Après les inondations de 2016,  celles de 2018 remettent ce thème sur le devant de l’actualité. Certes, il a plu et c’est heureux pour nos nappes phréatiques. Mais il s’agit essentiellement d’une gestion humaine mal organisée. Depuis des millénaires, l’homme s’emploie à maîtriser la nature. Mais aujourd’hui, on nous fait croire que toute intervention humaine de la nature est un crime contre Gaïa. Le pseudo dérèglement du climat ou la destruction de la couche d’ozone en serait la preuve. Les experts de l’ONU ont même fourni des courbes qu’ils ont appelé la courbe en « pistolet fumant » pour montrer la courbe de l’ozone… Quelle meilleure preuve d’un crime qu’un pistolet qui fume encore !
Dès lors, les écologistes s’alarment dès qu’on parle de construire des bassins en amont de Paris.  Or, depuis la crue de 1910, on a développé des constructions dans le bassin versant de la seine, pour retenir, en cas de crue près d'un milliard de m3. Mais ces bassins ne contrôlent que les apports de 17% du bassin versant de la Seine à Paris.
Malheureusement l'Établissement Public Territorial de Bassin "EPTB- Seine Grands Lacs" avait encore en 2016 une  majorité d’administrateurs appartiennent à l'alliance PS-PC-EELV. On ne risquait donc pas, malgré les crues de l’an dernier, de décider de faire des investissements. Faudra-t-il  quelques dizaines de morts et quelques milliards de dégâts pour qu’on les décide ? Quand se décidera-t-on à draguer la Seine en aval pour faciliter les écoulements ? Quand engagera-t-on, dans la région de Marolles sur Seine,  la construction du projet de "cassiers réservoirs" qui sont indispensables pour éviter des crues dramatiques ?

Commentaire: "les2ailes.com"

Les aménagements hydrauliques en amont de Paris

Il existe un Établissement Public Territorial de Bassin "EPTB- Seine Grands Lacs" qui gère de grands réservoirs :
* Le plus gros est le lac du Der-Chantecoq sur la Marne. Il est près de St-Dizier et a une capacité de 350 millions de m3. Il a été construit entre 1960 et 1970
* Une série de trois lacs situés entre l’Aube et la Seine :
- les deux lacs d’Amance et du Temple, reliés par un canal, près de Bar sur Aube, retiennent 150 millions de m3. Ils ont été construits entre 1983 et 1990
- et le lac d’Orient sur la Seine, près de Troyes avec une capacité de 205 millions de m³, construit entre 1959 et 1966.
* le plus ancien est le lac de Pannecière sur l’Yonne, près de Château-Chinon avec une capacité de 82,5 millions de m3, construit en de 1937 à 1939.

Qui administre l'Établissement Public Territorial de Bassin "EPTB- Seine Grands Lacs"?

L'EPTB est un établissement public administratif, regroupant les départements de Paris, des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.
Cette structure est administrée par un conseil de vingt-quatre membres, issus des conseils généraux à raison de douze administrateurs pour Paris et quatre administrateurs pour les autres départements. Cette répartition s'effectue au prorata des contributions respectives au budget de l'Institution. Frédéric MOLOSSI, conseiller général socialiste, en est le président. Élu municipal de Montreuil depuis 1989, il était Vice-président du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, en charge des politiques de l’enfance et de la famille. Il affiche une opinion écologique: "Si je suis certain de nos capacités à gérer nos missions historiques, de prévenir les inondations et soutenir les débits des fleuves qui irriguent le bassin versant, je suis convaincu qu’il nous faut anticiper les impacts du changement climatique".
Il est bien obligé de faire acte d'allégeance à son conseil dans lequel on trouve, sur 24 administrateurs,  8 élus soit avec étiquette écologiste, soit avec leur soutien, ou élus comme adjoints municipaux en charge des questions environnementales, ou même cumulant la fonction d'élu et de rapporteur au Ministère de l'écologie! En tout état de cause la majorité des administrateurs appartiennent à l'alliance PS-PC-EELV et sont bien obligés de se soumettre aux courants écologistes.
Cette gouvernance à tendance écologiste est-elle si neutre dans la gestion de l'EPTB dans la mesure où ce sont eux qui recrutent Régis THEPOT, leur directeur général?
Quel rôle joue l'administration dans cette affaire? En réalité, la gestion est soumise au "règlement d'eau" [3], arrêté par le Préfet. Entre les acteurs, la confusion règne: "l'information relative à l'eau est très parcellisée. L'annonce des crues et la gestion des stations relèvent de la responsabilité de la DIREN Île-de-France", dit Jean-Louis Rizzoli, ingénieur en chef au sein de l'Institution interdépartementale des barrages réservoirs de la Seine. 
D'ailleurs, dans la loi et dans ses missions, l’EPTB a pour rôle de faciliter à l’échelle d’un bassin ou d’un sous-bassin hydrographique la gestion des inondations et la gestion équilibrée de la ressource en eau. L’EPTB est à la croisée d’une approche descendante et d’une approche remontante : au service de l’État, au service de l’Agence de l’eau, au service de la mise en œuvre des politiques européennes, et, au service d’acteurs locaux.

Des objectifs contradictoires !

Pascal Popelin, l'ancien président de l'EPTB reconnaissait devant le Sénat le 18 juillet 2001 que "les objectifs de soutien des étiages et d'écrêtement des crues sont rapidement apparus comme potentiellement contradictoires".
Pour gérer des crues dans Paris, il faut à la fois jouer sur l'amont avec les grands lacs, mais, il faut aussi que la Seine puisse s'écouler sans être obstruée, soit par un déficit de dragage, soit par un excès d'eau arrivant des affluents en aval, en particulier de l'Oise à Conflans Ste-Honorine. Or, l'impact de la gestion des lacs en amont devient quasi nul en aval: "Au-delà de Conflans-Sainte-Honorine, leur impact est considéré comme quasiment nul", disait Pascal Popelin.
Contradictions entre l'amont et l'aval, entre la gestion des crues l'hiver et celle du soutien régulier de l'étiage l'été. Mais surtout contradiction avec la gestion de la biodiversité. Le site de l'EPTB consacre une page [4] à une de ses missions: "Protéger et restaurer l'environnement". Il y est expliqué que l'EPTB "se doit naturellement d'être exemplaire en matière environnementale"!
On attendrait surtout une exemplarité en matière de gouvernance et de gestion des risques pour l'homme.

Quels sont les risques et les probabilités de crues ou de sécheresses?

- En cas de crue, le risque se chiffre en dizaine de milliards de dégâts pour une ville comme Paris, pour les effets directs (Métros, remises en état des biens publics et privés) et indirects (effets sur l’économie paralysée). Il faut ajouter les risques humains: morts par accidents, évacuations d’immeubles, et rupture d’alimentation de services vitaux (électricité, chauffage, )
- En cas de sécheresse, le risque n’est pas tant celui de l’alimentation humaine et domestique. Le bassin de Seine alimente 12 millions d'habitants à raison de 5 m3par semestre et par habitant. Le volume net nécessaire est de 60 millions de m3, alors que les bassins ont une capacité de près d’un milliard de m3. Certes, il s’agit d’un volume net et la quantité à mettre à disposition doit être supérieure étant donnée le mauvais « rendement » de cette consommation. Il faut veiller également à la qualité des eaux stockées, assurer la fourniture à l’irrigation agricole, l’écoulement des rejets, et la navigation fluviale.
Reste à évaluer les probabilités respectives de ces deux risques. On utilise à cette fin un indice SPI (Standardized Precipitation Index 12 mois). On parle de sécheresse lorsque cet indice passe en dessous de -2. Depuis 1873, ces situations se sont présentées une quinzaine de fois,  certaines se répétant sur des périodes très courtes comme celles de 1920, 1921, 1922, avec un pic en janvier 1922. C'étaient de loin les plus sévères des 150 dernières années. Elles ont été suivies, en matière de sévérité, par deux sécheresses successives à la fin des années 1940 (octobre 1945 à mai 1946 et février 1949 à avril 1950). La sécheresse forte la plus récente a eu lieu en 1996. Pour parler de crue, on ne peut se contenter d'observer les indices de crue au pont de l'Alma puisqu'il s'agit d'événements corrigés par la gestion humaine. Il faut revenir à l'indice SPI. Lors de la fameuse crue de 1910, l'indice SPI était de l'ordre de 1. Or, sur la même période de 1873 à aujourd'hui, ce seuil a été dépassé plus d'une soixantaine de fois. On peut donc dire que la probabilité et les risques consécutifs d'inondations sont beaucoup plus importants que deux des sécheresses. 

Des objectifs définis sous la pression écologiste?

Malheureusement la gestion de deux risques contradictoires est biaisée par deux autres objectifs que se sont fixés les autorités de gestion: 
- Anticiper le réchauffement climatique
- Protéger l'environnement. 
Ce sont deux objectifs complémentaires qui apparaissent en page d'accueil de l'EPTB. 

a) Anticiper le réchauffement climatique? 

On sait qu'il s'agit d'un fantasme dans la mesure où depuis 2000, on est en plein "hiatus", c'est à dire que les hausses de températures plafonnent. Même Mme Valérie Masson-Delmotte, co-présidente mondiale du groupe 1 du GIEC, l'a reconnu dans une vidéo publiée par "LeMonde" le 8 octobre 2015, en disant que, depuis le dernier rapport du GIEC, « 30 articles scientifiques... continuent à essayer de comprendre » ce hiatus. Y parviennent-ils ? Elle reconnaît qu’« on a eu un léger ralentissement de l'activité du soleil » pendant cette période !
Il faut imaginer l'impact qu'a l'obsession du changement climatique sur les gestionnaires de l'EPTB et on voit se multiplier des rapports faussement alarmistes: 
- "Projet GICC ("Gestion et Impacts du Changement Climatique") - Influence du changement climatique sur le fonctionnement hydrologique et biogéochimique du bassin de la Seine- Rapport Final" publié en Novembre 2004 par le projet DRIAS (Donner accès aux scénarios climatiques Régionalisés français pour l’Impact et l’Adaptation de nos Sociétés et environnement)
- "Impacts du changement climatique sur les phénomènes hydro-météorologiques" publié par Météo-France
- Projet CLIMSEC, "Impact du changement climatique en France sur la sécheresse et l’eau du sol", publié par le Centre National de Recherches Météorologiques
Il ne faut pas imaginer qu'une majorité d'experts puissent détenir la vérité. Quand on demande au Giec quelle est la modalité de calcul qui les amène à conclure que la probabilité est de 95% que le réchauffement ait une origine humaine, leur réponse est la suivante: « la probabilité n'est pas issue d'un calcul statistique. Elle exprime ce qu’on entend par "très probablement". La probabilité donnée indique que les auteurs estiment que, sur 100 affirmations de ce type, plus de 95% sont vraies. C'est une évaluation subjective basée sur un faisceau d'indices » (Mail du GIEC - 13 déc. 2014)! 
Tout les rapports qui se succèdent sont ceux d'administrations ou de groupes de travail qui s'auto-intoxiquent sur le cataclysme que représenterait une sécheresse.

b) Protéger l'environnement

La préservation des "zones humides" est devenue, avec le temps, un mythe comparable à celui des vaches sacrées en Inde. 
- Le site gouvernemental "eaufrance" consacre des pages entières aux "zones humides"
- Une convention internationale sur les zones humides a été signée à Ramsar, en Iran, en 1971, ayant pour but de préserver les zones humides, notamment leurs caractéristiques écologiques. Il existe des sites classés RAMSAR ! Il n'est pas anodin de voir qu'un des quatre bassins de Seine, celui du lac d'Orient, est classé RAMSAR !
Le plan de gestion de l'eau du bassin de Seine en finit par intégrer, comme objectif prioritaire, le niveau nécessaire pour faire vivre les zones humides le long des rives fluviales et préserver leur biodiversité. On pourrait citer les zones des "Basses Godernes", au confluent de la Seine et du Loing, celles de "St-Sauveur-Ecole" et de "la Prairie Malecot", près de Saint-Fargeau,  celle du "Carreau-Franc" à Marolles sur Seine, et tant d'autres. Toutes ont, bien sûr, un intérêt évident. Mais faut-il prendre le risque d'une crue dramatique pour éviter une légère dégradation temporaire d'un milieu humide qui, en tout état de cause, possède une puissance intrinsèque d'auto-reconstitution une fois une période de sécheresse terminée.