Écologie intégrale - Chaque jour une parole:
- pour donner 
un sens à la démarche,
- pour discerner l’objectif de la marche !
Dieu dit à Abraham : « Lékh lékha — Va !... Va vers toi-même ... vers le pays que Je t’indiquerai. » (Genèse 12, il 1-5)

Jeudi 19 mai 2022 - Nanterre (92) - Paris rue du Bac (75) = 9 km / 3031,4 km

Dernier jour de pèlerinage,… et hasard des circonstances, dernier jour de transatlantique pour un fils contraint à  l’abandon à mi course !

L’amertume nous guette ; celle du pèlerin de ne pas toujours avoir été entendu par les responsables de pastorale écologique qui ont encore jugé que la crise climatique était un élément de discernement politique ou qui ont trouvé bon de clore 3 ans de réflexion écologique en appelant à Lourdes le pasteur Kopp, théologien de l’urgence climatique!

Amertume du marin qui a cassé successivement son pilote automatique, indispensable pour dormir un peu, sa « cloche » de tangon, son pataras et une bosse de ris, indispensables pour transmettre l’énergie éolienne de manière ajustée sur le bateau, son safran, indispensable pour se diriger… et du marin qui a dû, en sus, colmater une voie d’eau, pour ne pas être noyé progressivement !

Le psaume nous fait crier: «Fais-moi connaître, Yahvé, tes voies, enseigne-moi tes sentiers » (Ps 25, 4)

Et voilà que l’évangile du jour (Jn 15, 9-11) nous appelle: « Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, …Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » Y aurait-il une logique Amour, commandement, joie!

Appel à la joie comme antidote de la peur écologique, mais aussi de la peur du marin ?

Le Pape François n’est pas dupe de la difficulté et dit (dans son Exhortation apostolique « La Joie de l’Evangile / Evangelii Gaudium » § 5-6 ): « Je reconnais que la joie ne se vit pas de la même façon à toutes les étapes et dans toutes les circonstances de la vie, parfois très dure. Elle s'adapte et se transforme, et elle demeure toujours au moins comme un rayon de lumière qui naît de la certitude personnelle d'être infiniment aimé, au-delà de tout. Je comprends les personnes qui deviennent tristes à cause des graves difficultés qu'elles doivent supporter ». Le pèlerin et le marin pourraient se focaliser sur leurs difficultés. Mais le pape ajoute: « Cependant peu à peu, il faut permettre à la joie de la foi de commencer à s'éveiller, comme une confiance secrète mais ferme, même au milieu des pires soucis : « Mon âme est exclue de la paix ».

Il faut! Comme si cela se commandait! Et pourtant ? Il est curieux de voir que les sœurs de Mère Theresa de Calcutta font quatre vœux dont le vœu de la joie. La joie est un choix de la volonté . Ce n’est pas une réaction de la sensibilité. La joie est un don, mais la rayonner est un exercice de la volonté!

Parole finale à méditer!

Mardi 17 mai 2022 - Pontoise (95) - Nanterre (92) = 22,0 km / 3022,4 km

L'évangile du jour (Jn 14, 27-31a), rapporte de propos de Jésus: "Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix; ce n'est pas à la manière du monde que je vous la donne".
Quels sont les caractères de cette paix. Il ne s'agit pas d'une paix humaine, d'une paix qui se construit avec des techniques humaines pour essayer "d'être en paix" avec soi-même; Ce n'est pas non plus une paix acquise à la force du poignet. L'histoire nous a donné des concepts de paix insuffisants, depuis l'adage bien connu « qui veux la paix prépare la guerre », jusqu'à l'utopie soixante-huitard « peace and love », en passant par la loi du talion. La grande cause des conflits, c’est l’injustice. C’est une cause majeure. Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent, dit le psaume 84. La paix est clairement en danger quand l’homme se voit nier ce qui lui est du comme homme, dit le compendium de la doctrine sociale de l’Église, quand sa dignité n’est pas respectée, quand la coexistence n’est pas orientée vers le bien commun. Mais quand on a dit cela, cela ne suffit pas encore, car l’injustice ne se limite pas à ce qui est visible. Jean-Paul Ii disait que, seule, la justice ne suffit pas. Elle peut même en arriver à se nier elle-même si elle ne s’ouvre pas à cette force plus profonde qu’est l’amour. L’injustice la plus fondamentale est quelque chose de caché et dont nous sommes tous responsables et qui s’appelle le péché. L’orgueil humain qui est le péché le plus grave, est celui qui dérègle l’humanité, que nous le voulions ou non.
Dans la tradition chrétienne, on a élaboré une sorte de doctrine sur la guerre qu’on a appelée « juste ». C’était un concept discutable. D’ailleurs le Pape François l’a discuté dans Fratelli tutti (§ 258).
Non, "loin d’être une construction humaine, la paix est un don de Dieu offert aux hommes « je vous donne la paix, je vous laisse ma paix ». D’où l’incontournable besoin de la demander à Dieu par la prière. La paix terrestre nait de l’amour du prochain"[1].

[1] Père Thierry de Lesquen, curé de St-Albert le grand, « Justice et paix », (Émission Oxygène, RND 15 mars 2022-https://radionotredame.net/emissions/oxygene/15-03-2022/)

Lundi 16 mai 2022 - Banthelu (95) - Pontoise (95) = 25,5 km / 3000,4 km

Les actes des apôtres de ce jour (Ac 14, 5-18) relatent le passage de Paul et Barnabé dans une région totalement païenne , «  en Lycaonie dans les cités de Lystres et de Derbé et dans leurs territoires environnants. Là encore, ils annonçaient la Bonne Nouvelle ». L’intérêt de ce texte est de voir comment ils s’y prennent pour évangéliser dans une culture qui croit en les dieux de l’époque et qui « s’écrièrent en lycaonien: «les dieux se sont faits pareils aux hommes, et ils sont descendus chez nous ! » Ils donnaient à Barnabé le nom de Zeus, et à Paul celui d’Hermès, puisque c’était lui le porte-parole. Le prêtre du temple de Zeus, situé hors de la ville, fit amener aux portes de celle-ci des taureaux et des guirlandes. Il voulait offrir un sacrifice avec les foules ».
Notre temps, imprégné de culture écologique n’est-il pas en pleine pratique d’une nouvelle religion païenne et comment évangéliser notre temps?

Le psychologue James Fowler a illustré, sous forme d’un heptagone, un modèle d’analyse du fait religieux [1].  Il le construit à partir de sept axes verticaux. Passons l’écologie au crible de ces axes :

• L’axe logique…

Il permet à chacun de s’interroger par lui-même. Où est passé la logique quand on voit que le Giec ne retient que 150 ans d’observations. Comment peut-il évaluer l’impact de l’activité solaire sur le petit âge glaciaire à l’époque de la Berezina ou sur la période chaude médiévale à l’époque où le Groenland était une « terre verte »?

• L’axe de l’autonomie

Chacun a besoin, pour se discriminer, de recourir à l’appartenance à un groupe. L’écologie devient un marqueur de notre époque et il devient difficile de préserver notre autonomie de pensée et de prendre du recul sur le discours des médias.

• L’axe de l’autorité de référence

L’écologisme n’accorde de crédit qu’au consensus et oser répercuter le discours d’un dissident est plus effrayant que le bruit de la crécelle d’un lépreux ! La dissidence pourrait-elle être contagieuse ?

• L’axe social

L’écologisme se fixe des objectifs sociaux, par exemple en voulant éradiquer la pauvreté, mais ce sont plutôt les pauvres qu’il éradique en leur imposant un modèle d’économie dé-carbonée totalement inviable et les condamnant à mort.

• L’axe moral

L’écologie se dote de références morales, mais souvent en s’enfermant dans des dialectiques simplistes comme par exemple celui de la biodiversité réduite à  une posture de proie face à un homme prédateur.

• L’axe de la cohérence du monde

La cohérence de l’écologie est d’essence matérialiste sans prise en compte du fait spirituel. Malheureusement, l’écologie s’est débarrassée de Dieu.

• L’axe symbolique

Il mesure la manière dont les individus comprennent les médiations en jeu, les relations avec la réalité. L’écologie n’échappe pas à la mise en place de rituels, de sacrifices supposés faire avancer la cause écologique. Sans tomber dans le culte à Gaia, notons par exemple que la vertu de frugalité proposée par Laudato si pour nous aider à mieux écouter Dieu et le cri des pauvres, devient un rituel de précaution matérialiste pour préserver les ressources de la planète... un peu comme si le rite du jeûne le vendredi saint avait pour objectif de maigrir.

Le psychologue James Fowler utilise ces axes pour définir des degrés dans la foi qu’il qualifie selon les cas  d’intuitive, mythique, synthétique, individuante, conjonctivite ou universelle ». Les exemples montrent à quel point l’écologie est devenue une nouvelle religion païenne.

La question se pose : comment évangéliser ce monde? Paul et Barnabé adoptent une stratégie très particulière. Ils ne parlent pas du Christ ressuscité mais reprennent tout à la base: « détournez-vous de ces vaines pratiques, et tournez-vous vers le Dieu vivant, lui qui a fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qu’ils contiennent. Dans les générations passées, il a laissé toutes les nations suivre leurs chemins. Pourtant, il n’a pas manqué de donner le témoignage de ses bienfaits, puisqu’il vous a envoyé du ciel la pluie et des saisons fertiles pour vous combler de nourriture et de bien-être. »

À notre tour, il convient de réfléchir aux moyens spécifiques pour que nos contemporains se posent les questions essentielles. Ce n’est pas en nous précipitant dans des réponses écologiques hâtives que nous pourrons conduire la jeunesse vers l’essentiel!

[1] James W. FOWLER : « Faith and the structuring of meaning » (1980)

Dimanche 15 mai 2022 - Gisors (27) - Banthelu (95) = 21,2 km / 2974,9 km

Dans le texte de ce dimanche (Ap 21, 1-5a), il n’est question que de nouveauté : « Un ciel nouveau et une terre nouvelle... ».

Ce thème remonte aux prophéties d’Isaïe (Is 65,17 & 66,22). Il a été fréquemment utilisé dans le Judaïsme des derniers siècles avant notre ère.
C'est l'avenir qui attend la première création où nous sommes, celle des premiers chapitres de la Genèse. Dans ce futur où le Seigneur nous conduit, de mer, il n'y en a plus ; la mer, symbole biblique du mal et de la mort. Une Jérusalem nouvelle... Isaïe fait dire à Dieu, dans le contexte du retour d'Exil vu comme une préfiguration des derniers temps : Je vais créer des cieux nouveaux et une terre nouvelle.... Voici que je vais faire de Jérusalem une exultation et de mon peuple une allégresse (Is 65,17s.). Cieux et terre, tous le cosmos, toute l'humanité, tout va être nouveau. Au sein de ce nouveau, Jérusalem, c'est un des noms donnés à l’Église, en particulier à l’Église de la fin des temps.
Voilà une thématique qui ne renvoie pas au discours écologique. Jean-Paul II était conscient du risque de ces discours quand, en 1990, il mettait en garde contre ce concept de "paradis perdu" : « L'éducation à la responsabilité écologique est nécessaire et urgente: responsabilité envers soi-même, responsabilité à l'égard des autres, responsabilité à l'égard de l'environnement. C'est une éducation qui ne peut être fondée simplement sur l'affectivité ou sur des velléités mal définies. Son objectif ne peut être ni idéologique ni politique, et sa conception ne peut s'appuyer sur le refus du monde moderne ou le désir vague d'un retour au "paradis perdu" ». Attention à l’exploitation d’une "affectivité mal définie" et aux stratégies idéologiques qui cherchent ainsi à faire naître un « désir vague d'un retour au "paradis perdu" ». Nos yeux sont tournés vers la "terre nouvelle".
Le Concile nous met en garde contre un risque inverse: « L’attente de la Terre Nouvelle, loin d’affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre doit plutôt le réveiller… car, tous ces fruits de notre nature et de notre industrie, que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et de son Esprit, nous le retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés lorsque le Christ remettra à son Père un royaume éternel et universel » ( Gaudium et spes 39-2 et 3)

Samedi 14 mai 2022 - Farceaux (27) - Gisors (27) = 20,4 km / 2953,7 km

Qu’est-ce qui fait agir l’homme ? Qu’est-ce qui le pousse à travailler, à se fatiguer, à chercher, à prévoir ? Quelle force le meut de jour en jour, d’année en année, tout au long d’une vie qui passe si vite ?
La tentation est grande pour celui qui se targue de lucidité en matière de pastorale écologique, d’agir pour convaincre, pour accroître son pouvoir d’influence, pour améliorer son image et mériter des éloges…
Tout cela est vain et Jésus répond aujourd’hui (Jn 15,9-17) : ce sera l’amour. C’est d’amour qu’il a parlé à ses disciples, longuement, dans son discours d’adieux,lors de son dernier repas, alors que s’agitaient contre lui, dans Jérusalem nocturne, Judas et ceux qui le payaient, justement : les forces de l’intérêt et du pouvoir: « Demeurez dans mon amour », dit Jésus aux disciples.
Essayons de nous libérer de nos colères et de nos sentiments de rejets et de nous tourner vers tout ce qui nous ramène à la vérité de l’Amour. Pourquoi cet ordre du Christ ? Il donne la réponse : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite ».
Il ne suffit pas de dire :  « n’ayez pas peur, soyez dans la joie, car vos peurs écologiques ne sont pas fondées ». Il n’y a de vraie joie que dans l’amour !

Vendredi 13 mai 2022 - Pont-Saint-Pierre (27) - Farceaux (27) = 21,0 km / 2933,3 km

Dans l’évangile du jour (Jn 14, 1-6), retenons deux paroles. La première: « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? ». On pense aux premiers siècles et aux juifs convertis reçus près du père au même titre que les païens convertis. L’église pense également à l’œcuménisme, aux charismes de certaines communautés appelées à enrichir les autres. Pourquoi ne pas ajouter une dimension pastorale en pensant qu’il y a plusieurs demeures dans le cœur de Dieu, tant pour les écologistes consensuels que pour les dissidents? Le Christ ne prépare-y-il pas une place pour chacun?
Nous faisons un lien cette première parole et la seconde: « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » S’il y a plusieurs demeures dans le cœur de Dieu, ce n’est pas parce que chacun peut prétendre posséder la vérité. C’est la Vérité qui est appelée à nous posséder, à nous combler. Il ne faut pas tomber dans le relativisme d’une vérité que nous croyons construire, même avec sincérité, car Sincérité ne rime pas forcément avec Vérité ! La vérité n’est pas une production humaine mais une personne divine qui se donne. Nos petites vérités écologiques ne sont que des dés à coudre au regard de la Vérité que nous sommes appelés à contempler.

Jeudi 12 mai 2022 - Rouen (76) - Pont-Saint-Pierre (27) = 17,8 km / 2911,3 km

Lendemain de conférence à Rouen devant des « jeunes pros ». Thème évoqué : dieu crée l’homme et le comble de dons préternaturels que le catéchisme, sans utiliser le mot:

o L’immortalité : l’homme ne devait pas mourir (CEC § 376)

o L’impassibilité : l’homme ne devait pas souffrir (CEC § 376)

o L’intégrité : l’homme était dépourvu de toute concupiscence (St-Jean 16,1), c'est-à-dire n’avait ni « convoitise de la chair, des yeux, ni d’arrogance de la richesse », ni « affirmation de soi contre les impératifs de la raison » (§ 377). Le catéchisme parle d’harmonie intérieure de la personne humaine, d’harmonie entre l’homme et la femme, d’harmonie entre le 1er couple et toute la création appelée « justice originelle », c'est-à-dire ajustement originel de la création (§ 374)

o Le don de Science : l’homme « a été constitué dans une amitié avec son créateur » (§ 374) et « dans un état de "participation à la vie divine" (§ 375)

Ces dons sont une clef de compréhension de l’écologie intégrale qui n’a rien à voir avec l’ « intégralité de l’écologie ».

Il s’agit de l’intégralité des quatre relations existentielles et essentielles à l’homme

• Sa relation à Dieu : le don de science

• Sa relation avec lui-même : l’harmonie intérieure

• Sa relation avec autrui : sans concupiscence ni domination d’autrui

• Sa relation avec le reste de la création : sans arrogance de la richesse

Vienne à disparaître une seule de ces relations et c’est toute l’écologie intégrale qui s’effondre, car « tout est lié ». C’est ce que nous enseigne Laudato si :

• Relation à Dieu : « L’amour très particulier que le Créateur a pour chaque être humain lui confère une dignité infinie» (Ls § 65)

• Relation à soi-même : ne pas détruire « ma relation intérieure avec moi-même », (Ls § 70).

• Relation avec autrui : « la fraternité, de la justice ainsi que de la fidélité aux autres » (Ls § 70).

• Relation avec les créatures non humaines : même si « cela ne signifie pas que tous les êtres vivants sont égaux ni ne retire à l’être humain sa valeur particulière » (Ls § 90).

Jeunesse intéressée, mais quand on s’interroge sur les questions essentielles de notre temps, on en revient toujours au CO2 ! Quelle jeunesse laisseront-nous que IX générations futures sans capacité à prendre du recul! Comme le disait un des membres de la commission diocésaine : « faites preuve de curiosité pour écouter les discours périphériques »!

L’évangile du jour (Jn 13, 16-20) se situe après le lavement des pieds par Jésus :« Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites ».

Servir c’est également aider la jeunesse à se poser les questions essentielles: « … l'homme contemporain est souvent bombardé de réponses à des questions qu’il ne s’est jamais posées… [Le silence] peut être bien plus éloquent qu’une réponse hâtive et permettre à qui  s’interroge de descendre au plus profond de lui-même et de s'ouvrir à ce chemin de réponse que Dieu a inscrit dans le cœur de l'homme....  » disait Benoît 16!

Mercredi 23 mars 2022 - Vascoeuil (27) - Rouen (76) = 22,3 km / 2893,5 km

Voilà un évangile (Mt 5, 17-19) qui pourrait être utile pour méditer sur le concept d’écologie intégrale : « En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise » ».
Le père Thibault du Pontavice, sur YouPRAY, evoque les 613 commandements que les rabbis décomptent dans la loi juive. Jésus explique que le plus petit de ces commandements ne sera pas aboli. Ne les tournons pas en ridicule mais voyons en chacun d’eux ce que, transposé à notre monde d’aujourd’hui, il peut nous dire pour faire grandir notre relation à Dieu, aux autres et à la création (trois des principales relation constitutives de l’écologie intégrale). Par exemple:

  • Lévitique 11-3: « Tout animal qui a le sabot fourchu, fendu en deux ongles, et qui rumine, vous pourrez le manger ». Voilà qui donnerait tort aux véganes ! En fait derrière cette règle alimentaire, il y a cette invitation à chasser de nous tout esprit de conquête, contrairement aux félins qui se précipitent sur les animaux au sabot fendu. Derrière cette loi qui fait de nous des végétariens au second degré, il y a une invitation à respecter la vie animale en ne tuant que ce qui nous est nécessaire
  • Lévitique 11-7: « vous tiendrez pour impur le porc parce que, tout en ayant le sabot fourchu, fendu en deux ongles, il ne rumine pas ». Cet animal cache son jeu: il n’est pas qu’herbivore, mais également carnivore. L’interdiction de sa consommation est une invitation à chasser de nous tout mensonge.
  • Lévitique 19-9: « Lorsque vous récolterez la moisson de votre pays, vous ne moissonnerez pas jusqu'à l'extrême bout du champ. Tu ne glaneras pas ta moisson ». Une part de la récolte est laissée ainsi pour l’indigent.
  • Exode 35,1-3 : « Vous n'allumerez de feu, le jour du sabbat, dans aucune de vos demeures ». Cette loi a été reprise avec l’obligation d’allumer les bougies 18 minutes avant le coucher du soleil du vendredi, sans utiliser l’électricité. Il ne s’agit pas d’émettre moins de CO2, mais de faire mémoire du 7eme jour que Dieu sanctifia, « car il avait chômé après tout son ouvrage de création » (Gn 2-3)

Mais il y a d’autres lois importantes pour notre relation avec Dieu: 

  • Jean 2-21: « Mais lui parlait du sanctuaire de son corps ». La figure du temple est accomplie. Ce n’est plus un sanctuaire de pierres, mais Jésus qui devient le lieu où Dieu et l’homme se rencontrent
  • Nombre 28-9 : « Le jour du sabbat, vous offrirez deux agneaux d’un an sans défaut ». Avec Jésus, ce n’est plus l’agneau du sacrifice, mais l’agneau pascal immolé par la mort sur la Croix dont on fait mémoire chaque dimanche.

Mais Jésus accomplit également la loi au sens anthropologique des relations avec nous-mêmes (quatrième relation de l’écologie intégrale). Ces lois sont accomplies par le ChristIl accomplit les désirs de la nature humaine. Dieu ne vient pas mutiler nos désirs profonds mais les accomplir:

  • le désir de tout homme d’aimer et d’être aimé. Jésus est cet amour qui accomplit ce désir
  • Le désir de vérité, qu’elle soit scientifique ou philosophique. Jésus est la Vérité
  • Le désir de sagesse, et Jésus accomplit la sagesse de Dieu
  • Le désir de paix et Jésus fait de la paix sa salutation après la résurrection
  • Le désir de justice et de fraternité et c’est Jésus qui nous rend frère

L’être humain s’accomplit intégralement dans le Christ. On ne peut parler d’épanouissement et de réalisation de soi sans le Christ. L’accomplissement de notre nature humaine, c’est aussi l’accomplissement de notre nature spirituelle.

Mardi 22 mars 2022 - La Ferté-Saint-Samson (76) - Vascoeuil (27) = 19,4 km / 2871,2 km

Psaume du jour [24 (25)] convenant bien au pèlerin qui marche sans toujours tout comprendre :

« Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.
Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas,
en raison de ta bonté, Seigneur.
Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin ».

Lundi 21 mars 2022 - Fontenay-Torcy (60) - La Ferté-Saint-Samson (76) = 22,0 km / 2851,8 km

Dans l’évangile (Lc 4, 24-30) Jésus explique qu’aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays: « En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien ».
Voilà une belle leçon donnée par Jésus aux Pharisiens qui croient tout savoir. Ce texte fait penser à l’appel fait à  l’Eglise par le Pape François d’aller vers les périphéries. Il parle même des « périphéries de la pensée ». En écologie, les périphériques sont en quelque sorte les dissidents qui ne tiennent pas les discours du Monde.
La suite ne se fait pas attendre: « À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas ». De même, quand le dissident prend la parole, les responsables de pastorale écologique sont furieux, poussent le pèlerin, non vers le précipice, mais vers l’étape suivante.
Quelle est l’attitude de Jésus ? « Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin ». Qu’il est difficile pour le pèlerin dissident d’être, comme Jésus, lent à la colère et plein de fidélité avec l’Eglise!

Dimanche 20 mars 2022 - Grandvilliers (60) - Fontenay-Torcy (60) = 20,4 km / 2829,8 km

L’évangile du jour (Lc 13, 1-9) rapporte une discussion de Jésus autour de deux faits divers: « Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient. Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? » . Le premier fait divers est un événement politique qui dépend de la responsabilité des hommes. Le second événement est accidentel. Mais l’homme est un être qui cherche à donner un sens aux événements, même là où il n’y en a pas, à vouloir expliquer les causes de ces événements, …
Aujourd’hui encore, même l’Eglise s’attache à des faits divers. Ainsi, dans le document publié le 20.1.2022 intitulé “L'Espérance ne déçoit pas”, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a voulu donner quelques  repères de discernement sur la vie sociale et politique à l’approche de plusieurs élections en 2022. Au paragraphe 16 concernant l’écologie, l’église évoque la question climatique en la qualifiant de « crise… qui menace la vie sur notre planète appelle une transformation écologique. ». Pourtant il s’agit très certainement d’un événement accidentel ou plutôt cyclique lié au soleil. En tout état de cause, il n’appartient pas à l’église de se prononcer. Dans le même paragraphe, le confinement sanitaire est évoqué. Il s’agit également d’un événement politique qui dépend de la responsabilité des hommes. Est-il besoin d’y chercher un sens positif quand on sait l’efficacité douteuse d’une telle mesure, événement annonciateur de tant de chômage et d’autres mesures liberticides ? « Le confinement du printemps 2020 nous a fait découvrir non seulement l’urgence d’une évolution de notre système de production et de nos modes de consommation, mais aussi la possibilité d’un autre mode de vie, plus sobre, moins centré sur la consommation …sans pour autant …épuiser ses ressources au risque d’en priver les générations à venir ». De qu’elle ressources s’agit-il ? À trop chercher un sens sur ce type d’événement, ne devient-on pas complice d’une forme de malthusianisme?
La réponse de Jésus est de remettre en cause une interprétation religieuse archaïque qui est celle de la théorie de la rétribution qui est déjà présente dans le livre de Job. La question est la suivante:
« Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? ». Ceux qui réduisent leurs émissions de CO2 seront ils sauvés ? Et nos grands parents qui  laissés de la tourbe aux générations suivantes que nous sommes ? Le débat est ailleurs répond le Christ :
« Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même… Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ». 

Samedi 19 mars 2022 - Conty (80) - Grandvilliers (60) = 20,5 km / 2809,4 km

En ce jour de la saint Joseph, l’évangile (Mt 1, 16.18-21.24a) nous montre Joseph, modèle de silence: « Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret ».
Pour nous qui avons le souci de la pastorale écologique, nous voilà renvoyé à la belle instruction de Benoît 16: « chemin d’évangélisation, silence et parole ». Dans son message pour la 46ème journée mondiale des communications sociales, du 20 mai 2012, il écrit que « l'homme contemporain est souvent bombardé de réponses à des questions qu’il ne s’est jamais posées… [Le silence] peut être bien plus éloquent qu’une réponse hâtive et permettre à qui  s’interroge de descendre au plus profond de lui-même et de s'ouvrir à ce chemin de réponse que Dieu a inscrit dans le cœur de l'homme....  ».
Cette analyse renvoie, une fois de plus, à la recommandation faite à l’église de ne pas prendre parti trop vite.
C’est dans ce silence que nous pourrons entendre la parole de Dieu, celle qui expliqua à Joseph dans son songe ce qu’il devait faire.
Dans nos missions de pastorale écologique, sachons écouter cette prière  à saint Joseph (Anonyme/Père Marie-Joseph (Aloyse/Ghislain Knepper/ADF-Musique) « Saint-Joseph, je voudrais être un homme comme vous »:

« 1- Un homme qui ne cherche et ne fait que la volonté de Dieu, qui ne regarde que Dieu, un homme qui aime le silence et agit en silence.
2- Un homme qui pense, qui parle devant Dieu, qui ne discute jamais avec Dieu, un homme qui vit de l’intérieur, d’un intérieur uni à Dieu.
3- Un homme qui s’élève sans cesse vers Dieu, de tout son esprit, de toute son âme,
de tout son coeur, de toutes ses forces, qui élève le monde vers son Créateur.
4- Un homme qui aime ardemment Jésus,
qui vit et meurt pour Lui, qui honore sa Mère virginale et sait respecter toute femme à cause d’elle !
5- Accordez-moi surtout de progresser dans ce qui fait la valeur d’un homme : être juste devant Dieu. Faites de moi un homme de l’obéissance à la foi. Donnez-moi ce courage de la foi ».

Vendredi 18 mars 2022 - Amiens (80) - Conty (80) =18,8 km / 2788,9 km

La parabole du propriétaire d’une vigne (Mt 21, 33-43.45-46) est bien connue, avec le maître qui envoie deux équipes de serviteurs. «  Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. ».
En quel sens nous arrive-t-il de vouloir se saisir de l’héritage du père ? De l’Eglise, par exemple? Quand nous avons une posture de pastorale écologique, il nous arrive d’instrumentalisée les textes de l’Eglise. Pourtant, le Concile met en garde: « personne n’a le droit de revendiquer, d’une manière exclusive pour son opinion, l’autorité de l’Église » (Gaudium et spes § 43).
Il nous arrive également d’instrumentaliser les frères à qui on s’adresse en les attirant par des émotions et la peur écologique en particulier. Pourtant, le Concile nous met également en garde: Le Concile met en garde: « Dans la propagation de la foi et l'introduction des pratiques religieuses, on doit toujours s'abstenir de toute forme d'agissements ayant un relent de coercition, de persuasion malhonnête, ou simplement peu loyaux, surtout s'il s'agit des gens sans culture ou sans ressources » (Ad gentes, chap II).

Jeudi 17 mars 2022 - Corbie (80) - Amiens (80) = 15,9 km / 2770,1 km

Parole de sagesse dans Jérémie (Jr 17, 5-10): « Rien n’est plus faux que le cœur de l’homme, il est incurable. Qui peut le connaître ? Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon sa conduite, selon le fruit de ses actes ». Oui, il y a dans le cœur humain quelque chose de complexe. Il est insondable! Il est comme blessé depuis le péché originel. Qui peut connaître cette complexité. De nous mêmes, nous nous connaissons mal. Nous sommes souvent dans le mensonge par rapport à nous-mêmes. Nous sommes dans un abîme de contradictions. Seul le Seigneur pénètre les cœurs et scrute les reins. Et pourtant, nous sommes responsables de nos actes et le Seigneur rend à chacun selon le fruit de ses actes.
Telle est notre situation, de nous qui sommes soucieux de pastorale écologique. Nous naviguons au cœur de complexités, de demi-mensonges : l’homme a un impact sur son environnement de proximité mais doit-il pour autant s’inquiéter pour la planète ?
Notre responsabilité est donc de choisir:« Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel, qui s’appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur. Il sera comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur. Il aura pour demeure les lieux arides du désert, une terre salée, inhabitable ». Avons nous raison de suivre les catastrophistes de tout genre?
Ou bien choisir  celui « qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance. Il sera comme un arbre, planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. Il ne craint pas quand vient la chaleur : son feuillage reste vert. L’année de la sécheresse, il est sans inquiétude : il ne manque pas de porter du fruit ».

Mercredi 16 mars 2022 - Albert (80) - Corbie (80) = 16,4 km / 2754,2 km

Aujourd’hui (Jr 18, 18-20), on dirait que Jérémie est un complotiste ! Pire on dirait qu’il se croît au cœur du complot : « Mes ennemis ont dit : "Allons, montons un complot contre Jérémie" ».
Il se plaint que le peuple n’écoute plus ni le prêtre, ni les sages, ni lui, le prophète.loi ne va pas disparaître par manque de prêtre, ni le conseil, par manque de sage, ni la parole, par manque de prophète. « Allons, attaquons-le par notre langue, ne faisons pas attention à toutes ses paroles ».
Dans l’adversité, Jérémie trouve refuge dans la prière : « Mais toi, Seigneur, fais attention à moi, écoute ce que disent mes adversaires. Comment peut-on rendre le mal pour le bien ? Ils ont creusé une fosse pour me perdre. Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence pour te parler en leur faveur, pour détourner d’eux ta colère ».

Quelle leçon spirituelle en tirer?
D’abord savoir reconnaître les situations d’adversité auxquelles nous faisons face… même s’il ne s’agit pas forcément d’un complot. Le pèlerin a souvent fait face à des responsables de pastorale confondant « écologie intégrale » et « intégralité de l’écologie ». Dès lors, le pèlerin se voit prier de continuer sa route ailleurs, se voit refuser toute collaboration aux actions de pastorale locale. Il ne s’agit pas de se croire prophète, mais de voir en lui un modèle : chercher à transmette la parole de Dieu, dire ce qui est bon pour l’homme, même si celui-ci ne veut pas le recevoir. Sans se rendre compte que c’est pour son bien, il répond par la violence : il rend le mal pour le bien.
Ayons l’humilité de Jérémie sui vit ici, ce que vivra Jésus quelques siècles plus tard, en priant pour ses bourreaux : « Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence pour te parler en leur faveur, pour détourner d’eux, ta colère ».

Mardi 15 mars 2022 - Bapaume (62) - Albert (80) = 18,8 km / 2737,8 km

Par l’intermédiaire du prophète Isaïe (Is 1, 10.16-20), Dieu fait des reproches non seulement aux dirigeants mais également à tout le peuple: « Écoutez la parole du Seigneur, vous qui êtes pareils aux chefs de Sodome ! Prêtez l’oreille à l’enseignement de notre Dieu, vous, peuple de Gomorrhe ! »
Il leur reproche de rendre de lui apporter de vaines offrandes: « Que m’importe le nombre de vos sacrifices ? – dit le Seigneur. Les holocaustes de béliers, la graisse des veaux, j’en suis rassasié. Le sang des taureaux, des agneaux et des boucs, je n’y prends pas plaisir. Quand vous venez vous présenter devant ma face, qui vous demande de fouler mes parvis ? Cessez d’apporter de vaines offrandes ; j’ai horreur de votre encens. Les nouvelles lunes, les sabbats, les assemblées, je n’en peux plus de ces crimes et de ces fêtes. Vos nouvelles lunes et vos solennités, moi, je les déteste : elles me sont un fardeau, je suis fatigué de le porter. Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux. Vous avez beau multiplier les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang ».
Et si nos sacrifices pour sauver la planète étaient vains? Nous confondons souvent clameur de la terre avec de vulgaires cris des ONG qui nous empêchent d’entendre la clameur des pauvres. Car c’est bien cela que nous reproche Dieu, de ne pas être soucieux des plus démunis : « Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez à faire le bien : recherchez le droit, mettez au pas l’oppresseur, rendez justice à l’orphelin, défendez la cause de la veuve ».

Lundi 14 mars 2022 - Arras (62) - Bapaume (62) = 22,2 km / 2719,0 km

La prière du prophète Daniel (Dn 9, 4-10) commence par « je »: « Je fis au Seigneur mon Dieu cette prière et cette confession ». Elle se poursuit par une confession collective : « Ah ! toi Seigneur, le Dieu grand et redoutable, qui garde alliance et fidélité à ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements, nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons été rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. Etc… »
La prière personnelle du pèlerin pour que les pastorales écologiques soient plus authentiques doit être une prière en Église et pour l’Église.

Dimanche 13 mars 2022 -Lens (62) - Arras (62) = 17,7 km / 2796,8 km

L’évangile de la Transfiguration (Lc 9, 28b-36), rapporte qu’en ce temps-là, « Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante ». Le visage de Celui qui incarna l’Amour devint éblouissant ! Cette réalité aurait pu inspirer celle allégorie d’un anonyme :

« Il y a une force extrêmement puissante pour laquelle, jusqu’à présent, la science n’a pas trouvé d’explication formelle. C’est une force qui inclut et régit toutes les autres et crée même  chaque phénomène qui opère dans l’univers, et que nous n’avons pas encore identifiée. Cette force universelle est l’Amour.
Lorsque les scientifiques étaient à la recherche d’une théorie unifiée de l’univers, ils ont oublié la plus invisible et la plus puissante de toutes les forces: l’Amour.
L’Amour est Lumière, parce qu’il illumine celui qui la donne et  celui qui la reçoit. L’Amour est gravité car il permet l’attirance des êtres les uns envers les autres. L’Amour est  puissance car il multiplie le meilleur que nous avons en nous-mêmes et permet que l’humanité ne s’éteigne pas dans son égoïsme aveugle. L’Amour se déploie et se révèle. Nous vivons et mourons pour l’Amour.  L’Amour est Dieu et Dieu est Amour.
Cette force explique tout et donne un sens à la vie.  C’est le paramètre  que nous avons ignoré pendant trop longtemps, peut-être parce que l’Amour nous fait peur,  étant donné que c’est la seule énergie de l’univers que l’homme n’a pas appris à gérer à sa guise.
Pour donner de la visibilité à l’Amour, on pourrait faire une simple substitution dans la célèbre équation: Si, au lieu de E = mc2, nous acceptons que  l’énergie pour  guérir le monde peut être atteinte par  l’Amour multiplié par la vitesse de la lumière au carré, nous arrivons à la conclusion que l’Amour est la force la plus puissante qui existe car il n’a aucune limite.
… L’Amour est toujours vainqueur: il peut transcender tout et n’importe quoi, parce que l’Amour est la quintessence de la vie ».

Samedi 12 mars 2022 - Carvin (62) - Lens (62) = 11,7 km / 2779,1 km 

Comment vivre l’évangile du jour (Mt 5, 43-48) : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ».
Pourquoi Jésus demande-t-il d'aimer ses ennemis, un amour qui dépasse les capacités humaines ? Benoît 16 répondait que « la proposition du Christ est réaliste, car elle tient compte du fait que dans le monde il règne trop de violence, - ajoutons au propos de Benoît 16, trop de dialogues mal ajustés- et que par conséquent, on ne peut surmonter cette situation qu'en lui opposant un supplément d'amour, un supplément de bonté. Ce "supplément" vient de Dieu, c'est sa miséricorde qui s'est faite chair en Jésus et qui seule peut "faire basculer" le monde du mal vers le bien, à partir de ce "monde" petit et décisif qu'est le cœur de l'homme ».
Le pape François ajoutait le 18 juin 2013 à la Maison Sainte-Marthe que, si « selon les critères du monde ce n’est pas une bonne affaire », cependant « cette pauvreté est semence de fécondité et d’amour pour les autres ».
Dans le débat contradictoire, c’est l’amour réciproque qui aide à vouloir du bien à son interlocuteur et permet l’écoute mutuelle. En cela il y a une vraie source de fécondité.

Vendredi 11 mars 2022 - Lille (59) - Carvin (59) = 18 km / 2767,4 km

Olivier Belleil, commentateur sur YouPRAY, retient le premier verset de l’évangile (Mt 5, 20-26) : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux ». Mais en quoi consiste cette « plénitude » de la Loi du Christ, et cette justice « supérieure » qu'il exige ? Il ne s’agit pas d’une « justice équivalente ou commutative » consistant à rendre à chacun le même dû. La justice évangélique est une « justice proportionnelle » consistant à avoir une vie ajustée dans l’ensemble de quatre relations constitutives :

  • Relation à Dieu, c’est lui donner ce qui  Lui revient, en particulier à travers le culte
  • Relation avec mon prochain, par exemple, comme l’évoque l’évangile : « Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu ».
  • Relation avec soi-même en prenant soin de soi de manière appropriée.
  • Relation avec le reste des créatures non humaines, chacune selon sa valeur propre, même s’il est difficile de juger de la valeur propre d’une créature non humaine. Certes, « toute la réalité contient en son sein une marque proprement trinitaire » (LS § 239), mais une seule créature est « capable de Dieu » (catéchisme CEC 1.1.1)

La justice évangélique est globale et intégrale au sens de l’écologie intégrale. Nous devons nous ajuster dans toutes nos relations, sans pharisaïsme. Une écologie intégrale authentique doit éviter tous les pièges du pharisianisme qui consiste trop souvent à confondre:

  • conversion écologique et conversion personnelle ? 
  • crise écologique et crise éthique ?
  • la vertu de frugalité et une forme de frugalité par précaution pour sauver la planète ?
  • Conversion écologique et modèle de décroissance ?
  • et à précisément confondre ces cris d’O.N.G. avec la clameur de la terre ?

Vendredi 27 janvier 2022 - Lille (59) = 2 km / 2749,4 km

La parabole de la semence (Marc 4,26-34) montre que la croissance de la parole est incontournable: « En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. » »
Ce n’est pas nous qui fabriquons la parole. Elle est un don divin. C’est la loi de la croissance irrésistible: elle est comme programmée par le Seigneur si nous ne lui opposons pas de la résistance. Si le discours de nos pastorales, s’ils sont mal positionnés, peuvent devenu des formes de résistance à une véritable évangélisation. Il ne sert à rien de se focaliser sur des programmes écologiques temporels. Un vrai chemin d’évangélisation passe par le silence pour laisser mûrir la parole. Elle progressera alors, par la grâce de Dieu, sans qu’on sache vraiment comment.
Ce n’est pas nous qui fabriquons la Parole. Elle est un don divin. C’est la loi de la croissance irrésistible: elle est comme programmée par le Seigneur si nous ne lui opposons pas de la résistance. Si le discours de nos pastorales, s’ils sont mal positionnés, peuvent devenu des formes de résistance à une véritable évangélisation. Il ne sert à rien de se focaliser sur des programmes écologiques temporels. Un vrai chemin d’évangélisation passe par le silence pour laisser mûrir la parole. Elle progressera alors, par la grâce de Dieu, sans qu’on sache vraiment comment.

Jeudi 26 janvier 2022 - Aubigny-au-Bac (59) - Douai (59) = 15,3 km / 2747,4 km

L’évangile du jour (Marc 4,21-25) est un appel à témoigner : « En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Est-ce que la lampe est apportée pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ?  Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté ; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir à la clarté ».
Le pape François commente cet évangile « Voilà donc l’un des traits du chrétien, qui a reçu la lumière dans le baptême et doit la donner. Le chrétien est un témoin. Le mot témoignage renferme précisément l’une des particularités des comportements chrétiens. En effet : Un chrétien qui apporte cette lumière, doit la faire voir parce qu’il est un témoin. »
Quand il s’agit de pastorale de l’écologie intégrale, les témoins illustrent mieux qu’un discours le concept des quatre relations essentielles :

  • Témoignage de Dieu: « disciple-missionnaire », expression utilisée par le pape François dans la Joie De l’Évangile pour évoquer le témoin,
  • Témoignage de ceux qui aident ceux qui souffre au fond de leur cœur profond, suite à des blessures d’enfance. Par une évangélisation des profondeurs, ils les aident à ressembler à celui qui les a créées à son image,
  • Témoignage de charité dans la relation avec les autres, en particulier avec les plus pauvres,
  • Témoignage d’une relation de louange du créateur pour sa création, à la suite de saint François d’Assise qui voyait une dimension trinitaire dans le soleil, l’eau, le vent et le loup.

La tentation est grande, pour des commissions pastorales, de vouloir ajouter des témoignages de producteurs ou de consommateurs, de permaculteurs, d’innovateurs pour limiter des émissions de CO2, etc…, au nom de Laudato si. N’est-ce pas oublier que le pape, lui-même, disait que son encyclique n’est pas « verte mais sociale » (symposium à l’académie pontificale  22 juillet 2015). De tels témoignages ne risquent-ils pas d’être contre-productifs auprès de personnes ne partageant pas nécessairement les analyses prudentielles sur tous ces sujets?

Mercredi 25 janvier 2022 - Cambrai (59) - Aubigny-au-Bac (59) = 14,3 km / 2732,1 km

L’église fait mémoire des saints Timothée et Tite avec une lettre de Saint-Paul (2Tt 1, 1-5) dont cet extrait : « ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération ».
Le diacre Oliver Belleil en tire le commentaire suivant : « dans le temps où nous sommes et autour de nous, ça suinte la peur, ça suinte l’angoisse, la peur pour l’avenir, la peur dans la société politique, la peur pour la planète,  la peur pour le devenir de notre église, la peur pour nos enfants ou nos petits-enfants,… cette peur est véritablement contagieuse et c’est une catastrophe. C’est une épidémie spirituelle de vivre dans la peur. Le Seigneur veut nous donner de vivre de « l’Esprit de force, d’amour et de la maîtrise de soi », libéré de la peur » (YouPray 26.1.2022).

Mardi 24 janvier 2022 - Cambrai (59) = 5 km / 2716,8 km

Dans l’évangile du jour (Marc 16,14-18), Jésus envoie en mission : « Jésus apparut aux onze, pendant qu`ils étaient à table; et il leur reprocha leur incrédulité et la dureté de leur coeur, parce qu`ils n`avaient pas cru ceux qui l`avaient vu ressuscité. Puis il leur dit: Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création ».
Jésus n’envoie pas des disciples remplis de foi et d’audace mais il ose faire confiance alors qu’il connaît leurs faiblesses,… nos faiblesses. Il envoie encore moins des experts en économie, finance ou écologie pour annoncer un programme à suivre pour un soi-disant salut temporel. La mission est de proclamer l’évangile et non de convaincre pour une conversion à des éco-gestes ! Les fruits de l’évangélisation ne laissent de surprendre: « Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien ».
Les fruits de la conversion des cœurs ne sont pas un ralentissement du réchauffement climatique ou de la démographie pour sauver la planète. L’objectif est de faire de tous des croyants, de donner la joie d’être sauvé.

Lundi 23 janvier 2022 - Bony (02) - Cambrai (59) = 21 km / 2711,8 km

La fin du texte du jour (Mc 3, 22-30) évoque le péché des hommes: « Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. »
Ce peut être une occasion de parler du « péché contre la création » dont parle Laudato si.  Le passage dans lequel le pape reprend au patriarche Bartholomée l’expression de « péché contre la création » se poursuit avec deux types exemples de « péchés » :

  • Dans le premier, il est question d’un péché contre la nature : « les hommes dégradent l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique, en dépouillant la terre de ses forêts naturelles ou en détruisant des zones humides ».
  • Dans le second exemple, il s’agit de péchés indirects contre l’homme « Que les hommes portent préjudice à leurs semblables par des maladies en contaminant les eaux, le sol, l’air et l’environnement par des substances polluantes, tout cela, ce sont des péchés ».

Autant le second exemple parait clair, autant les premiers exemples mériteraient d’être approfondis. Pourquoi ? Parce que, le catéchisme dit bien que « la moralité des actes humains dépend de l’objet choisi, de la fin visée ou l’intention et des circonstances de l’action » (§ 1750). Au plan de l’intention, est-ce sûr qu’il y ait toujours une intention de détruire la nature. Souvent l’homme est dans la situation de choisir un moindre mal, même si, quelquefois, l’homme dans sa folie, ne pèse pas suffisamment les bénéfices et les risques consécutifs à ses actes.
Il faut se poser la question de la matérialité de l’acte. Pour mesurer si un acte est ou non un péché, il faut valider ce qu’il induit, en priorité sur l’homme qui est notre autrui. Certes, ce concept de matérialité de l’acte a été longuement débattu entre les théologiens qui distinguaient ce qui est de l’ordre de la téléologie, de la déontologie ou du proportionalisme. Sans entrer dans ces nuances, nos actes dégradent-ils, comme l’affirme le patriarche Bartholomée, « l’intégrité de la terre en provoquant le changement climatique ». Il conviendrait de vérifier cette « matérialité ». Par ailleurs, de temps en temps,accepter des détériorations ou des modifications des écosystèmes, peut devenir un acte bon. Car malheureusement, depuis le péché originel, nous sommes condamnés à faire des choix relevant du moindre mal.
En cela, le principe de sauvegarde de la création ne peut être un principe supérieur à celui du principe de respect de la dignité de l’homme, précédant celui de sauvegarde du reste de la création.

Dimanche 22 janvier 2022 - Saint-Quentin (02) - Bony (02) = 18,0 km / 2691,8 km

Formidable hymne de saint Paul  (1Co 12,12-30) à l’unité dans la pluralité : « le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ. C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, …nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit. Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres.
…. L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ». Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables. Et celles qui passent pour moins honorables, ce sont elles que nous traitons avec plus d’honneur ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment; pour celles qui sont décentes, ce n’est pas nécessaire. Mais en organisant le corps, Dieu a accordé plus d’honneur à ce qui en est dépourvu. Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres… Vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps. Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l’Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui ont charge d’enseigner ; … Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ; tout le monde n’a pas… à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter ».

Il en est de même dans nos commissions de pastorale écologique: Tous, nous avons été désaltérés par l’Esprit que nous enseigne Laudato si, celui de l’écologie intégrale, c’est à dire cette intégralité de relations avec

  • Dieu, notre créateur
  • nous en qui Dieu a inscrit une capacité à nous poser les questionnements essentiels
  • notre prochain, en particulier les plus pauvres
  • les créatures non humaines, chacune selon sa valeur propre

Mais dans nos commissions,

  • les climatologues carbo-centristes ne peuvent pas dire aux hélio-centristes : «Je n’ai pas besoin de toi ».
  • les agriculteurs « bio » ne peuvent pas dire à ceux qui, plus conventionnels, se sont engagés dans une pratique de « haute valeur environnementale »: «Je n’ai pas besoin de toi ».
  • ceux qui s’inquiètent de l’épuisement des ressources naturelles ne peuvent pas dire à ceux qui voient en l’homme la principale ressource : «Je n’ai pas besoin de toi ».
  • ceux qui voient dans la frugalité une précaution pour sauver la planète ne peuvent pas dire à ceux qui y voient surtout une vertu : «Je n’ai pas besoin de toi ».

N’y aurait-il pas, dans une telle attitude, « une tentation qui divise et détruit l’Église : [une] envie mondaine d’avoir le pouvoir » (Pape François Méditation matinale - Osservatore Romano26 mai 2016)?
Pourtant, les parties du corps qui paraissent les plus écologiques sont-elles les plus indispensables? Et celles qui passent pour moins honorables, ne sont elles pas celles que nous devrions traiter avec plus d’honneur?
Laudato si nous engage à ne pas distinguer les uns et les autres en disant que « l’église n’a pas la prétention de juger des questions scientifiques » (nº 188)
Peut-être y a-t-il chez les uns des prophètes et chez d’autres des personnes plus aptes à enseigner l’écologie intégrale? En tout état de cause, Dieu a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division.

Samedi 21 janvier 2022 - Foreste (02) - Saint-Quentin (02) = 15,7 km / 2673,8 km

La lecture du jour (1S 1, 1-4. 11-12. 19. 23-27) la mort de Saül : « En ces jours-là, …un homme arriva du camp de Saül, …, il se jeta à terre et se prosterna. »…David lui dit : « Que s’est-il passé ? Raconte-le-moi ! » L’homme répondit : « Le peuple s’est enfui du champ de bataille ; beaucoup d’entre eux sont tombés et sont morts. Et même Saül et son fils Jonathan sont morts ! ».
Malgré les conflits que David a pu avoir avec Saül, il va être très affecté et entre dans un rite de deuil: « Alors David arracha et déchira ses vêtements, et tous les hommes qui étaient avec lui firent de même. Ils se lamentèrent, pleurèrent et jeûnèrent jusqu’au soir, à cause de Saül et de son fils Jonathan, à cause du peuple du Seigneur et de la maison d’Israël, parce qu’ils étaient tombés par l’épée ».
Alors David chanta une lamentation qu’on appelle l’ « élégie de l’arc », un des chants les plus anciens de toute la Bible. Bien qu’il soit appellé à succéder à Saül  comme roi, David souffre.
Il n’y a pas d’envoi en mission, de. vocation, sans une expérience de mort et de résurrection. Comment s’engager dans une commission de pastorale écologique sans faire son deuil, au moins en partie, de ses certitudes. Pourquoi un dissident climatique ou un agriculteur conventionnel labellisé « haute valeur environnementale »,  ne pourraient-ils pas s’engager pour promouvoir l’écologie intégrale et la théologie de la relation aux côtés d’un agriculteur « bio » ou d’un climato-consensuel? Cela peut susciter des formes de souffrances mais cette pluralité n’est-elle pas le prix à payer pour une plus grande unité dans l’Eglise?

Vendredi 20 janvier 2022 - Chauny (02) - Flavigny le Martel (02) = 16 km / 2658,1 km

Dans le texte de Samuel (1S 24, 3-21), David épargne Saül.
Celui-ci avait pourtant  fait le serment d’épargner David. Malgré tout, « Saül prit trois mille hommes, choisis dans tout Israël, et partit à la recherche de David et de ses gens en face du Rocher des Bouquetins. Il arriva aux parcs à moutons qui sont en bordure de la route ; il y a là une grotte, où Saül entra pour se soulager. Or, David et ses hommes se trouvaient au fond de la grotte ». Les hommes de David sont de mauvais conseils et lui dirent : « Voici le jour dont le Seigneur t’a dit : “Je livrerai ton ennemi entre tes mains, tu en feras ce que tu voudras.” »
Aujourd’hui encore, dans des situations de conflits, des amis ou des proches peuvent conseiller des solutions qui ont une cohérence à vue humaine, mais n’entrent pas dans une vision divine. David refuse de profiter de la situation car il voit en Saül celui qui a reçu l’onction du Seigneur comme roi: « David vint couper furtivement le pan du manteau de Saül. Alors le cœur lui battit d’avoir coupé le pan du manteau de Saül. Il dit à ses hommes : « Que le Seigneur me préserve de faire une chose pareille à mon maître, qui a reçu l’onction du Seigneur : porter la main sur lui, qui est le messie du Seigneur. » Par ses paroles, David retint ses hommes. Il leur interdit de se jeter sur Saül. ». Il peut nous arriver de critiquer l’Eglise ou son magistère, mais nous devons pouvoir voir en ses prêtres ou ses prélats ceux qui ont reçu l’onction du Seigneur. Si Dieu veut se débarrasser d’eux, c’est à lui de le faire mais pas à nous de les attaquer. Au contraire, nous pouvons aller vers eux et expliquer la sincérité de nos attitudes, voire expliquer qu’ils sont mal conseillés : « Alors Saül quitta la grotte et continua sa route. David se leva, sortit de la grotte, et lui cria : « Mon seigneur le roi ! » Saül regarda derrière lui. David s’inclina jusqu’à terre et se prosterna, puis il lui cria : « Pourquoi écoutes-tu les gens qui te disent : “David te veut du mal” ? …Regarde, père, regarde donc : voici dans ma main le pan de ton manteau. Puisque j’ai pu le couper, et que pourtant je ne t’ai pas tué, reconnais qu’il n’y a en moi ni méchanceté ni révolte. Je n’ai pas commis de faute contre toi, alors que toi, tu traques ma vie pour me l’enlever. C’est le Seigneur qui sera juge entre toi et moi, c’est le Seigneur qui me vengera de toi, mais ma main ne te touchera pas ! ….Après qui donc le roi d’Israël s’est-il mis en campagne ? Après qui cours-tu donc ? Après un chien crevé, après une puce ? Que le Seigneur soit notre arbitre, qu’il juge entre toi et moi, qu’il examine et défende ma cause, et qu’il me rende justice, en me délivrant de ta main ! Lorsque David eut fini de parler, Saül s’écria : « … Toi, tu es juste, et plus que moi : car toi, tu m’as fait du bien, et moi, je t’ai fait du mal. … Que le Seigneur te récompense pour le bien que tu m’as fait aujourd’hui. Je sais maintenant que tu régneras certainement, et que la royauté d’Israël tiendra bon en ta main. »
Que ce soit un exemple pour régler nos conflits, dans la non violence, tout en défendant la dignité de nos positions, de ce qui nous semble juste, mais pas avec n’importe quels moyens ou arguments.

Jeudi 19 janvier 2022 - Coucy-le-Chateau (02) - Chauny (02) = 16,6 km / 2642,1 km

Le lendemain de la victoire de David sur Goliath (1S 18, 6-9 ; 19, 1-7), oppose deux personnages:

  • David qui fait l’admiration de tous : « lorsque David revint après avoir tué le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d’Israël à la rencontre du roi Saül pour chanter et danser au son des tambourins, des cris de joie et des cymbales. »
  • Saül qui es jaloux, orgueilleux, se sent humilié : « Les femmes dansaient en se renvoyant ce refrain : « Saül a tué ses milliers, et David, ses dizaines de milliers. » Saül le prit très mal et fut très irrité. Il disait : « À David on attribue les dizaines de milliers, et à moi les milliers ; il ne lui manque plus que la royauté ! » Depuis ce jour-là, Saül regardait David avec méfiance. Saül dit à son fils Jonathan et à tous ses serviteurs son intention de faire mourir David.».

Dans nos commissions de pastorales écologiques, la typologie n’est pas aussi nette. En réalité, chacun de nous est tantôt l’homme de Dieu, tantôt le colérique orgueilleux. Que nous soyons partisans des thèses consensuelles ou des dissidents, il nous arrive, non pas de faire mourir nos adversaires, mais au moins de ne pas leur donner la parole ou de la leur retirer.
Dans le texte, arrive alors un autre personnage, Jonathan : « Jonathan, le fils de Saül, aimait beaucoup David et il alla le prévenir : « Mon père Saül cherche à te faire mourir. Demain matin, sois sur tes gardes, mets-toi à l’abri, dissimule-toi. Moi, je sortirai et je me tiendrai à côté de mon père dans le champ où tu seras. Je parlerai de toi à mon père, je verrai ce qu’il en est et je te le ferai savoir. » .
Jonathan fit à son père Saül l’éloge de David ; il dit : « Que le roi ne commette pas de faute contre son serviteur David, car lui n’a commis aucune faute envers toi. Au contraire, ses exploits sont une très bonne chose pour toi. Il a risqué sa vie, il a frappé à mort Goliath le Philistin, et le Seigneur a donné une grande victoire à tout Israël : tu l’as vu et tu en as été heureux. Pourquoi donc commettre une faute contre la vie d’un innocent, en faisant mourir David sans motif ? » .
Saül écouta Jonathan et fit ce serment : « Par le Seigneur vivant, il ne sera pas mis à mort ! » Alors Jonathan appela David et lui répéta tout ce que le roi avait dit. Puis il le conduisit à Saül, et David reprit sa place comme avant. ».
Puissent, dans l’Eglise, exister de véritables conciliateurs. Puissions être nous-mêmes, ces liens d’unité.

Mercredi 18 janvier 2022 - Belleu-sous-Soissons (02) - Coucy-le-Chateau (02) = 19,7 km / 2625,5 km

Le célèbre récit du combat entre David et  le Philistin Goliath (1S 17, 32-33.37.40-51) a plusieurs grilles de lecture. 
Il y’a entre autres la victoire de David sur la peur: « David dit à Saül : « Que personne ne perde courage à cause de ce Philistin. Moi, ton serviteur, j’irai me battre avec lui. » ». Dans les versets précédents, il est dit que face à Goliath, « Quand Saül et tout Israël entendirent ces paroles du Philistin, ils furent consternés et ils eurent très peur » (1S 17-11). C’est important dans le combat spirituel, Dieu nous veut libre de toute peur. En matière écologique, il nous arrive de nous interroger : de quoi n’avons nous pas peur? Les catastrophistes  ou collapsologues sont, tels Goliath, des géants qu’il ne faut pas hésiter à combattre.
Le combat est rapide: « David triompha du Philistin avec une fronde et un caillou : quand il frappa le Philistin et le mit à mort, il n’avait pas d’épée à la main. Mais David courut ; arrivé près du Philistin, il lui prit son épée, qu’il tira du fourreau, et le tua en lui coupant la tête ». Goliath se fait donc trancher la tête par sa propre épée et c’est le symbole de la violence qui se retrouvent contre son auteur. Goliath représente l’esprit du monde et David le peuple de Dieu. Tous les messianismes seront vaincus (l’empire romain, le communisme, le nazisme…) N’ayons pas peur. L’arme de David symbolise l’arme du Christ, La Croix, vainqueur de toutes les forces du mal.

Mardi 17 janvier 2022 - Belleu-sous-Soissons (02) = 0 km / 2605,8 km

Parole complexe à interpréter dans Mc 2, 23-28:  «  Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. »
Le pape Jean-Paul II expliquait que « le précepte du sabbat s’enracine dans la profondeur du dessein de Dieu. Il n'est pas placé à côté des prescriptions purement cultuelles, comme dans le cas de tant d'autres préceptes, mais à l'intérieur du Décalogue, des « dix paroles » qui décrivent les piliers de la vie morale, universellement inscrite dans le cœur de l'homme »(Instruction « Dies domini » 31.5.1998).
Il ne s’agit pas d’une simple disposition de discipline religieuse communautaire, comme si l’homme avait besoin de se reposer. Dans le monde préternaturel qui précède la faute originelle, le travail n’était pas « fatiguant » puisqu’Adam était pourvu d’un don d’impassibilité c’est à  dire d’exemption de la douleur. Jean-Paul II explique que le sabbat est « une expression constitutive et indispensable du rapport avec Dieu ».  Quel est ce rapport ?
Il faut, pour le comprendre, relire la Genèse (2.3) qui dit que « Dieu bénit le 7ème jour et le consacra parce qu’en ces jours il s’était reposé de toutes ses œuvres, celles que Dieu avait entrepris de faire ». La traduction mot à mot de « hō̃n ḗrxato ho theòs poiē̃sai » dans le texte grec, signifie que la création ne fait que commencer. Adam reçoit la mission de « travailler le paradis » pour la mener vers son accomplissement. L’orthodoxe Vladimir Lovsky écrit que « le monde est fait parfait par Dieu, afin d’être parfait par l’homme ».
Le texte hébreux de la Genèse (2.3), se termine d'ailleurs par le verbe faire "l·oshuth" [לַ עֲשׂת] comme si Dieu appelait l'homme à continuer ce qu'il a fait.  Dans leurs commentaires, les rabbins Ibn Ezra et Abrabanel  (Jose Bonifacio, "Berechith - les secrets initiatiques de la création" Chap. II, 4.) expliquent aux 12ème et 15ème siècles que le terme "l·oshuth" [לַ עֲשׂת] signifie la permanence créatrice. La création continue à agir et à produire, grâce aux lois divines qu'elle porte en elle. "Le créateur renouvelle sans cesse, dans sa bonté, l'oeuvre de la création". Cette opinion est basée sur l'interprétation donnée par R. Yitzcahk, dans le Zohar Hadach (17 a), alors que R. Papa et R. Ochiya rapportent le terme [לַ עֲשׂת] à l'achèvement de la création, qui est confié à l'action des hommes (Gen. raba c. 11). Les hommes ont le glorieux privilège de pouvoir contribuer à sa perfection. Ainsi, le dernier mot ouvre la perspective sur l'histoire de l'humanité qui commence à présent. A l'action de l'homme, il appartient désormais de sceller l'oeuvre de Dieu. Les destinées de la création sont remises entre les mains des hommes et son véritable achèvement n'aura lieu que lorsque ceux-ci auront fondé les assises du Royaume de Dieu sur terre. Cette idée est exprimée par le Midrach qui décrit l'achèvement du Temple de Jérusalem comme le couronnement de la création du monde (Pesikta rabbati VI): "Tous les travaux pour la maison du Seigneur étaient achevés" (1 Rois, VII, 51), voici la perfection apportée à la simple terminaison des travaux des six jours de la création. C'est pourquoi l'auteur du Temple est appelé le roi Salomon, car il mena à la perfection l'oeuvre de la création. (Cf. Comm Ex. XXV, 31)
Rappelons le texte de la création « faisons l’homme à notre image comme à notre ressemblance ».  Quel accomplissement l’homme a-t-il donc mission de parfaire ? L’objectif de l’homme est d’accomplir cette ressemblance jusqu’à, librement, consentir à être divinisé.

Lundi 17 janvier 2022 - Braine (02) - Belleu-sous-Soissons (02) = 18,8 km / 2605,8 km

Le livre de Samuel (1S 15, 16-23) ne donne pas dans la dentelle: « Samuel déclara : « … le Seigneur t’a donné l’onction comme roi sur Israël ? Il t’a envoyé en campagne et t’a donné cet ordre : “Va, et voue à l’anathème ces impies d’Amalécites, fais-leur la guerre jusqu’à l’extermination.” »
Au delà du texte littéral, l’interprétation spirituelle est que le combat contre le mal doit être radical et sans complaisance. Quel est le reproche fait à Saül? « Pourquoi n’as-tu pas obéi à la voix du Seigneur ? Pourquoi t’es-tu jeté sur le butin ? Pourquoi as-tu fait ce qui est mal aux yeux du Seigneur ? » Saül répondit à Samuel : « Mais j’ai obéi à la voix du Seigneur ! Je suis allé là où il m’envoyait, j’ai ramené Agag, roi d’Amalec, et j’ai voué Amalec à l’anathème. Dans le butin, le peuple a choisi le meilleur de ce qui était voué à l’anathème, petit et gros bétail, pour l’offrir en sacrifice au Seigneur ton Dieu, à Guilgal. 
Saül a désobéit : il a ramené Agag au lieu de le tuer; en quelque sorte, il lui a laissé la vie à condition de pouvoir prendre le butin. L’interprétation spirituelle est que le combat contre le mal ne se négocie pas. Contre les puissances du mal, il faut lutter avec radicalité. Dieu a besoin d’un roi qui soit dans ses vues et le verdict tombe: « Parce que tu as rejeté la parole du Seigneur, lui aussi t’a rejeté : tu ne seras plus roi ! »
Interrogeons-nous pour nos pastorales écologiques. Veillons à ne pas collaborer avec la peur, souvent fille du mensonge et des demi-vérités. Ne transigeons pas avec un écologisme malthusien au prétexte qu’il y aurait une part de vrai. Sinon Dieu ne nous reprochera-t-il pas d’avoir été incapable d’empêcher 40% des jeunes de ne pas vouloir d’enfant pour sauver la planète? L’authenticité de nos pastorales ne sera possible que si nous veillons à lutter contre le mal en nous de façon toute aussi radicale.

Dimanche 16 janvier 2022 - Fismes (51) - Braine (02) = 12,9  km / 2587,0 km

Parmi les nombreux commentaires faits par les pères de l’Eglise sur les Noces de Cana (Jean 2,1-11), retenons en un:

  • après l’eau de la purification de la première alliance, le judaïsme, « Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord »
  • vient le vin des temps messianiques,  l’évangile donné par l’église. « Le maître du repas… goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau »

Veillons à ne pas en rester au stade des ablutions, des écogestes, dans une perspective de rêve de retour au paradis perdu ou d’un messianisme temporel. Tournons le regard vers les noces éternelles où nous serons divinisés comme épouse du Christ.

Samedi 15 janvier 2022 - Prouilly (51) - Fismes (51) = 15,5 km / 2574,1 km

On pourrait imaginer une situation comparable à la scène de l’évangile (Mc 2, 13-17): « Les scribes du groupe des pharisiens, voyant un Jésus mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » ».
Imaginons un évêque prenant un repas avec un dissident écologique. Les détenteurs de la doxa qui savent les contraintes écologiques auxquelles il convient de se soumettre, s’en offusqueraient.
On devine que l’interprétation n’est pas là. L’objet n’est pas de savoir à quel type de conversion écologique nous sommes appelés, mais de convertir nos cœurs. Jésus explique bien: « Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Vendredi 14 janvier 2022 - Reims (51) - Prouilly (51) = 16,8 km / 2558,6 km

Première lecture très politique (1 Samuel 8, 4-7.10-22a). Israël était dirigé jusqu’ici par des juges. « En ces jours-là, tous les anciens d’Israël se réunirent et vinrent trouver Samuel à Rama. Ils lui dirent : « Tu es devenu vieux, et tes fils ne marchent pas sur tes traces. Maintenant donc, établis, pour nous gouverner, un roi comme en ont toutes les nations. »  Samuel fut mécontent parce qu’ils avaient dit : «Donne-nous un roi pour nous gouverner », et il se mit à prier le Seigneur. Or, le Seigneur lui répondit : « Écoute la voix du peuple en tout ce qu’ils te diront. Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi qu’ils rejettent : ils ne veulent pas que je règne sur eux. »
Oui, le rejet de Dieu est clair: les hébreux veulent un roi comme en ont toutes les nations. Dieu et Samuel ne pensent donc que du mal de cette idée ! Nos régimes politiques, aujourd’hui, veulent suivre des programmes comme ceux que suivent les nations, en écologie, au plan sanitaire et sociétal… tout en rejetant Dieu.
Malgré tout, Dieu les prévient des risques qu’ils prennent:« Samuel rapporta toutes les paroles du Seigneur au peuple qui lui demandait un roi. Et il dit : « Tels seront les droits du roi qui va régner sur vous. Vos fils, il les prendra, il les affectera à ses chars et à ses chevaux, et ils courront devant son char. Il les utilisera comme officiers de millier et comme officiers de cinquante hommes ; il les fera labourer et moissonner à son profit, fabriquer ses armes de guerre et les pièces de ses chars. Vos filles, il les prendra pour la préparation de ses parfums, pour sa cuisine et pour sa boulangerie. Les meilleurs de vos champs, de vos vignes et de vos oliveraies, il les prendra pour les donner à ses serviteurs. Sur vos cultures et vos vignes il prélèvera la dîme, pour la donner à ses dignitaires et à ses serviteurs. Les meilleurs de vos serviteurs, de vos servantes et de vos jeunes gens, ainsi que vos ânes, il les prendra et les fera travailler pour lui.  Sur vos troupeaux, il prélèvera la dîme, et vous-mêmes deviendrez ses esclaves. Ce jour-là, vous pousserez des cris à cause du roi que vous aurez choisi, mais, ce jour-là, le Seigneur ne vous répondra pas ! » »
Le mot est lâché : sans Dieu, l’homme devient esclave. Samuel parlerait-il d’avortement, de pass-sanitaire ou de contraintes écologiques ? Mais les hommes se croient invulnérables : « Non ! il nous faut un roi ! Nous serons, nous aussi, comme toutes les nations ; notre roi nous gouvernera, il marchera à notre tête et combattra avec nous. » ! Pas une fois ils ne parlent de fidélité en Dieu. 
Dieu veut  toutefois respecter leur liberté :  « Samuel écouta toutes les paroles du peuple et les répéta aux oreilles du Seigneur. Et le Seigneur lui dit : « Écoute-les, et qu’un roi règne sur eux ! » »
L’histoire montrera que Dieu n’abandonnera pas son peuple. Prions pour qu’aujourd’hui comme hier, il transforme un mal en bien.

Mercredi 15 décembre 2021 - Val de Vesle (51) - Reims (51) = 18,9 km / 2541,8 km

Au moment des faits relatés (Lc 7, 18b-23), Jean-Baptiste est en prison. Malgré toute une vie passée à préparer ses contemporains à la venue du Messie, Jean-Baptiste est prit d’un doute: « Jean le Baptiste appela deux de ses disciples et les envoya demander au Seigneur: « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? ».
Un pèlerin au long cours peut, lui aussi, être pris d’un doute. Celui de l’amour de l’église. De la servir quitte à l’interpeller sur les questions de pastorale écologique. Comme Jean-Baptiste, il peut être déçu par les mesquineries, les collaborations avec la peur écologique, les abus de pouvoir d’influence, les désillusions avec les prêtres qui prennent parti sur les questions scientifiques… À quoi bon tous ces kilomètres, ces douleurs aux tendons, cette séparation conjugale si longue, etc…
Jésus ne fait aucun reproche sur les doutes de Jean-Baptiste. Il dit simplement : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. »
En cas de doute sur l’église, il faut juger les fruits qu'elle porte depuis deux millénaires. Elle nous nourrit, nous ouvre les yeux, nous purifie par les sacrements, nous aide à entendre la parole. Sans l’église, même avec ses faiblesses, le pèlerin n’est rien.
Le message de Jésus s’achève par une béatitude : « Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! »

Mardi 14 décembre 2021 - Les Grandes-Loges (51) - Val de Vesle (51) = 13,5 km / 2522,9 km

L’évangile du jour (Mt 21, 28-32) traite de l’adage populaire : le dire ou le faire! « Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » ».
C’est une grâce qu’il faut savoir demander de venir unifier nos vies et rendre cohérents nos comportements et nos dires.

Lundi 13 décembre 2021 -Chalons-en-Champagne (51) - Les Grandes-Loges (51) = 16,7 km / 2509,4 km

Dans l’évangile du jour (Mt 21, 23-27), Jésus pose la question de la source de l'autorité : « les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? ».
Quand il s'agit de questions prudentielles, de quelle autorité parle l'Eglise?
Elargissons la question le thème de l'émission de Louis Daufresne le 9 décembre 2021. Il avait consacré son émission du grand témoin aux expériences menées en 1963 par Stanley Milgram pour mesurer la capacité de 300 expérimentateurs à se soumettre, l'un après l'autre, à une autorité scientifique leur demandant de soumettre un patient à des décharges électriques croissantes pouvant aller jusqu’à des niveaux de voltage mortels(450 volts).
Transposons à l’écologie ce que notre soumission à la science climatique pourrait impliquer, alors qu’elle n’en n’est qu’à des balbutiements et que l’explication solaire du réchauffement devient de plus en plus avérée:  

  • Électrochoc 1: Au nom du CO2, l’éco-taxe instituée dans les années 1975… si cela peut leur faire plaisir!
  • Électrochoc 2: Au nom du CO2, l’obligation de Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) avant toute transaction immobilière (coût léger)
  • Électrochoc 3: Au nom du CO2, investissement de 1.000 milliards pour atteindre 5% d’électricité dans l’éolien et le solaire! (un coût collectif est indolore)
  • Électrochoc 4: Au nom du CO2, obligation de remplacer les vieilles chaudières à fuel et les voitures thermiques (coût exorbitant pour les classes moyennes malgré des subventions probables ! L’écologie de la contrainte s’éloigne de la subsidiarité en matière de consommation)
  • Électrochoc 5: Au nom du CO2, interdiction faite, lors de la COP26 aux pays riches de financer l’exportation de chaudières au charbon (coût dramatique pour l’Afrique: les pauvres deviendront encore plus pauvres)
  • Électrochoc 6: Au nom du CO2, mise à disposition des consommateurs de calculateurs d’émissions carbone sur leurs achats (SNCF, …)
    Puis, couplage des cartes bancaires à des smartphones qui indiquent par message les émissions de CO2 pour chacun des achats effectués (cf. start-up suédoise, Doconomy associée à MasterCard).
    Et ensuite, au nom du CO2, instauration d’un quota individuel d’émission de CO2 avec blocage automatique des achats en cas de dépassement contrôlé sur présentation d’un « pass-écologique » individuel (contrôle numérique de la société)
  • Électrochoc 7:  pourquoi pas, au nom du CO2, « No kids, exept one »: Un seul enfant pour sauver la planète ! Pour le second enfant, l’IVG sera un devoir, sans restriction de délai, au même titre que l’Interruption médicale de grossesse (IMG). En cas de refus de pratiquer cette Interruption Écologique de Grossesse pour leur second enfant, les parents n’auront plus droit à la solidarité nationale ni pour la santé ni pour l’éducation de leur second enfant. Leurs quotas individuels d’émission de CO2 ne seront majorés que pour le premier enfant.
    Et « No kids exept one …and cared ». L’OMS aura mis en œuvre ses  recommandations sur la modification du génome humain pour faire progresser la santé publique malgré certains risques reconnus comme dans le cas de la modification des génomes humains germinal et héréditaire, où les modifications du génome des embryons pourraient être transmises aux générations suivantes et modifier les caractéristiques des descendants.
  • Électrochoc mortel: au nom du CO2 « No seniors ». Les seniors seraient tenus d’intégrer un Ehpad et l’euthanasie écologique y serait de rigueur sur décision d’une commission médico-sociale qui jugerait de la contribution productive de chaque senior pour la société. Les familles ne seraient sollicitées qu’à titre consultatif et selon leurs ressources pour financer la prolongation de séjour et de soin dans l’Ehpad. Il n’est pas sûr que Jean-Marc Janvovici renierait de telles idées dans le cadre de l’euthanasie écologique qu’il promeut.

Est-il bien utile de se laisser aller à une telle science fiction? Deux réflexions à ce sujet:
D’un côté, il y a le risque de donner raison à Job: « toutes mes craintes se réalisent et ce que je redoute m’arrive » (Job 3:25). D’autant qu’un raisonnement poussé à l’extrême relève d’une dialectique souvent stérile. Pourtant le pape François ne s’abrite pas derrière un complotisme que personne ne lui attribue pour nous recommander de lire "Le Maître de la Terre" de Robert Hugh Benson : "avec ce type de gouvernement, on perd la liberté" disait-il dans l’avion le 6 décembre 2021. 
D’un autre côté, de tels scénarios ne convainquent pas ceux qui se soumettent volontiers à l’autorité des hommes. C’est si inutile que Jésus répond à ses interlocuteurs qui refusent de lui  répondre: « Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. » ».

Et l’Eglise? Quand elle met en place un label « Eglise verte » dont 3/4 des critères relèvent de la réduction carbone, le fait-elle au nom « du ciel ou des hommes »? Est-ce une « réponse hâtive » ou, comme se le demandait Benoit 16 dans son message pour la 46ème journée mondiale des communications sociales, du dimanche 20 mai 2012  cela permet-il "à … l'homme contemporain souvent bombardé de réponses à des questions qu’il ne s’est jamais posées…de s’interroger [et] de descendre au plus profond de lui-même et de s'ouvrir à ce chemin de réponse que Dieu a inscrit dans le cœur de l'homme....  »? Que se diraient les responsables de pastorale écologique pour répondre à cette question ? Seraient-ils comme les pharisiens de l’évangile: « Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Certains zélés (et non zélotes) proches de l’Eglise pourraient être embarrassés de prétendre que leur catastrophisme leur est dicté par Dieu alors qu’il ne se fonde que sur une ingénierie humaine de consensus. Et s’ils sont convaincus de l’existence de questions autrement plus essentielles à susciter en matière de pastorale, pourquoi ne font-ils pas silence pour aider chacun à se mettre à l’écoute de Dieu au plus prôné de son cœur?
Et nous? À quelle source puisons-nous nos exercices d’autorité ? Sommes-nous volontiers soumis aux arguments d’autorité, aux hommes en blouse blanches ou situés en haut d’une estrade gouvernementale? Ou bien puisons nous nos ressources dans notre baptême et dans les sacrements?

Dimanche 12 décembre 2021 - Clamanges (51) - Chalons-en-Champagne (51) = 23,6 km / 2492,7 km

Aujourd’hui (Lc 3, 10-18) c’est Jean-Baptiste qui parle à son entourage. Il n’appelle pas les uns et les autres à quitter leur métier mais à l’exercer avec discernement : « En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : "Que devons-nous faire ?" …Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : "Maître, que devons-nous faire ?" Il leur répondit : "N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé." » À ceux qui ont reçu une mission de pastorale écologique, Jean-Baptiste aurait-il demandé de ne pas en rajouter en matière de catastrophisme et de colapsologie pour convaincre de se convertir à l’écologie ? L’évangile continue :  « Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. » À un pèlerin, Jean-Baptiste suggérerait-il de ne pas appeler les chrétiens à porter une charge trop lourde, celle de ne pas se soumettre aux autorités scientifiques du moment?

Samedi 11 décembre 2021 - Mailly-le-Camp (10) - Clamanges (51) = 25,5 km / 2469,1 km

Dans l’évangile (Mt 17, 10-13) Jésus est encore plus explicite pour expliquer que la mission de Jean-Baptiste est celle que l’ancien testament attribue à Elie, celle de « remettre toute chose à sa place » avant la venue du Messie.
Nous sommes aujourd’hui entourés de personnalités voyant dans l’écologie un signe des temps. Quelle réponse éternelle apporter? S’il n’y en a pas, peut-être est-ce qu’il y a des regards à remettre en place.

Vendredi 10 décembre 2021  - Arcis/Aube (10) - Mailly-le -Camp (10) = 16,0 km / 2443,6 km

L’évangile du jour (Mt 11, 16-19) nous compare à de vrais gamins « assis sur les places » qui s’interpellent les uns les autres.

  • Les uns, écologistes consensuels, par exemple, reprochent à leur génération d’être assis comme des spectateurs, assis et installés dans leurs commodités, passifs, voire oisifs. Ils font ce reproche: « Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré. »
    En
    réalité, Jésus nous interpelle : Sommes-nous devenus insensibles, résistants aux joies comme aux peines, trop exigeants pour pouvoir accepter les petits bonheurs de chaque jour qui ne sont jamais suffisants pour nous satisfaire.
  • Les autres, des dissidents écologistes par exemple, vont reprocher aux autres de critiquer tantôt Jean, tantôt Jésus : « Jean est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” » Ils reprochent aux premiers une pauvreté de jugement et de ne pas voir que Jean-Baptiste, était vêtu de peau de bête, non dans un esprit de frugalité écologique, mais simplement pour imiter la tenue d’Elie et donc expliquer sa mission. Ils leur reprochent donc d’être aveuglés et enfermés dans leurs opinions, de tout juger selon leurs  propres critères, d’imaginer dieu à leur propre image.

En fait, les questions essentielles sont ailleurs et le Christ nous révèle qu’avec un peu de sagesse, avec un regard de foi, oui il est possible de reconnaître l’action de Dieu autour de nous: « la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »

Jeudi 9 décembre 2021 - Voué (10) - Arcis/Aube (10) = 9,3 km /  2427,6 km

Qu’enseigne l’évangile (Mt 11, 11-15) au pèlerin qui médite à propos des questions écologiques ?
D’abord que « parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste »! N’attendons aucun élu qui puisse nous apporter le salut ici bas!
Jésus ajoute: « et cependant le plus petit est plus grand que lui ». Chacun de nous serait-il appelé à être plus grand que Jean-Baptiste? Jésus apporte la réponse : « si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! ». Réponse incompréhensible ! Les juifs contemporains connaissaient la prophétie de Malacchie (chap 3) « Voici que je vais vous envoyer le prophète Elie ». Dans la tradition, Elie n’a pas connu la mort: emporté par un char de feu, il reste vivant près de Dieu. Mais encore?
La tradition rabbinique apporte un éclairage avec cette Pessikta Rabbati 33, sorte de midrash rassemblant des sermons,  compilée au 9eme siècle. Elle fournit une image forte de l’annonce officielle de la bonne nouvelle par Elie:

À l'heure où le Saint, Béni soit-il, rachètera Israël, trois jours avant la venue du Messie, Élie viendra et se tiendra debout sur les montagnes d'Israël et se lamentera sur elles en disant : Montagnes de la terre d'Israël ! Combien de temps resterez-vous sèches, arides, et désolées ? Et sa voix sera entendue d'un bout du monde à l'autre. Et il leur dira : La paix est venue au monde, comme il est dit : « Sur les montagnes accourt un messager ; il annonce la paix » (Naḥ. 2:1 TOB). Lorsque les méchants entendront cela, ils se réjouiront tous et se diront l’un à l’autre : La paix nous est parvenue. Le deuxième jour Elie viendra et se tiendra sur les montagnes d'Israël et dira : « Comme ils sont les bienvenus, au sommet des montagnes, les pas du messager qui nous met à l'écoute de la paix, qui porte un message de bonté » (Isa. 52:7 TOB). Le troisième jour il viendra et le salut est venu au monde, comme il est dit : « Qui  nous met à l'écoute du salut » (ibid.).(Source: Jean-Yves Legouas: « Le Messie dans la littérature biblique et rabbinique » page 11)

Jean-Baptiste disait qu’il n’était ni le Messie, ni une « réincarnation » d’Elie. Jésus veut donc dire que Jean-Baptiste accomplit la « mission » d’Elie qui est de préparer les chemins du Seigneur ! Le Seigneur nous donne de pouvoir, nous aussi, d’accomplir cette mission et de préparer la venue du Seigneur dans nos vies. On comprend mieux que « le plus petit dans le royaume des Cieux,… c’est lui Élie qui doit venir ».
Concrètement, que faut-il faire? Là encore, la réponse est obscure: « Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer ». En réalité, Il nous faut être ces violents qui nous faisons violence à nous-mêmes en acceptant les renoncements et les sacrifices, les souffrances pour entrer dans ce royaume de Dieu par la porte étroite. Voilà bien une question essentielle que nous n’entendrons pas si nous nous laissons encombrer par des questionnements écologiques ou politiques secondaires.

Mercredi 8 décembre 2021 - Troyes (10) - Voué (10) = 19,6 km / 2418,3 km

En cette fête de l’immaculée conception, l’apôtre (Luc 1, 26-38) nous rapporte la parole de l’ange à Marie  : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu »
Chantons donc avec Marie cet hymne acathiste (Ensemble vocal Cinq Mars). Réjouissons-nous tous avec elle, que nous soyons vivants ou morts.

  • O toi qui es mort, réjouis-toi avec Marie qui te relèvera de ta chute comme elle a relevé Adam

Réjouis-toi, rayonnement de joie,
Réjouis-toi, par qui le mal a disparu,
Réjouis-toi, tu relèves Adam de sa chute,
Réjouis-toi, par toi Ève ne pleure plus.

  • O toi qui es vivant, réjouis-toi pour, comme Marie, accueillir le projet de Dieu dans ta vie

Réjouis-toi, montagne inaccessible aux pensées des hommes,
Réjouis-toi, abîme impénétrable même aux anges,
Réjouis-toi, car tu deviens le trône et le palais du roi,
Réjouis-toi, porteuse de Celui qui porte tout.

  • O toi qui es mort, réjouis-toi car, par Marie, reine de la création, nous retrouverons toute la création, récapitulée et transfigurée par son Fils

Réjouis-toi, étoile annonciatrice du soleil Malevant,
Réjouis-toi, par qui Dieu devient petit enfant,
Réjouis-toi, car tu renouvelles toute créature,
Réjouis-toi, en toi nous adorons le Créateur.
 

  • O toi qui es vivant, réjouis-toi avec Marie, notre modèle de foi et de prière

Réjouis-toi, mystère de la Sagesse divine,
Réjouis-toi, foi de ceux qui prient en silence,
Réjouis-toi, qui as part aux miracles du Christ,
Réjouis-toi, miracle proclamé par les anges.

Réjouis-Toi, Ô Mère du Sauveur. Alléluia...

O toi qui es mort, réjouis-toi avec Marie, pont  conduisant au ciel ceux qui sont sur la terre

Réjouis-toi, échelle par qui Dieu descendit du ciel,
Réjouis-toi, pont conduisant au ciel ceux qui sont sur la terre,
Réjouis-toi, ton enseignement surpasse tout savoir,
Réjouis-toi, tu illumines l'esprit des croyants.

  • O toi qui es vivant, réjouis-toi avec Marie, par qui les cieux se réjouissent avec toi

Réjouis-toi, par qui les cieux se réjouissent avec la terre,
Réjouis-toi, par qui la terre jubile avec les cieux,
Réjouis-toi, bouche silencieuse des apôtres.
Réjouis-toi, fermeté des témoins du Christ.

  • O toi qui es mort, réjouis-toi car, par Marie, tu seras revêtu de gloire

Réjouis-toi, qui rends inébranlable notre foi,
Réjouis-toi, qui sais la splendeur de la grâce,
Réjouis-toi, par qui l'enfer est dépouillé,
Réjouis-toi, qui nous revêts de gloire.

  • O toi qui es vivant, réjouis-toi avec Marie, allégresse de toutes les générations.

Réjouis-toi, Mère de la lumière sans déclin,
Réjouis-toi, Aurore du jour véritable,
Réjouis-toi, qu'illumine le mystère de la Trinité,
Réjouis-toi, allégresse de toutes les générations.

Réjouis-Toi, Marie comblée de grâce. Alléluia ... 

  • O toi qui es mort, réjouis-toi car Marie t’ouvriras les portes du Paradis

Réjouis-toi, Mère de l'Agneau et du Pasteur,
Réjouis-toi, bergerie de l'unique troupeau,
Réjouis-toi, qui nous libères des œuvres de ténèbres,
Réjouis-toi, tu nous ouvres les portes du Paradis.

  • O toi qui es vivant, réjouis-toi avec Marie qui illumine ton coeur

Réjouis-toi, rayonnement du Soleil véritable,
Réjouis-toi, éclat de la lumière sans couchant,
Réjouis-toi, toi qui illumines nos cœurs,
Réjouis-toi, flambeau portant la lumière inaccessible.

  • O toi qui es mort, réjouis-toi par Marie qui entrouvrira ton tombeau

Réjouis-toi, qui nous délivres de la mort et du tombeau,
Réjouis-toi, par qui le paradis s'entr'ouvre de nouveau,
Réjouis-toi, clé du Royaume du Christ et porte du ciel,
Réjouis-toi, espérance des biens éternels.

  • O toi qui es vivant, réjouis-toi avec Marie qui rend vivante l’eau de ton baptême

Réjouis-toi, toi qui fais couler des fleuves d'eau vive,
Réjouis-toi, image vivante de l'eau du baptême,
Réjouis-toi, coupe puisant la joie,
Réjouis-toi, vie de joie mystérieuse.

Réjouis-Toi, Ô Mère du Sauveur. Alléluia...

Lundi 29 novembre 2021 - Saint-Phal (10) - Troyes (10) = 23,9 km / 2398,7 km

En ce début d’Avent, le Psaume 121 (122) nous appelle à chanter notre joie: « Dans la joie, nous irons à la maison du Seigneur. Quelle joie quand on m’a dit :« Nous irons à la maison du Seigneur ! » Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! »
Oublions nos soucis habituels, nos peurs collectives souvent fondées sur de faux problèmes. La joie de marcher vers la Jérusalem céleste est le meilleur antidote à toutes nos peurs.

Dimanche 28 novembre 2021 - Prusy (10) - Saint-Phal (10) = 19,9 km / 2374,8 km

En ce premier dimanche de l’avent, l’église propose de méditer la prophétie de Jérémie (Jr 33, 14-16): « Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où j’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda : En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai germer pour David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice ».
Pour nous, chrétiens, c'est la figure du Christ qui est ainsi annoncée. Méditons sur la romance de la création de saint Jean de La Croix qui explique pourquoi le Fils prévoyait de prendre la condition humaine (Œuvres complètes, Cerf, 2004, p.157 à 165): « L’un résidait en l’autre comme l’aimé en son amant », nous dit St-Jean de la Croix !  Le Père et le Fils vivent la même félicité infinie. Et pourtant ! Le Père dit au fils : « rien ne me contente  si ce n’est ta compagnie. Je voudrais te donner une épouse qui t’aime et mérite de nous tenir compagnie » ! Cette épouse que Dieu veut donner au fils, c’est l’Église, c’est vous, c’est moi ! Et que répond le Fils ? « Je t’en remercie beaucoup, Père : à l’épouse que tu me donneras, moi  Je l’appuierai sur mon bras, et avec une éternelle joie elle exaltera ta bonté ».
La romance se poursuit : "Que cela soit",-dit le Père- "puisque ton amour le méritait". Et dans cette parole que je dis, il avait créé le monde, fait en grande sagesse un palais pour l’épouse ; lequel il divisait en deux appartements haut et bas, composait celui du bas de variétés infinies ; mais embellissait celui du haut d’admirables pierres précieuses, pour que l’épouse sache quel Époux elle possédait.
Dans le haut, il plaçait la hiérarchie angélique ; mais dans le bas mettait la nature humaine…
Ceux d’en bas dans l’espérance de foi qu’il leur infusait en leur disant qu’un temps viendrait où il les grandirait et qu’il relèverait cette bassesse [qui était] la leur, parce qu’il se ferait semblable à eux et qu’il s’en viendrait avec eux et habiterait avec eux ; Il s'en viendra avec nous! Il habitera avec nous! Noël! Plan éternel de Dieu, imaginé avant même la chute originelle!

Samedi 27 novembre 2021 - Dannemoine (89) - Prusy (10) = 13,0 km / 2354,9 km

Encore une recommandation de Jésus (Lc 21, 34-36) pour nous préparer à la fin des temps: « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière ».
Quoi de plus normal, pourtant, que de nous préoccuper des « soucis de la vie », du réchauffement climatique et du trou d’ozone ? Des poisons dans nos assiettes »? Faisons donc silence que ces sujets qui n’existeraient pas si on ne nous les avait pas assénés chaque jour.
Jésus propose : « Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »
Pour être debout, préoccupons nous des questions essentielles : aimer Dieu et notre prochain.


Vendredi 26 novembre 2021 - Pacy-sur-Armançon (89) - Dannemoine (89) = 19,1 km / 2341,9 km

Dans Lc 21, 29-33, le Christ annonce la fin des temps, non plus dans le genre littéraire apocalyptique, mais dans celui de la parabole: « Voyez le figuier et tous les autres arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche ». Le figuier est le symbole de l’arbre de vie, premier à fleurir après l’hiver. Puissions nous avoir le désir du royaume et promouvoir la culture de vie et non la culture de mort, vivre la joie et non collaborer avec la peur.


Jeudi 25 novembre 2021 - Perrigny-sur-Armançon (89) - Pacy-sur-Armançon = 18,1 km / 2322,8 km

Encore un texte sur la fin des temps  (Lc 21, 20-28) pendant cette dernière semaine de l’année liturgique.
« Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche… Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là … Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens ».
Jésus éprouve donc de la tristesse pour les souffrances qui accompagneront la destruction de Jérusalem. Pensons qu’il s’agit également de notre Jérusalem intérieure. Prions pour qu’elle ne soit pas assaillie par les païens.
Le catéchisme (art 670) le dit: « depuis l’ascension le dessein de Dieu est entré dans son accomplissement; nous sommes déjà à la dernière heure ; ainsi donc les derniers temps sont arrivés pour nous ».
La tradition de l’église nous décrit sept signes cosmiques qui précèdent la fin des temps. Ils sont à la fois ici et pas encore advenus: les faux prophètes, les guerres, les tremblements de terre et famines, les martyrs, la croissance du mal, la bonne nouvelle proclamée sur toute la terre, et les événements cosmiques. « Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées ».
Ces signes sont à la fois déjà là mais en même temps pas encore là.
La question nous est posée : avons nous le désir de ce qui advient ensuite? « Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire ».
Jésus nous donne un conseil spirituel pour ce jour là :  « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »
Dès à présent, demandons la grâce de nous redresser. De l’urgence de notre conversion.

Mercredi 24 novembre 2021 - Montbard (21) - Perrigny-sur-Armançon (89) = 12,7 km / 2304,7 km

L’évangile (Lc 21, 12-19) annonce le temps des martyrs : « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom »
Même si nous ne sommes pas appelés à en être persécutés, Jésus nous appelle, là où nous sommes, « à rendre témoignage ». À cette fin, il nous fait une promesse : « vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer… C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie ».
Demandons la persévérance dans notre vocation de chrétien, dans un monde d’inconstance où tout est volatile, sachons allumer une bougie plutôt que de maudire les ténèbres, sachons vivre la joie de la persévérance plutôt que de colporter toutes sortes de peurs.

Mardi 23 novembre 2021 - Bussy-le-Grand (21) - Montbard (21) = 16,5 km / 2292,0 km

L’évangile (Lc 21, 5-11) nous donne encore de méditer sur la fin des temps. Comme pour donner du crédit à son propos, Jésus commence par une prophétie qui se réalisera en l’an 70: « Comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : "Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit". »
Le propos est brutal. La question logique suit aussitôt : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
La réponse est la même que celle que ferait Jésus à nos contemporains à propos de la fin des temps: « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche. Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin."... Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »
Aujourd’hui encore, Jésus nous appelle à ne pas avoir peur des désordres, du réchauffement climatique ou de la pandémie de Covid 19. Ne soyons pas terrifiés par ceux qui voient là des signes ni par tous ces catastrophismes ou collapsologues qui veulent nous égarer par des discours de peur. Ce ne sera pas maintenant la fin… même si nous ne savons ni le jour ni l’heure.

Lundi 22 novembre 2021 - Flavigny/Ozerain (21) - Bussy-le-Grand (21) = 12 km / 2275,5 km

L’évangile (Lc 21, 1-4) nous donne de méditer sur le regard de Jésus sur nos actes quotidiens : « comme Jésus enseignait dans le Temple, levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor. Il vit aussi une veuve misérable y mettre deux petites pièces de monnaie
Ne nous arrêtons pas à notre seul rapport à l’argent, mais aux connaissances ou au temps dont nous disposons. Dans les deux cas, Dieu nous regarde, sûrement avec tendresse : « il vit les gens riches… il vit aussi une veuve misérable …». Quel est le regard de Jésus ? C’est un regard en vérité : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. » Jésus fait une analyse factuelle. Juge-t-il pour autant ? Condamne-t-il?
Jésus observe notre attitude face aux connaissances dont nous disposons, celles d’un diplômé se targuant de « savoir », que ce soit celui de l’expert en écologie s’abritant derrière un consensus ou celui se déclarant dissident…, l’un et l’autre usant souvent d’arguments d’autorité. Jésus observe aussi telle personne rencontrée dans une maison d’hôte, ne se fondant que sur sa pauvre expérience et ayant la simple intuition pour juger que le monde nous gouverne avec la peur sur des arguments souvent mensongers. Elle donne ce que le pape appelle le bon sens populaire.
Et le pèlerin ? Comment considère-t-il le temps qu’il met à disposition de sa démarche? Le temps d’un retraité qu’il consacre à vouloir convaincre les responsables de pastorale à changer de discours? Ou un temps dont il ne verra pas les fruits de son vivant?
Que le regard de Dieu nous aide dans nos comportements quotidiens.

Dimanche 21 novembre 2021 - Abbaye saint Joseph de Clairval à Flavigny/Ozerain (21) = 0 km / 2263,5 km

Dernier dimanche de l’année liturgique avec la fête du Christ Roi et l’évangile de Saint-Jean (Jn 18, 33b-37): « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici …je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité ».
Cette fête instituée par le pape Pie XI en 1925 qui voyait que non seulement les hommes des pays riches ne croyaient plus en Dieu, mais qu’ils érigeaient partout de nouveaux cultes.
Comme le dit Martin Steffens, dans LaVie du 21.11.2011, ce mystère comme les autres, agit « sur ma raison tel un pied dans la porte, afin que ce Dieu plus grand que nos raisonnements puisse s’y faufiler ».
Ce dogme est un antidote contre le rêve de l’homme-roi, contre les excès de pouvoir des états de ce monde. Cette fête, ne reconnaissant de royauté que celle de Jésus, en dévêt tous les souverains humains. Comme le dit saint Paul à propos de la Passion : le Christ « a dévêtu les principautés et les puissances, il les a révélées à la face du monde en les entraînant jusqu’à la croix dans son cortège triomphal » (Colossiens, 2, 15).

Samedi 20 novembre 2021 - Chanceaux (21) - Flavigny/Ozerain (21) = 23 km  = 2263,5 km

Dans l’évangile de Luc (Lc 20, 27-40) les saducéens nous donnent un exemple de dialectique comme nous sommes quelquefois tentés d’en user:  « En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent: « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’ ». Comme souvent, dans un raisonnement dialectique on prend un exemple extrême pour tourner en ridicule la thèse qu’on veut combattre. C’est ce que font les saducéens : « Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant; de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » ». L’argument était habile car les Saducéens faisaient référence à une histoire citée dans l’ancien testament ! Mais comme souvent si le problème semble insoluble c’est qu’il est mal posé. Il est envisagé avec la logique du monde et ce n’est pas celle de Jésus qui leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari ». Il se place dans une autre logique, celle du « monde à venir et [après] la résurrection d’entre les morts. » Là il n’y aura ni femme ni mari. Jésus prend les saducéens avec leur propre attachement au rituel de Moïse «  dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur ‘le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’ » Si Moïse en appelle à Abraham, Isaac et Jacob, c’est bien qu’ils sont vivants après leur mort corporelle.
Nous aussi sommes tentés, comme les saducéens de vous loir manipuler la parole divine à notre profit. Méfions nous de la manière dont nous posons les questions.

Vendredi 19 novembre 2021 - Val-Suzon (21) - Chanceaux (21) = 23 km / 2240,5 km

L’Eglise propose aujourd’hui de méditer sur Jésus chassant les marchands du temple (Lc 19, 45-48): « En ce temps-là, entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. Il leur déclarait : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » ».
Jésus parle de « sa maison ». Le temple est le lieu de la Parole. D’ailleurs Jésus «  était chaque jour dans le Temple pour enseigner ». Or, quand nous parlons d’écologie, par exemple, il nous arrive de faire un petit commerce avec la Parole, en ne retenant que ce qui nous arrange. L’église nous met en garde à ce sujet: « Personne n’a le droit de revendiquer, d’une manière exclusive pour son opinion, l’autorité de l’Église » (Gaudium et spes § 43). 
Saint-Luc poursuit: « Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ». Dans nos querelles, non seulement nous sommes tentés d’instrumentaliser la Parole à notre profit, mais nous aimerions bien éliminer nos adversaires, les uns appelant à décharger des personnes de leur mission pastorale au motif qu’elle serait trop militante, d’autres refusant de donner la parole à ceux qu’ils considèrent comme des dissidents. Souvent, les uns et les autres ferions mieux de nous taire, de ne pas prendre parti sur des sujets scientifiques ou écologiques qui ne relèvent ni de la mission, ni de la compétence de l’église. Nous ferions mieux d’annoncer la Parole. Nos contemporains n’attendent que cela… autant que du temps du Christ dont saint-Luc dit: « le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait ».

Jeudi 18 novembre 2021 - Dijon (21) - Val-Suzon (21) = 16,3 km / 2217,5 km

L’évangile du jour (Lc 19, 41-44) nous met en face de Jésus pleurant: « En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : « Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! » ». Cette scène se déroule quelques jours avant la passion de Jésus : il se heurte à l’incrédulité des responsables juifs de Jérusalem
Nous qui œuvrons dans le petit monde de la pastorale écologique, que nous soyons des militants écologiques ou des dissidents, nous faisons partie d’une petite Jérusalem. Nous sommes en conflits perpétuels, faisant preuve d’une authenticité de plus ou moins bon aloi qui avait conduit un évêque à nous dire:  « je n’ai que mes yeux pour pleurer ». Le Christ aussi pleure à cause de nous.  Il n’a pas de plus grand désir que nous donner sa paix. Chacun de nous refuse d’accueillir sa paix dans notre Jérusalem intérieure. Dès lors, il ne faudra pas s’étonner que la prédiction de Jésus se réalise : « Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants ». Accueillir la paix de Jésus est le meilleur rempart contre les assauts du démon.

Lundi 4 octobre 2021 - Couchey (21) - Dijon (21) = 8,6 km / 2201,2 km

La lecture du livre du prophète Jonas (Jon 1, 1 - 2, 1.11) nous donne à méditer sur un événement climatique extrême : « une grande tempête, au point que le navire menaçait de se briser… ». La cause n’en n’est pas un déficit d’application d’éco-gestes. Il s’agirait plutôt d’une forme de signal apocalyptique : les événements se déchaînent parce que l’homme n’entend pas sonner les trompettes annoncer que Dieu est là.
Jonas est le bouc émissaire de cette histoire. Il a refusé d’entendre ce que Dieu lui demandait : « va à Ninive, la grande ville païenne, et proclame que sa méchanceté est montée jusqu’à moi. » Jonas se leva, mais pour s’enfuir. Nous aussi, avons ce réflexe de fuir «  loin de la face du Seigneur ». Il faut dire qu’il n’est pas facile de dire à une communauté qu’elle se fourvoie. Nous n’avons pas le courage de proclamer que la méchanceté de nos contemporains monte jusqu’à Dieu.
Comme Jonas, nous sommes prêts à « payer notre passage » pour fuir. Face à cette situation, nos contemporains prennent peur. Quand la foi faiblît, c’est la peur qui remplit l’espace ainsi libéré : « Les matelots prirent peur ; ils crièrent chacun vers son dieu et, pour s’alléger, lancèrent la cargaison à la mer ». Chacun prie son Dieu, qui la déesse Gaia, qui le Dieu progrès, qui le Destin! On est prêt à tout jeter par dessus bord dans ce genre de circonstances. Et celui qui ne prend pas parti pour tel ou tel Dieu devient le coupable:  « Qu’est-ce que tu fais ? Tu dors ? Lève-toi ! Invoque ton dieu. Peut-être que ce dieu s’occupera de nous pour nous empêcher de périr. »
Jonas nous appelle à reconnaître notre faute: « Prenez-moi, jetez-moi à la mer, pour que la mer se calme autour de vous. Car, je le reconnais, c’est à cause de moi que cette grande tempête vous assaille. »
Mais, il ne s’accuse pas d’un rituel qu’il n’aurait pas rendu à un Dieu païen. Il reconnaît sa fuite devant le vrai Dieu. Malgré sa confession publique, il est jeté à la mer. L’homme juste, tel un bouc émissaire, est sacrifié. L’humanité sera sauvée par un sacrifice identique, celui du Christ, juste des justes. La suite du texte montre que Jonas annonce le sacrifice du Christ: « Le Seigneur donna l’ordre à un grand poisson d’engloutir Jonas. Jonas demeura dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. Alors le Seigneur parla au poisson, et celui-ci rejeta Jonas sur la terre ferme ». Et cette terre ferme, c’est la Terre nouvelle vers laquelle le Christ nous entraînera dans sa gloire.

Dimanche 3 octobre 2021 - Agencourt (21) - Couchey (21) = 16,1 km / 2192,6 km

Dans l’évangile du jour (Mc 10, 2-16), il est question de l’indissolubilité du mariage: « ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! ». Voilà de quoi inspirer un lien entre mariage et écologie ! En effet, dans un de ses commentaires, le Cardinal Raniero Cantalamessa dit que « Le mariage souffre ici des conséquences de la mentalité actuelle du "jetable". Si un appareil ou un outil est endommagé ou légèrement éraflé, on ne pense pas à le réparer (ceux qui faisaient ces métiers n’existent plus désormais), on ne pense qu’à le remplacer. Appliquée au mariage, cette mentalité fait des ravages ».
Or les écologistes nous appelle à « oser la nouvelle tendance : le raccommodage créatif » , à être des fan de DIY (Do It Yourself - faire soi-même), bref à être « écoresponsable ».
Le Cardinal Raniero Cantalamessa disait en 2006 la même chose pour le mariage : « redécouvrir l’art du raccommodage ! Remplacer la mentalité du « jetable » par celle du « raccommodage ». … Ce qu’il est important de comprendre, c’est qu’à travers ce processus d’accrocs et de raccommodages, de crises et de dépassements de crise, le mariage ne se fane pas mais s’affine et s’améliore ».
De quelles crises parle le Cardinal? « De nombreux couples reconnaîtront ici facilement leur propre histoire. Eux aussi traversent souvent dans leur mariage, la nuit des sens, dans laquelle tout élan des sens vient à manquer et l’extase des sens – en supposant qu’elle ait un jour existé – n’est plus qu’un souvenir du passé. Certaines personnes connaissent également la nuit obscure de l’esprit, l’état dans lequel le choix de fond lui-même entre en crise et l’on a l’impression de ne plus rien avoir en commun. Si avec de la bonne volonté, et l’aide d’une autre personne, on arrive à surmonter ces crises, on se rend compte que l’élan, l’enthousiasme des premiers jours étaient vraiment peu de chose comparé à l’amour stable et la communion qui ont mûri au fil des années. Si au début les époux s’aimaient pour la satisfaction que cela leur procurait, aujourd’hui ils s’aiment peut-être un peu plus d’un amour de tendresse, libéré de l’égoïsme et capable de compassion ; ils s’aiment pour ce qu’ils ont réalisé et souffert ensemble ».

Samedi 2 octobre 2021 - Seurre (21) - Agencourt (21) = 21,9 km / 2176,5 km 

Belle lecture de l’exode (Ex 23, 20-23a) pour un pèlerin … mais bien énigmatique : « Ainsi parle le Seigneur : « Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé .Respecte sa présence, écoute sa voix. Ne lui résiste pas : il ne te pardonnerait pas ta révolte, car mon nom est en lui. Mais si tu écoutes parfaitement sa voix, si tu fais tout ce que je dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis, et l’adversaire de tes adversaires ».
Quel est cet ange qui garde mon chemin? Quel est le lieu qui m’est préparé ?
Les hébreux marchaient vers la terre promise. À chaque fois qu’ils en approchaient, la terre leur était retirée… car l’issue du chemin est la « terre nouvelle ». Dès lors ne nous révoltons pas contre ceux que nous imaginons et être nos ennemis ici-bas, nos contradicteurs. Le Seigneur en fera son affaire.

Vendredi 1er octobre 2021 -Charrette-Varennes (71) - Seurre (21) = 14,0 km / 2154,6 km

L’évangile du jour (Lc 10, 13-16) évoque le péché, non d’individus, mais d’une collectivité : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! …Et toi, Capharnaüm…, jusqu’au séjour des morts tu descendras ! »
On pense à Jean-Paul II qui avait demandé : « France, fille aînée de l’Eglise, qu’as-tu fais des promesses de ton baptême ? ». Jésus évoque leur « malheur », c’est à dire la situation dans laquelle se sont mises ces villes… faute d’avoir écouté la Parole et non faute d’avoir émis trop de CO2 ou de CFC qui menacerait le climat ou la couche d’ozone.
Pourtant, Benoît 16, évoquant les « structures de péché » explique que ce ne sont que des accumulations de péchés individuels. Que faire?
Jésus précise à ses apôtres : « Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. » L’église incarne aujourd’hui les successeurs des apôtres. Pour écouter la Parole, il nous revient d’écouter les textes du magistère dès lors qu’ils répondent à des questions éternelles, celles du sens de la vie et du dessein divin pour chacun de nous.

Jeudi 30 septembre 2021 - Mervans (71) - Charrette-Varennes (71) = 17,9 km / 2140,6 km

L’évangile du jour (Lc 10, 1-12) est en quelque sorte un mode d’emploi pour l’évangélisation.

  • Il faut être envoyé : « le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya… ». Évangéliser est une initiative divine qu’il faut discerner.
  • Il ne faut pas se croire capable d’évangéliser seul: « il les envoya deux par deux ». Même un pèlerin solitaire n’est pas seul s’il est en communion avec l’église.
  • Il faut être un précurseur :  « il les envoya en avant de lui ». Il ne s’agit pas d’avoir raison avant tout le monde en annonçant l’apocalypse écologique, mais d’être comme Jean-Baptiste , de préparer et d’annoncer la venue du Christ et de son incarnation
  • Comme évangélisateur, il faut prier pour ceux qu’on rencontre : « Priez donc le maître de la moisson »
  • Évangéliser, c’est se reconnaître fragile : être envoyé « comme des agneaux au milieu des loups ». Annoncer le Kerygme n’a rien de facile quand d’autres voudraient se focaliser sur l’appel à la conversion écologique.
  • Évangéliser, c’est se sentir pauvre: sans « bourse, ni sac, ni sandales ».
  • L’évangélisateur est un homme pressé : « ne saluez personne en chemin ». Il a conscience de l’urgence de l’évangélisation.
  • L’évangélisateur est celui qui apporte la paix dans ses échanges : « dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous ».
  • Évangéliser, c’est actualiser l’œuvre de Jésus, guérir notre société malade: « Dans toute ville où vous entrerez …guérissez les malades qui s’y trouvent ». C’est dire à chacun: « Le règne de Dieu s’est approché de vous ».
  • Évangéliser, c’est proposer une démarche libre. Si nous ne sommes pas accueillis, n’insistons pas : « dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : “Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.” »

Mercredi 29 septembre 2021 - Louhans (71) - Mervans (71) = 19,9 km / 2122,7 km

Joie de relire aujourd’hui le texte de Nathanael (Jn 1, 47-51). Il y a là tout un programme d’évangélisation.
Il faut d’abord aller à la rencontre d’autrui, comme Philippe qui appelle un inconnu assis sous un figuier.
Nathanael vient vers Jésus sans ruse, de bonne foi : « Jésus vit Nathanaël venir à lui, il déclara à son sujet : ‘Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui’ ».
Philippe n’a pas joué d’artifices en collaborant avec les inquiétudes du moment, ni en évoquant l’avenir face aux occupants romains, ni aujourd’hui à ne parler d’écologie pour être populaire. Non, tout simplement Philippe l’appelle à écouter Jésus qui lui explique qu’il le connaît depuis longtemps: « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. »
Évangéliser c’est d’abord annoncer ce magnifique dessein de Dieu pour chacun de nous. Son fils a pris notre condition pour nous entraîner dans la gloire de son Père. Il s’est fait homme pour que nous soyons Dieu (Dixit St-Irénée).
Une fois que nous avons simplement annoncé le kérygme, c’est Jésus qui prendra le relais :  « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. »

Mardi 28 septembre 2021 - Dommartin-les-Cuiseaux (71) - Louhans (71) = 19,5 km / 2102,8 km

En Lc 9, 51-56, Jésus « prit la route de Jérusalem. Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village ».
Nous également, quand on ne veut pas recevoir nos discours, nos opinions, nous avons envie d’être comme Jacques et Jean à qui Jésus donna le nom de donna le nom de Boanergès, qui signifie Fils du tonnerre. Nous voudrions « ordonner qu’un feu tombe du ciel et les détruise ». Quelle prétention de vouloir « ordonner » une telle vengeance. Nous nous prenons pour Elie qui (en 2 rois 1,9) avait demandé à Dieu « qu’un feu descende du ciel » pour exterminer le roi Ahazia de Samarie et ses cinquante hommes ! Mais Elie était prophète. Qui sommes-nous pour rêver d’une telle élimination de nos adversaires ?

Lundi 27 septembre 2021 - Saint-Amour (39) - Dommartin-les-Cuiseaux (71) = 7,4 km / 2083,3 km

Dans l’évangile du jour (Luc 9,46-50), Jésus place un enfant à côté de lui et dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. ». Quel est le propre de l’enfant? Socrate disait :« toute sagesse commence dans l’émerveillement »! Il y’a chez l’adulte une certaine propension à se faire peur en annonçant des catastrophismes de toute sorte… comme pour annoncer que l’homme saura résoudre tout. Il y a là une forme d’orgueil et de toute puissance aux antipodes de la capacité d’émerveillement de l’enfance. Comment se corriger de cette tentation ? De la même manière qu’un chirurgien ne peut pas, en général, s’opérer lui-même pour éradiquer une tumeur, l’orgueilleux a besoin d’un œil extérieur bienveillant capable de correction fraternelle. Dans nos pastorales écologiques, entraînons-nous mutuellement à l’émerveillement plutôt qu’à collaborer avec les marchands de peur.

Mercredi 15 septembre 2021 -St-Étienne du Bois (01) - Saint-Amour (39) = 18 km / 2075,9 km

« Marie, Reine de la Création et modèle d’écologie intégrale, accompagnez ce pèlerinage ». Oui ! Modèle d’écologie intégrale ! Par l’intégralité de ses relations : avec Dieu, par son fiat ; avec elle-même, par l’unité de sa personne ; avec toute la création, par son couronnement « reine de la création » ;  et avec toute l’humanité, par la déclaration que fait le Christ à saint Jean et que l'Église rappelle aujourd’hui : (Jn 19,25-27) : « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui ».

Mardi 14 septembre 2021 -Bourg-en-Bresse (01) - St-Étienne du Bois (01) = 11 km / 2057,9 km

Quand les temps sont troublés, il est de bon ton de récriminer, c’est à dire au sens étymologique du mot « accuser âprement ». Ceux pour qui le consensus est une référence accusent les gouvernants de ne pas lutter suffisamment contre les émissions de CO2, ou de ne pas rendre les vaccinations obligatoires. Les dissidents reprochent aux gouvernants de mensonges de toute sortes et de jouer de peurs infondées au service de leurs agendas politiques.
Combien d’homélies condamnent la récrimination en évoquant la récrimination des juifs contre Jésus (Jean, 6, 41)! Pourtant est-il condamnable de récriminer contre ce que chacun estime procéder du mensonge?
La lecture du jour distingue bien ce qui relève de la récrimination contre un pouvoir temporel et contre Dieu (Nombres 21,4b-9): « En ces jours-là, en chemin à travers le désert, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse. » N’est-ce pas, précisément, quand on perd courage qu’on récrimine ? Mais dans le cas du peuple juif, il récrimine contre Dieu et Moïse, son représentant temporel. Quand nous récriminons contre tel ou tel pouvoir, celui-ci est-il le représenta de Dieu?
En l’occurrence, Dieu réagit : « Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël ». Est-ce parce que nous récriminons que nous devons affronter tant de maux aujourd’hui?
Peut-être, sans en avoir conscience, sommes nous en pleine récrimination contre Dieu, en rêvant de notre toute puissance plutôt que de celle de Dieu, en n’acceptant pas qu’Il est notre créateur.
Sommes-nous prêt à reconnaître comme le peuple juif: « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. »
Moïse intercéda pour le peuple et, à la demande du Seigneur, « Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie ». Aujourd’hui, face aux maux qui nous assaillent, sachons discriminer plus que récriminer, mais surtout, quand nous estimons être mordu par le Menteur, regardons vers La Croix. Elle seule nous sauvera.

Lundi 13 septembre 2021 -Bourg-en-Bresse (01) - Bourg-en-Bresse (01)= 5,5 km / 2046,9 km

Dans l’Évangile  du jour (Luc 7,1-10), on voit d’abord l’attitude de certains notables juifs face à l’occupant romain. Le centurion, « ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya des notables juifs pour lui demander de venir sauver son esclave ». Et les pharisiens disent à Jésus : « Il mérite que tu lui accordes cela; Il aime notre nation : c’est lui qui nous a construit la synagogue. » Nous aussi sommes capables de nous soumettre à toutes sortes de pouvoirs, y compris ceux jouant de peurs écologiques ou sanitaires, pourvu qu’on nous laisse tranquille. Benoît 16 écrivait en 2012: « l’homme contemporain est souvent bombardé de réponses à des questions qu’il ne s’est jamais posées ». Or les réponses qui nous sont proposées sont souvent des moyens de nous soumettre. Et nous nous laissons faire! De Gaulle  l'avait bien vu: « pour pouvoir continuer à dîner en ville, la bourgeoisie accepterait n’importe quel abaissement » ( extrait de « C’était de Gaulle », par Alain Peyrefitte).
Le centurion doit être conscient des pressions qu’il incarne puisqu’il dit à Jésus : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ». Quand nous « collaborons » avec les peurs ambiantes, nous nous soumettons des autorités temporelles. Le centurion en est conscient: « Moi, je suis quelqu’un de subordonné à une autorité ». Dès lors Jésus aime ce centurion : « Jésus fut en admiration devant lui. Il se retourna et dit à la foule qui le suivait : « Je vous le déclare, même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! ».
Demandons la foi de ce centurion.

Dimanche 12 septembre 2021 - Saint-Paul de Varax (01) - Bourg-en-Bresse (01) = 14,3 km / 2041,4 km

Saint Jacques, dans la lettre du jour (Jac 2, 14-18) nous interroge : « si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il? ». L’apôtre renvoie, en quelque sorte, dos à dos:

  • Le militant écologiste qui appelle les pays pauvres à ne pas suivre les modèles économiques du Nord, les condamnant à des modèles dé-carbonés invivables et rendant les pauvres encore plus pauvres.
  • Le dissident écologique qui sait que le réchauffement est dû aux variations solaires et que les émissions de CO2 n’y sont pour rien. Il leur reconnaît le besoin d’une énergie abondante et bon marché et qu’il n’y a pas mieux que le fuel en la matière, sans risque pour la planète.

Mais quand ces propos sont tenus, les pauvres auront-ils « de quoi manger tous les jours »?
Jacques avertît : « Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte »
Nous sommes bien misérables pour discerner ce qu’il faut faire. Or, pour faire quelque chose, il faut s’en donner le moyen. Pour ne rien faire, il suffit de trouver une excuse! Le Christ a porté sa croix à cause de ces misères. Dans l’évangile (Marc 8, 27-35), il nous dit: « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »
Prions avec Edith Stein : « Aider à porter La Croix du Christ donne une allégresse forte et pure à ceux qui sont appelés et qui le peuvent… Aller de par les chemins poussiéreux et caillouteux de cette terre.. »

Samedi 11 septembre 2021 - Marlieux (01) - Saint-Paul de Varax (01) = 6 km / 2027,1 km

Quelle force dans la lecture de Saint Paul (1-Timothée 1, 15-17): « Voici une parole digne de foi, et qui mérite d’être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et  moi, je suis le premier des pécheurs. Mais s’il m’a été fait miséricorde, c’est afin qu’en moi le premier, le Christ Jésus montre toute sa patience, pour donner un exemple à ceux qui devaient croire en lui en vue de la vie éternelle. Au roi des siècles, Dieu immortel, invisible et unique, honneur et gloire pour les siècles des siècles, Amen ».
Oui! Seul le Christ sauve. N’attendons pas un salut écologique proposé par un homme tout puissant. Commençons par reconnaître que nous sommes le premier des pécheurs pour voir combien grande est la patience de Dieu. Prions pour devenir un exemple pour ceux qui attendent de croire en la vie éternelle.

Vendredi 10 septembre 2021 - Saint-André-de-Corcy (01) - Marlieux (01) = 20,3 km / 2021,1 km

Dans l’évangile (Luc,39-42), Jésus parle en parabole et demande: « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ». En pèlerinant, la tentation est grande de vouloir donner des conseils aux personnes en charge de la pastorale écologique, en les suspectant d’être bien aveugle sur les réalités écologiques. Et si le conseil était celui d’un autre aveugle? Quel est le trou qui nous menacerait tous ?  Comment faire de l’écologie un chemin d’évangélisation ? Benoit 16 a une réponse : « Silence et parole ». Silence sur tous ces sujets qui assaillent nos contemporains et les empêche de réfléchir aux questions essentielles du salut et de recevoir la parole.

Jeudi 9 septembre 2021 - Lyon (69) - Saint-André-de-Corcy (01) = 22 km / 2000,8 km

Reprise de notre retraite itinérante, après la pause estivale et familiale ! … et malgré le cap des 75 ans franchi pendant cette pause!
L’évangile du jour (Lc 6, 27-38), comme d’habitude éclaire cette reprise : « prêtez sans rien espérer en retour ». Le pèlerin prête ses forces pour prier la vierge. Qu’elle éclaire les équipes de pastorales écologiques pour que leurs projets soient authentiques et évangéliques. Le pèlerin n'espère rien d’autres en retour.
… et le pèlerin s'efforce de ne pas avoir de rancune contre ceux qui, inconsciemment, instrumentalisent Laudato si dans un sens écologique servant des idées catastrophistes. L’évangile nous y appelle : « aimez vos ennemis, faites du bien ». Aimer nos adversaires, c’est leur vouloir du bien! Non pas les aimer de manière affective mais en priant et agissant pour qu’ils découvrent une Vérité authentique. N’attendons pas qu’ils nous aiment en retour, mais soyons à l’écoute de la part de vérité contenue également dans leur discours.

Jeudi 24 juin 2021 - Haute-Rivoire (69) - Courzieu-la Giraudière (69) = 16,0 km / 1978,8 km

En cette fête de la Nativité de saint Jean Baptiste, l’évangile (Luc 1,57-66.80) se termine par « L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait ». C’est ainsi qu’il se préparait à sa mission. Comme lui, laissons l'Esprit nous faire grandir et fortifier la mission à laquelle nous sommes appelés. 

Mercredi 23 juin 2021 - Feurs (42) - Haute-Rivoire (69) = 16,6 km / 1962,8 km

Par le baptême, nous sommes appelés à être prêtre, prophète et roi. Prophète ? Le Christ dans l’évangile (Mat. 7,15-20) nous met en garde: « Méfiez-vous des faux prophètes ». Mais qu’est-ce qu’un vrai prophète ? Olivier Belleil (YouPray) en voit quatre critères dans la bible, 

  • il est envoyé par Dieu et reçoit une mission
  • Il porte fidèlement la parole de Dieu
  • Cette parole est donnée dans l’esprit Saint . C’est donc une parole vivante, agissante, incarnée et qui, souvent, dérange . Elle est donnée par oral, par des gestes ou accompagnée de signes
  • Son ministère est reconnu par le peuple de Dieu, pas toujours de son vivant, surtout quand on découvre a posteriori la véracité de son message.

Un faux prophète n’accomplit pas ces conditions :

  • Il se donne à lui-même sa mission, ou se met au service d’un pouvoir tiers pour l’honorer. Il en était ainsi des prophètes du royaume du Nord, après le schisme.
  • Il est infidèle au contenu du message en modifiant, mélangeant, altérant le message biblique, au lieu de ne rien y ajouter ni retrancher.
  • Il propose une doctrine qui n’est pas dans la vie
  • Cette doctrine n’est pas reconnue par le peuple de Dieu. Elle est hérétique au sens étymologique du mot, c’est à dire qu’elle coupe, sélectionne, sépare certaines parties du message divin en en rejetant d’autres ; ou bien elle coupe une communauté du reste du peuple de Dieu.

Quels sont pour nous les critères de discernement pour assurer cette mission de prophète qui est la nôtre ? La tentation est grande de se décourager et de se retirer comme certains prophètes dans leur grotte, dans des formes d’individualisme et de fatalisme, ou comme Elie qui chercha à échapper au courroux de la reine Jézabel (I Rois XIX, 1-3). Or l’évangile donne deux pistes:

  • s’efforcer de porter de bons fruits: « C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez ». On ne peut pas juger soi-même les fruits que l’on porte. Ce sont les autres qui en jugent.
    C’est d’ailleurs en général l’église, et en particulier les évêques, qui confirme celui qui porte une paternité spirituelle.
  • Se méfier des apparences que l’on donne et ne pas être de ceux qui sont « déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces ».

Dans nos engagements pastoraux, veillons donc à ne pas jouer de la crédulité des croyants qui nous entourent en jouant par exemple de la peur en annonçant une apocalypse dont la venu n’appartenait qu’à Dieu, ou en jouant de grands gestes de la main sur le cœur pour se donner de bonnes apparences.
Exercer notre vocation de prophète, c’est manifester, par nos actes, une parole guidée par l’Esprit Saint et de les poser avec et dans la communauté chrétienne. Et si nous nous replions dans une grotte, comme le prophète Elie, que ce soit pour prier et mieux affronter les prêtres de Baal sur le mont Carmel (I Rois XVIII) 

Mardi 22 juin 2021 - Boën-sur-Lignon (42) - Feurs (42) = 17,8 km / 1946,2 km

L’Ancien Testament prévoyait une règle morale sous sa forme négative : « Ne fais à personne ce que tu n’aimerais pas subir » (Tb 4, 15) ; Jésus la propose sous sa forme positive (dans Mat. 7,6, 12-14): « Faire aux autres tout ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous », ce qui est beaucoup plus exigeant.
Qu'est-ce que j'aimerais qu'on fasse pour moi pour que nous nous empressions à le faire pour quelqu'un d'autre? En politique, on aimerait tant recevoir l’aumône d’un peu de vérité. Pendant la crise du Covid-19 on aurait tant aimer un autre discours que celui de la litanie des décomptes quotidiens de morts dont on devine que l’objectif soit l’entretien d’une peur au service de mesures sanitaires contraignantes. Alors en matière de pastorale écologique, efforçons-nous de rechercher la vérité qui rendra libre et fuyons toute collaboration avec la peur.

Lundi 21 juin 2021 - La Valla-sur-Rochefort (42) - Boën-sur-Lignon (42) = 16,1 km / 1928,4 km

La recommandation de Jésus (Mat. 7,1-5) n’est pas si claire qu’il y paraît. Certes « tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? ». Jésus va même jusqu’à nous traiter d’hypocrite :« Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »
Saint-Paul, pourtant, a une remarquable page sur la correction fraternelle (Gal. 6,1). L'évangile (Matt 18, 16-18) ajoute une autre condition : être deux. Peut-être le but est-il d’éviter toute partialité quant à la poutre qui nous rend aveugle.
Un bon exercice spirituel peut consister à bénir celui que l’on a tendance à juger, c’est à dire lui vouloir du bien.

Dimanche 20 juin 2021 - Viscomtat (42) - La Valla-sur-Rochefort (42) = 20,1 km / 1912,3 km

L’évangile de ce dimanche est celui de la tempête apaisée (Mc 4, 37-38). Après la tempête, Jésus interpelle les disciples : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Cette corrélation est à souligner: quand la foi diminue l’espace est comblée par la peur. De quoi n’avons nous pas peur en matière d’écologie ou de santé ? Chez les hébreux, la mer est symbole de la mort. Jésus maîtrise la mer comme il sera vainqueur de la mort. En perdant la foi, nos contemporains craignent de plus en plus la mort.
Cette corrélation date d’Adam et Ève. Ils n’ont pas eu foi dans la parole de Dieu et aussitôt après avoir mangé du fruit de la connaissance, ils disent qu’ils ont peur.

Samedi 19 juin 2021 - Thiers (63) - Viscomtat (42) = 18,0 km / 1892,2 km

Le texte de l’évangile du jour (Mat 6,24-34) est celui qu’avait retenu le Cardinal Scola, archevêque de Milan, le 17 novembre 2015, lors de son intervention au collège des Bernardins, sur le thème « Le Christ et l’univers » peu avant la COP21 sur le climat: « Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? ». Voilà une parole qui tombait bien au milieu des discours apocalyptique sur le climat ! À quoi bon ces mesures prétentieuses ? Le Christ ajoute: « Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? ... Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même».

L’évangélisation ne consiste pas à proposer des éco-gestes sans lendemain, que ce soit le soleil ou non qui est responsable du réchauffement climatique. Le Christ propose une autre voie: « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît ».
Saint-Paul, ce géant de l’évangélisation, n’hésite pas à parler de ce royaume que le Père nous réserve. Il parle d'expérience dans l’épître du jour (2Cor 12,1-10) en disant avoir été lui-même « emporté jusqu’au troisième ciel – est-ce dans son corps ? je ne sais pas ; est-ce hors de son corps ? Je ne sais pas ; Dieu le sait ». Il parle de lui en affirmant que « cet homme-là a été emporté au paradis et il a entendu des paroles ineffables ». Saint Paul nous rassure, nous pourrons accéder au ciel malgré nos faiblesses. Lui même avoue avoir « reçu dans [sa] chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour [le] gifler, pour empêcher [qu’il se] surestime ».

Méditons ces textes en réfléchissant aux échardes qui nous harcèlent. Abandonnons-nous au Seigneur comme sainte Julienne de Norwich commentant le même évangile : « malgré notre sottise et notre aveuglement ici-bas, notre Seigneur en sa courtoisie nous regarde sans cesse avec bienveillance et avec joie. Le plus grand plaisir que nous puissions lui faire, c'est d'en être convaincus vraiment et avec intelligence, et de nous en réjouir avec lui et en lui. Car, de même que nous serons à tout jamais dans la béatitude de Dieu, le louant et le remerciant, de même nous sommes depuis toujours dans sa prévoyance : en son dessein éternel, il nous a aimés et connus avant l’origine des temps ». (Livre des révélations, trad. R. Maisonneuve, coll. Sagesses chrétiennes ; Éd du Cerf 1992, p. 266-267 rev.)

Vendredi 18 juin 2021 - Lezoux (63) - Thiers (63) = 14,2 km / 1874,2 km

Dans l’évangile (Mt 6, 19-23), il est question de trésor. Quels sont nos « trésors sur la terre »? Ceux qui sont engagés dans la pastorale écologique, considèrent souvent leur discours comme leur plus grand trésor, que ce soit un système de pensée autour de « l’écologie intégrale » pour les uns, ou pour une conversion à « l’intégralité de l’écologie » pour les autres.
Mais Jésus recommande plutôt : « faites-vous des trésors dans le ciel ... Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ».
Quel est l’état de notre cœur dans les pastorales que nous proposons ? S’agit-il d’une recherche de gloire personnelle ? S’agit-il d’une justification de systèmes de pensée que nous développons depuis toujours ? Alors, dit Jésus « si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »
Demandons la grâce d’un cœur qui s'attache à Dieu et non à nos discours.

Jeudi 17 juin 2021 - Vertaizon (63) - Lezoux (63) = 10,7 km / 1860,0 km

À propos de l’évangile du jour, (Matthieu 6,7-15), Benoît 16 dit que « L’homme d’aujourd’hui ne perçoit sans doute pas la beauté, la grandeur et le réconfort profond contenus dans le mot père ». Olivier Belleuil (YouPray) rappelle les fonctions attribuées au Père :

  • Tu es celui qui sépare pour mieux distinguer chaque chose créée, par exemple la lumière et les ténèbres, un peu comme le père coupe le cordon ombilical de son fils pour éviter une fusion et distinguer la mère et l’enfant
  • Tu es celui qui fixe la loi, une loi de vie et de liberté qui aide l’enfant à se construire
  • Tu es principe de réalité pour apprendre à l’enfant qu’il est incarné et doit se confronter avec le réel
  • Tu es celui qui confirme l’identité pour donner confiance et courage
  • Tu es tendresse comme un père vis à vis de son fils prodigue
  • Tu es promesse quand tu nous invite à partir, promesse que tout sera bénédiction dans l’avenir
  • Tu es source de confrontation que tu n’évites pas, sachant que c’est pour son enfant un chemin de croissance dans la foi

La prière du « Notre père » trouve un enracinement dans la prière juive du Kaddish qui est à la fois:

  • Prière de sanctification du nom de Dieu imprononçable, contrairement à celui des animaux que Adam nomme, parce qu’il a appris à les connaître et que cette connaissance est source de domination
  • Prière pour que le règne de Dieu vienne sur Terre
  • Prière de demande d’être exaucé par Dieu le père

Mercredi 16 juin 2021 - Clermont-Ferrand (63)  Vertaizon (63) = 17 km / 1849,3 km

Dans l’évangile (Mat. 6,1-6.16-18), prière, aumône et jeûne sont présentés comme des évidences vers un chemin d’unité intérieure, comme des chemins vers Dieu.
« Quand tu fais l’aumône,...Et quand vous priez... Et quand vous jeûnez, ... ». Tout cela paraît une évidence ! Demandons la force de pratiquer ces vertus mémé quand on est convaincu que l’enjeu n’est pas utilitariste, n’est ni un mode de vie frugal pour sauver la planète ni pour régler des problématiques de commerce entre le Nord et le Sud.  L’enjeu est celui de notre relation avec le Père : «  récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.... de ton Père qui est présent au plus secret... ton Père qui voit au plus secret te le rendra ».
Jésus fait l’éloge de la discrétion même si dans tous ces actes il y a toujours une dimension sociale.

Mardi 15 juin 2021- Clermont-Ferrand (63) = 0 km / 1832,3 km

L’évangile du jour (Mt 5, 43-48) se termine par: « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Mais qu’est ce que la perfection ? Ce n’est pas un idéal illusoire consistant à être sans défaut. Ce serait, là, une forme de narcissisme.
Pour St-Thomas, la perfection est l’accomplissement de la nature, la réalisation de ce qui est bon pour nous.
Être parfait comme le père, c’est lui ressembler comme un enfant ressemble à son père. Demandons la grâce de réaliser notre condition de "fils du père".
Pour cela il faut avoir des relations avec tous les fils d’un même père,

  • non seulement ceux d’une fraternité d’appartenance (amis, coreligionnaires, voisins,...). Mais, «  si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? »
  • non seulement ceux qui nous sont étrangers, différents (autres...), cela nécessite un déplacement et une ouverture de soi ;
  • mais il faut aimer celui qui ne m’aime pas (« ennemi »), celui qui ne m’aime pas parce qu’il ne partage pas la même vision que moi de la pastorale écologique; « Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ». Même Jésus a eu des ennemis! Aimer son ennemi, c’est vouloir son bien, son bonheur sur Terre et son salut éternel. Ce sont eux aussi les fils du Père qui fait tomber la pluie sur nos ennemis. « Votre Père ... fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes ».

Lundi 14 juin 2021 - Abbaye ND de Randol (63) - Clermont-Ferrand (63) = 20,1 km / 1832,3 km

La tentation est grande, lors de conflits entre les personnes, y compris dans les conflits de pensée et controverses, de « mettre de l’huile sur le feu ».  Jésus appelle dans l’évangile (Mt 5, 38-42) à sortir du cycle de la violence que constituait la loi biblique: « Œil pour œil, et dent pour dent ». Les cycles de violence génèrent de l’injustice et, se termine sans vainqueurs ni vaincus mais dans un univers de haine et de peur.
La solution évangélique n’est pas à prendre à la lettre: «  si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ». L’évangéliste propose une dynamique qui est un chemin: « À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! ».
Ainsi, suite à une tristesse du pèlerin de voir la difficulté à engager le dialogue écologique dans l’église, Fabien Revol a su proposer une dynamique d’échange. Le titre « l’écologie, nouveau jardin de l’église » a été assorti d’un sous titre :  « dialogue et controverse pour que justice et paix s’embrassent ». Le débat ne se limite pas à « argument pour argument, oeil pour œil », mais est réellement constructeur de paix dès lors qu’aucun des partis « ne tourne le dos » à son contradicteur.

Dimanche 13 juin 2021 - Abbaye ND de Randol (63) = 0 km / 1812,2 km

Nous sommes parfois découragés par ces temps d’indifférence religieuse et de baisse de la pratique de la foi. Comment se fait-il qu'après tant d'années de prédication de l’Évangile, le monde soit encore si rempli de méchanceté ? Comment expliquer la déchristianisation progressive de l'Occident ?
L’évangile du jour répond : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé ».
La sagesse orientale dit de ne pas pousser la rivière, elle coule toute seule. Dieu agit. À quel moment être patient ou actif; à quel moment nous devons semer et à quel moment nous devons attendre et prier? Cet évangile est un appel à imiter le semeur tranquille. L’évangélisation du monde a commencé avec un petit groupe, et elle a fait le tour de la planète. Puis, est venu le temps de l'essoufflement. Les nations qui avaient accueilli l'Évangile avec le plus de ferveur,  comme l'Europe  se sont refroidies. C'est maintenant le temps de la nouvelle Évangélisation, de la germination.  La semence est là; c’est à la terre de travailler, c’est-à-dire à nous les chrétiens. Les paraboles rapportées par Marc nous invitent à la patience. L’évangélisation n’est pas une mission exercée ni par la contrainte ni la collaboration avec la peur écologique, mais par une annonce lente de la bonne nouvelle.

Samedi 12 juin 2021 - Issoire (63) - Abbaye ND de Randol (63) = 24,0 km / 1812,2 km

L’évangile du jour (Luc 2,41-51) nous donne Jésus en exemple  dans sa relation à Marie et Joseph: «  il leur était soumis ».
Marie est notre mère et est la figure de l’Eglise. Puissions-nous-mêmes Lui être soumis.... même quand on ne comprend rien à ce qu’il se passe. Marie, elle même, et Joseph, après avoir retrouvé Jésus au temple « furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait ». Nous ne comprenons pas pourquoi Laudato si attache une telle importance à la question climatique. Soyons comme Marie qui « gardait dans son cœur tous ces événements ».  Nous pourrions chercher la réponse dans la prière, mais comme Marie, il nous arrive de perdre la présence du Christ: «  le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple ». Ces périodes où on se sent perdu peuvent durer. Trois jours pour Marie à du lui sembler une éternité !
Demandons la grâce de la soumission et l’église et une foi totale à l'image de Marie.

Vendredi 11 juin 2021- Lempdes-sur-Allagnon (43) - Issoire (63) = 22,0 km / 1788,2 km

L’évangile du jour (Jean 19,31-37) apporte un éclairage au pèlerin qui médite intensément sur la question de savoir si l’écologie est ou non un « chemin d’évangélisation ». Curieusement cette expression est peu utilisée par le magistère. Seul Benoît 16 a développé le thème dans son message à la 46ème Journée mondiale des communications sociales (2012). Le titre de son message a de quoi surprendre: « Silence et Parole : chemin d'évangélisation »!

Il faut commencer, dit Benoît 16, par être à l’écoute  « des questions en quête de réponses... l'homme contemporain est souvent bombardé de réponses à des questions qu’il ne s’est jamais posées et soumis à des besoins qu’il n'aurait pas ressentis ».
S’il n’y avait pas ce matraquage quasi quotidien, nos contemporains auraient-ils ressenti le réchauffement climatique, le trou d’ozone, ou la prétendue acidification des océans? Si l’écologie devait être un chemin d’évangélisation, il faudrait commencer par écouter, sans prendre parti sur l’analyse scientifique des problématiques contemporaines.
Benoît 16 a une réponse: « Le silence est précieux pour favoriser le nécessaire discernement parmi tant de sollicitations et tant de réponses que nous recevons, précisément pour reconnaître et focaliser les questions vraiment importantes. ... 'invitation à la réflexion et au silence. Parfois, celui-ci peut être bien plus éloquent qu’une réponse hâtive et permettre à qui  s’interroge de descendre au plus profond de lui-même et de s'ouvrir à ce chemin de réponse que Dieu a inscrit dans le cœur de l'homme.... ».
Cette réponse fait étonnamment écho à la recommandation du concile qui veut que « les pasteurs n’ont pas de réponse à apporter à toutes les questions mêmes graves », car «  ce n’est ni de leur compétence ni leur mission ».

Silence donc sur ces sujets que l’église appelle « prudentiels », non pour s’en désintéresser mais pour faciliter l’écoute des sentiments qu’ils induisent ! Silence qui s’impose d’autant plus que, « dans le domaine des interventions d’ordre prudentiel, il est arrivé que des documents magistériels ne soient pas toujours exempts de déficiences. Les Pasteurs n’ont pas toujours perçu aussitôt tous les aspects ou toute la complexité d’une question. (…) Certains jugements du Magistère ont pu être justifiés à l’époque où ils furent prononcés (…) Ce n’est souvent qu’avec le recul du temps qu’il devient possible de faire le partage entre le nécessaire et le contingent » (Instruction Donum veritatis de la Congrégation pour la doctrine de la foi, 1990)

Mais après le silence et l’écoute des peurs de chacun, vient le temps de la parole, pour, dit toujours Benoît 16, « aider les personnes, non seulement à se retrouver elles-mêmes, mais aussi à retrouver  la Vérité qui donne sens à toutes choses. Le Dieu de la révélation biblique parle également sans paroles : « Comme le montre la croix du Christ, Dieu parle aussi à travers son silence. ... Si Dieu parle à l'homme aussi dans le silence, de même l'homme découvre dans le silence la possibilité de parler avec Dieu et de Dieu ».

C’est bien ce sur quoi insiste l’évangile (Jean 19,31-37): « Jésus venait de mourir... ». L’évangéliste nous donne la priorité pour l’évangélisation: témoigner! « Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez ».
Croire en un fait historique : « c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi) ». Les historiens sont formels: sous Ponce Pilate (entre 26 et 36) deux dates sont possibles pour qu’un shabat tombe le jour de la pâque, 7 avril 30 ou 3 avril 33.
L’évangile continue : « il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque ». Pourquoi cela? Cette règle remonte à Deuteronome 21, 22-23: « Si un homme, coupable d'un crime capital, a été mis à mort et que tu l'aies pendu à un arbre, son cadavre ne pourra être laissé la nuit sur l'arbre ; tu l'enterreras le jour même, car un pendu est une malédiction de Dieu, et tu ne rendras pas impur le sol que Yahvé te donne en héritage ».

Benoît 16 nous dit: « Nous avons besoin de ce silence qui devient contemplation et qui nous fait entrer dans le silence de Dieu pour arriver ainsi au point où naît la Parole, la Parole rédemptrice ». Aidons ceux que nous voulons évangéliser à contempler ce mystère de Dieu qui s’est fait malédiction pour nous donner la bénédiction (Galates )

L’évangile poursuit : « Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus ».
Pour faire mourir les suppliciés plus vite, on leur brise les jambes avec une masse. Ne pouvant plus s’appuyer sur le bois de la croix, les  deux larrons meurent d’asphyxie! Mais, «quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau ».
Aidons ceux que nous voulons évangéliser à méditer sur ce témoignage de Jean qui renvoie :

  • à Exode 17, 1-6: le peuple d’Israel est assoiffé... Dieu demande à Moise de frapper un rocher et il en sort une source d’eau vive qui va étancher la soif d’Israel. Jésus est ce rocher qui est frappé par le soldat et de son cœur sort l’eau vive.
  • À Ezechiel 47, 1-12 : le prophète a une vision d’un temple mystérieux dont sort une source qui va devenir un fleuve infranchissable dont l’eau assainît, féconde, guérit, revivifie la mer morte. Jésus est ce temple véritable dont Jean dit qu’il sort une source.

L’évangéliste insiste sur l’importance de se référer à la bible : « Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé ». Ces passages renvoient à :

  • À exode 12, 46: Les rituels des sacrifices d’agneaux dont le sang purifie des péchés . Et les os des agneaux pascals ne devaient pas être brisés. Jésus est l’agneau pascal véritable dont ceux de l’ancien testament ne sont que les figures.
  • À Zacharie 12, 10: « ils regarderont vers moi. Celui qu'ils ont transpercé, ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique; ils le pleureront ». Ce spectacle de La Croix nous convertit.

C’est, pour en terminer avec le message de Benoît 16 sur l’évangélisation, « de cette contemplation [que] naît dans toute sa force intérieure l'urgence de la mission, la nécessité impérieuse « de communiquer ce que nous avons vu et entendu », pour que tous soient en communion avec Dieu ».
L’écologie n’est donc peut-être pas le chemin d’évangélisation que l’on croit, sauf à se contenter d’un silence facilitant l’écoute des peurs contemporaines et d’une parole centrée sur La Croix du Christ. Comme le dit Benoît 16, «  le silence devient essentiel pour discerner ce qui est important de ce qui est inutile ou accessoire ».

Jeudi 10 juin 2021 - Brioude (43) - Lempdes-sur-Allagnon (43) = 14,0 km / 1766,2 km

Le moins qu’on puisse dire est que Jésus dans l’évangile (Matt. 5,20-26) ne fait pas confiance à la justice des hommes de son temps: « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux ». Qui d’ailleurs fait confiance à la justice ? Honoré de Balzac a même été jusqu’à affirmer qu'« un mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procès ». C’est d’ailleurs ce que recommande Jésus :  « Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison ».
Quels sont donc ces motifs de démêlés avec nos proches dont parle Jésus ? « meurtre, colère, insulte,... ». Jésus met tout dans le même sac! A-t-il raison de dire que cela mérite la « géhenne de feu? » . Aujourd’hui, on dirait « sept ans de guillotine » pour montrer la gravité de ces relations.
Nous serons condamnés à ne pas entrer au royaume car le Christ dit bien qu’il est inutile de chercher une relation cultuelle si on ne rétablit pas ses relations fraternelles : « lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande ».
Concrètement, demandons la grâce de ne plus brandir les invectives dans nos débats écologiques, ni le mépris à l’endroit de ceux qui ne partagent pas nos idées.

Jeudi 27 mai 2021 - La Chomette (43) - Brioude (43) = 11,7 km / 1752,2 km

Dans l’évangile (Marc 10,46b-52), l’aveugle Bartimée n’a qu’un cri: « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! ». Pour le pèlerin, ce cri fait penser à la litanie du pèlerin russe: « Seigneur Jésus, fils de Dieu, prends pitié de moi, pécheur ».
Quand Jésus l’entend, il ne l’appelé pas mais, « Jésus s’arrête et dit : "Appelez-le" » Certains appels de Jésus ne sont pas directs mais passent par nous, par l’Eglise. Demandons la grâce de montrer Jésus à nos contemporains, de ne pas leur montrer de faux dieux. L’évangélisation a pour but que les aveugles voient.
Quand Jésus s’approche, c’est pour dire à l’aveugle : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Il n’est pas toujours aisé de savoir que demander dans nos prières. Mais Jésus, pour nous guérir, attend un minimum de collaboration de notre part: sans foi personnelle, Jésus ne fera rien: « Va, ta foi t’a sauvé ».

Mercredi 26 mai 2021 - Sainte-Eugénie de Villeneuve (43) - = 18,3 km / 1740,5 km

Dans l’évangile du jour (Mc 10, 32-45), Jésus ne cache pas la Vérité quand les disciples ont peur : « ils étaient saisis de frayeur... Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort, ils le livreront aux nations païennes, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront, et trois jours après, il ressuscitera ».
C’est quand la situation devient grave qu’on commence à avoir des idées mal ajustées : « Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : " ... Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire". » Les sentiments humains se mêlent, bons et mauvais, désir d’être proches de Jésus, mais également soif d’une gloire peut-être un peu trop humaine! Dès lors la jalousie s’empare des proches : « Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean ». Indignation? Mais peut-être aussi un peu de jalousie. Dans le petit monde de la pastorale écologique, les uns aimeraient faire partie des délégations ad’hoc auprès du Pape pour parler écologie. Les autres sont indignés que les premiers puissent rencontrer nombre d’évêques.
Jésus n’hésite pas à nous remettre tous à notre place: « Vous ne savez pas ce que vous demandez ». Alors que faire? Que demander? Jésus répond : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ». De l’importance de demander la grâce du discernement pour servir le bien commun dans nos réunions pastorales.

Mardi 25 mai 2021 - Loudes (43) - Sainte-Eugénie de Villeneuve (43) = 12,2 km / 1722,2 km

En ce jour de sainte Catherine de Sienne, l’évangile du jour (Marc 10,28-31) prend une saveur particulière: « nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, ... une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple ». Quelle terre faut-il donc quitter?
Avant le départ en pèlerinage, un frère, me disait fort justement : « ne te prends pas pour sainte Catherine de Sienne à vouloir convertir l’Eglise à travers sa pastorale écologique ». Pourtant tant de pasteurs interprètent bien mal Laudato si.
Quel retour au centuple espérer? Celui d’un véritable amour de l’église. Paul VI, dans son audience du 30.4.1969, donne Ste Catherine de Sienne comme modèle d’amour de l’église: « D'abord, sainte Catherine a aimé l'Eglise dans sa réalité... », dans son aspect « humain, historique, institutionnel, concret, mais jamais séparé de l'aspect divin. Il faut se demander si nos critiques actuelles de l'aspect institutionnel de l'Eglise sont en mesure de noter cette simultanéité »... Elle aima « cette Eglise dans le temps, juridique, personnifiée par des hommes faits de l'argile d'Adam, et animés des dons de l'Esprit Saint... Catherine n'aime pas l'Eglise pour les mérites humains de qui lui appartient ou la représente. Si on pense aux conditions dans lesquelles se trouvait l'Eglise alors, on comprend bien que son amour avait bien d'autres motifs; et on le déduit du langage libre et franc avec lequel Catherine dénonce les plaies de l'organisation ecclésiastique de cette époque en invoquant la réforme. Sainte Catherine ne cache pas les fautes des hommes d'Eglise, mais tout en s'élevant contre cette décadence, elle la considère comme une raison supplémentaire et une nécessité d'aimer davantage ».
Renoncer à rêver d’une église pure permet de recevoir au centuple un amour de l’église pour de vraies raisons: Paul VI poursuit  en expliquant que le vrai motif de l’amour de Sainte Catherine pour l’Eglise réside dans « la mission de l'Eglise, la dignité sacerdotale, la fonction sacramentelle, ... la vérité première et fondamentale que l'Eglise conserve et communique aux âmes, la réalité de l'amour de Dieu pour ses créatures ».

Lundi de Pentecôte 24 mai 2021 - Le Puy-en-Velay (43) - Loudes (43) = 16,0 km / 1710,0 km

« Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Telle est la question que se pose le jeune riche dans l’évangile (Marc 10,17-27).
Jésus évoque six des dix commandements, ceux qui concernent nos relations avec autrui. Cela semble facile! Il n’empêche que c’est suffisant pour que « Jésus pose son regard sur lui, et il l’aima ». Pas toujours facile de nommer ce qui en nous est difficulté à accueillir le regard aimant de Jésus sur nous.
Jésus ajoute  : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » C’est de plus en plus difficile de discerner ce à quoi il faut renoncer: quels biens ? Quelles convictions ? Quelles relations ?
La réponse réside dans le récit évangélique : le jeune homme « à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste ». Nommer ce qui nous rendrait triste à la seule idée d’y renoncer est un chemin de discernement. Réciproquement. Il nous faut demander sans cesse la joie évangélique.

Dimanche 23 mai 2021 de Pentecôte - St-Julien-Chapteuil (43) - Le Puy-en-Velay (43) = 19,2 km / 1694,0 km

« Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble » (Act. 2,1-11). La Vierge est présente ce qui lui vaut d’être fêtée le jour de la Pentecôte... tout particulièrement au Puy en Velay.
Au Vème siècle, alors qu’à Ephèse un Concile reconnaît la justesse du titre de « Mère de Dieu » donné à la Vierge Marie, un premier sanctuaire est construit sur le mont Anis, celui que domine aujourd’hui la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation.
La légende rapporte que la Vierge serait apparue à une femme, percluse de douleurs, lui annonçant sa guérison et demandant que l’on construise une église à ce lieu ce qui fut fait en 480 à l’emplacement de l’actuel de la cathédrale.
En 1254, Saint Louis vient en pèlerinage au Puy-en-Velay. Il aurait offert la première Vierge Noire à son retour de la 7ème croisade. 
Le 8 juin 1794, jour de la Pentecôte devenu jour de la fête de l’Etre suprême, la première statue de la Vierge Noire est brûlée sur la place du Martouret par les ultra-révolutionnaires. Une nouvelle statue fut solennellement couronnée sur la place du Breuil, en présence de son peuple et de toutes les autorités, le 8 juin 1856. Elle fut ramenée en procession triomphale à la cathédrale. Elle y a été placée là où on peut la voir aujourd’hui : au-dessus du maître-autel.
Le 12 septembre 1860, la statue de Notre Dame de France est inaugurée. 120 000 personnes ont fait le déplacement. Elle surprend par sa taille : 22,70 mètres ; Son poids : 835 tonnes. Sa construction a été possible grâce au don, par Napoléon III, de 213 canons pris lors de la bataille Sébastopol le 8 septembre 1855 durant la guerre de Crimée.
La Vierge Noire invite ses enfants à se confier pour accueillir en soi le calme et la bonté. On vient au Puy pour déposer sur la pierre de l’Apparition ses peines et ses souffrances, ses espoirs et sa prière.

Samedi 22 mai 2021 - Fay-sur-Lignon (43) - St-Julien-Chapteuil (43) = 18,4 km / 1674,8 km

L’évangile du jour (Jean 21,20-25) relate la suite de la conversation de Jésus avec Pierre dans laquelle il lui laisse entendre que Pierre mourra sur une croix. Par curiosité, Pierre voudrait savoir ce qu’il adviendra de Jean: « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. »
Jésus nous dit à nous aussi de le suivre et de ne pas s’occuper de la mission à laquelle il appelle les autres. La réponse de Jésus évoquant son retour imprévisible nous incite à demander la grâce d’être prêt pour le retour du Christ.

Vendredi 21 mai 2021 - Saint-Agrève (07) - Fay-sur-Lignon (43) = 12,9 km / 1656,4 km

Dans l’évangile du jour (Jn 21, 15-19), Jésus demande à trois reprises à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Trois fois de suite, Pierre lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Trois fois ! Comme le nombre des reniements ! Pierre ne devait pas être fier! 
Mais à chacune des réponses, Jésus confirme Pierre dans sa mission: « Sois le berger de mes agneaux. »
La leçon vaut pour nous: nous ne pouvons pas prétendre être investi d’une mission, en particulier pastorale, si nous n’aimons pas Dieu et donc ceux vers qui nous sommes appelés. Certes, tout chargé de mission doit se former, par exemple au débat contradictoire entre ceux qui croient à la cause anthropique défendue par le Giec, ou ceux qui sont convaincus que la période chaude contemporaine est due aux variations d’activité solaire. Il est important d’avoir étudié les deux dossiers. Mais ce n’est pas suffisant : aucune pastorale ne sera possible si les premiers n’aiment pas les seconds et réciproquement, d’un amour qu’ils tiennent du Christ lui-même.
Dans les deux cas, il faut savoir s’en remettre à Dieu. Le Christ le dit clairement à Pierre: « Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, ... c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »  Le chemin de la mission n’est pas toujours celui qu’on voudrait suivre. Certes, la mission ne conduit pas à la mort en croix comme celle qu’a subi Pierre, mais Jésus nous appelle à nous laisser conduire sur la manière de « rendre gloire à Dieu ». L’évangile se termine d’ailleurs par: « Sur ces mots, il lui dit : Suis-moi. »

Jeudi 20 mai 2021 - Les Nonières de Belsentes (07) - Saint-Agrève (07) = 13,0 km / 1643,5 km

Pour Paul, Jérusalem était la ville de sa vie courante. Rome, à son époque, était la ville de tous les pouvoirs temporels, là où s’exerçait en quelque sorte la gouvernance mondiale des principaux pays connus. Dans les actes des apôtres, (Act. 22,30.23,6-11), « le Seigneur vint auprès de Paul et lui dit : Courage ! Le témoignage que tu m’as rendu à Jérusalem, il faut que tu le rendes aussi à Rome. » Nous sommes appelés à rendre témoignage là où nous vivons, mais également dans les instances où s’exercent le pouvoir. Demandons la grâce de discerner où exactement.

Mercredi 19 mai 2021 - St-Barthélémy de Grozon (07) - Les Nonières de Belsentes (07) = 13,6 km / 1630,5 km

Nous ne reviendrons pas sur l’évangile du jour (Jn 17, 11b-19), la prière sacerdotale du Christ que l’Eglise proposais déjà dimanche dernier, 16 mai.

Mardi 18 mai 2021 - Boffres (07) - St-Barthélémy de Grozon (07) = 15,6 km / 1616,9 km

Dans l’évangile du jour (Jean 17,1-11a), les mots « gloire,... glorification » reviennent six fois. Jésus, dans sa prière, évoque cette gloire: « la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe ». La très belle « romance de la création » de saint Jean de La Croix dit la même chose: « Au commencement ... Ce même Verbe était Dieu… il était le commencement lui-même… Le Verbe, qui naissait du commencement, se nomme Fils… Et ainsi, la gloire du Fils est celle qu’il avait dans le Père; et le Père possédait toute sa gloire dans le Fils » .
Cette gloire est une caractéristique de Dieu et elle se manifeste dans le ministère de Jésus : « Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire ». Cette gloire se manifeste  pleinement dans sa mort et sa résurrection :  « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie ».
Cette gloire, et cela donne le vertige, sera partagée aux hommes: «J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole....  je suis glorifié en eux ». Tel était le projet de Dieu pour l’homme. St-Jean de La Croix le fait dire par Dieu dans sa romance de la création : « Je voulais te donner, mon fils, une épouse qui t’aime qui, grâce à toi, mérite de nous tenir compagnie et de manger le pain à une même table, de ce même pain que moi je mangeais, pour qu’elle connaisse les biens qu’en un tel Fils je possédais et qu’elle se réjouisse avec moi de ta grâce et de ta vigueur.... Je t’en remercie beaucoup, Père, lui répondait le Fils: à l’épouse que tu me donnerais, moi je donnerais ma lumière, pour qu’elle voie, par elle, tout ce que mon Père valait et comment l’être que je possède, je le recevais de son être. Je dois l’appuyer sur mon bras et en ton amour elle s’embraserait, et avec une éternelle joie exalterait ta bonté ».
On voit que saint Jean de la Croix rompt avec saint Thomas pour qui la raison de l’Incarnation, c’est le rachat du péché, «  propter nostram salutem ». Nous voyons ici Dieu décider, pour le plaisir, d’associer une épouse à son Fils. Il n’y a pas d’autres raisons à la création que cette surabondance d’amour du Père voulant donner à son Fils un supplément de joie et l’acceptation du Fils pour donner à son Père un supplément de gloire en Lui présentant une épouse digne de Lui.
La splendeur de la gloire de Dieu est donc appelée à resplendir dans les chrétiens. Telle est la bonne nouvelle à ne pas oublier d’intégrer dans nos pastorales écologiques si nous voulons qu’elles participent à l’évangélisation.
Concrètement, pour nous, la glorification viendra « en accomplissant l’œuvre que Dieu nous aura donné de faire ». Car, comme le dit le Concile: « l’attente de la nouvelle terre, loin d’affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller…. Tous ces fruits de notre nature et de notre industrie que nous aurons propagés sur terre,… nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son père un royaume éternel et universel ».
La grâce à demander par cet évangile est donc de glorifier Dieu par notre vie.

Lundi 17 mai 2021 - Valence (26) - Boffres (07) = 18,7 km /  1601,3 km

Belle parabole que l’étape du jour! Partir de Valence, ancienne ville de l’empire, et traverser le Rhône pour aller vers le Royaume!

  • L’empire, le saint Empire Romain germanique, lieu de tous les combats entre le pouvoir temporel et la papauté! Aujourd’hui, on penserait plutôt à l’empire Onusien qui s’acharne contre les représentants du Vatican sur tant de terrains de jeux: la santé reproductive et sexuelle, cachant la promotion de l’avortement, et des diverses formes de genres LGBT ainsi que certaines problématiques écologiques planétaires (climat, ozone,...) qui sont présentées comme globale pour justifier une gouvernance mondiale dans laquelle l’Eglise peine à introduire le principe de subsidiarité. Le combat est difficile et Laudato si a pris la précaution de dire que l’Église n’avait pas de compétence sur ces questions écologiques, se contentant d’appeler à un débat bien difficile à mettre en place (nº 61 et 188)
  • Quitter l’empire du monde pour monter vers le royaume de France n’est pas facile en face de Valence! Il faut atteindre les sommets du Vivarais! 500 m de dénivelés pénibles. Certes, le royaume de France n’avait rien d’idyllique. Cette montée fait penser à nos cheminements vers le royaume et la Terre Nouvelle ! Les chemins sont tortueux et pierreux ! L’évangile du jour (Jean 16,29-33) nous dit simplement ceci : « Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »

Telle est la bonne nouvelle : le Christ a vaincu le Mal. Comme le jour du débarquement, la guerre était gagnée. Il restait encore des opérations de nettoyage pour atteindre le but final.

Dimanche 16 mai 2021 - Abbaye ND de Triors (26) = 0 km / 1582,6 km

Ce dimanche nous offre (Jn 17, 11b-19) à méditer la belle prière sacerdotale du Christ qui, comme grand prêtre, intercède auprès de Dieu pour ses disciples... et donc pour chacun de nous. C’est un modèle à méditer pour notre propre prière. Le Christ nous apprend à demander:

  • le don de l’unité:
    « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné ».  Jésus ne demande pas d’éliminer « celui qui s’en va à sa perte ... Je ne prie pas pour que tu les retires du monde ». Ce serait une unité artificielle comme celles dont rêvent les constructeurs de consensus mondains.
    Nous pouvons prier pour l’unité de nos communautés chrétiennes même, et surtout, quand nos approches de pastorales écologiques pourraient nous diviser. Le risque existe que certains ne veuillent plus laisser parler les autres.
  • Le don de la joie :
    «  je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés », ...cette joie  a pour source le don du Christ : « Moi, je leur ai donné ta parole ».
    Il y a, souvent, dans saint Jean, deux formes de joie spirituelle: la joie d’aimer Dieu, celle d’être aimé de Lui et la joie de la vérité, de découvrir que la vie a un sens, de savoir d’où je viens, où je vais et pourquoi je vis.
  • La protection contre le Mal
    Jésus prie pour ses disciples, « pour que tu les gardes du Mauvais ». C’est le thème final du « Notre Père ». Garde-nous en particulier du Menteur, père de toutes nos peurs y compris ontologiques. Que le mensonge ne passe pas par nous.
  • Le don de la Vérité
    « Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité... Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. ». Certaines traductions préfèrent le mot « consacre les dans la vérité » au sens de nous faire passer du domaine des hommes à celui de Dieu. C’est en étant dans la vérité que cette consécration peut s’opérer. Cette vérité concerne les quatre relations de l’écologie intégrale: vérité dans notre relation avec Dieu, dans notre relation avec nous mêmes, avec les autres et vérité sur notre relation avec le monde et avec le cosmos.

C’est pour cette unité que le Christ nous envoie en mission : « De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde ».

Samedi 15 mai 2021 - St-Marcel-les-Valence (26) - Abbaye ND de Triors (26) = 21,8 km / 1582,6 km

En ces temps envahis de toutes sortes de peurs, l’évangile du jour (Jean 16, 23b-28) donne une recette. Jésus dit aux disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite ».
Pour recevoir, il ne faut pas demander n’importe quoi au Père mais au nom de son fils, c’est à dire quelque chose que le fils aurait demandé au Père pour nous. Et alors notre joie, antidote de la peur, sera parfaite. Demandons la force de renoncer à la peur et de ne jamais collaborer au mensonge, source de la peur.

Vendredi 14 mai 2021 - Valence (26) - St-Marcel-les-Valence (26) = 7,5 km / 1560,8 km

Les actes des apôtres continuent à nous parler des débuts de l’Eglise après l’Ascension: les apôtres veulent choisir un disciple pour remplacer Judas ; « or il y a des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous ... Il faut donc que l’un d’entre eux devienne, avec nous, témoin de sa résurrection ». Celui qui est appelé à être disciple n’est pas celui qui sait, ni celui qui est le plus habile à trouver des solutions aux problèmes temporels de ce monde. C’est celui qui est prêt à témoigner du Christ ressuscité.
Pour témoigner, il ne suffît pas d’avoir vu. Après une prière à l’esprit, « On tira au sort entre eux, et le sort tomba sur Matthias, qui fut donc associé par suffrage aux onze Apôtres » (Act. 1,15-17.20-26).

Jeudi de l’Ascension 13 mai 2021 - Abbaye ND de Triors (26) = 0 km / 1553,3 km

En cette fête de l’Ascension, les textes de l’Eglise (Act. 1, 1-11) nous donnent de comprendre cet événement. Les apôtres ne s’y attendaient pas et auraient aimé continuer à vivre, même par intermittence avec le ressuscité. Ils continuaient à rêver : « Au cours d’un repas que [Jésus] prenait avec eux... , les apôtres l’interrogeaient : "Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ?" ». Comme eux, nous rêvons trop souvent à un salut temporel... nous nous acharnons à vouloir sauver notre planète alors que l’enjeu est celui de notre âme.
Or l’ascension est l’événement qui nous ouvre à notre divinisation promise, celle dont a si bien parlé saint Jean de La Croix : le Fils «  se ferait semblable à eux et qu’il s’en viendrait avec eux et habiterait avec eux; et que Dieu serait homme et que l’homme serait dieu et qu’il parlerait avec eux, mangerait et boirait… dans une mélodie éternelle. » (Romance 4 de la création). Dieu monte au ciel pour nous ouvrir la route vers cette mélodie d’amour éternelle.
Voilà qui pourrait illustrer ce que nous aimons appeler « l’écologie divine », celle qui a pour enjeu le respect de la nature deifiable de l’homme.
Certes, après l’Ascension, « se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : "Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?"». Nous sommes incarnés et les réalités terrestres ne doivent être ni niées, ni méprisées.
Le concile le dit bien : « l’attente de la nouvelle terre, loin d’affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller . ...  Car, …tous ces fruits de notre nature et de notre industrie, que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père « un Royaume éternel et universel : Royaume de vérité et de vie, Royaume de sainteté et de grâce, Royaume de justice, d’amour et de paix » (Gaudium et spes, n° 39-2 et 3 +Préface pour la fête du Christ Roi)
Nous sommes dans la joie de l’ascension, la joie de savoir que seul le Christ sera en capacité de transfigurer nos œuvres  à la fin des temps, en même temps qu'il nous divinisera.
La bonne nouvelle est dans l’annonce faite par Jésus avant son ascension: « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Mercredi 12 mai 2021 - Saint-Romans (38) - Abbaye ND de Triors (26) = 18,0 km / 1553,3 km

Dans tous les textes qui précèdent la Pentecôte, l’église retient des textes expliquant ce qu’est l’Esprit que le Christ nous envoie. En cette vigile de l’Ascension, en Jn 16, 12-15, Jésus explique: « quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière ».
C’est ce que Jean-Paul II évoque dans  son encyclique « Foi et Raison » : « toute vérité atteinte (on pourrait l’écrire avec un petit v) n’est jamais qu’une étape vers la pleine Vérité (avec un grand V) qui se révèlera dans la révélation du Christ ».

Mardi 11 mai 2021 - Rovon (38) - Saint-Romans (38) = 17,0 km / 1535,3 km

Dans l’évangile du jour (Jn 16, 5-11) Jean revient sur le rôle du « Défenseur »: « je vous l’enverrai. Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde en matière de péché, de justice et de jugement ».
Le Christ détaille le sens de ce qu’il dit: 

  • En matière de péché, si on ne croit pas en Dieu, est-ce à dire que le premier péché est de ne pas croire?
  • En matière de justice, le défenseur, est l’« Esprit de justice », et, comme dans un procès, il va mettre en lumière les conditions du monde dans lequel nous sommes: les corruptions, les mensonges, et les injustices, qui rendent difficile, l’acte de foi en un Dieu dont aimerait qu’il n’accepte pas le mal
  • Mais, précisément, « en matière de jugement, ... déjà le prince de ce monde est jugé. ». Par la mort de son Fils, Dieu montre qu’il n’accepte pas le mal. Par La Croix, le mal est vaincu, le mensonge et la peur sont abattus.

Il nous appartient de faire en sorte que cet Esprit fasse son œuvre également en nous.

Lundi 10 mai 2021 - Voreppe (38) - Rovon (38) = 21,7 km / 1518,3 km

La Pentecôte approche et l’évangile du jour (Jean 15,26-27.16,1-4a) nous y prépare. Le Christ parle du « paraclet », nom grec juridique qui signifie «  avocat ». Nous en aurons  bien besoin car ici bas nous sommes souvent jugés. Le Christ nous prévient : « On vous exclura des assemblées » quand nous sommes suspectés de ne pas dire la vérité.
Le Christ nous annonce : «  je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité ..:. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage ».
Ceux qui sont exclus des assemblées le sont, non parce qu’ils refusent telle ou telle vérité écologique mais La Vérité sur Dieu et sur l’homme. C’est à cette Vérité-là que nous sommes appelés à rendre témoignage.

Dimanche  9 mai 2021 - Grenoble (38) - Voreppe (38) = 14,7 km / 1496,6 km

En ce dimanche de reprise du pèlerinage, la parole (Jean 15,9-17) insiste sur le thème de la joie. Nous appelons nos responsables de pastorale de l’écologie à ne pas collaborer avec la peur, mais à proclamer : « soyez dans la joie ». Le Christ le dit lui aussi :  « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite ». Mais quelle est la recette? Le Christ le dit juste avant: « demeurerez dans mon amour », étant entendu que « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure ». Ce n’est qu’en vivant cet amour que nous porterons du fruit dans nos bras pastorales!
Mais pour vivre cet amour, le Christ ajoute: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Dans nos débats humains, comment respecter ce commandement? Sans cet amour de nos contradicteurs, aucun fruit n’émergera!

Samedi 8 mai 2021 - Paris - Grenoble (38) en train

Comment reprendre la route sans cette prière de Monseigneur Antonio Bello demandant à la Vierge d'accélérer "nos cadences de marcheurs un peu fatigués". Plus connu sous le nom de Don Tonino Bello (1935-1993), il était Evêque des Diocèses de Molfetta-Ruvo-Giovinazzo-Terlizzi dans les Pouilles en Italie et Président du Mouvement Pax Christi d'Italie. Le texte de sa prière est: 
« Sainte Marie, Mère tendre et forte, notre Compagne de voyage sur les routes de la vie, chaque fois que nous contemplons les grandes choses que le Tout-Puissant a faites en Toi, nous éprouvons un regret si vif de nos lenteurs que nous ressentons le besoin d'allonger le pas pour marcher près de Toi. Satisfais donc notre désir de Te prendre par la main, et accélère nos cadences de marcheurs un peu fatigués. Devenus nous aussi pèlerins dans la foi, non seulement nous chercherons le Visage du Seigneur, mais, en contemplant en Toi l'icône de la sollicitude humaine envers ceux qui se trouvent dans le besoin, nous rejoindrons la « ville » en hâte en lui apportant les mêmes fruits de joie que Tu apportas un jour à la lointaine Élisabeth. Amen ».