Écologie intégrale - Chaque jour une parole:
- pour donner 
un sens à la démarche,
- pour discerner l’objectif de la marche !
Dieu dit à Abraham : « Lékh lékha — Va !... Va vers toi-même ... vers le pays que Je t’indiquerai. » (Genèse 12, il 1-5)

Mercredi 8 décembre 2021 - Troyes (10) - Voué (10) = 19,6 km / 2418,3 km

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Lundi 29 novembre 2021 - Saint-Phal (10) - Troyes (10) = 23,9 km / 2398,7 km

En ce début d’Avent, le Psaume 121 (122) nous appelle à chanter notre joie: « Dans la joie, nous irons à la maison du Seigneur. Quelle joie quand on m’a dit :« Nous irons à la maison du Seigneur ! » Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem ! »
Oublions nos soucis habituels, nos peurs collectives souvent fondées sur de faux problèmes. La joie de marcher vers la Jérusalem céleste est le meilleur antidote à toutes nos peurs.

Dimanche 28 novembre 2021 - Prusy (10) - Saint-Phal (10) = 19,9 km / 2374,8 km

En ce premier dimanche de l’avent, l’église propose de méditer la prophétie de Jérémie (Jr 33, 14-16): « Voici venir des jours – oracle du Seigneur – où j’accomplirai la parole de bonheur que j’ai adressée à la maison d’Israël et à la maison de Juda : En ces jours-là, en ce temps-là, je ferai germer pour David un Germe de justice, et il exercera dans le pays le droit et la justice ».
Pour nous, chrétiens, c'est la figure du Christ qui est ainsi annoncée. Méditons sur la romance de la création de saint Jean de La Croix qui explique pourquoi le Fils prévoyait de prendre la condition humaine (Œuvres complètes, Cerf, 2004, p.157 à 165): « L’un résidait en l’autre comme l’aimé en son amant », nous dit St-Jean de la Croix !  Le Père et le Fils vivent la même félicité infinie. Et pourtant ! Le Père dit au fils : « rien ne me contente  si ce n’est ta compagnie. Je voudrais te donner une épouse qui t’aime et mérite de nous tenir compagnie » ! Cette épouse que Dieu veut donner au fils, c’est l’Église, c’est vous, c’est moi ! Et que répond le Fils ? « Je t’en remercie beaucoup, Père : à l’épouse que tu me donneras, moi  Je l’appuierai sur mon bras, et avec une éternelle joie elle exaltera ta bonté ».
La romance se poursuit : "Que cela soit",-dit le Père- "puisque ton amour le méritait". Et dans cette parole que je dis, il avait créé le monde, fait en grande sagesse un palais pour l’épouse ; lequel il divisait en deux appartements haut et bas, composait celui du bas de variétés infinies ; mais embellissait celui du haut d’admirables pierres précieuses, pour que l’épouse sache quel Époux elle possédait.
Dans le haut, il plaçait la hiérarchie angélique ; mais dans le bas mettait la nature humaine…
Ceux d’en bas dans l’espérance de foi qu’il leur infusait en leur disant qu’un temps viendrait où il les grandirait et qu’il relèverait cette bassesse [qui était] la leur, parce qu’il se ferait semblable à eux et qu’il s’en viendrait avec eux et habiterait avec eux ; Il s'en viendra avec nous! Il habitera avec nous! Noël! Plan éternel de Dieu, imaginé avant même la chute originelle!

Samedi 27 novembre 2021 - Dannemoine (89) - Prusy (10) = 13,0 km / 2354,9 km

Encore une recommandation de Jésus (Lc 21, 34-36) pour nous préparer à la fin des temps: « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière ».
Quoi de plus normal, pourtant, que de nous préoccuper des « soucis de la vie », du réchauffement climatique et du trou d’ozone ? Des poisons dans nos assiettes »? Faisons donc silence que ces sujets qui n’existeraient pas si on ne nous les avait pas assénés chaque jour.
Jésus propose : « Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »
Pour être debout, préoccupons nous des questions essentielles : aimer Dieu et notre prochain.


Vendredi 26 novembre 2021 - Pacy-sur-Armançon (89) - Dannemoine (89) = 19,1 km / 2341,9 km

Dans Lc 21, 29-33, le Christ annonce la fin des temps, non plus dans le genre littéraire apocalyptique, mais dans celui de la parabole: « Voyez le figuier et tous les autres arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche ». Le figuier est le symbole de l’arbre de vie, premier à fleurir après l’hiver. Puissions nous avoir le désir du royaume et promouvoir la culture de vie et non la culture de mort, vivre la joie et non collaborer avec la peur.


Jeudi 25 novembre 2021 - Perrigny-sur-Armançon (89) - Pacy-sur-Armançon = 18,1 km / 2322,8 km

Encore un texte sur la fin des temps  (Lc 21, 20-28) pendant cette dernière semaine de l’année liturgique.
« Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche… Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là … Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens ».
Jésus éprouve donc de la tristesse pour les souffrances qui accompagneront la destruction de Jérusalem. Pensons qu’il s’agit également de notre Jérusalem intérieure. Prions pour qu’elle ne soit pas assaillie par les païens.
Le catéchisme (art 670) le dit: « depuis l’ascension le dessein de Dieu est entré dans son accomplissement; nous sommes déjà à la dernière heure ; ainsi donc les derniers temps sont arrivés pour nous ».
La tradition de l’église nous décrit sept signes cosmiques qui précèdent la fin des temps. Ils sont à la fois ici et pas encore advenus: les faux prophètes, les guerres, les tremblements de terre et famines, les martyrs, la croissance du mal, la bonne nouvelle proclamée sur toute la terre, et les événements cosmiques. « Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées ».
Ces signes sont à la fois déjà là mais en même temps pas encore là.
La question nous est posée : avons nous le désir de ce qui advient ensuite? « Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire ».
Jésus nous donne un conseil spirituel pour ce jour là :  « Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »
Dès à présent, demandons la grâce de nous redresser. De l’urgence de notre conversion.

Mercredi 24 novembre 2021 - Montbard (21) - Perrigny-sur-Armançon (89) = 12,7 km / 2304,7 km

L’évangile (Lc 21, 12-19) annonce le temps des martyrs : « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom »
Même si nous ne sommes pas appelés à en être persécutés, Jésus nous appelle, là où nous sommes, « à rendre témoignage ». À cette fin, il nous fait une promesse : « vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer… C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie ».
Demandons la persévérance dans notre vocation de chrétien, dans un monde d’inconstance où tout est volatile, sachons allumer une bougie plutôt que de maudire les ténèbres, sachons vivre la joie de la persévérance plutôt que de colporter toutes sortes de peurs.

Mardi 23 novembre 2021 - Bussy-le-Grand (21) - Montbard (21) = 16,5 km / 2292,0 km

 

L’évangile (Lc 21, 5-11) nous donne encore de méditer sur la fin des temps. Comme pour donner du crédit à son propos, Jésus commence par une prophétie qui se réalisera en l’an 70: « Comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
Le propos est brutal. La question logique suit aussitôt : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
La réponse est la même que celle que ferait Jésus à nos contemporains à propos de la fin des temps: « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »... Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »
Aujourd’hui encore, Jésus nous appelle à ne pas avoir peur des désordres, du réchauffement climatique ou de la pandémie de Covid 19. Ne soyons pas terrifiés par ceux qui voient là des signes ni par tous ces catastrophismes ou collapsologues qui veulent nous égarer par des discours de peur. Ce ne sera pas maintenant la fin… même si nous ne savons ni le jour ni l’heure.

Lundi 22 novembre 2021 - Flavigny/Ozerain (21) - Bussy-le-Grand (21) = 12 km / 2275,5 km

L’évangile (Lc 21, 1-4) nous donne de méditer sur le regard de Jésus sur nos actes quotidiens : « comme Jésus enseignait dans le Temple, levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor. Il vit aussi une veuve misérable y mettre deux petites pièces de monnaie
Ne nous arrêtons pas à notre seul rapport à l’argent, mais aux connaissances ou au temps dont nous disposons. Dans les deux cas, Dieu nous regarde, sûrement avec tendresse : « il vit les gens riches… il vit aussi une veuve misérable …». Quel est le regard de Jésus ? C’est un regard en vérité : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. » Jesus fait une analyse factuelle. Juge-t-il pour autant ? Condamne-t-il?
Jésus observe notre attitude face aux connaissances dont nous disposons, celles d’un diplômé se targuant de « savoir », que ce soit celui de l’expert en écologie s’abritant derrière un consensus ou celui se déclarant dissident…, l’un et l’autre usant souvent d’arguments d’autorité. Jésus observe aussi telle personne rencontrée dans une maison d’hôte, ne se fondant que sur sa pauvre expérience et ayant la simple intuition pour juger que le monde nous gouverne avec la peur sur des arguments souvent mensongers. Elle donne ce que le pape appelle le bon sens populaire.
Et le pèlerin ? Comment considère-t-il le temps qu’il met à disposition de sa démarche? Le temps d’un retraité qu’il consacre à vouloir convaincre les responsables de pastorale à changer de discours? Ou un temps dont il ne verra pas les fruits de son vivant?
Que le regard de Dieu nous aide dans nos comportements quotidiens.


Dimanche 21 novembre 2021 - Abbaye saint Joseph de Clairval à Flavigny/Ozerain (21) = 0 km / 2263,5 km

Dernier dimanche de l’année liturgique avec la fête du Christ Roi et l’évangile de Saint-Jean (Jn 18, 33b-37): « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici …je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité ».
Cette fête instituée par le pape Pie XI en 1925 qui voyait que non seulement les hommes des pays riches ne croyaient plus en Dieu, mais qu’ils érigeaient partout de nouveaux cultes.
Comme le dit Martin Steffens, dans LaVie du 21.11.2011, ce mystère comme les autres, agit « sur ma raison tel un pied dans la porte, afin que ce Dieu plus grand que nos raisonnements puisse s’y faufiler ».
Ce dogme est un antidote contre le rêve de l’homme-roi, contre les excès de pouvoir des états de ce monde. Cette fête, ne reconnaissant de royauté que celle de Jésus, en dévêt tous les souverains humains. Comme le dit saint Paul à propos de la Passion : le Christ « a dévêtu les principautés et les puissances, il les a révélées à la face du monde en les entraînant jusqu’à la croix dans son cortège triomphal » (Colossiens, 2, 15).


Samedi 20 novembre 2021 - Chanceaux (21) - Flavigny/Ozerain (21) = 23 km  = 2263,5 km

Dans l’évangile de Luc (Lc 20, 27-40) les saducéens nous donnent un exemple de dialectique comme nous sommes quelquefois tentés d’en user :  « En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent: « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’ ». Comme souvent, dans un raisonnement dialectique on prend un exemple extrême pour tourner en ridicule la thèse qu’on veut combattre. C’est ce que font les saducéens : « Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant; de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? » ». L’argument était habile car les Saducéens faisaient référence à une histoire citée dans l’ancien testament ! Mais comme souvent si le problème semble insoluble c’est qu’il est mal posé. Il est envisagé avec la logique du monde et ce n’est pas celle de Jésus qui leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari ». Il se place dans une autre logique, celle du « monde à venir et [après] la résurrection d’entre les morts. » Là il n’y aura ni femme ni mari. Jésus prend les saducéens avec leur propre attachement au rituel de Moïse «  dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur ‘le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’ » Si Moïse en appelle à Abraham, Isaac et Jacob, c’est bien qu’ils sont vivants après leur mort corporelle.
Nous aussi sommes tentés, comme les saducéens de vous loir manipuler la parole divine à notre profit. Méfions nous de la manière dont nous posons les questions.


Vendredi 19 novembre 2021 - Val-Suzon (21) - Chanceaux (21) = 23 km / 2240,5 km

L’Eglise propose aujourd’hui de méditer sur Jésus chassant les marchands du temple (Lc 19, 45-48): « En ce temps-là, entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. Il leur déclarait : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » ».
Jésus parle de « sa maison ». Le temple est le lieude la Parole. D’ailleurs Jesus «  était chaque jour dans le Temple pour enseigner ». Or, quand nous parlons d’écologie, par exemple, il nous arrive de faire un petit commerce avec la Parole, en ne retenant que ce qui nous arrange. L’église nous met en garde à ce sujet: « Personne n’a le droit de revendiquer, d’une manière exclusive pour son opinion, l’autorité de l’Église » (Gaudium et spes § 43). 
Saint-Luc poursuit: « Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ». Dans nos querelles, non seulement nous sommes tentés d’instrumentaliser la Parole à notre profit, mais nous aimerions bien éliminer nos adversaires, les uns appelant à décharger des personnes de leur mission pastorale au motif qu’elle serait trop militante, d’autres refusant de donner la parole à ceux qu’ils considèrent comme des dissidents. Souvent, les uns et les autres ferions mieux de nous taire, de ne pas prendre parti sur des sujets scientifiques ou écologiques qui ne relèvent ni de la mission, ni de la compétence de l’église. Nous ferions mieux d’annoncer la Parole. Nos contemporains n’attendent que cela… autant que du temps du Christ dont saint-Luc dit: « le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait ».

Jeudi 18 novembre 2021 - Dijon (21) - Val-Suzon (21) = 16,3 km / 2217,5 km

L’évangile du jour (Lc 19, 41-44) nous met en face de Jésus pleurant: « En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : « Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! » ». Cette scène se déroule quelques jours avant la passion de Jésus : il se heurte à l’incrédulité des responsables juifs de Jérusalem
Nous qui œuvrons dans le petit monde de la pastorale écologique, que nous soyons des militants écologiques ou des dissidents, nous faisons partie d’une petite Jérusalem. Nous sommes en conflits perpétuels, faisant preuve d’une authenticité de plus ou moins bon aloi qui avait conduit un évêque à nous dire:  « je n’ai que mes yeux pour pleurer ». Le Christ aussi pleure à cause de nous.  Il n’a pas de plus grand désir que nous donner sa paix. Chacun de nous refuse d’accueillir sa paix dans notre Jérusalem intérieure. Dès lors, il ne faudra pas s’étonner que la prédiction de Jésus se réalise : « Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants ». Accueillir la paix de Jésus est le meilleur rempart contre les assauts du démon.

Lundi 4 octobre 2021 - Couchey (21) - Dijon (21) = 8,6 km / 2201,2 km

La lecture du livre du prophète Jonas (Jon 1, 1 - 2, 1.11) nous donne à méditer sur un événement climatique extrême : « une grande tempête, au point que le navire menaçait de se briser… ». La cause n’en n’est pas un déficit d’application d’éco-gestes. Il s’agirait plutôt d’une forme de signal apocalyptique : les événements se déchaînent parce que l’homme n’entend pas sonner les trompettes annoncer que Dieu est là.
Jonas est le bouc émissaire de cette histoire. Il a refusé d’entendre ce que Dieu lui demandait : « va à Ninive, la grande ville païenne, et proclame que sa méchanceté est montée jusqu’à moi. » Jonas se leva, mais pour s’enfuir. Nous aussi, avons ce réflexe de fuir «  loin de la face du Seigneur ». Il faut dire qu’il n’est pas facile de dire à une communauté qu’elle se fourvoie. Nous n’avons pas le courage de proclamer que la méchanceté de nos contemporains monte jusqu’à Dieu.
Comme Jonas, nous sommes prêts à « payer notre passage » pour fuir. Face à cette situation, nos contemporains prennent peur. Quand la foi faiblît, c’est la peur qui remplit l’espace ainsi libéré : « Les matelots prirent peur ; ils crièrent chacun vers son dieu et, pour s’alléger, lancèrent la cargaison à la mer ». Chacun prie son Dieu, qui la déesse Gaia, qui le Dieu progrès, qui le Destin! On est prêt à tout jeter par dessus bord dans ce genre de circonstances. Et celui qui ne prend pas parti pour tel ou tel Dieu devient le coupable:  « Qu’est-ce que tu fais ? Tu dors ? Lève-toi ! Invoque ton dieu. Peut-être que ce dieu s’occupera de nous pour nous empêcher de périr. »
Jonas nous appelle à reconnaître notre faute: « Prenez-moi, jetez-moi à la mer, pour que la mer se calme autour de vous. Car, je le reconnais, c’est à cause de moi que cette grande tempête vous assaille. »
Mais, il ne s’accuse pas d’un rituel qu’il n’aurait pas rendu à un Dieu païen. Il reconnaît sa fuite devant le vrai Dieu. Malgré sa confession publique, il est jeté à la mer. L’homme juste, tel un bouc émissaire, est sacrifié. L’humanité sera sauvée par un sacrifice identique, celui du Christ, juste des justes. La suite du texte montre que Jonas annonce le sacrifice du Christ: « Le Seigneur donna l’ordre à un grand poisson d’engloutir Jonas. Jonas demeura dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. Alors le Seigneur parla au poisson, et celui-ci rejeta Jonas sur la terre ferme ». Et cette terre ferme, c’est la Terre nouvelle vers laquelle le Christ nous entraînera dans sa gloire.

Dimanche 3 octobre 2021 - Agencourt (21) - Couchey (21) = 16,1 km / 2192,6 km

Dans l’évangile du jour (Mc 10, 2-16), il est question de l’indissolubilité du mariage: « ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! ». Voilà de quoi inspirer un lien entre mariage et écologie ! En effet, dans un de ses commentaires, le Cardinal Raniero Cantalamessa dit que « Le mariage souffre ici des conséquences de la mentalité actuelle du « jetable ». Si un appareil ou un outil est endommagé ou légèrement éraflé, on ne pense pas à le réparer (ceux qui faisaient ces métiers n’existent plus désormais), on ne pense qu’à le remplacer. Appliquée au mariage, cette mentalité fait des ravages ».
Or les écologistes nous appelle à « oser la nouvelle tendance : le raccommodage créatif » , à être des fan de DIY (Do It Yourself - faire soi-même), bref à être « écoresponsable ».
Le Cardinal Raniero Cantalamessa disait en 2006 la même chose pour le mariage : « redécouvrir l’art du raccommodage ! Remplacer la mentalité du « jetable » par celle du « raccommodage ». … Ce qu’il est important de comprendre, c’est qu’à travers ce processus d’accrocs et de raccommodages, de crises et de dépassements de crise, le mariage ne se fane pas mais s’affine et s’améliore ».
De quelles crises parle le Cardinal? « De nombreux couples reconnaîtront ici facilement leur propre histoire. Eux aussi traversent souvent dans leur mariage, la nuit des sens, dans laquelle tout élan des sens vient à manquer et l’extase des sens – en supposant qu’elle ait un jour existé – n’est plus qu’un souvenir du passé. Certaines personnes connaissent également la nuit obscure de l’esprit, l’état dans lequel le choix de fond lui-même entre en crise et l’on a l’impression de ne plus rien avoir en commun. Si avec de la bonne volonté, et l’aide d’une autre personne, on arrive à surmonter ces crises, on se rend compte que l’élan, l’enthousiasme des premiers jours étaient vraiment peu de chose comparé à l’amour stable et la communion qui ont mûri au fil des années. Si au début les époux s’aimaient pour la satisfaction que cela leur procurait, aujourd’hui ils s’aiment peut-être un peu plus d’un amour de tendresse, libéré de l’égoïsme et capable de compassion ; ils s’aiment pour ce qu’ils ont réalisé et souffert ensemble ».

Samedi 2 octobre 2021 - Seurre (21) - Agencourt (21) = 21,9 km / 2176,5 km 

Belle lecture de l’exode (Ex 23, 20-23a) pour un pèlerin … mais bien énigmatique : « Ainsi parle le Seigneur : « Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé .Respecte sa présence, écoute sa voix. Ne lui résiste pas : il ne te pardonnerait pas ta révolte, car mon nom est en lui. Mais si tu écoutes parfaitement sa voix, si tu fais tout ce que je dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis, et l’adversaire de tes adversaires ».
Quel est cet ange qui garde mon chemin? Quel est le lieu qui m’est préparé ?
Les hébreux marchaient vers la terre promise. À chaque fois qu’ils en approchaient, la terre leur était retirée… car l’issue du chemin est la « terre nouvelle ». Dès lors ne nous révoltons pas contre ceux que nous imaginons et être nos ennemis ici-bas, nos contradicteurs. Le Seigneur en fera son affaire.

Vendredi 1er octobre 2021 -Charrette-Varennes (71) - Seurre (21) = 14,0 km / 2154,6 km

L’évangile du jour (Lc 10, 13-16) évoque le péché, non d’individus, mais d’une collectivité : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! …Et toi, Capharnaüm…, jusqu’au séjour des morts tu descendras ! »
On pense à Jean-Paul II qui avait demandé : « France, fille aînée de l’Eglise, qu’as-tu fais des promesses de ton baptême ? ». Jésus évoque leur « malheur », c’est à dire la situation dans laquelle se sont mises ces villes… faute d’avoir écouté la Parole et non faute d’avoir émis trop de CO2 ou de CFC qui menacerait le climat ou la couche d’ozone.
Pourtant, Benoît 16, évoquant les « structures de péché » explique que ce ne sont que des accumulations de péchés individuels. Que faire?
Jésus précise à ses apôtres : « Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. » L’église incarne aujourd’hui les successeurs des apôtres. Pour écouter la Parole, il nous revient d’écouter les textes du magistère dès lors qu’ils répondent à des questions éternelles, celles du sens de la vie et du dessein divin pour chacun de nous.

Jeudi 30 septembre 2021 - Mervans (71) - Charrette-Varennes (71) = 17,9 km / 2140,6 km

L’évangile du jour (Lc 10, 1-12) est en quelque sorte un mode d’emploi pour l’évangélisation.

  • Il faut être envoyé : « le Seigneur en désigna encore 72, et il les envoya… ». Évangéliser est une initiative divine qu’il faut discerner.
  • Il ne faut pas se croire capable d’évangéliser seul: « il les envoya deux par deux ». Même un pèlerin solitaire n’est pas seul s’il est en communion avec l’église.
  • Il faut être un précurseur :  « il les envoya en avant de lui ». Il ne s’agit pas d’avoir raison avant tout le monde en annonçant l’apocalypse écologique, mais d’être comme Jean-Baptiste , de préparer et d’annoncer la venue du Christ et de son incarnation
  • Comme évangélisateur, il faut prier pour ceux qu’on rencontre : « Priez donc le maître de la moisson »
  • Évangéliser, c’est se reconnaître fragile : être envoyé « comme des agneaux au milieu des loups ». Annoncer le Kerygme n’a rien de facile quand d’autres voudraient se focaliser sur l’appel à la conversion écologique.
  • Évangéliser, c’est se sentir pauvre: sans « bourse, ni sac, ni sandales ».
  • L’évangélisateur est un homme pressé : « ne saluez personne en chemin ». Il a conscience de l’urgence de l’évangélisation.
  • L’évangélisateur est celui qui apporte la paix dans ses échanges : « dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : “Paix à cette maison.” S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous ».
  • Évangéliser, c’est actualiser l’œuvre de Jésus, guérir notre société malade: « Dans toute ville où vous entrerez …guérissez les malades qui s’y trouvent ». C’est dire à chacun: « Le règne de Dieu s’est approché de vous ».
  • Évangéliser, c’est proposer une démarche libre. Si nous ne sommes pas accueillis, n’insistons pas : « dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : “Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.” »

Mercredi 29 septembre 2021 - Louhans (71) - Mervans (71) = 19,9 km / 2122,7 km

Joie de relire aujourd’hui le texte de Nathanael (Jn 1, 47-51). Il y a là tout un programme d’évangélisation.
Il faut d’abord aller à la rencontre d’autrui, comme Philippe qui appelle un inconnu assis sous un figuier.
Nathanael vient vers Jésus sans ruse, de bonne foi : « Jésus vit Nathanaël venir à lui, il déclara à son sujet : ‘Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui’ ».
Philippe n’a pas joué d’artifices en collaborant avec les inquiétudes du moment, ni en évoquant l’avenir face aux occupants romains, ni aujourd’hui à ne parler d’écologie pour être populaire. Non, tout simplement Philippe l’appelle à écouter Jésus qui lui explique qu’il le connaît depuis longtemps: « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. »
Évangéliser c’est d’abord annoncer ce magnifique dessein de Dieu pour chacun de nous. Son fils a pris notre condition pour nous entraîner dans la gloire de son Père. Il s’est fait homme pour que nous soyons Dieu (Dixit St-Irénée).
Une fois que nous avons simplement annoncé le kérygme, c’est Jésus qui prendra le relais :  « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. »

Mardi 28 septembre 2021 - Dommartin-les-Cuiseaux (71) - Louhans (71) = 19,5 km / 2102,8 km

En Lc 9, 51-56, Jésus « prit la route de Jérusalem. Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village ».
Nous également, quand on ne veut pas recevoir nos discours, nos opinions, nous avons envie d’être comme Jacques et Jean à qui Jesus donna le nom de donna le nom de Boanergès, qui signifie Fils du tonnerre. Nous voudrions « ordonner qu’un feu tombe du ciel et les détruise ». Quelle prétention de vouloir « ordonner » une telle vengeance. Nous nous prenons pour Elie qui (en 2 rois 1,9) avait demandé à Dieu « qu’un feu descende du ciel » pour exterminer le roi Ahazia de Samarie et ses cinquante hommes ! Mais Elie était prophète. Qui sommes-nous pour rêver d’une telle élimination de nos adversaires ?

Lundi 27 septembre 2021 - Saint-Amour (39) - Dommartin-les-Cuiseaux (71) = 7,4 km / 2083,3 km

Dans l’évangile du jour (Luc 9,46-50), Jésus place un enfant à côté de lui et dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. ». Quel est le propre de l’enfant? Socrate disait :« toute sagesse commence dans l’émerveillement »! Il y’a chez l’adulte une certaine propension à se faire peur en annonçant des catastrophismes de toute sorte… comme pour annoncer que l’homme saura résoudre tout. Il y a là une forme d’orgueil et de toute puissance aux antipodes de la capacité d’émerveillement de l’enfance. Comment se corriger de cette tentation ? De la même manière qu’un chirurgien ne peut pas, en général, s’opérer lui-même pour éradiquer une tumeur, l’orgueilleux a besoin d’un œil extérieur bienveillant capable de correction fraternelle. Dans nos pastorales écologiques, entraînons-nous mutuellement à l’émerveillement plutôt qu’à collaborer avec les marchands de peur.

Mercredi 15 septembre 2021 -St-Étienne du Bois (01) - Saint-Amour (39) = 18 km / 2075,9 km

« Marie, Reine de la Création et modèle d’écologie intégrale, accompagnez ce pèlerinage ». Oui ! Modèle d’écologie intégrale ! Par l’intégralité de ses relations : avec Dieu, par son fiat ; avec elle-même, par l’unité de sa personne ; avec toute la création, par son couronnement « reine de la création » ;  et avec toute l’humanité, par la déclaration que fait le Christ à saint Jean et que l'Église rappelle aujourd’hui : (Jn 19,25-27) : « Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. ». Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui ».

Mardi 14 septembre 2021 -Bourg-en-Bresse (01) - St-Étienne du Bois (01) = 11 km / 2057,9 km

Quand les temps sont troublés, il est de bon ton de récriminer, c’est à dire au sens étymologique du mot « accuser âprement ». Ceux pour qui le consensus est une référence accusent les gouvernants de ne pas lutter suffisamment contre les émissions de CO2, ou de ne pas rendre les vaccinations obligatoires. Les dissidents reprochent aux gouvernants de mensonges de toute sortes et de jouer de peurs infondées au service de leurs agendas politiques.
Combien d’homélies condamnent la récrimination en évoquant la récrimination des juifs contre Jésus (Jean, 6, 41)! Pourtant est-il condamnable de récriminer contre ce que chacun estime procéder du mensonge?
La lecture du jour distingue bien ce qui relève de la récrimination contre un pouvoir temporel et contre Dieu (Nombres 21,4b-9): « En ces jours-là, en chemin à travers le désert, le peuple perdit courage. Il récrimina contre Dieu et contre Moïse. » N’est-ce pas, précisément, quand on perd courage qu’on récrimine ? Mais dans le cas du peuple juif, il récrimine contre Dieu et Moïse, son représentant temporel. Quand nous récriminons contre tel ou tel pouvoir, celui-ci est-il le représenta de Dieu?
En l’occurrence, Dieu réagit : « Alors le Seigneur envoya contre le peuple des serpents à la morsure brûlante, et beaucoup en moururent dans le peuple d’Israël ». Est-ce parce que nous récriminons que nous devons affronter tant de maux aujourd’hui?
Peut-être, sans en avoir conscience, sommes nous en pleine récrimination contre Dieu, en rêvant de notre toute puissance plutôt que de celle de Dieu, en n’acceptant pas qu’Il est notre créateur.
Sommes-nous prêt à reconnaître comme le peuple juif: « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. »
Moïse intercéda pour le peuple et, à la demande du Seigneur, « Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie ». Aujourd’hui, face aux maux qui nous assaillent, sachons discriminer plus que récriminer, mais surtout, quand nous estimons être mordu par le Menteur, regardons vers La Croix. Elle seule nous sauvera.

Lundi 13 septembre 2021 -Bourg-en-Bresse (01) - Bourg-en-Bresse (01)= 5,5 km / 2046,9 km

Dans l’Évangile  du jour (Luc 7,1-10), on voit d’abord l’attitude de certains notables juifs face à l’occupant romain. Le centurion, « ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya des notables juifs pour lui demander de venir sauver son esclave ». Et les pharisiens disent à Jésus : « Il mérite que tu lui accordes cela; Il aime notre nation : c’est lui qui nous a construit la synagogue. » Nous aussi sommes capables de nous soumettre à toutes sortes de pouvoirs, y compris ceux jouant de peurs écologiques ou sanitaires, pourvu qu’on nous laisse tranquille. Benoît 16 écrivait en 2012: « l’homme contemporain est souvent bombardé de réponses à des questions qu’il ne s’est jamais posées ». Or les réponses qui nous sont proposées sont souvent des moyens de nous soumettre. Et nous nous laissons faire! De Gaulle  l'avait bien vu: « pour pouvoir continuer à dîner en ville, la bourgeoisie accepterait n’importe quel abaissement » ( extrait de « C’était de Gaulle », par Alain Peyrefitte).
Le centurion doit être conscient des pressions qu’il incarne puisqu’il dit à Jésus : « Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ». Quand nous « collaborons » avec les peurs ambiantes, nous nous soumettons des autorités temporelles. Le centurion en est conscient: « Moi, je suis quelqu’un de subordonné à une autorité ». Dès lors Jésus aime ce centurion : « Jésus fut en admiration devant lui. Il se retourna et dit à la foule qui le suivait : « Je vous le déclare, même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! ».
Demandons la foi de ce centurion.

Dimanche 12 septembre 2021 - Saint-Paul de Varax (01) - Bourg-en-Bresse (01) = 14,3 km / 2041,4 km

Saint Jacques, dans la lettre du jour (Jac 2, 14-18) nous interroge : « si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il? ». L’apôtre renvoie, en quelque sorte, dos à dos:

  • Le militant écologiste qui appelle les pays pauvres à ne pas suivre les modèles économiques du Nord, les condamnant à des modèles dé-carbonés invivables et rendant les pauvres encore plus pauvres.
  • Le dissident écologique qui sait que le réchauffement est dû aux variations solaires et que les émissions de CO2 n’y sont pour rien. Il leur reconnaît le besoin d’une énergie abondante et bon marché et qu’il n’y a pas mieux que le fuel en la matière, sans risque pour la planète.

Mais quand ces propos sont tenus, les pauvres auront-ils « de quoi manger tous les jours »?
Jacques avertît : « Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte »
Nous sommes bien misérables pour discerner ce qu’il faut faire. Or, pour faire quelque chose, il faut s’en donner le moyen. Pour ne rien faire, il suffit de trouver une excuse! Le Christ a porté sa croix à cause de ces misères. Dans l’évangile (Marc 8, 27-35), il nous dit: « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. »
Prions avec Edith Stein : « Aider à porter La Croix du Christ donne une allégresse forte et pure à ceux qui sont appelés et qui le peuvent… Aller de par les chemins poussiéreux et caillouteux de cette terre.. »

Samedi 11 septembre 2021 - Marlieux (01) - Saint-Paul de Varax (01) = 6 km / 2027,1 km

Quelle force dans la lecture de Saint Paul (1-Timothée 1, 15-17): « Voici une parole digne de foi, et qui mérite d’être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et  moi, je suis le premier des pécheurs. Mais s’il m’a été fait miséricorde, c’est afin qu’en moi le premier, le Christ Jésus montre toute sa patience, pour donner un exemple à ceux qui devaient croire en lui en vue de la vie éternelle. Au roi des siècles, Dieu immortel, invisible et unique, honneur et gloire pour les siècles des siècles, Amen ».
Oui! Seul le Christ sauve. N’attendons pas un salut écologique proposé par un homme tout puissant. Commençons par reconnaître que nous sommes le premier des pécheurs pour voir combien grande est la patience de Dieu. Prions pour devenir un exemple pour ceux qui attendent de croire en la vie éternelle.

Vendredi 10 septembre 2021 - Saint-André-de-Corcy (01) - Marlieux (01) = 20,3 km / 2021,1 km

Dans l’évangile (Luc,39-42), Jésus parle en parabole et demande: « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ». En pèlerinant, la tentation est grande de vouloir donner des conseils aux personnes en charge de la pastorale écologique, en les suspectant d’être bien aveugle sur les réalités écologiques. Et si le conseil était celui d’un autre aveugle? Quel est le trou qui nous menacerait tous ?  Comment faire de l’écologie un chemin d’évangélisation ? Benoit 16 a une réponse : « Silence et parole ». Silence sur tous ces sujets qui assaillent nos contemporains et les empêche de réfléchir aux questions essentielles du salut et de recevoir la parole.

Jeudi 9 septembre 2021 - Lyon (69) - Saint-André-de-Corcy (01) = 22 km / 2000,8 km

Reprise de notre retraite itinérante, après la pause estivale et familiale ! … et malgré le cap des 75 ans franchi pendant cette pause!
L’évangile du jour (Lc 6, 27-38), comme d’habitude éclaire cette reprise : « prêtez sans rien espérer en retour ». Le pèlerin prête ses forces pour prier la vierge. Qu’elle éclaire les équipes de pastorales écologiques pour que leurs projets soient authentiques et évangéliques. Le pèlerin n'espère rien d’autres en retour.
… et le pèlerin s'efforce de ne pas avoir de rancune contre ceux qui, inconsciemment, instrumentalisent Laudato si dans un sens écologique servant des idées catastrophistes. L’évangile nous y appelle : « aimez vos ennemis, faites du bien ». Aimer nos adversaires, c’est leur vouloir du bien! Non pas les aimer de manière affective mais en priant et agissant pour qu’ils découvrent une Vérité authentique. N’attendons pas qu’ils nous aiment en retour, mais soyons à l’écoute de la part de vérité contenue également dans leur discours.

Jeudi 24 juin 2021 - Haute-Rivoire (69) - Courzieu-la Giraudière (69) = 16,0 km / 1978,8 km

En cette fête de la Nativité de saint Jean Baptiste, l’évangile (Luc 1,57-66.80) se termine par « L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait ». C’est ainsi qu’il se préparait à sa mission. Comme lui, laissons l'Esprit nous faire grandir et fortifier la mission à laquelle nous sommes appelés. 

Mercredi 23 juin 2021 - Feurs (42) - Haute-Rivoire (69) = 16,6 km / 1962,8 km

Par le baptême, nous sommes appelés à être prêtre, prophète et roi. Prophète ? Le Christ dans l’évangile (Mat. 7,15-20) nous met en garde: « Méfiez-vous des faux prophètes ». Mais qu’est-ce qu’un vrai prophète ? Olivier Belleil en voit quatre critères dans la bible, 

  • il est envoyé par Dieu et reçoit une mission
  • Il porte fidèlement la parole de Dieu
  • Cette parole est donnée dans l’esprit Saint . C’est donc une parole vivante, agissante, incarnée et qui, souvent, dérange . Elle est donnée par oral, par des gestes ou accompagnée de signes
  • Son ministère est reconnu par le peuple de Dieu, pas toujours de son vivant, surtout quand on découvre a posteriori la véracité de son message.

Un faux prophète n’accomplit pas ces conditions :

  • Il se donne à lui-même sa mission, ou se met au service d’un pouvoir tiers pour l’honorer. Il en était ainsi des prophètes du royaume du Nord, après le schisme.
  • Il est infidèle au contenu du message en modifiant, mélangeant, altérant le message biblique, au lieu de ne rien y ajouter ni retrancher.
  • Il propose une doctrine qui n’est pas dans la vie
  • Cette doctrine n’est pas reconnue par le peuple de Dieu. Elle est hérétique au sens étymologique du mot, c’est à dire qu’elle coupe, sélectionne, sépare certaines parties du message divin en en rejetant d’autres ; ou bien elle coupe une communauté du reste du peuple de Dieu.

Quels sont pour nous les critères de discernement pour assurer cette mission de prophète qui est la nôtre ? La tentation est grande de se décourager et de se retirer comme certains prophètes dans leur grotte, dans des formes d’individualisme et de fatalisme, ou comme Elie qui chercha à échapper au courroux de la reine Jézabel (I Rois XIX, 1-3). Or l’évangile donne deux pistes:

  • s’efforcer de porter de bons fruits: « C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez ». On ne peut pas juger soi-même les fruits que l’on porte. Ce sont les autres qui en jugent.
    C’est d’ailleurs en général l’église, et en particulier les évêques, qui confirme celui qui porte une paternité spirituelle.
  • Se méfier des apparences que l’on donne et ne pas être de ceux qui sont « déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces ».

Dans nos engagements pastoraux, veillons donc à ne pas jouer de la crédulité des croyants qui nous entourent en jouant par exemple de la peur en annonçant une apocalypse dont la venu n’appartenait qu’à Dieu, ou en jouant de grands gestes de la main sur le cœur pour se donner de bonnes apparences.
Exercer notre vocation de prophète, c’est manifester, par nos actes, une parole guidée par l’Esprit Saint et de les poser avec et dans la communauté chrétienne. Et si nous nous replions dans une grotte, comme le prophète Elie, que ce soit pour prier et mieux affronter les prêtres de Baal sur le mont Carmel (I Rois XVIII) 

Mardi 22 juin 2021 - Boën-sur-Lignon (42) - Feurs (42) = 17,8 km / 1946,2 km

L’Ancien Testament prévoyait une règle morale sous sa forme négative : « Ne fais à personne ce que tu n’aimerais pas subir » (Tb 4, 15) ; Jésus la propose sous sa forme positive (dans Mat. 7,6, 12-14): « Faire aux autres tout ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous », ce qui est beaucoup plus exigeant.
Qu'est-ce que j'aimerais qu'on fasse pour moi pour que nous nous empressions à le faire pour quelqu'un d'autre? En politique, on aimerait tant recevoir l’aumône d’un peu de vérité. Pendant la crise du Covid-19 on aurait tant aimer un autre discours que celui de la litanie des décomptes quotidiens de morts dont on devine que l’objectif soit l’entretien d’une peur au service de mesures sanitaires contraignantes. Alors en matière de pastorale écologique, efforçons-nous de rechercher la vérité qui rendra libre et fuyons toute collaboration avec la peur.

Lundi 21 juin 2021 - La Valla-sur-Rochefort (42) - Boën-sur-Lignon (42) = 16,1 km / 1928,4 km

La recommandation de Jésus (Mat. 7,1-5) n’est pas si claire qu’il y paraît. Certes « tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? ». Jésus va même jusqu’à nous traiter d’hypocrite :« Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »
Saint-Paul, pourtant, a une remarquable page sur la correction fraternelle (Gal. 6,1). L'évangile (Matt 18, 16-18) ajoute une autre condition : être deux. Peut-être le but est-il d’éviter toute partialité quant à la poutre qui nous rend aveugle.
Un bon exercice spirituel peut consister à bénir celui que l’on a tendance à juger, c’est à dire lui vouloir du bien.

Dimanche 20 juin 2021 - Viscomtat (42) - La Valla-sur-Rochefort (42) = 20,1 km / 1912,3 km

L’évangile de ce dimanche est celui de la tempête apaisée (Mc 4, 37-38). Après la tempête, Jésus interpelle les disciples : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? ». Cette corrélation est à souligner: quand la foi diminue l’espace est comblée par la peur. De quoi n’avons nous pas peur en matière d’écologie ou de santé ? Chez les hébreux, la mer est symbole de la mort. Jésus maîtrise la mer comme il sera vainqueur de la mort. En perdant la foi, nos contemporains craignent de plus en plus la mort.
Cette corrélation date d’Adam et Ève. Ils n’ont pas eu foi dans la parole de Dieu et aussitôt après avoir mangé du fruit de la connaissance, ils disent qu’ils ont peur.

Samedi 19 juin 2021 - Thiers (63) - Viscomtat (42) = 18,0 km / 1892,2 km

Le texte de l’évangile du jour (Mat 6,24-34) est celui qu’avait retenu le Cardinal Scola, archevêque de Milan, le 17 novembre 2015, lors de son intervention au collège des Bernardins, sur le thème « Le Christ et l’univers » peu avant la COP21 sur le climat: « Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? ». Voilà une parole qui tombait bien au milieu des discours apocalyptique sur le climat ! À quoi bon ces mesures prétentieuses ? Le Christ ajoute: « Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? ... Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même».

L’évangélisation ne consiste pas à proposer des éco-gestes sans lendemain, que ce soit le soleil ou non qui est responsable du réchauffement climatique. Le Christ propose une autre voie: « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît ».
Saint-Paul, ce géant de l’évangélisation, n’hésite pas à parler de ce royaume que le Père nous réserve. Il parle d'expérience dans l’épître du jour (2Cor 12,1-10) en disant avoir été lui-même « emporté jusqu’au troisième ciel – est-ce dans son corps ? je ne sais pas ; est-ce hors de son corps ? je ne sais pas ; Dieu le sait ». Il parle de lui en affirmant que « cet homme-là a été emporté au paradis et il a entendu des paroles ineffables ». Saint Paul nous rassure, nous pourrons accéder au ciel malgré nos faiblesses. Lui même avoue avoir « reçu dans [sa] chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour [le] gifler, pour empêcher [qu’il se] surestime ».

Méditons ces textes en réfléchissant aux échardes qui nous harcèlent. Abandonnons-nous au Seigneur comme sainte Julienne de Norwich commentant le même évangile : « malgré notre sottise et notre aveuglement ici-bas, notre Seigneur en sa courtoisie nous regarde sans cesse avec bienveillance et avec joie. Le plus grand plaisir que nous puissions lui faire, c'est d'en être convaincus vraiment et avec intelligence, et de nous en réjouir avec lui et en lui. Car, de même que nous serons à tout jamais dans la béatitude de Dieu, le louant et le remerciant, de même nous sommes depuis toujours dans sa prévoyance : en son dessein éternel, il nous a aimés et connus avant l’origine des temps ». (Livre des révélations, trad. R. Maisonneuve, coll. Sagesses chrétiennes ; Éd du Cerf 1992, p. 266-267 rev.)

Vendredi 18 juin 2021 - Lezoux (63) - Thiers (63) = 14,2 km / 1874,2 km

Dans l’évangile (Mt 6, 19-23), il est question de trésor. Quels sont nos « trésors sur la terre »? Ceux qui sont engagés dans la pastorale écologique, considèrent souvent leur discours comme leur plus grand trésor, que ce soit un système de pensée autour de « l’écologie intégrale » pour les uns, ou pour une conversion à « l’intégralité de l’écologie » pour les autres.
Mais Jésus recommande plutôt : « faites-vous des trésors dans le ciel ... Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ».
Quel est l’état de notre cœur dans les pastorales que nous proposons ? S’agit-il d’une recherche de gloire personnelle ? S’agit-il d’une justification de systèmes de pensée que nous développons depuis toujours ? Alors, dit Jésus « si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »
Demandons la grâce d’un cœur qui s'attache à Dieu et non à nos discours.

Jeudi 17 juin 2021 - Vertaizon (63) - Lezoux (63) = 10,7 km / 1860,0 km

À propos de l’évangile du jour, (Matthieu 6,7-15), Benoît 16 dit que « L’homme d’aujourd’hui ne perçoit sans doute pas la beauté, la grandeur et le réconfort profond contenus dans le mot père ». Olivier Belleuil rappelle les fonctions attribuées au Père :

  • Tu es celui qui sépare pour mieux distinguer chaque chose créée, par exemple la lumière et les ténèbres, un peu comme le père coupe le cordon ombilical de son fils pour éviter une fusion et distinguer la mère et l’enfant
  • Tu es celui qui fixe la loi, une loi de vie et de liberté qui aide l’enfant à se construire
  • Tu es principe de réalité pour apprendre à l’enfant qu’il est incarné et doit se confronter avec le réel
  • Tu es celui qui confirme l’identité pour donner confiance et courage
  • Tu es tendresse comme un père vis à vis de son fils prodigue
  • Tu es promesse quand tu nous invite à partir, promesse que tout sera bénédiction dans l’avenir
  • Tu es source de confrontation que tu n’évites pas, sachant que c’est pour son enfant un chemin de croissance dans la foi

La prière du « Notre père » trouve un enracinement dans la prière juive du Kaddish qui est à la fois

  • Prière de sanctification du nom de Dieu imprononçable, contrairement à celui des animaux que Adam nomme, parce qu’il a appris à les connaître et que cette connaissance est source de domination
  • Prière pour que le règne de Dieu vienne sur Terre
  • Prière de demande d’être exaucé par Dieu le père

Mercredi 16 juin 2021 - Clermont-Ferrand (63)  Vertaizon (63) = 17 km / 1849,3 km

Dans l’évangile (Mat. 6,1-6.16-18), prière, aumône et jeûne sont présentés comme des évidences vers un chemin d’unité intérieure, comme des chemins vers Dieu.
« Quand tu fais l’aumône,...Et quand vous priez... Et quand vous jeûnez, ... ». Tout cela paraît une évidence ! Demandons la force de pratiquer ces vertus mémé quand on est convaincu que l’enjeu n’est pas utilitariste, n’est ni un mode de vie frugal pour sauver la planète ni pour régler des problématiques de commerce entre le Nord et le Sud.  L’enjeu est celui de notre relation avec le Père : «  récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.... de ton Père qui est présent au plus secret... ton Père qui voit au plus secret te le rendra ».
Jésus fait l’éloge de la discrétion même si dans tous ces actes il y a toujours une dimension sociale.

Mardi 15 juin 2021- Clermont-Ferrand (63) = 0 km / 1832,3 km

L’évangile du jour (Mt 5, 43-48) se termine par: « Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » Mais qu’est ce que la perfection ? Ce n’est pas un idéal illusoire consistant à être sans défaut. Ce serait, là, une forme de narcissisme.
Pour St-Thomas, la perfection est l’accomplissement de la nature, la réalisation de ce qui est bon pour nous.
Être parfait comme le père, c’est lui ressembler comme un enfant ressemble à son père. Demandons la grâce de réaliser notre condition de "fils du père".
Pour cela il faut avoir des relations avec tous les fils d’un même père,

  • non seulement ceux d’une fraternité d’appartenance (amis, coreligionnaires, voisins,...). Mais, «  si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? »
  • non seulement ceux qui nous sont étrangers, différents (autres...), cela nécessite un déplacement et une ouverture de soi ;
  • mais il faut aimer celui qui ne m’aime pas (« ennemi »), celui qui ne m’aime pas parce qu’il ne partage pas la même vision que moi de la pastorale écologique; « Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ». Même Jésus a eu des ennemis! Aimer son ennemi, c’est vouloir son bien, son bonheur sur Terre et son salut éternel. Ce sont eux aussi les fils du Père qui fait tomber la pluie sur nos ennemis. « Votre Père ... fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes ».

Lundi 14 juin 2021 - Abbaye ND de Randol (63) - Clermont-Ferrand (63) = 20,1 km / 1832,3 km

La tentation est grande, lors de conflits entre les personnes, y compris dans les conflits de pensée et controverses, de « mettre de l’huile sur le feu ».  Jésus appelle dans l’évangile (Mt 5, 38-42) à sortir du cycle de la violence que constituait la loi biblique: « Œil pour œil, et dent pour dent ». Les cycles de violence génèrent de l’injustice et, se termine sans vainqueurs ni vaincus mais dans un univers de haine et de peur.
La solution évangélique n’est pas à prendre à la lettre: «  si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ». L’évangéliste propose une dynamique qui est un chemin: « À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! ».
Ainsi, suite à une tristesse du pèlerin de voir la difficulté à engager le dialogue écologique dans l’église, Fabien Revol a su proposer une dynamique d’échange. Le titre « l’écologie, nouveau jardin de l’église » a été assorti d’un sous titre :  « dialogue et controverse pour que justice et paix s’embrassent ». Le débat ne se limite pas à « argument pour argument, oeil pour œil », mais est réellement constructeur de paix dès lors qu’aucun des partis « ne tourne le dos » à son contradicteur.

Dimanche 13 juin 2021 - Abbaye ND de Randol (63) = 0 km / 1812,2 km

Nous sommes parfois découragés par ces temps d’indifférence religieuse et de baisse de la pratique de la foi. Comment se fait-il qu'après tant d'années de prédication de l’Évangile, le monde soit encore si rempli de méchanceté ? Comment expliquer la déchristianisation progressive de l'Occident ?
L’évangile du jour répond : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé ».
La sagesse orientale dit de ne pas pousser la rivière, elle coule toute seule. Dieu agit. À quel moment être patient ou actif; à quel moment nous devons semer et à quel moment nous devons attendre et prier? Cet évangile est un appel à imiter le semeur tranquille. L’évangélisation du monde a commencé avec un petit groupe, et elle a fait le tour de la planète. Puis, est venu le temps de l'essoufflement. Les nations qui avaient accueilli l'Évangile avec le plus de ferveur,  comme l'Europe  se sont refroidies. C'est maintenant le temps de la nouvelle Évangélisation, de la germination.  La semence est là; c’est à la terre de travailler, c’est-à-dire à nous les chrétiens. Les paraboles rapportées par Marc nous invitent à la patience. L’évangélisation n’est pas une mission exercée ni par la contrainte ni la collaboration avec la peur écologique, mais par une annonce lente de la bonne nouvelle.

Samedi 12 juin 2021 - Issoire (63) - Abbaye ND de Randol (63) = 24,0 km / 1812,2 km

L’évangile du jour (Luc 2,41-51) nous donne Jésus en exemple  dans sa relation à Marie et Joseph: «  il leur était soumis ».
Marie est notre mère et est la figure de l’Eglise. Puissions-nous-mêmes Lui être soumis.... même quand on ne comprend rien à ce qu’il se passe. Marie, elle même, et Joseph, après avoir retrouvé Jésus au temple « furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait ». Nous ne comprenons pas pourquoi Laudato si attache une telle importance à la question climatique. Soyons comme Marie qui « gardait dans son cœur tous ces événements ».  Nous pourrions chercher la réponse dans la prière, mais comme Marie, il nous arrive de perdre la présence du Christ: «  le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher. C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple ». Ces périodes où on se sent perdu peuvent durer. Trois jours pour Marie à du lui sembler une éternité !
Demandons la grâce de la soumission et l’église et une foi totale à l'image de Marie.

Vendredi 11 juin 2021- Lempdes-sur-Allagnon (43) - Issoire (63) = 22,0 km / 1788,2 km

L’évangile du jour (Jean 19,31-37) apporte un éclairage au pèlerin qui médite intensément sur la question de savoir si l’écologie est ou non un « chemin d’évangélisation ». Curieusement cette expression est peu utilisée par le magistère. Seul Benoît 16 a développé le thème dans son message à la 46ème Journée mondiale des communications sociales (2012). Le titre de son message a de quoi surprendre: « Silence et Parole : chemin d'évangélisation »!

Il faut commencer, dit Benoît 16, par être à l’écoute  « des questions en quête de réponses... l'homme contemporain est souvent bombardé de réponses à des questions qu’il ne s’est jamais posées et soumis à des besoins qu’il n'aurait pas ressentis ».
S’il n’y avait pas ce matraquage quasi quotidien, nos contemporains auraient-ils ressenti le réchauffement climatique, le trou d’ozone, ou la prétendue acidification des océans? Si l’écologie devait être un chemin d’évangélisation, il faudrait commencer par écouter, sans prendre parti sur l’analyse scientifique des problématiques contemporaines.
Benoît 16 a une réponse: « Le silence est précieux pour favoriser le nécessaire discernement parmi tant de sollicitations et tant de réponses que nous recevons, précisément pour reconnaître et focaliser les questions vraiment importantes. ... 'invitation à la réflexion et au silence. Parfois, celui-ci peut être bien plus éloquent qu’une réponse hâtive et permettre à qui  s’interroge de descendre au plus profond de lui-même et de s'ouvrir à ce chemin de réponse que Dieu a inscrit dans le cœur de l'homme.... ».
Cette réponse fait étonnamment écho à la recommandation du concile qui veut que « les pasteurs n’ont pas de réponse à apporter à toutes les questions mêmes graves », car «  ce n’est ni de leur compétence ni leur mission ».

Silence donc sur ces sujets que l’église appelle « prudentiels », non pour s’en désintéresser mais pour faciliter l’écoute des sentiments qu’ils induisent ! Silence qui s’impose d’autant plus que, « dans le domaine des interventions d’ordre prudentiel, il est arrivé que des documents magistériels ne soient pas toujours exempts de déficiences. Les Pasteurs n’ont pas toujours perçu aussitôt tous les aspects ou toute la complexité d’une question. (…) Certains jugements du Magistère ont pu être justifiés à l’époque où ils furent prononcés (…) Ce n’est souvent qu’avec le recul du temps qu’il devient possible de faire le partage entre le nécessaire et le contingent » (Instruction Donum veritatis de la Congrégation pour la doctrine de la foi, 1990)

Mais après le silence et l’écoute des peurs de chacun, vient le temps de la parole, pour, dit toujours Benoît 16, « aider les personnes, non seulement à se retrouver elles-mêmes, mais aussi à retrouver  la Vérité qui donne sens à toutes choses. Le Dieu de la révélation biblique parle également sans paroles : « Comme le montre la croix du Christ, Dieu parle aussi à travers son silence. ... Si Dieu parle à l'homme aussi dans le silence, de même l'homme découvre dans le silence la possibilité de parler avec Dieu et de Dieu ».

C’est bien ce sur quoi insiste l’évangile (Jean 19,31-37): « Jésus venait de mourir... ». L’évangéliste nous donne la priorité pour l’évangélisation: témoigner! « Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez ».
Croire en un fait historique : « c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi) ». Les historiens sont formels: sous Ponce Pilate (entre 26 et 36) deux dates sont possibles pour qu’un shabat tombe le jour de la pâque, 7 avril 30 ou 3 avril 33.
L’évangile continue : « il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque ». Pourquoi cela? Cette règle remonte à Deuteronome 21, 22-23: « Si un homme, coupable d'un crime capital, a été mis à mort et que tu l'aies pendu à un arbre, son cadavre ne pourra être laissé la nuit sur l'arbre ; tu l'enterreras le jour même, car un pendu est une malédiction de Dieu, et tu ne rendras pas impur le sol que Yahvé te donne en héritage ».

Benoît 16 nous dit: « Nous avons besoin de ce silence qui devient contemplation et qui nous fait entrer dans le silence de Dieu pour arriver ainsi au point où naît la Parole, la Parole rédemptrice ». Aidons ceux que nous voulons évangéliser à contempler ce mystère de Dieu qui s’est fait malédiction pour nous donner la bénédiction (Galates )

L’évangile poursuit : « Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus ».
Pour faire mourir les suppliciés plus vite, on leur brise les jambes avec une masse. Ne pouvant plus s’appuyer sur le bois de la croix, les  deux larrons meurent d’asphyxie! Mais, «quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau ».
Aidons ceux que nous voulons évangéliser à méditer sur ce témoignage de Jean qui renvoie :

  • à Exode 17, 1-6: le peuple d’Israel est assoiffé... Dieu demande à Moise de frapper un rocher et il en sort une source d’eau vive qui va étancher la soif d’Israel. Jésus est ce rocher qui est frappé par le soldat et de son cœur sort l’eau vive.
  • À Ezechiel 47, 1-12 : le prophète a une vision d’un temple mystérieux dont sort une source qui va devenir un fleuve infranchissable dont l’eau assainît, féconde, guérit, revivifie la mer morte. Jésus est ce temple véritable dont Jean dit qu’il sort une source.

L’évangéliste insiste sur l’importance de se référer à la bible : « Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé ». Ces passages renvoient à :

  • À exode 12, 46: Les rituels des sacrifices d’agneaux dont le sang purifie des péchés . Et les os des agneaux pascals ne devaient pas être brisés. Jésus est l’agneau pascal véritable dont ceux de l’ancien testament ne sont que les figures.
  • À Zacharie 12, 10: « ils regarderont vers moi. Celui qu'ils ont transpercé, ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique; ils le pleureront ». Ce spectacle de La Croix nous convertit.

C’est, pour en terminer avec le message de Benoît 16 sur l’évangélisation, « de cette contemplation [que] naît dans toute sa force intérieure l'urgence de la mission, la nécessité impérieuse « de communiquer ce que nous avons vu et entendu », pour que tous soient en communion avec Dieu ».
L’écologie n’est donc peut-être pas le chemin d’évangélisation que l’on croit, sauf à se contenter d’un silence facilitant l’écoute des peurs contemporaines et d’une parole centrée sur La Croix du Christ. Comme le dit Benoît 16, «  le silence devient essentiel pour discerner ce qui est important de ce qui est inutile ou accessoire ».

Jeudi 10 juin 2021 - Brioude (43) - Lempdes-sur-Allagnon (43) = 14,0 km / 1766,2 km

Le moins qu’on puisse dire est que Jésus dans l’évangile (Matt. 5,20-26) ne fait pas confiance à la justice des hommes de son temps: « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux ». Qui d’ailleurs fait confiance à la justice ? Honoré de Balzac a même été jusqu’à affirmer qu'« un mauvais arrangement vaut mieux qu'un bon procès ». C’est d’ailleurs ce que recommande Jésus :  « Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison ».
Quels sont donc ces motifs de démêlés avec nos proches dont parle Jésus ? « meurtre, colère, insulte,... ». Jésus met tout dans le même sac! A-il raison de dire que cela mérite la « géhenne de feu? » . Aujourd’hui, on dirait « sept ans de guillotine » pour montrer la gravité de ces relations.
Nous serons condamnés à ne pas entrer au royaume car le Christ dit bien qu’il est inutile de chercher une relation cultuelle si on ne rétablit pas ses relations fraternelles : « lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande ».
Concrètement, demandons la grâce de ne plus brandir les invectives dans nos débats écologiques, ni le mépris à l’endroit de ceux qui ne partagent pas nos idées.

Jeudi 27 mai 2021 - La Chomette (43) - Brioude (43) = 11,7 km / 1752,2 km

Dans l’évangile ( Marc 10,46b-52), l’aveugle Bartimée n’a qu’un cri: « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! ». Pour le pèlerin, ce cri fait penser à la litanie du pèlerin russe: « Seigneur Jésus, fils de Dieu, prends pitié de moi, pécheur ».
Quand Jésus l’entend, il ne l’appelé pas mais, « Jésus s’arrête et dit : "Appelez-le" » Certains appels de Jésus ne sont pas directs mais passent par nous, par l’Eglise. Demandons la grâce de montrer Jésus à nos contemporains, de ne pas leur montrer de faux dieux. L’évangélisation a pour but que les aveugles voient.
Quand Jésus s’approche, c’est pour dire à l’aveugle : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? ». Il n’est pas toujours aisé de savoir que demander dans nos prières. Mais Jésus, pour nous guérir, attend un minimum de collaboration de notre part: sans foi personnelle, Jésus ne fera rien: « Va, ta foi t’a sauvé ».

Mercredi 26 mai 2021 - Sainte-Eugénie de Villeneuve (43) - = 18,3 km / 1740,5 km

Dans l’évangile du jour (Mc 10, 32-45), Jésus ne cache pas la Vérité quand les disciples ont peur : « ils étaient saisis de frayeur... Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort, ils le livreront aux nations païennes, qui se moqueront de lui, cracheront sur lui, le flagelleront et le tueront, et trois jours après, il ressuscitera ».
C’est quand la situation devient grave qu’on commence à avoir des idées mal ajustées : « Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : " ... Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire". » Les sentiments humains se mêlent, bons et mauvais, désir d’être proches de Jésus, mais également soif d’une gloire peut-être un peu trop humaine! Dès lors la jalousie s’empare des proches : « Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean ». Indignation? Mais peut-être aussi un peu de jalousie. Dans le petit monde de la pastorale écologique, les uns aimeraient faire partie des délégations ad’hoc auprès du Pape pour parler écologie. Les autres sont indignés que les premiers puissent rencontrer nombre d’évêques.
Jésus n’hésite pas à nous remettre tous à notre place: « Vous ne savez pas ce que vous demandez ». Alors que faire? Que demander? Jésus répond : « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous : car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ». De l’importance de demander la grâce du discernement pour servir le bien commun dans nos réunions pastorales.

Mardi 25 mai 2021 - Loudes (43) - Sainte-Eugénie de Villeneuve (43) = 12,2 km / 1722,2 km

En ce jour de sainte Catherine de Sienne, l’évangile du jour (Marc 10,28-31) prend une saveur particulière: « nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, ... une terre sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple ». Quelle terre faut-il donc quitter?
Avant le départ en pèlerinage, un frère, me disait fort justement : « ne te prends pas pour sainte Catherine de Sienne à vouloir convertir l’Eglise à travers sa pastorale écologique ». Pourtant tant de pasteurs interprètent bien mal Laudato si.
Quel retour au centuple espérer? Celui d’un véritable amour de l’église. Paul VI, dans son audience du 30.4.1969, donne Ste Catherine de Sienne comme modèle d’amour de l’église: « D'abord, sainte Catherine a aimé l'Eglise dans sa réalité... », dans son aspect « humain, historique, institutionnel, concret, mais jamais séparé de l'aspect divin. Il faut se demander si nos critiques actuelles de l'aspect institutionnel de l'Eglise sont en mesure de noter cette simultanéité »... Elle aima « cette Eglise dans le temps, juridique, personnifiée par des hommes faits de l'argile d'Adam, et animés des dons de l'Esprit Saint... Catherine n'aime pas l'Eglise pour les mérites humains de qui lui appartient ou la représente. Si on pense aux conditions dans lesquelles se trouvait l'Eglise alors, on comprend bien que son amour avait bien d'autres motifs; et on le déduit du langage libre et franc avec lequel Catherine dénonce les plaies de l'organisation ecclésiastique de cette époque en invoquant la réforme. Sainte Catherine ne cache pas les fautes des hommes d'Eglise, mais tout en s'élevant contre cette décadence, elle la considère comme une raison supplémentaire et une nécessité d'aimer davantage ».
Renoncer à rêver d’une église pure permet de recevoir au centuple un amour de l’église pour de vraies raisons: Paul VI poursuit  en expliquant que le vrai motif de l’amour de Sainte Catherine pour l’Eglise réside dans « la mission de l'Eglise, la dignité sacerdotale, la fonction sacramentelle, ... la vérité première et fondamentale que l'Eglise conserve et communique aux âmes, la réalité de l'amour de Dieu pour ses créatures ».

Lundi de Pentecôte 24 mai 2021 - Le Puy-en-Velay (43) - Loudes (43) = 16,0 km / 1710,0 km

« Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Telle est la question que se pose le jeune riche dans l’évangile (Marc 10,17-27).
Jésus évoque six des dix commandements, ceux qui concernent nos relations avec autrui. Cela semble facile! Il n’empêche que c’est suffisant pour que « Jésus pose son regard sur lui, et il l’aima ». Pas toujours facile de nommer ce qui en nous est difficulté à accueillir le regard aimant de Jésus sur nous.
Jésus ajoute  : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » C’est de plus en plus difficile de discerner ce à quoi il faut renoncer: quels biens ? Quelles convictions ? Quelles relations ?
La réponse réside dans le récit évangélique : le jeune homme « à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste ». Nommer ce qui nous rendrait triste à la seule idée d’y renoncer est un chemin de discernement. Réciproquement. Il nous faut demander sans cesse la joie évangélique.

Dimanche 23 mai 2021 de Pentecôte - St-Julien-Chapteuil (43) - Le Puy-en-Velay (43) = 19,2 km / 1694,0 km

« Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble » (Act. 2,1-11). La Vierge est présente ce qui lui vaut d’être fêtée le jour de la Pentecôte... tout particulièrement au Puy en Velay.
Au Vème siècle, alors qu’à Ephèse un Concile reconnaît la justesse du titre de « Mère de Dieu » donné à la Vierge Marie, un premier sanctuaire est construit sur le mont Anis, celui que domine aujourd’hui la cathédrale Notre-Dame de l’Annonciation.
La légende rapporte que la Vierge serait apparue à une femme, percluse de douleurs, lui annonçant sa guérison et demandant que l’on construise une église à ce lieu ce qui fut fait en 480 à l’emplacement de l’actuel de la cathédrale.
En 1254, Saint Louis vient en pèlerinage au Puy-en-Velay. Il aurait offert la première Vierge Noire à son retour de la 7ème croisade. 
Le 8 juin 1794, jour de la Pentecôte devenu jour de la fête de l’Etre suprême, la première statue de la Vierge Noire est brûlée sur la place du Martouret par les ultra-révolutionnaires. Une nouvelle statue fut solennellement couronnée sur la place du Breuil, en présence de son peuple et de toutes les autorités, le 8 juin 1856. Elle fut ramenée en procession triomphale à la cathédrale. Elle y a été placée là où on peut la voir aujourd’hui : au-dessus du maître-autel.
Le 12 septembre 1860, la statue de Notre Dame de France est inaugurée. 120 000 personnes ont fait le déplacement. Elle surprend par sa taille : 22,70 mètres ; Son poids : 835 tonnes. Sa construction a été possible grâce au don, par Napoléon III, de 213 canons pris lors de la bataille Sébastopol le 8 septembre 1855 durant la guerre de Crimée.
La Vierge Noire invite ses enfants à se confier pour accueillir en soi le calme et la bonté. On vient au Puy pour déposer sur la pierre de l’Apparition ses peines et ses souffrances, ses espoirs et sa prière.

Samedi 22 mai 2021 - Fay-sur-Lignon (43) - St-Julien-Chapteuil (43) = 18,4 km / 1674,8 km

L’évangile du jour (Jean 21,20-25) relate la suite de la conversation de Jésus avec Pierre dans laquelle il lui laisse entendre que Pierre mourra sur une croix. Par curiosité, Pierre voudrait savoir ce qu’il adviendra de Jean: « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. »
Jésus nous dit à nous aussi de le suivre et de ne pas s’occuper de la mission à laquelle il appelle les autres. La réponse de Jésus évoquant son retour imprévisible nous incite à demander la grâce d’être prêt pour le retour du Christ.

Vendredi 21 mai 2021 - Saint-Agrève (07) - Fay-sur-Lignon (43) = 12,9 km / 1656,4 km

Dans l’évangile du jour (Jn 21, 15-19), Jésus demande à trois reprises à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Trois fois de suite, Pierre lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Trois fois ! Comme le nombre des reniements ! Pierre ne devait pas être fier! 
Mais à chacune des réponses, Jésus confirme Pierre dans sa mission: « Sois le berger de mes agneaux. »
La leçon vaut pour nous: nous ne pouvons pas prétendre être investi d’une mission, en particulier pastorale, si nous n’aimons pas Dieu et donc ceux vers qui nous sommes appelés. Certes, tout chargé de mission doit se former, par exemple au débat contradictoire entre ceux qui croient à la cause anthropique défendue par le Giec, ou ceux qui sont convaincus que la période chaude contemporaine est due aux variations d’activité solaire. Il est important d’avoir étudié les deux dossiers. Mais ce n’est pas suffisant : aucune pastorale ne sera possible si les premiers n’aiment pas les seconds et réciproquement, d’un amour qu’ils tiennent du Christ lui-même.
Dans les deux cas, il faut savoir s’en remettre à Dieu. Le Christ le dit clairement à Pierre: « Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, ... c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »  Le chemin de la mission n’est pas toujours celui qu’on voudrait suivre. Certes, la mission ne conduit pas à la mort en croix comme celle qu’a subi Pierre, mais Jésus nous appelle à nous laisser conduire sur la manière de « rendre gloire à Dieu ». L’évangile se termine d’ailleurs par: « Sur ces mots, il lui dit : Suis-moi. »

Jeudi 20 mai 2021 - Les Nonières de Belsentes (07) - Saint-Agrève (07) = 13,0 km / 1643,5 km

Pour Paul, Jérusalem était la ville de sa vie courante. Rome, à son époque, était la ville de tous les pouvoirs temporels, là où s’exerçait en quelque sorte la gouvernance mondiale des principaux pays connus. Dans les actes des apôtres, (Act. 22,30.23,6-11), « le Seigneur vint auprès de Paul et lui dit : Courage ! Le témoignage que tu m’as rendu à Jérusalem, il faut que tu le rendes aussi à Rome. » Nous sommes appelés à rendre témoignage là où nous vivons, mais également dans les instances où s’exercent le pouvoir. Demandons la grâce de discerner où exactement.

Mercredi 19 mai 2021 - St-Barthélémy de Grozon (07) - Les Nonières de Belsentes (07) = 13,6 km / 1630,5 km

Nous ne reviendrons pas sur l’évangile du jour (Jn 17, 11b-19), la prière sacerdotale du Christ que l’Eglise proposais déjà dimanche dernier, 16 mai.

Mardi 18 mai 2021 - Boffres (07) - St-Barthélémy de Grozon (07) = 15,6 km / 1616,9 km

Dans l’évangile du jour (Jean 17,1-11a), les mots « gloire,... glorification » reviennent six fois. Jésus, dans sa prière, évoque cette gloire: « la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe ». La très belle « romance de la création » de saint Jean de La Croix dit la même chose: « Au commencement ... Ce même Verbe était Dieu… il était le commencement lui-même… Le Verbe, qui naissait du commencement, se nomme Fils… Et ainsi, la gloire du Fils est celle qu’il avait dans le Père; et le Père possédait toute sa gloire dans le Fils » .
Cette gloire est une caractéristique de Dieu et elle se manifeste dans le ministère de Jésus : « Je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire ». Cette gloire se manifeste  pleinement dans sa mort et sa résurrection :  « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie ».
Cette gloire, et cela donne le vertige, sera partagée aux hommes: «J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole....  je suis glorifié en eux ». Tel était le projet de Dieu pour l’homme. St-Jean de La Croix le fait dire par Dieu dans sa romance de la création : « Je voulais te donner, mon fils, une épouse qui t’aime qui, grâce à toi, mérite de nous tenir compagnie et de manger le pain à une même table, de ce même pain que moi je mangeais, pour qu’elle connaisse les biens qu’en un tel Fils je possédais et qu’elle se réjouisse avec moi de ta grâce et de ta vigueur.... Je t’en remercie beaucoup, Père, lui répondait le Fils: à l’épouse que tu me donnerais, moi je donnerais ma lumière, pour qu’elle voie, par elle, tout ce que mon Père valait et comment l’être que je possède, je le recevais de son être. Je dois l’appuyer sur mon bras et en ton amour elle s’embraserait, et avec une éternelle joie exalterait ta bonté ».
On voit que saint Jean de la Croix rompt avec saint Thomas pour qui la raison de l’Incarnation, c’est le rachat du péché, «  propter nostram salutem ». Nous voyons ici Dieu décider, pour le plaisir, d’associer une épouse à son Fils. Il n’y a pas d’autres raisons à la création que cette surabondance d’amour du Père voulant donner à son Fils un supplément de joie et l’acceptation du Fils pour donner à son Père un supplément de gloire en Lui présentant une épouse digne de Lui.
La splendeur de la gloire de Dieu est donc appelée à resplendir dans les chrétiens. Telle est la bonne nouvelle à ne pas oublier d’intégrer dans nos pastorales écologiques si nous voulons qu’elles participent à l’évangélisation.
Concrètement, pour nous, la glorification viendra « en accomplissant l’œuvre que Dieu nous aura donné de faire ». Car, comme le dit le Concile: « l’attente de la nouvelle terre, loin d’affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller…. Tous ces fruits de notre nature et de notre industrie que nous aurons propagés sur terre,… nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son père un royaume éternel et universel ».
La grâce à demander par cet évangile est donc de glorifier Dieu par notre vie.

Lundi 17 mai 2021 - Valence (26) - Boffres (07) = 18,7 km /  1601,3 km

Belle parabole que l’étape du jour! Partir de Valence, ancienne ville de l’empire, et traverser le Rhône pour aller vers le Royaume!

  • L’empire, le saint Empire Romain germanique, lieu de tous les combats entre le pouvoir temporel et la papauté! Aujourd’hui, on penserait plutôt à l’empire Onusien qui s’acharne contre les représentants du Vatican sur tant de terrains de jeux: la santé reproductive et sexuelle, cachant la promotion de l’avortement, et des diverses formes de genres LGBT ainsi que certaines problématiques écologiques planétaires (climat, ozone,...) qui sont présentées comme globale pour justifier une gouvernance mondiale dans laquelle l’Eglise peine à introduire le principe de subsidiarité. Le combat est difficile et Laudato si a pris la précaution de dire que l’Église n’avait pas de compétence sur ces questions écologiques, se contentant d’appeler à un débat bien difficile à mettre en place (nº 61 et 188)
  • Quitter l’empire du monde pour monter vers le royaume de France n’est pas facile en face de Valence! Il faut atteindre les sommets du Vivarais! 500 m de dénivelés pénibles. Certes, le royaume de France n’avait rien d’idyllique. Cette montée fait penser à nos cheminements vers le royaume et la Terre Nouvelle ! Les chemins sont tortueux et pierreux ! L’évangile du jour (Jean 16,29-33) nous dit simplement ceci : « Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »

Telle est la bonne nouvelle : le Christ a vaincu le Mal. Comme le jour du débarquement, la guerre était gagnée. Il restait encore des opérations de nettoyage pour atteindre le but final.

Dimanche 16 mai 2021 - Abbaye ND de Triors (26) = 0 km / 1582,6 km

Ce dimanche nous offre (Jn 17, 11b-19) à méditer la belle prière sacerdotale du Christ qui, comme grand prêtre, intercède auprès de Dieu pour ses disciples... et donc pour chacun de nous. C’est un modèle à méditer pour notre propre prière. Le Christ nous apprend à demander:

  • le don de l’unité:
    « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné ».  Jésus ne demande pas d’éliminer « celui qui s’en va à sa perte ... Je ne prie pas pour que tu les retires du monde ». Ce serait une unité artificielle comme celles dont rêvent les constructeurs de consensus mondains.
    Nous pouvons prier pour l’unité de nos communautés chrétiennes même, et surtout, quand nos approches de pastorales écologiques pourraient nous diviser. Le risque existe que certains ne veuillent plus laisser parler les autres.
  • Le don de la joie :
    «  je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés », ...cette joie  a pour source le don du Christ : « Moi, je leur ai donné ta parole ».
    Il y a, souvent, dans saint Jean, deux formes de joie spirituelle: la joie d’aimer Dieu, celle d’être aimé de Lui et la joie de la vérité, de découvrir que la vie a un sens, de savoir d’où je viens, où je vais et pourquoi je vis.
  • La protection contre le Mal
    Jésus prie pour ses disciples, « pour que tu les gardes du Mauvais ». C’est le thème final du « Notre Père ». Garde-nous en particulier du Menteur, père de toutes nos peurs y compris ontologiques. Que le mensonge ne passe pas par nous.
  • Le don de la Vérité
    « Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité... Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. ». Certaines traductions préfèrent le mot « consacre les dans la vérité » au sens de nous faire passer du domaine des hommes à celui de Dieu. C’est en étant dans la vérité que cette consécration peut s’opérer. Cette vérité concerne les quatre relations de l’écologie intégrale: vérité dans notre relation avec Dieu, dans notre relation avec nous mêmes, avec les autres et vérité sur notre relation avec le monde et avec le cosmos.

C’est pour cette unité que le Christ nous envoie en mission : « De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde ».

Samedi 15 mai 2021 - St-Marcel-les-Valence (26) - Abbaye ND de Triors (26) = 21,8 km / 1582,6 km

En ces temps envahis de toutes sortes de peurs, l’évangile du jour (Jean 16, 23b-28) donne une recette. Jésus dit aux disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite ».
Pour recevoir, il ne faut pas demander n’importe quoi au Père mais au nom de son fils, c’est à dire quelque chose que le fils aurait demandé au Père pour nous. Et alors notre joie, antidote de la peur, sera parfaite. Demandons la force de renoncer à la peur et de ne jamais collaborer au mensonge, source de la peur.

Vendredi 14 mai 2021 - Valence (26) - St-Marcel-les-Valence (26) = 7,5 km / 1560,8 km

Les actes des apôtres continuent à nous parler des débuts de l’Eglise après l’Ascension: les apôtres veulent choisir un disciple pour remplacer Judas ; « or il y a des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous ... Il faut donc que l’un d’entre eux devienne, avec nous, témoin de sa résurrection ». Celui qui est appelé à être disciple n’est pas celui qui sait, ni celui qui est le plus habile à trouver des solutions aux problèmes temporels de ce monde. C’est celui qui est prêt à témoigner du Christ ressuscité.
Pour témoigner, il ne suffît pas d’avoir vu. Après une prière à l’esprit, « On tira au sort entre eux, et le sort tomba sur Matthias, qui fut donc associé par suffrage aux onze Apôtres » (Act. 1,15-17.20-26).

Jeudi de l’Ascension 13 mai 2021 - Abbaye ND de Triors (26) = 0 km / 1553,3 km

En cette fête de l’Ascension, les textes de l’Eglise (Act. 1, 1-11) nous donnent de comprendre cet événement. Les apôtres ne s’y attendaient pas et auraient aimé continuer à vivre, même par intermittence avec le ressuscité. Ils continuaient à rêver : « Au cours d’un repas que [Jésus] prenait avec eux... , les apôtres l’interrogeaient : "Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ?" ». Comme eux, nous rêvons trop souvent à un salut temporel... nous nous acharnons à vouloir sauver notre planète alors que l’enjeu est celui de notre âme.
Or l’ascension est l’événement qui nous ouvre à notre divinisation promise, celle dont a si bien parlé saint Jean de La Croix : le Fils «  se ferait semblable à eux et qu’il s’en viendrait avec eux et habiterait avec eux; et que Dieu serait homme et que l’homme serait dieu et qu’il parlerait avec eux, mangerait et boirait… dans une mélodie éternelle. » (Romance 4 de la création). Dieu monte au ciel pour nous ouvrir la route vers cette mélodie d’amour éternelle.
Voilà qui pourrait illustrer ce que nous aimons appeler « l’écologie divine », celle qui a pour enjeu le respect de la nature deifiable de l’homme.
Certes, après l’Ascension, « se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : "Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?"». Nous sommes incarnés et les réalités terrestres ne doivent être ni niées, ni méprisées.
Le concile le dit bien : « l’attente de la nouvelle terre, loin d’affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller . ...  Car, …tous ces fruits de notre nature et de notre industrie, que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père « un Royaume éternel et universel : Royaume de vérité et de vie, Royaume de sainteté et de grâce, Royaume de justice, d’amour et de paix » (Gaudium et spes, n° 39-2 et 3 +Préface pour la fête du Christ Roi)
Nous sommes dans la joie de l’ascension, la joie de savoir que seul le Christ sera en capacité de transfigurer nos œuvres  à la fin des temps, en même temps qu'il nous divinisera.
La bonne nouvelle est dans l’annonce faite par Jésus avant son ascension: « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ».

Mercredi 12 mai 2021 - Saint-Romans (38) - Abbaye ND de Triors (26) = 18,0 km / 1553,3 km

Dans tous les textes qui précèdent la Pentecôte, l’église retient des textes expliquant ce qu’est l’Esprit que le Christ nous envoie. En cette vigile de l’Ascension, en Jn 16, 12-15, Jésus explique: « quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière ».
C’est ce que Jean-Paul II évoque dans  son encyclique « Foi et Raison » : « toute vérité atteinte (on pourrait l’écrire avec un petit v) n’est jamais qu’une étape vers la pleine Vérité (avec un grand V) qui se révèlera dans la révélation du Christ ».

Mardi 11 mai 2021 - Rovon (38) - Saint-Romans (38) = 17,0 km / 1535,3 km

Dans l’évangile du jour (Jn 16, 5-11) Jean revient sur le rôle du « Défenseur »: « je vous l’enverrai. Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde en matière de péché, de justice et de jugement ».
Le Christ détaille le sens de ce qu’il dit: 

  • En matière de péché, si on ne croit pas en Dieu, est-ce à dire que le premier péché est de ne pas croire?
  • En matière de justice, le défenseur, est l’« Esprit de justice », et, comme dans un procès, il va mettre en lumière les conditions du monde dans lequel nous sommes: les corruptions, les mensonges, et les injustices, qui rendent difficile, l’acte de foi en un Dieu dont aimerait qu’il n’accepte pas le mal
  • Mais, précisément, « en matière de jugement, ... déjà le prince de ce monde est jugé. ». Par la mort de son Fils, Dieu montre qu’il n’accepte pas le mal. Par La Croix, le mal est vaincu, le mensonge et la peur sont abattus.

Il nous appartient de faire en sorte que cet Esprit fasse son œuvre également en nous.

Lundi 10 mai 2021 - Voreppe (38) - Rovon (38) = 21,7 km / 1518,3 km

La Pentecôte approche et l’évangile du jour (Jean 15,26-27.16,1-4a) nous y prépare. Le Christ parle du « paraclet », nom grec juridique qui signifie «  avocat ». Nous en aurons  bien besoin car ici bas nous sommes souvent jugés. Le Christ nous prévient : « On vous exclura des assemblées » quand nous sommes suspectés de ne pas dire la vérité.
Le Christ nous annonce : «  je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité ..:. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage ».
Ceux qui sont exclus des assemblées le sont, non parce qu’ils refusent telle ou telle vérité écologique mais La Vérité sur Dieu et sur l’homme. C’est à cette Vérité-là que nous sommes appelés à rendre témoignage.

Dimanche  9 mai 2021 - Grenoble (38) - Voreppe (38) = 14,7 km / 1496,6 km

En ce dimanche de reprise du pèlerinage, la parole (Jean 15,9-17) insiste sur le thème de la joie. Nous appelons nos responsables de pastorale de l’écologie à ne pas collaborer avec la peur, mais à proclamer : « soyez dans la joie ». Le Christ le dit lui aussi :  « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite ». Mais quelle est la recette? Le Christ le dit juste avant: « demeurerez dans mon amour », étant entendu que « ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure ». Ce n’est qu’en vivant cet amour que nous porterons du fruit dans nos bras pastorales!
Mais pour vivre cet amour, le Christ ajoute: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Dans nos débats humains, comment respecter ce commandement? Sans cet amour de nos contradicteurs, aucun fruit n’émergera!

Samedi 8 mai 2021 - Paris - Grenoble (38) en train

Comment reprendre la route sans cette prière de Monseigneur Antonio Bello demandant à la Vierge d'accélérer "nos cadences de marcheurs un peu fatigués". Plus connu sous le nom de Don Tonino Bello (1935-1993), il était Evêque des Diocèses de Molfetta-Ruvo-Giovinazzo-Terlizzi dans les Pouilles en Italie et Président du Mouvement Pax Christi d'Italie. Le texte de sa prière est: 
« Sainte Marie, Mère tendre et forte, notre Compagne de voyage sur les routes de la vie, chaque fois que nous contemplons les grandes choses que le Tout-Puissant a faites en Toi, nous éprouvons un regret si vif de nos lenteurs que nous ressentons le besoin d'allonger le pas pour marcher près de Toi. Satisfais donc notre désir de Te prendre par la main, et accélère nos cadences de marcheurs un peu fatigués. Devenus nous aussi pèlerins dans la foi, non seulement nous chercherons le Visage du Seigneur, mais, en contemplant en Toi l'icône de la sollicitude humaine envers ceux qui se trouvent dans le besoin, nous rejoindrons la « ville » en hâte en lui apportant les mêmes fruits de joie que Tu apportas un jour à la lointaine Élisabeth. Amen ».