Le souci écologique répond-il à un enjeu de charité vis-à-vis des générations futures ? La première des charités devrait consister à ne pas les  « instrumentaliser ». L’homme, dès le péché originel, est devenu concupiscent c'est-à-dire qu’il veut entrer en possession d’autrui. L’instrumentalisation, en particulier des plus petits, est une manière de les utiliser comme des objets pour répondre à des objectifs personnels, voire idéologiques, qui n’ont rien à voir avec le bien des dites générations futures.
L’actualité du 16 février vient de nous en donner deux exemples avec d’une part l’interview d’un leader du Giec, Jean-Pascal van Ypersele qui se félicite de voir le succès des « marches des jeunes pour le climat » , et d’autre part, le lancement de l’opération « Million dollar Vegan », dont une petite fille de 12 ans est porte parole pour inviter le Pape François à vivre son carême sous la forme d’un régime vegan !
Dans les deux cas, il ne s’agit pas d’initiatives spontanées, mais d’opérations parfaitement orchestrées par des ONG internationales qui veulent créer l’émotion, influencer les adultes pour faire avancer leurs idéologies.
De quoi s’agit-il ? En quoi peut-on élargir le propos au concept même de proxénétisme ?

Commentaires « les2ailes.com »

1°) L’interview de Jean-Pascal van Ypersele

Le belge Jean-Pascal van Ypersele est une personnalité du Giec renommée. Il est interviewé dans le Figaro des16-17 février 2019[1] .
Il « observe avec intérêt…. les marches des jeunes pour le climat qui ont gagné l’Australie, le Royaume Uni, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse… et les français qui s’y sont ralliés vendredi 15 février ». 
Cet intérêt se heurte à deux problèmes.
- On apprécierait que cette personnalité accepte une débat contradictoire sur la question scientifique. Or, il se contente de recourir au consensus du Giec, alors que le consensus n’est pas une preuve. Ce n’est qu’un argument d’autorité et non un argument qui fait autorité. Respecter les jeunes générations devraient, en priorité, consister  à leur proposer un débat contradictoire pour les entraîner à prendre du recul par rapport à tous les consensus existants.
- Jean-Pascal van Ypersele se plait à nous faire croire que ces jeunes sont « révoltés par l’inertie politique ». Il cite Anuna, une jeune flamande et Kyra, une jeune suédoise, pour qui « les incendies de forêts qui ont ravagé son pays.. ont constitué un élément déclencheur » et pour qui « c’est la succession de canicules qui a frappé l’Europe l’été dernier ». J.P van Ypersele ne relève pas le fait que le Giec a établi, lui-même, l’absence de corrélation entre le réchauffement climatique et les sécheresses : « Les épisodes de sécheresse du dernier millénaire étaient d’une plus grande ampleur et d’une durée plus longue que ceux observés dans de nombreuses régions depuis le début du XXe siècle (degré de confiance élevé) ». (Rapport GIEC - AR5).

2°) L’opération « Million Dollar Vegan »

Une jeune fille américaine de 12 ans, prénommée Genesis, est devenue l’ambassadrice d’une campagne internationale, la « Million Dollar Vegan » qui s’est donnée pour ambition de convaincre le pape François à vivre son Carême de manière végan, pour sensibiliser le plus grand nombre aux problèmes liés à la maltraitance animale à grande échelle.
A qui fera-t-on croire que cette jeune fille n’est pas instrumentalisée en prenant l’avion : « elle s’envole ces jours ci pour le Vatican pour rencontrer le pape, avec à la clé, s’il accepte un million de dollars qui pourront être versés « aux bonnes œuvres » de l’Église. Elle assistera à l’audience pape mercredi, et nul doute que les photographes seront là pour immortaliser la rencontre probable ».  Qui est derrière cette opération ?
Le million de dollar qui sera proposé ressemble à du chantage de la part de la Blue Horizon International Foundation
La campagne Million Dollar Vegan est soutenue par un panel de célébrités, de scientifiques et d’environnementalistes, parmi lesquels des présentateurs de TV, de top-models, de chanteurs, et, en France par  Brigitte Bardot ou encore Yann Arthus-Bertrand. 

3°) Un grand classique… hélas recommandé !

Tout cela rappelle étrangement la philosophie d’instrumentalisation des jeunes qui se généralise et dont la stratégie a été largement développée, hélas, lors d’un colloque à l’Académie Pontificale des Sciences le 28 Septembre 2016. Un des participants, président d’une fondation  qui fait la promotion de  "l’alphabétisation scientifique des enfants de la planète", plaidait pour une école favorisant, selon une sémantique très postmoderniste,  l' "autonomisation des enfants" au motif que c’est une "manière de communiquer .. aux parents". Cette phrase a été proclamée, sans aucune réaction, au sein même de  l’Académie Pontificale des Sciences alors qu’il s’agit bel et bien d’instrumentaliser les enfants pour les utiliser comme des « agents de changements », pour reprendre une expression très révolutionnaire. On est loin du catéchisme de l'Église Catholique (§ 2221) qui veut que ce soit les parents qui aient un  « droit-devoir d'éduquer leur progéniture ». Le propos de cet académicien procède de l’inverse. Comment ne pas être triste de voir que, le lendemain de cette déclaration, on pouvait lire sur les réseaux sociaux quelques papiers de satisfaction de milieux écologistes chrétiens sur la présence de cet intervenant au colloque du Vatican.

4°) Et si c’était une forme de proxénétisme ?

Le mot  pourrait choquer dans le contexte évoqué. Mais il faut revenir au sens large de cette expression. L’étymologie vient du latin proxeneta  qui évoque des notions de courtier, d’entremetteur. Il ne faut pas limiter le sens de cette expression à ce qui rappelle l’accompagnement de la prostitution des femmes. Sa définition est va plus loin : « Le proxénétisme est le fait de générer des profits sur l'activité de prostitution d'autrui grâce à l'ascendant que l'on exerce sur les personnes qui se livrent à cette pratique. Sa définition juridique peut varier d'un pays à l'autre »[2]. En France, le proxénétisme est considéré par le Code Pénal comme une « atteinte à la dignité de la personne », ou « tirer profit de la prostitution d’autrui ». 
Reste à savoir quel sens donner au mot « prostitution ». Sa définition est également plus large que son sens premier. Dans le mot latin prostitutio il y a l’idée de « mettre en avant quelqu’un ».
Tous ces sens peuvent être lus à l’aune de l’exploitation des enfants par des ONG ou des adultes qui font un usage indigne des talents de la jeunesse, de leurs capacités, dans le but intéressé d’idéologies que ces jeunes ne soupçonnent pas. On leur apprend à mentir pour faire plaisir à des adultes, alors qu’il faudrait leur enseigner la prise de recul sur des questions scientifiques complexes. Il y a dans cette pratique quelque chose qui dégrade l’enfant qui l’abaisse à une dimension déplacée au point d’être contraire à sa dignité, tout cela pour les intérêts d’une idéologie qui devient en quelque sorte proxénète.
L’utilisation de l’enfance au profit d’intérêt d’adultes n’est pas nouvelle, dans les guerres ou dans la pédophilie, dans l’utilisation bioéthique faite d’ « enfants médicaments », voir d’un eugénisme d’enfants que les adultes veulent parfaits.
Beaucoup de milieux chrétiens sensibles à l’écologie sont les premiers à s’insurger contre l’usage de la femme dans les publicités. L’expression de proxénétisme n’est pas utilisée dans ce contexte, mais l’intérêt marchand, dégradant de la femme est pourtant au cœur de ces pratiques. Il serait bon de réfléchir à ce paradoxe qui permet de comparer l’instrumentalisation des jeunes générations à du proxénétisme. Avoir le souci des générations futures, c’est également les protéger contre toutes les formes de manipulations politiques. Sinon, c’est toute une génération qui sera à la merci de prises de pouvoir diverses.

[1] Page 11 du Figaro quotidien

[2] Wikipedia