dumont montre que « présenter la "démographie" comme homothétique de la pauvreté est une profonde erreur ». La ressource la plus importante d’un pays est son capital humain, ajoute Mgr Schooyans. C'est ce capital qu'il faut restaurer d'urgence étant donné le "crash démographique" vers lequel va le monde. 

Transcription : « les2ailes.com »

1- Démographie, transition démographique, politiques démographiques[1]

Il est nécessaire de tenir compte des enseignements de la science de la population pour comprendre la diversité considérable des situations, ainsi que pour saisir les mécanismes expliquant le pourquoi et le comment des évolutions démographiques, dans le temps et dans l'espace. Ces enseignements appellent eux-mêmes une analyse attentive des politiques de développement. Science humaine et sociale s'il en est, la science de la population ne saurait se limiter à des données comptables. Elle est, certes, le fruit de l'observation et de l'expérience historique. Mais elle dénonce les diagnostics erronés sur la base desquels on ne peut échafauder que des plans d'action d'autant plus inacceptables qu'ils postulent des méthodes plus ou moins ouvertement coercitives. Ainsi, une fois mise à l'abri de toute manipulation idéologique, la science de la population est appelée à éclairer les processus de décision politique dont la famille et les nations seront les premières bénéficiaires.

Les trois termes, démographie, transition démographique et politiques démographiques, font partie du langage courant...

Le terme "démographie", qui a un sens est objectif, désigne la science de la population...
Parfois, on veut faire entendre par le prononcé du terme "démographie" le responsable des maux de l'humanité et de la pauvreté dans certains pays et régions. La démographie est alors reléguée à une fonction de bouc-émissaire : les causes du malheur du monde sont alors trouvées : c'est la démographie... 

1.1- La "démographie ", bouc émissaire 

... une véritable idéologie a été largement répandue pour rendre la démographie responsable des malheurs du monde. 

Deux livres sont représentatifs de cette idéologie militante...

Le premier, la bombe P, est publié en 1971 sous la signature de Paul Ehrlich. Le prologue du livre énonce brutalement la question du danger démographique en écrivant : "des centaines de millions d'êtres humains vont mourir de est de faim dans les années 1970/1980" et "plus rien ne pourra éviter une montée importantes du taux de mortalité mondial".
... Contrairement à la seconde affirmation du prologue, depuis les années 1970, le taux de mortalité mondial a diminué. Dans les années 1950-1955, ce taux est de 19,7 décès pour mille habitants. En 1977, il s'est abaissé à 11 pour mille; en 2000, il est de 9 pour mille. Cette baisse s'est réalisée malgré le vieillissement de la population dans les pays européens et d'extrême orient, la diffusion d'une pandémie nouvelle imprévue -le VIH /sida-, ou les surmortalités causées par les conflits civils ou militaires ou par l'héritage soviétique dans les pays d'Europe orientale de l'ex URSS. Autrement dit, le taux de mortalité, systématiquement en baisse, n'a enregistré d'augmentation que dans les pays secoués par de graves chocs guerriers ou politiques (Russie, Roumanie), dans ceux subissant la nouvelle pandémie du VIH/sida, ou dans les pays développés dont le vieillissement devient important en raison de l'affaiblissement de la fécondité.
Quant à la mortalité par malnutrition ou sous nutrition correspondant à la première affirmation du prologue, ... ses niveaux les plus intenses ne sont nullement dus au nombre des hommes, mais au contexte politique : ainsi deux des plus grandes surmortalités enregistrées depuis les années 1970 s'expliquent par des gestions étatiques calamiteuses. La plus meurtrière s'est déroulée en Chine dans les "années noires" 1968-1971 avec une surmortalité équivalente à ce constatée dans les premiers pays de front de la première guerre mondiale[2].
... Une seconde importante surmortalité s'est déroulée en Corée du Nord avec 3 millions de personne mortes de sous-nutrition entre 1995 et 2000 sur une population estimée à 23 millions d'habitants. Le totalitarisme politique qui a transformé ce pays, à cause de choix désastreux, en une immense caserne[3], l'autarcie collectiviste empêcha les échanges...
D'autres surmortalité observées ont pour cause des conflits de pouvoir (comme la guerre Irak-Iran, la guerre civile au Soudan, ou les luttes intestines en Angola ou en Afghanistan) et non la "démographie". Ailleurs, l'art de nomenclatures en place, consistant à médiatiser des famines organisées par le pouvoir pour obtenir des financements à leur profit, s'est répandu après le "succès" obtenu  par les dirigeants éthiopiens se faisant ainsi  financer leur guerre avec l'Érythrée[4].

Le second livre est le fameux rapport "halte à la croissance" rédigé par le Club de Rome en 1972... Considérant que l'évolution démographique est "diabolique", il a suscité et répandu une grande peur qui n'a cessé, encore aujourd'hui, de masquer les réalités démographiques 

1.2- Les fardeaux politiques

Présenter la "démographie" comme homothétique de la pauvreté est une profonde erreur.  En réalité, les trop nombreuses poches de pauvreté existant dans le monde  ne tiennent pas à des excès de population, mais, le plus souvent, à des fardeaux politiques. 

Prenons quelques exemples:
- La Russie, compte-tenu d'un PNB brut / habitant inférieur au dixième de celui de l'Europe occidentale ou des États-Unis, doit être désormais classée parmi les pays en développement malgré les richesses considérables de son sol et de son sous-sol et non en raison de l'effectif de sa population qui, d'ailleurs, diminue.
- L'Afrique demeure un continent aux possibilités économiques considérables.. mais ce continent souffre de mauvaises politiques.
- En Birmanie,  sa pauvreté vient-elle de la démographie? Nullement. Elle possède un potentiel considérable.

... Le fardeau pour de nombreux territoires n'est pas la démographie, mais les politiques qui obèrent le développement.... D'une part, la croissance démographique inédite des deux derniers siècles est le résultat d'un progrès considérable de l'humanité, parvenu à faire reculer dans des proportions extraordinaires la mortalité. Dans de nombreux pays, la mortalité infantile, la mortalité maternelle et celle des enfants et des adolescents ont diminué de plus de 95%.

... En outre, parler de la population mondiale dans son ensemble n'a qu'une signification très relative. En effet, selon les populations du monde, la natalité, la mortalité, la nuptialité ou la migration connaissent des différences considérables.

1.3- Une véritable science sociale

... L'usage le plus habituel du mot "démographie", dans le sens idéologique où on l'assimile à l'expression erronée d'explosion démographique, ou dans le sens d'un ensemble de données comptables, ne correspond en rien à la réalité de la démographie. ... La démographie se fixe pour objectif d'extraire du champ de ses recherches des schémas d'interprétation, voire des lois susceptibles d'améliorer la connaissance. Dans ce but, elle recueille des données quantitatives... et les éclaire par des données qualitatives, par exemples en :
- Comparant les différences d'espérance de vie entre les sexes masculin et féminin selon les sociétés.
- Étudiant la migration, la science de la population et en considérant notamment les raisons qui poussent l'homme à quitter la terre de ses origines ou à y revenir.
- Traitant de natalité, et en s'intéressant aux conditions de la création de nouveaux êtres humains.
- Examinant la nuptialité, et en s'interrogeant sur l'amour humain.
- Analysant la mortalité, et en étudiant le contexte dans lequel se produit le mystère de la mort...

1.4- Le schéma de la transition démographique 

La transition démographique est un schéma[5] permettant de mieux comprendre et d'interpréter les dynamiques spécifiques des différentes populations. Ce n'est absolument pas une théorie...

Ce schéma de la transition  comporte une ambiguïté et deux spécificités.

a) L'ambiguïté de l'expression "transition démographique" à ce que, au lieu de la considérer pour ce qu'elle est, une période temporelle séparant des régimes démographiques de nature différente, on la considère comme le passage d'un régime démographique stationnaire à un autre régime démographique stable. L'idée prévaut alors qu'avant la transition, une haute mortalité équilibrait une haute natalité et donc que les populations du monde évoluaient dans la stabilité. Or l'histoire des populations montre qu'il n'en est rien.

b) La première spécificité de la transition démographique tient à son calendrier qui peut être très variable selon les pays.
L'Europe occidentale à depuis longtemps terminé sa transition et, pourtant, le sous continent indien ne l'a pas encore achevé... La véritable comparaison serait entre l'Union indienne en 2001 et l'Allemagne à la fin du XIXº siècle... Il faut donc savoir situer dans son contexte historique l'évolution démographique de chaque pays.

c) La seconde spécificité de chaque transition démographique tient à son intensité, c'est à dire au rapport entre le nombre d'habitants dans un territoire  à la fin de la transition par rapport au début de la transition. En général, ce rapport est d'autant plus élevé que la transition est courte. Une population qui traverse rapidement la transition en moins d'un demi-siècle, comme Taïwan, la Corée du Sud, ou la Tunisie, se multiplie, pendant cette période, davantage qu'une population dont la durée de cette même période s'est étalée sur un siècle ou plus. Or comme les pays du Sud ont pu bénéficier rapidement des progrès sanitaires mis au point et expérimentés dans le Nord, leur baisse de mortalité a été ou est plus rapide et donc leur transition plus intense.

1.5- Du mythe de l'équilibre démographique automatique...

La transition ne met donc pas fin à un système démographique auto-équilibré, puisque celui-ci n'a jamais existé. 
En outre, de même que cette idée d'une stabilité antérieure est tenace, il est souvent pensé, bien que cela soit absent des analyses des concepteurs du schéma de la transition, que la fin de la transition se traduit par l'installation d'un régime démographique où la mortalité et la natalité s'équilibrent pour procurer une durable stabilité démographique[6]. Or cette idée d'un équilibre final est au cœur de ce que l'on appelle dans les rapports internationaux les "politiques démographiques". En effet, puisqu'il y aurait un idéal stationnaire à atteindre, autant y parvenir le plus vite possible. Accélérer par des moyens coercitifs cette venue est donc souhaitable et conduit à justifier des politiques prônées par les dirigeants de diverses organisations internationales.

1.6- ...aux politiques démographiques coercitives 

Par "politique démographique", on donc entend souvent un sens restrictif désignant des politiques visant à faire diminuer la fécondité considérée à priori et sans examen approfondi comme trop élevé. Selon cette logique, conformément aux écrits de Ehrlich et du Club de Rome, Madame Gandhi, premier ministre de l'union indienne, décida en 1976 d'accentuer en Inde une politique démographique coercitive. Déjà, par maladresse, les pouvoirs publics indiens avaient cru bon de mettre en œuvre, dès 1952, une politique démographique autoritaire et des structures de planification familiale à l'occidentale dans un pays au réseau sanitaire insuffisant. Aussi, les populations ne comprenaient pas pourquoi il fallait limiter la fécondité à deux enfants tandis que les mortalités infantile, adolescente et maternelle étaient encore si élevées.... Au moment où la natalité a commencé à diminuer conformément au schéma de la transition démographique, la politique démographique coercitive a en quelque sorte un effet boomerang. Par exemple, la stérilisation, rendue pratiquement obligatoire pendant une certaine période, est réalisée dans des conditions d'hygiène si mauvaises, que ses suites sont parfois mortelles... 
Des erreurs semblables ont été commises dans d'autres pays. Pourtant l'expérience montre qu'une évolution équilibrée d'une pyramide des âges est toujours souhaitable. La brutaliser comme l'ont fait par exemple les gouvernements chinois[7] n'apporte aucun avantage supplémentaire et entraîne, au contraire, des perturbations dont les effets peuvent être dommageables.

1.7- Une réalité rarement explicitée

En fait, dans sa définition scientifique, l’expression « transition démographique » ne se réduit pas à une politique de contention de la fécondité par les moyens les plus efficaces, y compris l’avortement. La politique démographique se définit comme l’ensemble des décisions et des actions entreprises par des pouvoirs publics ou parapublics ayant des effets démographiques. Une politique sanitaire qui augmente la longévité a des conséquences démographiques. Une politique facilitant l’accueil de la vie influe sur la pyramide des âges. Une politique d’aménagement du territoire peut avoir des effets sur la géographie du peuplement. A l’inverse, une politique favorisant les dépenses militaires plutôt que la politique sanitaire ou le progrès technique, pénalisant fiscalement les couples avec enfants, ou instaurant l’euthanasie, a également des conséquences démographiques...

Une politique démographique compte une spécificité par rapport aux autres politiques publiques : la plupart d’entre elles, dans les pays démocratiques, sont explicites : en revanche, la politique démographique est souvent plus implicite qu’explicite :
- Un gouvernement ne dit pas qu’il baisse périodiquement les allocations familiales pour diminuer le revenu relatif des familles et, en définitive, diminuer la natalité.
- Un gouvernement ne dit pas qu’il légalise l’avortement pour diminuer les naissances, et pourtant, les conceptions se terminant par un avortement sont mathématiquement des conceptions arrêtées avant terme et qui ne se retrouvent donc pas dans le chiffre de la natalité.
- Un gouvernement ne dit pas que sa politique malthusienne du logement défavorise l’étendue et la fluidité du marché du logement, rendant l’accession au logement plus difficile aux foyers qui souhaiteraient se créer.
- Un gouvernement, décidant l’instauration d’un contrat entre homosexuels bénéficiant d’avantages fiscaux et sociaux, ne dira pas que les milliards allant à ces personnes sont autant de milliards refusés à la politique de la famille.
- Un gouvernement ne dit pas que les règles d’urbanisme très contraignantes et des procédures longues et coûteuses sont un obstacle matériel et financier à la construction de logements pour de nouveaux foyers.
- Un gouvernement ne dit pas que le maintien ou l’augmentation d’impôts sur les ventes et achats de logement pénalise financièrement les familles qui auraient besoin d’un logement plus vaste lorsqu’elles s’agrandissent.

En outre, les pouvoirs politiques étatiques ne sont pas les seuls à pratiquer implicitement ou explicitement des politiques démographiques : c’est également le cas des organismes internationaux, des collectivités territoriales, et de diverses institutions qui influencent  les événements démographiques par leurs décisions, par la diffusion d’idées ou de croyances.

Les trois termes démographie, transition démographique et politiques démographiques sont des concepts au contenu précis et objectif ; il convient donc d’écarter les significations idéologiques et erronées qui leur sont trop souvent données.

2- Démographie, contrôle des naissances et crash démographique[8]

...Partout, les populations vieillissent et parfois décroissent. La proportion des personnes âgées ne cesse d’augmenter, et les tensions entre générations s’accentuent. Les systèmes de sécurité sociale sont ébranlés. On est donc fondé à parler d’un « crash », et c’est à celui-ci que conduisent les politiques de contrôle des naissances. Face à ce phénomène, il faut redéfinir des politiques tenant compte de conclusions scientifiques indiscutables : il n’y a pas de corrélation évidente entre population et développement ; la croissance de la population résulte d’abord de l’augmentation de l ‘espérance de vie à la naissance ; la ressource la plus importante est le capital humain. Ainsi, loin d’être menacée par une « explosion démographique », l’Humanité est plutôt confrontée à un crash annoncé. Ce crash peut cependant être conjuré si, au lieu de cultiver la mort, l’Humanité décide d’édifier une culture de vie, une culture dont la construction passe par la promotion de ka famille et qui a pour horizon une civilisation de l’amour.

2.1- Une idée ancienne

L’idée du contrôle des naissances apparaît déjà dans l’Antiquité.
- Dans les Lois, Platon affirme que la population de la cité ne peut dépasser les 5.040 chefs de famille et de résidences familiales[9].
- Dans la Politique[10], le contrôle de la population est également recommandé par Aristote.
Cette idée réapparait beaucoup plus tard dans l’Utopie de Thomas More (1516)...
- Avec des accents divers, elle se trouve chez Francis Bacon, chez Hobbes, chez Adam Smith, chez Swift...
- Dans ce contexte, un auteur se détache : Malthus (1766-1834)... Il proclame que la croissance de la production alimentaire se fait selon une progression arithmétique et que la croissance de la population obéit à une progression géométrique... Maintes fois critiquées et démenties par les faits, ces thèses n’en sont pas moins reprises avec une implacable constance...

2.2- Le malthusianisme et ses ramifications

Les thèses malthusiennes sont renforcées par l’apport de l’organicisme de Herbert Spencer (1820-1903) :... il serait inadmissible que les moins doués fassent du tort à l’ensemble de l’espèce. Il faudrait donc aider la nature à opérer sa sélection dont Darwin (1809-1882) développe la théorie...
Le néomalthusianisme s’affirme illustré par Margaret Sanger (1883-1966). Ce courant procède au mixage des thèses malthusiennes sur la population avec une doctrine morale individualiste, hédoniste et utilitariste. Cette morale du plaisir individuel dissocie le comportement sexuel et la procréation. Dans l’union sexuelle, le plaisir, c’est le bien ; l’enfant c’est le risque, voire le mal à éviter...
La vulgate malthusienne se présente donc comme un tronc dont la sève nourrit trois types de ramifications : l’organicisme, le néomalthusianisme, l’écologisme.

a) Reprise du malthusianisme

Sous quelles formes la vulgate malthusienne originaire apparaît-elle dans les discours d’organisations gouvernementales comme l’ONU[11], ou non gouvernementales, comme l’International Planned Prentwood Federation ?
... Sans contrôle de la population, pas de développement possible ! A partir de la 2nde Conférence internationale sur la Population (Belgrade 1965), la planification des naissances est présentée comme une forme d’aide au développement...

b) Reprise de l’organicisme [11bis]

En 1946, Julian Huxley fut mis à la tête de l’UNESCO. Il était connu pour être partisan de la stérilisation des débiles mentaux et de ceux « dont la société ne savait que faire »...
On se souvient que, à la sélection naturelle de Malthus, Francis Galton préférait la sélection artificielle ; il introduisait donc un élément volontariste, c’est à dire interventionniste. Les pauvres, ce sont ceux qui ratent ; les riches, ce sont ceux qui réussissent. Les premiers ratent et prouvent, par là, qu’ils sont inférieurs ; les seconds réussissent et prouvent, par là, qu’ils sont doués. Pour le bien de l’Humanité, il faut empêcher les pauvres de procréer et favoriser la procréation entre doués...

c) Reprise du néomalthusianisme

Les premiers néo-malthusiens ont alimenté l’argumentaire individualiste, libertaire et féministe. Le néomalthusianisme actuel insiste, lui aussi, sur le droit au plaisir individuel et sur l’émancipation des femmes. Cependant, surtout depuis le rapport du FNUAP de 1994, l’éducation et l’émancipation des femmes est envisagée comme un moyen puissant pour faire baisser la croissance de la population. C’est pourquoi l’éducation des femmes doit comporter un important volet relatif à l’éducation sexuelle et à la « santé reproductive ». Celle-ci fait partie des « nouveaux droits » qu’on veut faire psser : droits à la contraception sous toutes ses formes et dès l’adolescence, à l’avortement, à la stérilisation, à l’euthanasie. Ces « nouveaux droits » sont censés répondre à des « besoins insatisfaits ». A la Conférence de Copenhague (1995), sous la pression de lobbies homosexuels, ces « nouveaux droits » ont été appelés à couvrir des « comportements hors normes ».

Lors de la Conférence de Pékin (1995), la famille est présentée comme le lieu prototype de la lutte des classes ; la femme y est opprimée par l’homme, qui, en lui imposant le « fardeau » de la maternité, l’empêche de s’épanouir en apportant sa contribution à la production. La libération de la femme passe donc par la destruction de la famille. Thème classique du néomalthusianisme, la destruction de la famille apparaît désormais sous la rubrique des « nouveaux modèles » de famille : à côté de la famile monogamique et hétérosexuelle traditionnelle, apparaissent les soi-disant « familles » monoparentale, homosexuelle, recomposée, etc..
Au cours de cette même conférence, tous ces thèmes sont regroupés sous l’étiquette du gender :  les différences de rôle attribués à l’homme et la femme dans la société n’ont aucun fondement naturel : elles sont le produit de la culture et, comme telles, peuvent et doivent être abolies. Chacun est libre de choisir son sexe ou d’en changer. Nous sommes en pleine révolution culturelle.

d) Reprise de l’écologisme

... En dépit des études scientifiques démentant la vulgate malthusienne, la thèse de Malthus est désormais extrapolée aux rapports entre la Terre et l’Homme. ...

Le navire Terre comporte quelques six milliards de passagers et serait en train de sombre.... Il fauta donc impitoyablement couper les mains à ceux qui veulent se hisser sur les canots, sans quoi tous périront.

Les pauvres sont la cible à viser en priorité. Leur croissance démographique serait cause de la dégradation de l’environnement : déforestation, gaspillage des ressources, réchauffement, détérioration de la couche du climat, etc... L’homme serait le plus grand « prédateur ». La Conférence de Rio (1992), a été entièrement consacrée à ces thèmes. Maurice King[12] recommande même l’organisation de « réserves » confinées dans des « parcs » gardés par des « rangers », sorte de police démographique. La tâche de ceux-ci consisterait à « contenir » les populations pauvres dans les limites de certains quotas...

Déjà, la conférence de Bucarest (1974), considérait que la croissance de l’environnement affectait l’environnement et était devenue un problème international....

2.3- L’idéologie de la sécurité démographique

a) Convergences
Malthusianisme, organicisme, néomalthusianisme, écologisme : toutes ces composantes convergent vers une thèse centrale prônant le contrôle de la population.
Les thèmes malthusiens donnent naissance à une idéologie scientiste caractérisée par la monocausalité. Le paramètre démographique est tellement exalté qu’il est invoqué aussi bien pour éclairer le passé que pour légitimer des programmes d’action de plus en plus volontaristes, c’est à dire, en fait, imposés aux individus et aux États. Nous l’avons ainsi appelé par analogie avec la « doctrine de la sécurité nationale ». ... Elle réinterprète l’antagonisme dominant en l’appliquant aux relations Nord-Sud, riches et pauvres. Selon cette idéologie, la plus grande menace qui pèserait sur le Nord, vieillissant, voire décroissant, c’est celle qui viendrait du Sud, pauvre mais  beaucoup plus peuplé. D’où la nécessité impérieuse de la contenir, c’est à dire brider la croissance démographique du Sud, sans lésiner sur les moyens. La formulation la plus cynique de cette idéologie se trouve dans le Rapport Kissinger (1974).

b) Un bouquet d’axiomes
La plupart des éléments qui viennent d’être relevés sont repris dans les textes sur les politiques de la population produits par l’ONU et ses agences. Les accents varient... mais sont mis au service d’un bouquet d’axiomes : sans contrôle des naissances, pas de sécurité alimentaire, pas de santé pour tous, pas de développement durable, pas de paix internationale, pas de ressources suffisantes.
Or, ce bouquet d’axiomes n’est conforté par aucune conclusion scientifique. Il est au service de l’idéologie de la sécurité démographique....

2.4- Le crash démographique

Les démographes ont mis en lumière le schéma de la transition démographique.... Très généralement admis par la communauté scientifique, ce schéma met en évidence des mécanismes naturels et spontanés de régulation de la population.... Mais les campagnes de contrôle son efficaces... Elles se reflètent dans une série de constations empiriques souvent alarmantes. Énumérons en les principales[13] :

a) Le vieillissement généralisé des populations
Le nombre des personnes âgées de 60 ans et plus devrait tripler de 2001 à 2050, passant de 606 millions à 2 milliards. ... Combien y aura-t-il alors de femmes en âge de fécondité et quel sera leur niveau de fécondité ?  Selon les projections avancées par la Division de la Population de l’ONU, pour la période 2000-2005, sur les 187 pays énumérés, 64 auraient une fécondité égale ou inférieure à 2,10. Mais on est stupéfait de constater que pour la période de 25045 à 2050, concernant ce même total de 187 pays, les projections font état de 170 pays qui auraient une fécondité égale ou inférieure au seuil de remplacement d’une population . rappelons simplement que ppour qu’une population se renouvelle, il faut que chaque femme en âge de fécondité ait au moins 2,10 enfants, dans les pays jouissant des meilleures conditions de vie.

b) La décroissance des populations
Elle atteint des pays de plus en plus nombreux. En 2050, selon les projections moyennes, 39 pays auraient une population en décroisance. Tel est le cas de plus de 30 pays d’Europe, mais aussi de Cuba, de la Guyane, de la Barbade. L’Allemagne, par exemple, perdrait quelque 14% de sa population, l’Italie, 25%

c) Proportion croissante des personnes âgées dépendantes
Dans les pays développés, les personnes âgées de plus de 60 ans représentent actuellement 20% de la population ; elles pourraient atteindre 33% en 2050. Or, comme ce segment de la population vit de plus en plus longtemps et requiert de plus en plus de soins de plus en plus coûteux, l’euthanasie sera proposée, et l’est déjà, pour diminuer la charge que les vieux font peser sur la société.

d) La crise des systèmes de sécurité sociale
Qui va financer les pensions ? Qui va alimenter les caisses des mutuelles ?

e) Baisse des effectifs dans les réseaux éducatifs
Des centaines de classes sont fermées chaque année et sont victimes des compressions budgétaires.

f) Tensions entre les générations
La population active n’admet pas qu’un travailleur paie de plus en plus d’impôts et verse des cotisations sociales de plus en plus élevées pour soutenir les inactifs de plus de 60 ans d plus en plus nombreux

g) La hausse du chômage
La baisse de la fécondité favorise le chômage car là où manquent des acheteurs, la demande s’exténue.

h) Déséquilibres dans la structure par âge des populations et pressions migratoires
Selon les pays ou les régions, la tendance à la décroissance n’obéit pas partout au même calendrier. C’est pourquoi les pays où s’observe un déficit démographique sont particulièrement exposés aux pressions migratoires ; celles-ci entraînent des problèmes complexes, voire des tensions graves. Sans les migrations, la population des pays développés a commencé décliner dès 2003.

i) L’impact sur la souveraineté des nations
Si l’effectif de la population d’un pays ne suffit pas assurer la respectabilité de ce pays sur la scène internationale, il n’en reste pas moins qu’il contribue à manifester la souveraineté d’une nation

j) Le recours infini à la dette
Développer exige des investissements. Or on ne peut investir en recourant indéfiniment à des emprunts... Une population vieillissante tend à produire moins, à investir moins et à être moins créative ; elle tend à consommer l’épargne, et même à recourir à des emprunts dont le poids est transféré aux générations suivantes.

2.5- Des diagnostics à réexaminer

Les pratiques visant à contrôler la population ont des effets pervers. Il est grand temps de revoir à fond les prétendus diagnostics et de faire le ménage parmi les slogans supposés les « justifier ». Aujourd’hui, diverses conclusions scientifiques majeures, démentant catégoriquement le bien fondé de ces programmes d’action.... Voici quelques-unes de ces conclusions :

a) Prendre en compte des avancées scientifiques
Jamais on n’a démontré scientifiquement l’existence d’une corrélation entre développement et population. Tous les cas de figures existent. S’il y a des pays pauvres qui sont peu peuplés (le Libéria), il y a des pays riches qui sont dans le même cas (l’Australie). S’il y a des pays pauvres qui sont très peuplés (le Bangladesh), il y a des pays riches qui sont dans le même cas (Hollande).
- Les prévisions alarmistes concernant l’alimentation sont démenties
Hormis les catastrophes naturelles, les famines d’aujourd’hui ont toujours leur cause dans l’incapacité, la corruption, voire la méchanceté des hommes. 
- Les ressources naturelles n’existent pas
Paradoxe, certes ! ET pourtant, ce qui transforme une chose en une ressource, c’est le génie de l’homme. L’homme est la seule véritable ressource, et c’est elle qui risque de manquer[14].
- Le capital humain
Cette ressource qu’est l’homme, on l’appelle le capital humain. Gary Becker, prix Nobel d’économie (1992), a montré que ce capital, qui menace de manquer, se forme essentiellement dans la famille[15].
- L’augmentation généralisée de l’espérance de vie
La première cause de l’accroissement de la population n’est pas à rechercher dans les taux de natalité, qui sont en train de baisser partout. Elle se trouve dans l’augmentation généralisée de l’espérance de vie 
- Le nouveau clivage !
Un nouveau clivage se profile : non plus celui qui sépare les pays pauvres des pays riches, mais celui qui sépare les pays où il y a des enfants et les pays où il n’y en a presque plus.

b) Un audit pour l’ONU
Il est temps de prendre acte de ces avancées dans l’analyse scientifique de la société mondiale. Un diagnostic erroné permet de laisser pourrir les problèmes qu’on s’applique à mal identifier. La stérilisation à la sauvette n’a jamais sorti aucune femme pauvre de la pauvreté, et les campagnes pour la contraception n’ont jamais amélioré les taux d’alphabétisation. La précarisation du lien conjugal n’a jamais favorisé l’éducation des enfants. Les problèmes posés par le vieillissement d’une population ne se résolvent pas en agissant sur les conséquences mais sur les causes, au premier rang desquelles apparaît une fécondité déficitaire.
La constance besogneuse avec laquelle certaines agences de l’ONU continu à quêter pour financer des campagnes inspirées de la sécurité démographique doit être radicalement mise en question.

2.6- Redéfinir buts et priorités

Prenant en considération les faits nouveaux, nous allons esquisser ici une réflexion sur les buts qui devraient remplacer ceux qui sont recherchés par les programmes actuels de contrôle des naissances. ... Puisque le problème majeur est actuellement la menace de pénurie de capital humain, il faut défendre l’homme et le promouvoir. Tel est le point fondamental dont nous allons examiner quelques facettes.

a) Défendre l’homme

Comme il ressort de nombreux documents récents émanant d’agences onusiennes comme le FNUAO, la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 tend à être supplantée par des documents comme la Charte de la Terre[16].
Il y a donc un renversement à opérer dans l’échelle des valeurs inspirant les campagnes de contrôle. La valeur par excellence, ce n’est pas le milieu ambiant ; c’est l’homme...
A ce propos, la réflexion élaborée par Amartya Sen peut induire la remise en question que nous appelons de nos vœux[17]. En effet, à partir du moment où la pauvreté n’est pas d’abord perçue comme un manque de biens matériels, mais bien comme la privation des capacités humaines élémentaires, le développement apparaît comme l’accroissement des opportunités offertes réellement aux individus en vue de la réalisation de leurs choix. Ici, la liberté des individus n’est plus ordonnée à autre chose qu’elle même, alors que dans la tradition libérale et marxiste, elle est ordonnée à la production et/ou à la consommation. La liberté est elle-même le but du développement. Celui-ci s’évalue à l’accroissement du niveau de liberté que les hommes peuvent atteindre...

b) La femme et la liberté de choisir
Les programmes de contrôle des naissances sont fréquemment présentés comme « libérateurs » pour la femme....
C’est au nom d’une conception réductrice de la liberté de la femme que l’avortement est légalisé : au nom de la liberté de produire et de consommer. Or, si la liberté est le but même du développement, la moindre des choses, ce serait que toutes les instances concernées œuvrent à l’accroissement du niveau de liberté que les femmes peuvent atteindre. Et que ces mêmes instances s’emploient aussi à offrir aux femmes des opportunités réelles afin qu’elles puissent réaliser leurs choix. Quels choix ? Celui, par exemple, d’exercer un emploi, certes, mais aussi celui de se consacrer à la maternité, ou encore de concilier ces deux options. Voilà qui nous amène à toucher à la question de la famille

c) Famille et liberté
La famille est le lieu par excellence où l’homme naît à la liberté. ... Al la lumière d’études actuelles qui font autorité, les programmes  s’appliquant à faire admettre de soi-disant « nouveaux modèles de famille » frappent la famille et doivent être reconnus comme scientifiquement intenables...
Gary Becker a reçu le prix Nobel d’Économie en 1992 pour avoir montré le rôle capital de la famille et de l’éducation dans la société[18]. C’est, de manière primordiale, dans la famille que se forme le « capital humain », le seul qui importe en définitive, et qui risque de manquer...
Ces conclusions sont corroborées a contrario par Claude Martin qui a étudié « l’après divorce ». Le divorce augmente le risque de marginalisation et même d’exclusion du conjoint séparé le plus vulnérable[19] ; il créé des conditions propices à l’échec scolaire et à la délinquance.
Le rôle décisif de la famille trouve son complément dans les réseaux éducatifs spécialisés. A cet égard, Amartya Sen prolonge les conclusions que nous venons de résumer lorsqu’il observe que, sans éducation, les hommes ne sont pas en mesure de critiquer ceux qui les gouvernent, autrement dit que l’éducation, c’est notamment l’apprentissage de la liberté ; sa généralisation est une des conditions de possibilité de la démocratie.

2.7- Conclusion

Il apparaît, à l’examen des faits, que le péril qui se profile, c’est le manque d’hommes, c’est la pénurie de capital humain. Or celui-ci naît et se forme d’abord dans la famille....

Jamais sans doute, n’a été perçue ni affirmée de façon aussi nette l’interconnexion entre liberté, famille, maternité, fécondité, éducation, participation politique, créativité, espérance. Ces options convergentes vers ce que Jean-Paul II a appelé la « culture de la vie » ont besoin d’être appuyées par toute la communauté internationale. Elles permettent, en effet, d’envisager l’avenir à l’abri des fantasmes terrifiants charriés par la « culture de la mort »...


[1] Extraits de l’article de Gérard-François Dumont,  parus dans le « Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques » publié par le Conseil Pontifical pour la famille (Tequi- 2005- pp. 235-243)

[2] Gérard-François DUMONT, Les populations du monde, Paris, Armand Colin, 2001

[3] Géopolitique de la faim, Paris PUF, 2000

[4] Géopolitique de la faim, Paris PUF, 2000

[5] Gérard-François DUMONT, Le monde et les hommes, les grandes évolutions démographiques, Paris, Litec, 1995

[6] Curieusement, ce faux raisonnement est encore présent dans United Nations, World population prospects 2000, New-York, 2001. En effet, cette publication conserve dans son hypothèse moyenne, c’est à dire celle qui fait référence, une fécondité supposée s’arrêter à 2,1 enfants par femme alors que de nombreux pays enregistrent une fécondité inférieure à ce chiffre et, pour certains pays européens ou asiatiques, depuis plusieurs décennies.

[7] Gérard-François DUMONT, Les populations du monde, Paris, Armand Colin, 2001

[8] Extraits de l’article de Mgr Michel Schooyans,  paru dans le « Lexique des termes ambigus et controversés sur la famille, la vie et les questions éthiques » publié par le Conseil Pontifical pour la famille (Tequi- 2005- pp. 207-219)

[9] Cf. V, 737; 740, d

[10] Cf. II, 6

[11] Nous donnons plus de détails sur les conférences qui suivent dans notre ouvrage Le crash démographique, paru aux Ed. Le Sarment/Fayard, 1999 ; cf. spécialement le chapitre V : « L’ONU et ses conférences concernant les Populations ».

[11bis] Note de « les2ailes.com » : L'organicisme a également été utilisé pour caractériser les notions de sciences sociales assimilant la société humaine à un organisme, et les humains à ses cellules. Ce type d'organicisme a été théorisé par Alfred Espinas, Paul von Lilienfeld, Jacques Novicow, Albert Schäffle, Herbert Spencer, et René Worms, entre autres

[12] Note de « les2ailes.com » : Alexander King était un scientifique anglais qui aida à fonder le Club de Rome avec Aurelio Peccei en 1968. Maurice King recommande que là où il y a pression de la population sur l'environnement, on ne réhydrate pas les enfants pauvres souffrant de diarrhée. Ainsi on pourrait "contenir" les populations pauvres dans les limites de certains quotas.

[13] On se reportera à World Population Prospects. The 2000 Revision. Highlights, New-York, Population Division.  Department of Economic and Social Affairs. Daté du 28 février 2001, ce document est coté Draft ESA/P/WP.165. Sur la fécondité, voir le tableau 3, pp. 31-34 ; sur l’espérance de vie à la naissance, le tableau 4, pp. 35-38 ; sur le taux de croissance annuel de la population, le tableau 6, pp. 43-46 ; sur la distribution de la population par groupe d’âges, le tableau 7, 99 47-50 ; sur les 39 pays qui, selon ces projections, ont une population qui va décroître entre 2000 et 2050, voir le tableau 15, p. 58

[14] Cf. Julian L. SIMON, Population Matters. People Ressources, Environnement and Immigration, New-York, Transaction Publishers et Hudson Institute, 1990 ; Id ., Population and Development in Poor Countries, Princenton University Press, 1992

[15] Voir Gary S. BECKER  A treatise on the family, Cambridge, Massachusetts, Havard University Press, 1994

[16] Sur cette charte, voir http:// earthcharter.org

 A ce sujet, lire notre ouvrage La face cachée de l’’ONU,... pp 61-70

[17] Amartya SEN a reçu le prix Nobel d’Économie en 1998. Voir ses ouvrages : Un nouveau modèle économique. Développement, justice, liberté, Paris, Ed. Odile Jacob, 2000 ; L’économie est une science sociale,  Paris, Ed. de la découverte, 1999

[18] Voir Gary S. BECKER ; A treatise on the family, Cambridge, Massachussets, Harvard University Press, réédition 1994

[19] Telle est l’une des principales thèses développés par Claude MARTIN dans  L’après-divorce. Lien familial et vulnérabilité. Presses Universitaires de Rennes, 1997