La confusion sémantique s’amplifie à propos des recherches sur un vaccin contre le Covid 19 ! On parle à tort de « vaccin OGM ». Il est vrai que la technologie envisagée utilise les découvertes récentes en matière de thérapie génique et que les prochains vaccins dits « vaccins ARN » n’auront rien à voir avec les vaccins traditionnels dits «vaccins à particules pseudo-virales » (VLP). Certes ces nouveaux vaccins n’ont encore jamais été utilisés chez l’homme et les risques d’effets non désirables sont importants. Mais il n’y a pas lieu, pour accroître l’émotion et la peur, de les qualifier de vaccin OGM ! Quels sont les différences entre un OGM et un vaccin-ARN ? Quels sont les risques des vaccins ARN ?

Analyse "les2ailes.com" 

Avertissement: cet article est rédigé par un non spécialiste. Toute erreur signalée sera prise en compte avec bienveillance.

1-    Qu’est-ce qu’un vaccin ?

Un vaccin est une préparation biologique prophylactique (préventive) d'un ou de plusieurs antigènes microbiens, qui stimule le système immunitaire d'un organisme vivant afin d'y développer une immunité adaptative protectrice et relativement durable contre l'agent infectieux d'une maladie infectieuse particulière. La substance active d’un vaccin est un agent antigénique à pathogénicité atténuée par une forme affaiblie ou tuée du micro-organisme pathogène, par une de ses toxines ou par une de ses protéines spécifiques.
Un antigène (de l'acronyme anglais «antibody generator») est une macromolécule naturelle ou synthétique qui, reconnue par des anticorps ou des cellules du système immunitaire d’un organisme, est capable de déclencher chez celui-ci une réponse immunitaire. Le système immunitaire est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le « soi » du « non-soi ».

a)     Les vaccins classiques à particules pseudo-virales

Les vaccins à particules pseudo-virales, ou VLP (virus like particle), sont constitués de particules non infectieuses contenant des protéines virales sans génome et en nombre suffisant pour provoquer une réponse immunitaire. Le vaccin contre le virus du papillome humain (VPH), qui est un des VLP les plus utilisés depuis plus de 60 ans. Les particules pseudo-virales ne contiennent aucun matériel génétique ; elles sont donc non-infectieuses et incapables de se multiplier. Ces vaccins sont efficaces pour induire des anticorps mais n'induisent pas d'immunité cellulaire. La production de ces vaccins est lourde et coûteuse.
Les vaccins contiennent aussi des conservateurs et des antibiotiques qui empêchent leur contamination, ainsi que des stabilisants. Ces substances permettent de maintenir la qualité des vaccins entre leur production et leur administration. Certains vaccins contiennent aussi des substances dites “adjuvantes” qui stimule la réponse immunitaire à la vaccination. Ces substances augmentent l’efficacité des vaccins.. Souvent, il est nécessaire d'administrer le vaccin en plusieurs fois afin de créer une immunité ou de la préserver. 

b)   Typologie des vaccins VLP[1]

  • Vaccins issus d’agents vivants atténués- (LAV- Live-Attenuated Vaccine). Ces vaccins comprennent une souche de bactérie vivante qui a été atténuée par différents procédés afin de ne pas générer de maladie parmi les individus ayant un système immunitaire sain. Comme le vaccin issu d'agents vivants atténués ressemble le plus à une infection naturelle, il sert de bons professeurs au système immunitaire. Les exemples de vaccins issus d'agents vivants atténués comprennent des vaccins contre la rubéole, les oreillons, la fièvre jaune, la fièvre  et la rougeole (le vaccin MMR), le vaccin contre la varicelle et le vaccin oral contre la fièvre typhoïde. Bien que ces vaccins soient des plus efficaces, ils ne peuvent être administrés à certains individus ; par précaution, ces vaccins sont contre indiqués chez la femme enceinte, chez les personnes immunodéprimées, par exemple, des enfants subissant un traitement chimiothérapique.   
  • Vaccin inactivé–(IVV- Inactived influenza Virus  Vaccine). Ils contiennent des agents infectieux (ou une toxine produite par ceux-ci) qui ont été tués grâce à un produit chimique ou par la chaleur. Ils sont donc totalement inoffensifs, mais reste capables de susciter une réponse du système immunitaire.
    Le vaccin injectable contre la poliomyélite, les vaccins contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’Haemophilus influenza de type b, l’hépatite A, l’hépatite B, le pneumocoque, la grippe, l’encéphalite à tiques d’Europe centrale, l’encéphalite japonaise, et la méningite à méningocoques (A, C, W, Y) sont des vaccins inactivés.
  • Vaccin toxoïde- Ce vaccin prévient des maladies provenant de virus produisant des toxines dans le corps. Au cours du processus de composition de vaccins de ce type, les toxines sont affaiblies afin qu'elles ne puissent générer de maladies. Les toxines affaiblies s'appellent des toxoïdes. Quand le système immunitaire reçoit un vaccin comprenant des toxoïdes, il apprend comment combattre les toxines naturelles. Le vaccin subcellulaire (DTaP) contient des toxoïdes de la diphtérie et du tétanos.  
  • Vaccin à base de sous-unités (Sub-unit) – contient des parties du virus ou de la bactérie ou de sous-unités et non pas le virus dans son intégrité. Comme de tels vaccins ne contiennent que les antigènes nécessaires et non pas les autres parties composant le virus, l'apparition d'effets secondaires est plus rare. Le composant de la coqueluche (pertussis) se trouvant dans le vaccin DTaP est un exemple de vaccin à base de sous-unités.
  • Vaccin conjugué– C’est un type de vaccin qui combine un antigène faible avec un antigène fort comme vecteur de sorte que le système immunitaire ait une réponse plus forte à l'antigène faible. Ce vaccin  lutte contre une autre forme de virus. Dans ce virus, il y a des antigènes recouverts d'une couche extérieure de chaines de glucides qui s'appellent des polysaccharides. Cette couche encapsule l'antigène et fait qu'il est difficile pour le système immunitaire peu développé du jeune enfant de l'identifier et d'y réagir. Des vaccins conjugués sont efficaces contre des virus de ce type car ils lient (ou attachent) les polysaccharides aux antigènes auxquels le système immunitaire réagit bien. Cette liaison aide le système immunitaire peu développé à réagir à la couche et à développer une réaction immunitaire. Un exemple de ce type de vaccin est le vaccin contre les pneumocoques[2]. Il existe des vaccins   conjugués peptide / protéine et protéine / protéine. 

2-    Les vaccins vectorisés

a)     Qu’est-ce qu’un vaccin à ARN ou à ADN ?

  • L'acide désoxyribonucléique ou ADN est une macromolécule biologique présente dans toutes les cellules ainsi que chez de nombreux virus. L'ADN contient toute l'information génétique, appelée génome, permettant le développement, le fonctionnement et la reproduction des êtres vivants. 
  • L'acide ribonucléique messagerARN messager(ARNm) est une copie simple brin transitoire d'une portion de l'ADN comprenant un ou plusieurs gènes codant la production d’une protéine dans une cellule.
  • Un vecteur viral est un outil couramment utilisés en biologie moléculaire pour délivrer (par « transduction ») un gène ou une construction génétique intéressante vers l'intérieur de cellules. Ce procédé peut être utilisé sur un organisme vivant (in vivo) ou sur des cellules maintenues en culture (in vitro).

Il existe divers types de vecteurs viraux.

  • les Rétrovirus qui sont des virus à ARN surtout utilisés dans les thérapies de cancer
  • les Lentivirus qui sont des virus à longue période d’incubation
  • les Adénovirus qui sont des virus non pathogène utilisés en particulier pour l’élaboration de vaccins.

Avec un vaccin à ADN ou à ARN messager (ARNm), le patient produirait lui-même la protéine virale contre laquelle le système immunitaire fabrique des anticorps. Dans le cas du SARS-CoV-2, il s'agirait de la protéine "Spike" qui permet au virus de s'accrocher aux cellules.

Mais, faire entrer des ARN ou des ARNm dans le cytoplamse ou le noyau d’une cellule, humaine en l’occurrence, n’est pas simple. On peut utiliser une méthode d’électroporation en plantant des aiguilles dans le muscle ou le derme et en les soumettant à des impulsions électriques qui perturbent les membranes et permettent à l’ADN/ARNm d’y entrer ? On peut aussi encapsuler l’ARNm dans des petits assemblages lipidiques pour le faire entrer dans le cytoplasme grâce aux endosomes de la cellule qui interviennent  dans les processus d’absorption par la membrane de particules en provenance de l’espace extracellulaire[3].

b)    Typologie des « Vaccins vectorisés » :

  • Les « vaccins à ARN messager »

Le vaccin à ARN est composé d'un ARN messager destiné  à synthétiser une protéine du virus de la maladie. Dans le cas du Covid, la protéine synthétisée serait celle qui compose les spicules en surface du virus, c’est-à-dire des éléments en forme d’aiguilles qui lui permettent de s’accrocher aux cellules hôtes, lui offrant ainsi une porte d’entrée. Les chercheurs espèrent que l’expression de cette protéine produira une réponse immunitaire importante chez le patient. 
Des microARN (miARN) ont récemment émergé comme d’importants modulateurs des infections virales. Ces petites molécules régulatrices agissent comme des répresseurs de l’expression des gènes. Au cours de l’infection, ils peuvent agir sur des ARN cibles d’origine cellulaire mais aussi virale[4].

  • Les « vaccins à ADN recombinant»

Ils combinent l’ADN du virus avec l’ADN d’un virus inoffensif afin de créer une nouvelle entité cellulaire, appelée antigène, à même de provoquer une réponse immunitaire. Cette solution a un avantage énorme : les antigènes créés par cette opération peuvent ensuite être reproduits à très grande échelle. Cette technologie est déjà à la base de certains vaccins antigrippe. Ils ont fait preuve d’une protection partielle contre le SRAS sur des animaux.

c)      Bénéfices et risques des vaccins vectorisés

Si elles font l’objet de travaux depuis plusieurs années, ces technologies de vaccin n’ont encore jamais été autorisées chez l’homme. Seuls quatre vaccins à ADN ont reçu les autorisations réglementaires pour une exploitation commerciale sur des animaux. Ils protègent, par exemple, des saumons d’élevage contre la nécrose hématopoïétique infectieuse, des poulets contre la grippe aviaire, et des chiens atteints d’un mélanome buccal ?

Toute la question sera de savoir si la quantité de protéines exprimées et le signal de danger seront suffisants pour déclencher une réaction immunitaire d’ampleur et produire des anticorps fonctionnels.

  • Les risques des vaccins-ARN/ADN

Les vaccins à ARN sont en cours d’élaboration, en particulier par Moderna et Pfizer. Il n’en existe aucun produit sur le marché ni qui aient été démontrés comme efficaces chez l’humain.
La capacité à produire des réactions indésirables se serait avérée élevée dans les phases 1 et 2. Selon des données rendues publiques, un des participants de la phase 1 du vaccin de Moderna s’est retrouvé aux urgences et d’autres ont dû être hospitalisés. Les travaux sur adénovirus menés par Johnson & Johnson est comparable à ceux du vaccin d’AstraZenecca, lequel risque de donner des effets secondaires sévères. La plupart des grandes compagnies pharmaceutiques, tels que Merck et GSK, ont abandonné leurs projets adénovirus depuis plusieurs années[5]. La voie  utilisant des adénovirus n'a, jusqu'à aujourd'hui, abouti que chez l'animal avec deux vaccins ; l'un dirigé contre la grippe du cheval, l'autre contre la peste aviaire à H5.

Un groupe d’étude de l’OMS a publié en 1987  un rapport  n° 747 sur « l’acceptabilité des substrats cellulaires pour la production de substances biologiques », dans lequel on peut lire :

 « Un des grands problèmes est le risque de malignité que pourrait présenter à long terme un ADN contaminant hétérogène, en particulier s’il s’avère qu’il contient des séquences codantes ou régulatrices potentiellement oncogènes. Ce point est réellement préoccupant, car de nombreuses personnes en bonne santé, notamment des nourrissons, seront peut-être vaccinées avec des produits issus de lignées cellulaires continues, ou les recevront de toute autre manière » (§1- page 6-7).

Le rapport ajoute :

« Il faut tenir compte de plusieurs points lorsqu’on fait ces estimations du risque.
- Premièrement, tous les calculs sont fondés sur le postulat selon lequel le facteur de risque d’induction tumorale décroît linéairement avec la concentration d’ADN. Ce postulat n’est pas forcément exact, puisqu’une quantité d’ADN qui n’a aucun effet biologique mesurable lors d’un essai normalisé parce qu’elle est présente à une trop faible concentration, peut quand même avoir un effet dans certaines conditions ou sur certains organes ou tissus.
- Deuxièmement, on ignore encore si le risque associé à des expositions répétées à de l’ADN agira de façon cumulative ou non.
- Troisièmement, il faut envisager la possibilité que les préparations d’ADN qui n’induisent pas de tumeurs dans les systèmes expérimentaux puissent provoquer chez l’homme des modifications susceptibles d’accroître l’incidence de l’apparition de tumeurs après de longues périodes de latence 
- Quatrièmement, les expériences conduites sur des animaux à courte durée de vie ne permettent pas d’évaluer les effets à long terme des séquences d’ADN acquises. » » (Annexe 1, page 24)..

On pourrait penser que, depuis 1987, les problématiques ont pu évoluer. Mais, en 2019, un rapport du Sénat français évoque les risques non levés :

« En l'état actuel des choses, plusieurs problèmes se posent :
- si le plasmide étranger s'intègre à l'ADN de la cellule hôte en certains endroits, on ne peut écarter l'hypothèse qu'il active un oncogène, gène déclencheur de cancer ou, à l'inverse, inhibe l'action d'un gène suppresseur du cancer. Même si ce risque semble très théorique aux chercheurs, il doit être très rigoureusement évalué ;
- les connaissances des mécanismes entrant en jeu lorsqu'on injecte l'ADN doivent être approfondies. En effet, si l'on a la preuve que le plasmide pénètre bien dans le noyau des cellules musculaires, puisque la protéine produite est retrouvée à l'intérieur de ces mêmes cellules, on ne sait pas encore très bien comment le système immunitaire prend connaissance de sa présence. »[6]

Plus récemment encore, une étude publiée le 22 février 2019 dans le Journal of Translational Medicine, dit que le corps développe des anticorps contre le vaccin, entravant donc l’applicabilité clinique des médicaments ARNm, en particulier lorsqu’il doit être administré plusieurs fois.[7]

En 2020, le professeur Alexandra Henrion-Caude explique que:

« L’ARN est un intermédiaire entre l’ADN et la protéine, et donc il interfère avec des tas de molécules et notamment avec les micro ARN. Il va devenir un piège à microARN…. En fait les conséquences moléculaires d’un ARN sont extrêmement difficiles à prédire parce qu’il y a trop de niveaux où l’ARN peut intervenir … Un ARN est bien plus subtile que cela et peut déclencher des cascades parce qu’il peut interagir avec plein de molécules ; …après avoir inséré un ARN dans une cellule, vous n’en n’êtes plus maître parce que la cellule n’est pas statique et toujours dans le même état. … On ne peut pas maîtriser le vaccin parce qu’on ne connait pas les facteurs avec lequel il va interagir dans la cellule. On sait par avance qu’on ne pourra pas maîtriser l’ARN. … »[8].

3-    Faut-il, au motif des risques des vaccins vectorisés, utiliser une sémantique anxiogène ?

a)     La sémantique liée aux OGM

C’est à tort qu’on parle d’OGM médicinaux ou de Vaccins-OGM. Il y a, en effet, une différence importante entre les vaccins ARN/ADN et les OGM

  • Un organisme génétiquement modifié ou OGM est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par l'intervention humaine. Le génie génétique permet de modifier des organismes par transgénèse, c’est-à-dire l'insertion dans le génome d’un ou de plusieurs nouveaux gènes. Cette transgénèse est insérée dans des cellules tissulaires peu nombreuses qui sont ensuite cultivées en laboratoire pour donner naissance à une nouvelle plante.
  • Dans le cas d’un vaccin ARN/ADN, il ne s’agit pas d’insérer un gêne dans un embryon humain pour en modifier le génome mais d’insérer des plasmides distinctes de l'ADN chromosomique. Certes la littérature fait état de risques, justifiant de multiplier les tests, d’abord sur de grands animaux, puis chez l’homme. Mais, l’appellation de Vaccins-OGM, est infondée et a pour objectif de créer une émotion malsaine dans les opinions publiques.

b)     La sémantique liée aux vaccins comestibles

Cette sémantique est anxiogène, dans la mesure où elle est liée à l’ingestion de plantes OGM sélectionnées avec des visées vaccinales.
Ces plantes comestibles sont modifiées par transgénèse afin de produire des protéines vaccins. Absorbées par voie orale, ces protéines devraient stimuler la réaction immunitaire requise pour protéger l’individu contre l'infection.
Des chercheurs canadiens ont mis au point des plantes transgéniques capables de produire d'importants vaccins.
Un gène humain a été ajouté à une lignée de maïs, ce qui a entraîné la sécrétion, par le maïs, d'anticorps humains destinés à adhérer aux cellules tumorales et à les tuer. Ces anticorps sont au stade d’essais cliniques sur des patients atteints d’un certain type de cancer.
Des variétés de soja génétiquement modifié produisant des anticorps humains contre le virus de l’herpès simplex de type II, ont été également obtenues dans l'objectif de produire un médicament contre l'herpès.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de deux millions d'enfants meurent chaque année de maladies traitables ou évitables, telles que la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite, la rougeole et le choléra. Cette organisation a donc incité les chercheurs à mettre au point des vaccins bon marché et faciles à administrer.
C'est ainsi qu'une équipe de chercheurs de l'Université de Californie a mis au point des pommes de terre transgéniques porteuses d'un vaccin contre le choléra. Ces plantes contiennent la toxine cholérique B (TCB), protéine inoffensive qui suscite une réponse immunitaire chez les souris et les êtres humains. En 1998, des tests ont été effectués : des pommes de terre transgéniques ont été cuites et données à manger à des souris. Les résultats obtenus ont été positifs.
Une équipe de l'Université central de Floride a annoncé le 25 janvier 2007 avoir produit un antigène - une protéine immunologique extraite des chloroplastes de tabac transgéniques - qui peut être utilisé, à moindre coût, dans la production de vaccin contre l'amibiase. Ce parasite du gros intestin affecte 50 millions de personnes par an et provoque 100 000 morts principalement dans les pays du Sud.
En 2007, une demande d'autorisation d'essais au champ a été déposée en France pour un tabac produisant une molécule de la famille de celles utilisées dans la lutte contre les cancers du sein et de l'appareil génital féminin. Le principe est de concentrer à l'intérieur des cellules spécialisées des feuilles de tabac sauvage des molécules à vertu thérapeutique. La plante est ainsi utilisée comme une "usine" à molécules pharmaceutiques. Dans un premier temps, la molécule produite ne sera pas directement thérapeutique et nécessitera une transformation chimique.[9]

c)      La sémantique anxiogène liée à une origine chimèrique ?

Dans la mythologie, il s’agit d’un monstre à tête de lion, corps de chèvre et queue de dragon, crachant des flammes.

Le projet de loi bioéthique en cours d’examen devant le Parlement depuis le 24 juillet 2019 ouvrirait  la porte dans son article 15 à la création de chimère animal-humain, c’est-à-dire d’embryon mêlant des cellules humaines et des cellules animales.

Peut-on, pour autant, parler de vaccin-chimères ?
En réalité, certains laboratoires cherchent à  construire des adénovirus chimères échappant aux réponses immunitaires anti-adénovirus qui ont une forte prévalence dans la population humaine. La protéine d’enveloppe est remplacée par celle codée par les gènes correspondants d’un autre flavivirus. C’est ainsi qu’ont été construits des virus chimères entre le virus 17D de la fièvre jaune et les virus de l’encéphalite japonaise, de la dengue (4 sérotypes) et du Nil occidental (West Nile virus).

Parmi les nombreuses interrogations que suscite l’épidémie de Covid-19 porte sur le fait de savoir si le virus SARS-CoV-2 est  issu ou non des aléas de la sélection naturelle, ou a-t-il été fabriqué de toutes pièces en laboratoire ?

Certaines spéculations fortement relayées sur les réseaux sociaux évoquent la possibilité que le SARS-CoV-2 soit en réalité un virus « chimère » issu de la recombinaison en laboratoire d’un coronavirus dont la chauve-souris serait le réservoir initial et d’un autre virus. Certains avancent même que la chimère aurait été obtenue à partir du VIH, et serait le produit d’une tentative infructueuse pour mettre au point un vaccin[10].

Il faut bien différencier cette hypothèse d’un virus créé en laboratoire avec celle d’une éventuelle sélection en laboratoire d’un virus ayant naturellement muté. 

Il est possible, bien que complexe, de créer un virus chimère à visée vaccinale en laboratoire. Cette technique consiste à insérer à un endroit choisi du génome d’un premier virus (virus A) la séquence génétique codant pour l’antigène d’un autre virus (virus B) contre lequel on veut fabriquer un vaccin. Le virus A, appelé « plateforme vaccinale », est en général un virus vivant « atténué » (son pouvoir pathogène lui a été retiré) déjà utilisé comme base de vaccin. En combinant les deux, on obtient ainsi un virus chimère qui, une fois inoculé, permet à la plateforme vaccinale de « présenter » l’antigène du virus B au système immunitaire. Ce dernier le gardera en mémoire et sera capable de le reconnaître immédiatement si le virus B venait à infecter l’individu par la suite.

Les coronavirus sont des virus difficiles à manipuler en laboratoire. D’abord, ils sont encore mal connus. Mais surtout, ils appartiennent à la catégorie des virus à ARN pour laquelle les techniques de manipulation génétique décrites plus haut ne sont pas aussi abouties, et sont plus contraignantes que pour les virus à ADN. Le SARS-CoV-2 présente donc en théorie un profil peu adapté à la manipulation génétique, en particulier à but vaccinal[11].

d)    La sémantique évoquant des vaccins numériques

Que penser de la rumeur qui circule concernant Bill Gates qui voudrait implanter des puces sous la peau à travers des vaccins.  Tout est imaginable, mais un certain nombre de questions se posent :

  • Une première idée serait d’implanter une puce à travers un vaccin pour suivre tous les humains à la trac Or, il n’existerait aucune technologie de géolocalisation, donc par GPS, capable de fonctionner sans une grosse batterie que l’on rechargerait régulièrement (on voit bien les problèmes d’autonomie de nos smartphones). Les
  • L’implantation sous la peau à l’occasion d’une vaccination de RFID (Radio frequency identification), sortes d’étiquettes électroniques, est-elle crédible ? Ce sont des étiquettes qui doivent être lues par un lecteur situé à quelques centimètres maximum. Elles ne permettraient aucune géolocalisation.
  • La fondation Bill Gate soutient le Gavi, une organisation internationale dont le but est d’améliorer l’accès aux vaccins, elle-même impliquée dans une alliance nommée ID2020 (Digital Identity Alliance). L’objectif de cette dernière : développer l’identification numériquepour garantir l’accès à des services essentiels, comme la santé, à ceux qui ne possèdent pas de papiers d’identité et améliorer la protection des données de ceux qui ont déjà une identité juridique. L’idée est de créer un registre infalsifiable.

Faut-il croire à ces rumeurs ? On se ferait accuser de complotisme. Pourtant, le très correct journal LeMonde, peu susceptible de diffuser de fausses nouvelles, évoque ces techniques de carnet de vaccination injecté sous la peau qui sont déjà testées au Kenya et au Malawi[12].

4-    Conclusion

L'Europe semble avoir signé des contrats avec divers laboratoires pour la fourniture de vaccins. 

Pays Laboratoire Type de vaccins Négocié avec l'UE Processus de production n'utilisant pas les cellules embryonnaires
USA Moderna / Instituts américains de la santé (NIH) ARN Messager En négociation  
Allemagne Pfizer/ BioNTech ARN Messager +  
Allemagne CureVac ARN Messager + +
Royaume Uni Université d’Oxford / AstraZeneca Vecteurs viraux non répliquant +  
Belgique / USA Janssen (Johnson & &Johnson) Vecteurs viraux non répliquant +  
France/UK Sanofi-GSK Antigène protéique / Protéine recombinante + +
Chine Fosun- Pharma ARN Messager    
Chine Sinovac Inactivation du virus    
Chine Institut biologique de Wuhan / Sinopharm Inactivation du virus   +
Chine Institut biologique de Pékin / Sinopharm Inactivation du virus   +
Chine Shenzhen Geno-immune Medical Institute Inactivation du virus et Protéines recombinantes   +
Chine
Jiangsu Provincial Center for Disease Control and Prevention
Vecteurs viraux non répliquant    
Chine Shulan (Hangzhou) Hospital; Center for Disease Control and Prevention of Guangxi Zhuang Autonomous Region ARNm    
Chine Clover Biopharmaceuticals, Inc.      +
Chine CanSinoBio / Acad. Militaire des sciences médicales Vecteurs viraux    
Russie Institut de recherche Gamaleïa – Moscou (Spoutnik V) Vecteurs viraux Vecteurs viraux non répliquant    
Corée Genexine ADN   +
Afrique du Sud University of Witwatersrand Vecteurs viraux non répliquant    
USA Inovio ADN    
USA Johnson & &Johnson (Barda- BIDMC, LUMC- Emergent BioSolutions- Catalent Biologics- Vibalogics ADN    
USA Novavax Protéines recombinantes    
USA Merck & Co –MSD (Institut Pasteur / Université de Pittsburgh – Iavi/Barda) Vecteurs viraux réplicatifs   +
USA  John Paul II Medical Research Institute      +
USA Sorrento      +
USA National Institute of Allergy and Infectious Diseases ARNm    
UK Medical Research Council et UK Research and Innovation ARNm    
Australie University of Queensland and CSL Ltd.      +
Canada Symvivo Corporation     +
Thaïlande Immunitor LLC Inactivation du virus    

Il est très difficile de trouver des experts renommés dans le domaine de la vaccination qui n’ont pas de conflits d’intérêts. Il n’est pas rare de voir un chercheur être lié à trois, voire quatre compagnies pharmaceutiques. Il n’est donc pas surprenant que des membres du comité aient des conflits d’intérêts, ce qui l’est est le fait que les membres qui ont des liens avec l’industrie ne les déclarent pas publiquement », fait remarquer Benoît Mâsse, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal[13].
En tout état de cause cela ne facilite pas l’évaluation objective des risques. Toutefois, deux points nous méritent réflexion:
- L’usage d’une sémantique anxiogène ne fait qu’ajouter de la confusion.
- Par ailleurs, si la vaccination n'est pas rendu officiellement obligatoire[14], elle risque de l'être de fait puisque, par exemple, l'Association internationale du transport aérien IATA prévoit déjà un passeport sanitaire sur smartphone pour prendre l’avion. Dès lors, il faudrait, à tout le moins, que chaque patient est la possibilité de choisir le vaccin qui lui  est soumis. L'institut européen de bioéthique donne la liste des laboratoires qui, pour l'instant, n'utilise pas de cellules embryonnaires dans leurs divers stades de conception, de production et de tests. Pour l'instant, il semble que, parmi les laboratoires ayant contracté avec l'UE, seul Sanofi  n'utilise ni ARN, ni cellules embryonnaires dans son processus de conception/production/test.


[1] https://www.news-medical.net/health/What-is-a-VLP-Vaccine-(French).aspx

https://www.news-medical.net/health/What-is-a-VLP-Vaccine.aspx

[2] https://www.health.gov.il/French/Topics/pregnancy/Vaccination_of_infants/Pages/Immune_activity.aspx

[3] Industrie-Techno.com

[4] Source : Medecine Sciences

[5] https://www.ledevoir.com/societe/sante/586265/coronavirus-l-opacite-entoure-le-choix-du-vaccin

[6] Annexe au PV de la séance du 14.10.1999 « sur la génomique et informatique : l’impact sur les thérapies et sur l’industrie pharmaceutique » (§ 1.2.3.2. La vaccination génique)

[7] «Lien Van Hoecke & Kenny Roose : (Belgique) : « Comment les thérapies ARNm entrent dans le domaine des anticorps monoclonaux »  (Journal of Translational Medicine, 22.2.2019) «  Despite the above described adaptations to the IVT mRNA, the emergence of ADA (anti-drug antibody) responses and transient cytokines is still detectable and therefore hampering the clinical applicability of mRNA-drugs, especially when the mRNA has to be administered multiple times. »

[8] NEXUS, 26 oct. 2020,  « Covid-19, gestion sanitaire, tests PCR, vaccins ARN, stress : l'analyse d'Alexandra Henrion-Caude » (1 :11 à 1 :14)

[9] http://www.ogm.org/OGM%20et.../OGM%20et%20sant%C3%A9/la-production-de-vaccins.html

[10] La protéine Spike (codée par le gène S) du SARS-CoV-2 présente une autre caractéristique absente des virus de chauve-souris et de pangolin apparentés : elle présente un site de clivage particulier entre les deux sous-unités S1 et S2 de la protéine Spike (Source).

Entre les deux gènes S1 et S2 se trouve un receptor binding domain (RBD).

[11] INSERM

[12] Le Monde-Afrique-santé du 19.12.2019  

[13] https://www.ledevoir.com/societe/sante/586265/coronavirus-l-opacite-entoure-le-choix-du-vaccin

[14] C'est ce qu'a prétendu Emmanuel Macron dans son discours du 24 novembre 2020, au milieu d'un ensemble de mesures relevant plus de la contrainte, de la traçabilité des citoyens, de l'isolement des personnes, ...: 
« (13 :25) La stratégie tester, alerter, protéger… C’est l’outil le plus important… Les tests antigéniques seront utilisés en particulier pour les personnes qui ont des symptômes…
(14 :25) Alerter… en identifiant … les cas contacts, c'est-à-dire celles et ceux qui ont été exposés à quelqu’un qui a la Covid 19. L’application TousAntiCovid que vous êtes près de 10 millions à avoir téléchargé… est essentielle pour les identifier. Utilisons-la au maximum dans les commerces, les restaurants et les lieux de culture.
(15 :12) Protéger : Je souhaite que le gouvernement et le parlement prévoient les conditions pour s’assurer de l’isolement des personnes contaminées, y compris de manière plus contraignante. Un vrai débat démocratique doit se tenir. Mais si nous voulons éviter un confinement, nous devons être plus contraignant à l’égard de celles et ceux qui ont le virus.
(16 :12) Le troisième outil… le vaccin. Notre stratégie repose sur plusieurs vaccins… [pour] garantir la sécurité sanitaire… un comité scientifique sera chargé du suivi de la vaccination. Un collectif de citoyens sera mis en place pour associer plus largement la population… Je veux être clair : je ne rendrai pas la vaccination obligatoire".