Saint Grégoire le Grand a fait une prédication arguant du changement climatique pour annoncer des temps nouveaux. Aujourd’hui ce sont les écologistes qui annoncent l’apocalypse. Décidément, le climat de peur n’a pas changé ! Mais, qu’y a-t-il de différent dans les deux approches ?

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La question climatique en 490

Les « homélies sur les évangiles pour le temps de l’avent, des Gésimes[1] et du Carême » de Saint-Grégoire le Grand datent de 590 et 593. Il fut pape de 590 à 604. Celle qui a attiré notre attention est une prédication commentant le passage de l’évangile de Saint Luc (Luc 21 :25-32)  qui dit entre autres : « Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles, et sur la terre les nations angoissées seront inquiètes du bruit de la mer et du fracas de ses flots… ». (Lc 21: 10)
Qu’a dit St-Grégoire le Grand à ce propos ? « Les signes dans le soleil, la lune et les étoiles, en revanche, nous ne les avons pas encore vus clairement ; mais qu’ils soient imminents nous le comprenons bien par l’altération du climat »[2].
L’historien Leroy Ladurie aurait exploité cette citation comme une « proxy » [3] pour retentir cette année là comme une année particulièrement froide. Certes, le Pape ne précise pas si l’altération du climat va dans le sens du chaud ou du froid. A l’évidence, il s’agit d’une période dite « période froide médiévale » située entre deux périodes chaudes bien connues la « période chaude romaine » qui prit fin à l'entrée du IVe siècle et « l’optimum médiéval » qui a duré du X° au XIV° siècles. Cette période de faible refroidissement de l’époque de Grégoire Le Grand, a été d'une durée relativement courte. Le minimum se situe autour de 350 ap. J.-C. et se caractérise par une chute de 0,2 °C pour les températures moyennes et de 0,4 °C pour les températures hivernales.

Vatican 2 a rappelé que « les laïcs ne doivent pas attendre de leurs pasteurs qu’ils aient la compétence pour répondre à toutes les questions mêmes graves, ni même que ce soit leur mission » (Gaudim et Spes). La formulation est nouvelle, mais la recommandation n’est pas nouvelle ! Grégoire le Grand l’aurait-il oublié ? Comme quoi, on peut être docteur de l’Eglise et se méprendre en mettant l’altération climatique au coeur d’une prédication !

Une leçon pour la « période chaude climatique contemporaine »

- A l’époque de Grégoire Le grand, on était donc ému par une période froide.
- En 1974, le très bien informé secrétaire d’état américain, H. Kissinger, s’inquiétait du refroidissement climatique : « une tendance de refroidissement atmosphérique persistante depuis 1940 a été établie. Un corps respectable d'opinion scientifique croit que ceci présage une période des gels annuels beaucoup plus larges »[4]. Cette prédiction l’inquiétait : « Nous ne pouvons pas être entièrement certains que les changements climatiques de la prochaine décennie ne créeront pas de grandes difficultés pour alimenter une population croissante, particulièrement les gens dans les pays les moins avancés qui vivent dans des conditions de plus en plus marginales et plus vulnérables. Il y a au moins la possibilité que les développements actuels nécessitent d’appliquer des conditions malthusiennes à beaucoup de régions du monde » [5].
- Aujourd’hui, le malthusianisme est toujours de rigueur mais on craint les périodes chaudes. C’est ce phénomène qui est nouveau : Au moyen âge, on ne se serait jamais lamenté sur une période chaude qui améliorait les rendements agricoles. Il faudra attendre que nous sortions de la « période chaude contemporaine », pour qu’on se lamente sur le refroidissement.

Comme pour faire croire que la période chaude contemporaine est exceptionnelle, le giec, avec une sémantique admirable, parle des précédentes périodes comme des « anomalies ». Le dernier rapport parle de l’ « anomalie climatique médiévale ».Le Giec répondra qu'une "anomalie" n'est qu'un concept scientifique signifiant "écart par rapport à la moyenne". Mais la confusion est entretenue à souhait: on ne précise même plus dans quel sens et on fait croire que c’était une anomalie !
Une chose est sûre, l’apocalypse a toujours été annoncée dans les périodes de crises ! L’écologisme en joue aujourd’hui à plein poumon : il faut sauver la planète !


[1] Le temps des Gésimes correspond aux 120 jours qui vont de la Septuagésime (Septante) à la fête de la Pentecôte avec son octave (Pentecôte signifie 50) sont consacrés au mystère pascal qui est le passage de la mort à la Vraie Vie. Ils comprennent 9 semaines de préparation (septuagésime, sexagésime, quinquagésime et Carême), et 8 semaines de fête (la Cinquantaine pascale) qui encadre le Tridium Sacré de la Pâque Chrétienne : le Vendredi Saint, le Samedi Saint, la Nuit et le jour de Pâques, Fête des Fêtes, Solennité des solennités.
Le premier temps est celui qui s’écoule maintenant dans les tentations et les oppressions, les angoisses de cette vie ici bas.
Le deuxième est celui qui se passera dans une paix, une béatitude et une joie éternelle que nous gouterons un jour, ainsi que l’affirme Saint Augustin.
Ce temps liturgique des Gésimes a son origine à Rome, sous Jean III (561-574) évêque de Rome, contemporain de Saint Germain de Paris. Sous Grégoire le Grand (590-604) les liturgies de ces trois dimanches étaient célébrées solennellement dans 3 basiliques cimetériales (Saint Laurent, Saint Paul et Saint Pierre). Deux siècles plus tard elles furent introduites dans nos pays de rite gallicans.
L’architecture de ce temps des gésimes est la suivante: Septuagésime, Adam et la vigne bien aimée du Père, Sexagésime, Noë et les semailles laborieuses du Verbe, dans l'Esprit, pour un monde nouveau, Quinquagésime, Abraham et l'offrande du Fils, la montée à Jérusalem et la vision du mystère d'Amour.

 

[2] Homélie n° 1 prononcée devant le peuple dans la basilique du St-apôtre Pierre, le premier dimanche de l’avent

 

[3] Une proxy est une mesure de substitution étroitement corrélée à une variable manquante dans une base de donnée et qui permet de poursuivre un traitement de données sans risque de beaucoup se tromper si la corrélation est bonne.

 

[4] Rapport H. Kissinger– (chapitre II §8)

 

[5] Rapport H. Kissinger– Résumé exécutif § 24