1- Un pèlerinage …... 
2- … Après plusieurs années d’engagement dans la réflexion écologique. 
3- Une démarche en Église. 
   a- Qu’est-ce que l’Écologie intégrale ?
   b- Quelle planète laissera-t-on aux générations futures ?
   c- Quelle jeunesse laissera-t-on aux générations futures ?
   d- Malgré tout, des laïcs chrétiens forcent l’admiration. 
   e- L’appel des évêques de France à Lourdes. 
4- Une prière à Marie pour purifier nos cœurs et nos pastorales. 

1- Un pèlerinage …

Ce pèlerinage est avant tout une démarche spirituelle. Il s’agit d’un temps fort de retour aux sources dans des sanctuaires où la Vierge est apparue. Évoquant  notre marche sur terre vers le ciel, le pèlerinage est  donc un temps fort de renouveau dans la prière.

2- … Après plusieurs années d’engagement dans la réflexion écologique

Avec ce pèlerinage, j’ai ressenti que le temps était venu de se laisser bousculer pour aller déposer ses prières, humblement auprès de la Vierge. Ces lignes se veulent comme une charte qui m’engage, moi et ceux qui éventuellement m’accompagneront, dans une démarche plus spirituelle que temporelle.
Dieu donnera-t-il vie à ce projet de pèlerinage à pied sur 4000 km ?
A 73 ans, je  n’ai aucune prétention ni ambition personnelle. J’ai ressenti l’appel de quitter un fauteuil confortable, derrière un écran d’ordinateur faussement protecteur, de renoncer à des agendas quotidiens qui peuvent n’être que des fausses urgences alors que l’important est de ralentir pour prendre le temps de la prière et du dialogue.

- Prière d’abandon à la Vierge pour qu’elle soit l’intermédiaire auprès de Dieu, afin de renouveler mes engagements.
- Mais également dialogue dans le cadre d’un programme qui prévoit des haltes dans les quinze archidiocèses. J’écouterai toutes personnes rencontrée pour qu’elles me guident dans la manière de revivifier mes facultés et mes devoirs, dans la mesure de mes compétences, afin de manifester mon sentiment en ce qui concerne le bien de l’Église (selon les termes exacts de Lumen Gentium, § 37).

3- Une démarche en Église

Les haltes prévues dans les paroisses et les diocèses n’ont pas pour objet de proposer des réponses aux questions qui se posent en matière de pastorale écologique, mais d’entamer un dialogue. Les pasteurs qui seront sollicités pourraient, au cours d’un entretien, se pencher sur les questions suivantes :

a- Qu’est-ce que l’Écologie intégrale ?

Laudato si insiste sur le concept d’écologie intégrale. Sommes-nous capables de le définir ? Il ne s’agit pas d’une nouvelle discipline de la science écologique. N’est-ce pas nécessaire de bien redéfinir le sens des mots utilisés ?

b- Quelle planète laissera-t-on aux générations futures ?

Au plan purement scientifique, la maison commune n’est pas dans la situation désespérée décrite par les experts et les médias. Les risques environnementaux sont-ils avérés ?
Certes, de multiples pollutions locales créent des nuisances, en particulier sur les populations les plus pauvres : Bophal en Inde, les poussières fines à Pékin ou à New Delhi, les plastiques dans les rivières d’Afrique et d’Asie qui alimentent 80 % des plastiques dans les océans, les conditions d’extraction du Coltan au Congo, et tant d’autres…
Mais la planète est résiliente, même  pour faire face à l’addition de milliers de pollutions locales. Ce sont les populations qui sont victimes de ces pollutions et non la planète elle-même. Les conséquences humaines justifient donc de s’employer à réduire ces pollutions locales, en particulier en favorisant le développement économique des plus pauvres ; l’expérience montre en effet que les pays les plus développés sont les plus « propres ».

Quant aux pollutions planétaires, et en particulier celles qui porteraient atteinte au climat, des centaines de publications scientifiques disent chaque année qu’il faut chercher les explications du côté de l’activité solaire. Même les fameuses « neuf limites planétaires » retenues par l’ONU sont reconnues par leurs auteurs-mêmes comme manquant de fondements scientifiques. L'Église peut-elle se permettre de fermer les yeux sur ces informations ?

En matière scientifique, en particulier, se référer au consensus est-il suffisant ? Le consensus scientifique n’est qu’un argument d’autorité, qui n’apporte pas de surplus d’autorité aux arguments souvent suggérés par les médias. Certes, l’écologie intégrale ne se limite pas à une approche environnementale. Mais, faute de ces débats contradictoires entre chrétiens à forte sensibilité écologique, le risque n’existe-t-il pas de voir se développer une forme de promiscuité intellectuelle dans l’Église sur ces sujets, avec le risque de multiplier les clivages entre chrétiens ?

c- Quelle jeunesse laissera-t-on aux générations futures ?

Influencée par les médias et par les programmes scolaires, notre jeunesse n’est-elle pas dans un état d’instrumentalisation avancée. La jeune Greta semble bien être manipulée par le milliardaire Ingmar Rentzhog, et le ministère de l’éducation appelle faire à élire 250.000 « éco-délégués » dans les  lycées et collèges, etc…
Il faut entendre certains jeunes parler de la situation de leur génération enfermée dans un état de panique avancée. Toute prise de recul devient impossible pour eux. Dans le meilleur des cas, ils ne veulent plus entendre parler d’un sujet qui les étouffe, et dans le pire des cas, ils sont dans un état de désespérance les amenant à refuser d’avoir des enfants. Quelle espérance propose l'Église à cette jeunesse ?

d- Malgré tout, des laïcs chrétiens forcent l’admiration

Lors de l’assemblée générale des évêques de France à Lourdes, les 5 et 6 novembre 2019, chaque diocèse a été invité à être accompagné de deux personnalités engagées dans la réflexion écologique. Tout, dans les témoignages exprimés, force l’admiration : l’amour qu’ils portent aux fidèles qu’ils sensibilisent à l’écologie intégrale, leur solidarité avec les victimes de tornades causées, leur dit-on, par les pays riches, leur souci de laisser aux générations futures une terre viable, leur conviction que la frugalité peut rendre heureux si elle est vécue comme une "vertu" et non comme une "frugalité par précaution".

La question qui mérite légitimement d’être posée relève des motivations profondes qui les animent.
Les conversions radicales, dont les intervenants à Lourdes ont témoigné, trouvent leur source en Dieu qui les habite profondément, renforçant ainsi notre capacité à écouter le cri des plus pauvres. Les conversions qu’ils proposent ne sont pas de simples postures pour faire face à des réalités décrites comme catastrophiques. En effet, ils ont conscience que la crise contemporaine, qualifiée de crise écologique, est une opportunité pour changer de vie. Mais la crise n’est-elle pas plus anthropologique qu’environnementale ?

Mon pèlerinage, ne sera pas solitaire si ces laïcs se sentent interpellés par ces questions et acceptent de se mettre en route, ne serait-ce qu’une journée, pour réfléchir et prier ensemble.

e- L’appel des évêques de France à Lourdes

Dans un tel contexte, l'Église va-t-elle se contenter d’accorder des « labels paroisses vertes » avec force éco-diagnostics sur l’isolation des bâtiments, la fourniture de repas solidaires issus de l’agriculture biologique ou la réduction de l’empreinte écologique ? L'Église va-t-elle prendre le relais des médias en répétant inlassablement les mêmes thématiques que celles du consensus mondial ?

Les erreurs de pastorales familiales, après l’encyclique Humanae-Vitae, pourtant prophétique, ont contribué à vider les églises. Une pastorale explicative de Laudato si, trop focalisée sur les consensus environnementaux, les rempliront-elles ? Les fidèles ont soif d’autre chose et de discours radicalement différents.
Les organisateurs de l’Assemblée Générale des Évêques à Lourdes souhaitaient que l'Eglise se laisse bousculer par les divers témoignages. Si elle n’est pas capable de recourir à une pluralité d’expertise et de regard, l'Église pourra-t-elle « se laisser surprendre » comme Mgr de Moulins-Beaufort le souhaitait dans son allocution d’introduction ?

L'Église ne trouverait-elle pas une joie profonde à entrer dans un raisonnement en termes de tension entre des éléments qui paraissent opposés ? Joie que cette tension ne soit pas distordue par le retrait de certains ressorts de la pensée qui dérangent ? Joie de retrouver le sens de la disputatio qui a totalement disparu de nos structures d’Église ? Joie d’« aller à la rencontre de l’autre, dans les périphéries, qui sont des lieux, mais …surtout des personnes » (Pape François 4 oct. 2013) ? L'Église craint-elle les dissidents écologistes, y compris chrétiens, délaissés à ses portes, tels des parias risquant d’être contagieux ? N’ont-ils rien à dire du Christ ? Joie de réaliser que « la réalité se comprend mieux à partir des périphéries qu’à partir du centre » (21 novembre 2015) ?

4- Une prière à Marie pour purifier nos cœurs et nos pastorales

Comment répondre à ces questions, souvent d’ordre prudentiel, sans réfléchir à une véritable conversion à l’écologie intégrale ? La conversion à laquelle l'Église, et chacun de nous, est appelée, ne passe-t-elle pas par l’appel de Saint-Jean-Baptiste qui « va au-delà de la sobriété du style de vie… Plus en profondeur, il appelle à un changement intérieur » comme le disait Benoit XVI ? Les discours fondés sur la peur engendrent en général des comportements fugaces qui n’empêcheront pas les pauvres de devenir encore plus pauvres, alors que la vérité rend libre pour labourer en profondeur de véritables conversions du cœur.

Il m’a semblé que, si l'Église était appelée à se laisser bousculer par une pluralité des réflexions, il convenait de me laisser bousculer moi-même en me mettant en chemin.

Marie, Reine de la Création et modèle d’écologie intégrale,
accompagnez ce pèlerinage.