L’instrumentalisation des enfants est une thématique rarement évoquée tant elle nous met mal à l’aise.
On parle, beaucoup actuellement de pédophilie, de pédopornographie,… Comment ne pas faire un parallèle avec la manière dont la jeunesse est instrumentalisée à propos du climat ? Avant d’engager une réflexion sur le concept de pédo-instrumentalisation, nous donnons des détails sur l’origine des « grèves de la jeunesse pour le climat ». Elles ne sont en rien spontanées. Il apparaît que son instigatrice suédoise de 16 ans, Greta Thunberg, est à la base d’une construction médiatique à vocation financière.
Une fois les faits rétablis, on est en droit de s’interroger sur ce qui motive toute une société à considère la jeunesse comme un instrument utilitaire, que ce soit pour des fins sexuelles, érotiques, ou militantes.
Nous ne sommes pas seuls à être offusqués par cette instrumentalisation des jeunes: Pascal Bruckner a raison de parler d'une "écholalie infantile" qui fait de nos jeunes des "petits perroquets qui nous grondent par procuration" [6]! L'écholalie consistant à ce que "d’adorables petites têtes brunes ou blondes récitaient pieusement les slogans que leurs parents leur ont appris". C'est, ajoute Pascal Bruckner, un "véritable exercice de ventriloquie"!

1- Comment on construit une vedette internationale[1]

1.1- Le rôle de Ingmar Rentzhog

Ingmar Rentzhog

La famille Rentzhog fait profession financière. Elle a des liens avec avec le milliardaire Sven Olof Persson, qui a fait fortune, entre autres, dans la vente de voitures (Bilbolaget Nord AB). Les deux familles se sont rencontrées dans la région du Jämtland, n’ont aucun lien avec l’écologie, ce sont des spécialistes de la finance.

a) la Start-up « WeDon’tHaveTime.org »

En 2016, Ingmar Rentzhog crée une start-up  Wedonthavetime.org (« nous n’avons pas le temps »). La plaquette web explique qu’il a l’ambition de créer un réseau social de plus de 100 millions de membres.
Dès l’automne 2017, la page Facebook de Wedonthavetime.org  est fascinante. Il prétend rassembler près de 500 000 adeptes.
Comment est-ce possible? 

b) les techniques de buzz via Facebook

Il existe différentes techniques pour cela.
- On peut acheter de faux ou véritables adeptes.
- On peut aussi , par Facebook, faire de la publicité sur un groupe cible bien choisi construit sur un site similaire en ligne et publier plusieurs posts par jour et constituer un numéro de suiveur de page. Un post peut ne recevoir en une quinzaine d’heures seulement 5 J’aime et 1 Grrr . Il suffit d’avoir une stratégie marketing offensive via des publicités Facebook.
Dans un prospectus,  de Wedonthavetime.org , on peut voir que beaucoup d’argent a déjà été placé dans les publicités, devinant simplement les publicités FB et d’autres types de marketing numérique, afin d’augmenter le nombre de suiveurs.
- On peut enfin jouer avec le nombre de vues sur un film FaceBook : les films démarrent automatiquement et chaque démarrage automatique compte pour une vue. Avec une publicité agressive, on peut simplement récolter des vues sans que quiconque ne voie le film en entier, mais défile au-delà.

Dans le cas particulier, le site Wedonthavetime.org  a publié des annonces dans les pays les plus peuplés : l'Inde, les États-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Indonésie et la Chine.
Dans une interview du 18 octobre , Rentzhog a déclaré que son site avait une portée de 18 millions de personnes et qu’il comptait 10 000 adeptes par jour. Pour progresser de 10 000 personnes par jour, il faut ajouter un gros budget de relations publiques et éventuellement rechercher de l'aide ailleurs .
Le 26 novembre 2018, Wedonthavetime.org  a donc lancé un cycle d’émission afin de mobiliser de nouveaux capitaux. Toute une plate-forme numérique (le site Web, Facebook, Insta et Twitter), a été développée pour 1,1 million de SEK (couronnes suédoises), et un budget de  4,4 millions de SEK consacré aux consultants, au marketing et à la publicité.
Le plus intéressant est la capacité de ces techniques à générer des revenus publicitaires à long terme. En se faisant connaître auprès de centaines de milliers d'adeptes, on peut proposer, moyennant finance,  de partager des liens avec d’autres entreprises désireuses de contacter des personnes engagées dans le domaine du climat.  Ainsi, la question climatique va rapporter à Ingemar Rentzhog, dans un premier temps et après le paiement des frais d’émission, un revenu de 20 millions de SEK.

c) le Think-thank « Global Utmaning»

Il a été créé par Kristina Persson, fille du milliardaire. Elle veut faire la promotion du développement durable et se déclare politiquement indépendant alors qu’elle a été ministre social-démocrate chargée du développement stratégique et de la coopération nordique entre 2014 et 2016. 
En mai 2018, Global Utmaning recrute Ingmar Rentzhog comme président-directeur.
Les liens de « Global Utmaning » sont étroits avec « Global Shapers », communauté de jeunes dirigeants proches du Forum économique mondial de Davos. Ses leaders entendent bien sauver la planète tout en maintenant la croissance économique et en réclamant encore plus de mondialisation !

 1.2 - Le lancement de Greta

 a) La rencontre de Ingmar Rentzhog et de la mère de Greta

 Le 4 mai 2018, Ingmar Rentzhog et Malena Ernman-Thunberg, la mère de Greta se rencontrent à la conférence sur le climat « The Climate Day ». 
Malena Ernman-Thunberg, la mère de Greta est célèbre : Mme Ernman est une chanteuse d'opéra bien connue en Suède. Elle a écrit un livre sur la façon dont Greta les avait changés.
Peu de temps va donc s’écouler entre cette date et le siting de Greta devant le parlement.

b) Qui est Greta Thumberg ?

Greta est une « autiste Asperger »[2] . Il faut beaucoup de naïveté pour parler de « la voix d’une génération », d’une « icône du printemps climatique » (la comparaison est symptomatique avec les « printemps arabes » qui ont, eux aussi été instrumentalisé par les « frères musulmans ») ou pour faire de la jeune fille une « passionaria du climat ». Comment une autiste peut-elle déclarer « je veux que vous paniquiez » ?
Greta Thunberg est donc un activiste improbable .Elle a étudié le piano et le ballet et le théâtre. Elle a bien réussi à l'école. Comme beaucoup d'enfants, elle a regardé des films éducatifs sur la fonte de l'Arctique et le sort des ours polaires. Mais, contrairement à d’autres enfants, elle a « commencé à y penser tout le temps et je suis devenue très triste », a-t-elle déclaré. « Ces images étaient coincées dans ma tête ».
Elle n’aimait pas ce que font de nombreux autres enfants (téléphones portables, vêtements,…) . Rien de tout cela ne l'intéressait, dira plus tard son père. « Je pense qu'elle était très isolée et très seule ». À l'âge de 11 ans, Greta est tombée dans un profond cafard. Elle a cessé d'aller à l'école. Elle a arrêté de manger. Elle a cessé de grandir. Elle ne parlait qu'avec la famille et, à l'école, qu'avec une seule enseignante. Elle mange à peine pendant sa dépression, ne rit pas beaucoup et ne parle pas beaucoup. Elle préfère la compagnie d'adultes et d'animaux aux enfants de son âge. L'intimidation et la dépression ont eu des conséquences néfastes.

c) Le sitting de Greta devant le parlement

Tout ce qui précède explique comment tout s’est déclenché à une vitesse vertigineuse :
Les parents de Greta venaient de publier un livre sur la façon dont Greta les avait changés.
Le 20 août 2018, Greta Thunberg a entamé sa grève climatique devant le parlement. Sa mère prend soin de ne pas la rejoindre pour ne pas laisser croireque c’est elle qui l'y a poussée. Le même jour, Ingemar Renzhog le fondateur de Wedonthavetime.org  publie la photo de Greta sur facebook.
Le 23 août, un journaliste Dagens Nyheter -commandité par qui ?- publie une interview avec les parents de Greta à propos de son livre à paraître le lendemain, interview illustrée par de superbes photos de Greta et de la grève à l'école.
Le 24 août, Rentzhog se met lui-même en sitting  et a posté les photos sur son compte Instagram et Facebook.
Tout d’abord, Rentzhog a nié tout rôle de relations publiques dans le sitting de Greta, mais dans un fil de discussion Facebook, l’a ensuite reconnu .
Progressivement, Greta va devenir une marchandise mondiale, inspirant d’énormes manifestations d’enfants : Margot Wallstrom, vice-Premier ministre suédois, a rencontré Greta. Elle est ensuite interviewée à Davos, grâce aux relations de « Global Shapers ». Elle se retrouve à la COP 24 en Pologne.

Quant à Ingmar Rentzhog, il a utilisé le nom et la photo de Greta pour collecter des fonds pour sa start-up. M. Thunberg a déclaré que la famille n’avait pas été informée; le fondateur de la start-up, Ingmar Rentzhog, a confirmé que le nom et la photo de Greta étaient apparus dans un prospectus financier pour la start-up à l’insu de la famille.

Et voilà qu’on parle d’elle pour figurer sur la liste des prétendants au prix Nobel de la paix !

d) Youth for Climate et les grèves de la jeunesse pour le climat.

Tout remonte également à Ingmar Rentzhog. Pour accroître les revenus financiers, il faut mobiliser et développer, autour de sa start up Wedonthavetime.org , toue une nébuleuse d’autres sites :
- au plan international, il lance le site « Youth for climate » chargé de développer  les « grèves des jeunes pour le climat ».  (Climate Strike For Future). Son slogan est : « Pourquoi devrions nous travailler sur notre avenir s'il n'y a pas d'avenir ? »
- En France, c’est le site ilestencoretemps.fr qui est la cheville ouvrière. Il fait appel comme directeur de la publication, à Elliot Lepers. Celui-ci a contribué à de nombreuses campagnes de mobilisation pour des ONG françaises (Reporters Sans FrontièresBloomOxfamHuman Rights WatchRéseau Action ClimatAction Contre la FaimCare France, la CGT,…)

Des assises de Youth For Climate France sont maintenant prévues les 13-14 avril à Nancy. 

On voit à quel point la jeunesse est au cœur d’une instrumentalisation incroyable.  Il ne s’agit pas, ici, d’entretenir une quelconque crédulité dans une forme de complot. Comme souvent, les mensonges et instrumentalisations ont du succès quand ils profitent à des groupes de pouvoirs financiers, politiques ou philosophiques de toutes sortes.

 

2- La pédo-instrumentalisation et ses variantes

L’instrumentalisation consiste à considérer quelqu’un comme un instrument, à considérer l'aspect utilitaire » de quelqu’un. C’set un art  parfois très pervers. Comment se fait-il que toute la société accepte sans broncher ce type de pratique ? 

2.1- La pédophilie et ses variantes

Il s’agit d’une instrumentalisation du corps d’un enfant pour un plaisir physique adulte
La pédopornographie lui est assez proche mais est plutôt l’instrumentalisation de photo d’enfants pour une satisfaction fantasmatique d’adultes 

2.2- La pédo-instrumentalisation en bioéthique

- L’avortement est une forme de pédo-instrumentalisation, surtout lorsqu’il s’agit d’Interruption médicale de grossesse(IMG). La justification sous-jacente consiste à penser que les enfants handicapés seraient malheureux s’ils devaient vivre. Avec beaucoup de prudence, on peut s’interroger si la douleur de parents qui sont dans cette situation ne cache pas leur propre difficulté à vivre ces situations plutôt que l’altruisme consistant à penser à la difficulté de l’enfant à vivre son handicap.
- Le concept de « bébé médicament » est une autre forme de pedo instrumentalisation. Il s’agit de sélectionner un embryon sur la base d’un double diagnostic préimplantatoire (DPI) pour qu'il soit indemne de la maladie génétique dont souffre un frère ou une sœur. 

2.3- La pedo-instrumentalisation et les diverses formes d’esclavage de l’enfant.

On peut citer
-  l’exploitation du travail manuel des enfants dans des conditions d’exploitation qu’on refuserait à des adultes.
- les trafics d’organes prélevés sur des enfants
- l’utilisation d’enfants dans les armées entre belligérants (guerre entre l’Irak et l’Iran).

Comment une société peut-elle, à ce point, garder le silence sur de tels drames ? 

2.4- La pedo-instrumentalisation au quotidien

On la trouve, hélas, souvent dans la manière dont les couples en voie de séparation utilisent les enfants comme moyen de pression à travers les questions de « garde alternée ». Il y a souvent un véritable harcèlement moral des enfants par les parents séparés.
D’une manière générale, le concept de « droit à l’enfant » relève de ces mécanismes en prétendant que ce droit fait partie de tout un ensemble d’autres « droits démocratiques ». La PMA, la GPA sont au service de ces « droits », dans lequel le « droit de l’enfant » a peu de place. 

Au quotidien, la publicité destinée aux enfants a comme ressort leur émotion pour la mettre au service d'objectifs commerciaux des adultes. 

 

3- Quand l’idéologie se sert des enfants pour se perpétuer elle-même, les adultes en deviennent les premiers esclaves ! [3]

Pour comprendre la complicité des adultes sur ces situations, il faut voir l’emprise des idéologies dans nos sociétés post-modernes. 

3.1- L’analyse de Vaclav Havel

Les citations qui suivent sont extraites de  Le pouvoir des sans pouvoir de Vaclav Havel. Pour cet ancien président Tchèque, l’idéologie crée une sorte de « simulacre », derrière lequel l'individu peut « tromper sa propre conscience, masquer au monde et à lui-même sa véritable situation ».
La pédo-instrumentalisation devient dans nos sociétés une forme d’idéologie dans la mesure où il y a une « fonction initiale de l’idéologie » qui consiste à donner à l’homme « l’illusion qu’il est en harmonie avec l’ordre humain et avec l’ordre de l’univers ». Qui parait plus qu’un enfant en harmonie avec cet ordre de l’univers. L’adulte pratique une forme de transfert en instrumentalisant l’enfant pour se donner l’illusion qu’il est lui-même en harmonie avec l’univers.
L’adulte qui accepte cette façon de penser y trouve une réponse à une aspiration, et peut même éprouver un sentiment de puissance puisqu’alors la réalité paraît se conformer à sa volonté. Ce sentiment est renforcé par l’effet de masse que l’idéologie peut obtenir dans une certaine mesure et pour une période donnée. 

Vaclav Havel explique que ce mensonge qui « vit avec lui et en lui » apporte du confort, « accomplit » l’adulte dans l’affirmation de ce qu’il souhaite et le partage de cette affirmation avec d’autres. Mais ce mensonge a pour principale conséquence d’intégrer tout à la fois l’enfant et l’adulte comme étant une partie du « système ».
L’idéologie ne vise pas d’abord à assurer la conservation du pouvoir à ceux qui y adhèrent. Elle apporte l’illusion de servir « quelque chose de supérieur » qui, dans le cas présent est l’avenir des générations futures. L’individu adopte aveuglément, « automatiquement » le système de pensée, tout en pensant sincèrement qu’il poursuit le bien et réalise sa liberté. Mais avec une telle instrumentalisation quels enfants laisserons-nous aux générations futures ? Des robots ou des êtres libérés. Avec le débat dans les lycées, est-on dans une approche de « parole libérée » ou de « parole encadrée » ?
Cet écart entre la croyance et la réalité conduit à une « dissimulation de mensonge », qui se révèle d’abord par la manière d’appeler les « choses ». Vaclav Havel donne quelques exemples : « le pouvoir de la bureaucratie est appelé pouvoir du peuple », « l’humiliation totale de l’individu est présentée comme sa libération définitive », « la mise à l'écart de l’information est présentée comme l'accession à l’information », « l'interdiction de la pensée indépendante est présentée comme la conception du monde la plus élevée ». Inutile d’insister sur l’adéquation de ces exemples à la question écologique !
Très rapidement, ce qui était conviction devient une condition apparemment incontournable de la vie collective. Le mensonge devient la chose commune, voire la cause commune, la cause écologique.
Une nouvelle étape dans le pouvoir de suggestion de l’idéologie sur les adultes s’accomplit dès lors. L’idéologie qui servait au système pour capter l’individu, acquiert « une force réelle et devient elle-même réalité ». Elle n’est plus un instrument du pouvoir. C’est l’idéologie elle-même qui se sert du pouvoir pour se perpétuer. Les hommes au pouvoir s’imposent alors à eux-mêmes des décisions conformes à l’idéologie en abandonnant toute liberté. Ils deviennent les premiers esclaves de ce qui apparaissait comme un instrument de maîtrise du pouvoir.

3.2- La transposition de cette analyse à l’actualité des « grèves de la jeunesse pour le climat »

Deux ministres, Gabriel Attal[4] et Brune Poirson, se sont joints à la « grève des lycéens pour le climat » du 15 mars 2019 ? Ce sont deux figures symptomatiques de la pédo-instrumentalisation, puisque la première est secrétaire d’état du ministre de l’éducation et la seconde celle du ministre de l’écologie !
Ces prétendues élites partagent la même idéologie et les citoyens se confirment ainsi  les uns les autres dans leur conviction. Cependant, le prix de cette acceptation est de « vivre dans le mensonge ».
En quoi consiste ce mensonge ? Le ministre Jean-Michel Blanquer l’a parfaitement expliqué en mettant en place le débat sur le climat dans tous les lycées pour impliquer tous les lycéens « dans la transition écologique et le développement durable ». Aucune place pour quelque forme d’« écologie subsidiaire » que ce soit ! En effet, le débat contradictoire sur les causes du réchauffement était exclu du champ des échanges. Il n’était prévu de débattre que « sur les enjeux climatiques et sur les propositions de réponses » (communiqué du ministre 11.3.2019). Plus question de débat sur les causes du réchauffement climatique. Comme si, dans une science aussi récente que la climatologie, un tel débat pouvait être clos. Pas question d’aider les jeunes lycéens à prendre du recul et de leurs donner des éléments de discernement.

 

4-L’église et la pédo-instrumentalisation

Quand toute la société baigne dans de telles  pratiques, il ne faut pas s’étonner que l’Église soit elle-même victime des mêmes dérives.
Nous ne reviendrons pas sur la manière dont certaines communautés, dans les années 1968, ont vanté les bienfaits pédagogiques de la pédophilie. Le père Jean-Michel Garrigues a écrit un ouvrage témoignant de ce qu’il a vécu dans son ordre religieux.
Mais, pour en rester à la question écologique, on ne peut que regretter la manière dont l’Académie pontificale des sciences organise des colloques de jeunes pour le climat.
Un académicien pontifical des sciences est allé jusqu’à justifier le fait que les enfants doivent être formés pour être des agents de changement de leurs parents[5]. Aucune voix ne s’est insurgé contre une telle pedo-instrumentalisation !

 

Conclusion

Quelle jeunesse laissera notre époque aux générations futures? Celle de robots et de marionnettes formées à se soumettre, sans aucune prise de recul ? Le concept de dhimmitude ne se limite pas aux questions relatives à l'Islam, mais peut être étendu à toutes les formes futures de messianismes. Les jeunes d 'aujourd'hui seront des adultes qui, demain, auront les plus grandes difficultés à y résister. 
Le père Adrien Candiard, dominicain vivant au couvent du Caire, membre de l’Institut dominicain d’études orientales (Grand témoin du 28.3.2019 à RND) explique que les abus spirituels précèdent toujours les abus sexuels. Il ne faut pas s’étonner que la pédophilie se développe dans une société dont les institutions ne posent pas de manière équilibrée leur relation au pouvoir, leur rapport à l’autorité.
Mgr Didier Berhtet dit à juste titre que, entre "abus de pouvoir, abus de confiance, abus sexuel, les frontières sont parfois ténues, parfois poreuses" [7]
Il y a de multiples types de dominations non nommées. Celle consistant, même dans l'Eglise, à se baser sur des consensus scientifiques qui ne sont que des arguments d’autorité est une forme de manipulation. Celle consistant à faire appel à des conférenciers très convenus dans les aumôneries revient à instrumentaliser des enfants en leur faisant peur. C'est très grave!

Pour remettre en cause sa relation institutionnelle avec le pouvoir, l'Église reprend à son compte l’expression de « Parole libérée » au sujet de la pédophilie. "Ça nous a fait revivre d'avoir libéré cette parole, … Merci d'avoir secoué l'Eglise, parce qu'il y a des dysfonctionnements, des difficultés. Et il faut qu'on change. Donc merci", a indiqué Mgr Gobilliard le 10 janvier 2019.

En écologie, l'Église devrait elle aussi se montrer exemplaire et libérer la parole plutôt que de l’encadrer dans des colloques paroissiaux où les discours sont toujours consensuels. Quand l'Église prendra-t-elle au sérieux l’appel du pape lui-même : « l’Église n’a pas la prétention de juger des questions scientifiques ni de se substituer à la politique, mais j’invite à un débat honnête et transparent » (Laudato si § 188). Or les débats dans les diocèses ne seront honnêtes que s’ils sont contradictoires et ne seront transparents que s’ils sont publics.

l'Église devrait se montre exemplaire pour libérer la parole, en accordant une part importante de représentants des dissensuels écologiques dans ses commissions pastorales.


[1] Sources : Reporterre https://reporterre.net/Le-capitalisme-vert-utilise-Greta-Thunberg

et https://uvell.se/2018/12/11/pr-spinnet-bakom-greta-thunberg/

[2] Forme particulière de troubles autistiques, les TSA sans déficience intellectuelle

[3]L’analyse qui suit s’inspire d’une réflexion de Léger Moissac sur l’idéologie, publiée  dans la Lettre politique n° 3 de l’Institut éthique et politique Montalembert

[4] secrétaire d'État auprès de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation

[5] Au colloque de l’Académie sur la COP 22 en septembre 2016, Pierre Lena a inversé la doctrine de l’Église en matière d’éducation. Jean-Paul II rappelait "le droit-devoir des parents d'éduquer leur progéniture est quelque chose d'essentiel ...d'irremplaçable et d'inaliénable, qui ne peut donc être totalement délégué à d'autres ni usurpé par d'autres"[38]. Pierre Lena renverse la logique et appelle à développer des "écoles actives et inclusives[39], où les solutions locales sont explorées, inventées et analysées, mises en œuvre et analysées par les élèves". Il aspire à "équiper le mouvement des étudiants de bas en haut". Cette idée rappelle celle de Vincent Peillon disant que "l’école est un instrument de l’action politique"[40].

[6] Transcription de la tribune de Pascal Bruckner dans le Figaro du 10 avril 2019: 

"Greta Thunberg ou la dangereuse propagande de l’infantilisme climatique
Un discours de peur sur le climat crée une jeune génération terrifiée qui veut jouer aux adultes, s’inquiète le philosophe et écrivain.
Dans sa République (315 avant J.-C.), Platon met en garde contre la corruption de la démocratie qui consiste en une inversion des hiérarchies, par excès de liberté : quand le père traite son fils comme un égal, que les maîtres flattent les disciples et que les vieillards imitent la jeunesse. Nous y sommes. Quiconque a vu les manifestations de jeunes gens pour le climat ces dernières semaines en Europe, où l’on avait mobilisé jusqu’aux maternelles et jardins d’enfants, où d’adorables petites têtes brunes ou blondes récitaient pieusement les slogans que leurs parents leur avaient appris ne peut que s’inquiéter de ce véritable exercice de ventriloquie.
Le scandale est double : on s’extasie de retrouver chez nos bambins les inquiétudes qu’on leur a inculquées et on se pâme devant cette écholalie infantile. Les petits perroquets nous grondent par procuration, nous donnent une bonne leçon que nous devrions méditer. Mais c’est une simple chambre d’échos et l’on retrouve chez le petit peuple puéril les mots qu’on lui a mis dans la bouche par un endoctrinement, voire un bourrage de crâne quotidien, dès les petites classes. L’infâme propagande de la peur contre laquelle, avec d’autres, je m’élève depuis vingt-cinq ans, fait des ravages chez nos petits : au nom du juste combat écologique, on leur représente jour et nuit, dès l’école, que le globe va prendre feu, les cataclysmes nous détruire, que le genre humain doit expier ou mourir. Et l’on voudrait qu’ils soient souriants ?
On crée des générations d’enfants terrifiés par notre propagande, et, ce faisant, on leur vole leur enfance et leur insouciance. On les mobilise moins qu’on ne les tétanise. La « grève mondiale pour l’avenir » se produit au moment où l’on explique à la jeunesse du monde qu’elle n’en a plus, que l’effondrement général a commencé.
L’égérie de la contestation, la très jeune Suédoise Greta Thunberg, est loin de lever l’ambiguïté. Outre qu’elle affiche son Asperger comme un titre de noblesse, son visage terriblement angoissant semble dire : si vous ne le faites pas pour la planète, faites-le au moins pour moi. Apprendre par la presse qu’elle a cessé il y a quatre ans de parler, de manger, de jouer du piano par souci du climat et qu’elle n’est allée mieux que quand ses parents ont décidé de ne plus prendre l’avion et de manger vegan jette de sérieux doutes sur ses motivations. Elle a été reçue par Christine Lagarde et Emmanuel Macron, est pressentie pour le prix Nobel de la paix. Sa notoriété est symptomatique du caractère délirant que peut prendre la nécessaire mobilisation pour le climat. Comment ne pas songer à l’enfant star Jordy qui, en 1992, à l’âge de 4 ans, devint célèbre grâce à une chanson, Dur dur d’être bébé !, vendit près de 6 millions de disques et, bouleversé par ce succès planétaire précoce, finit par se fâcher avec ses parents et sa maison de disques, accusés de l’avoir exploité ? « Dur, dur d’être une ado qui porte toute la misère du monde ! » pourrait chanter Greta Thunberg. On a très envie de l’aider : mais prendre le globe en otage pour une thérapie familiale donne le sentiment d’une duperie.
En 1989, l’ONU avait voté une décision contestable selon laquelle l’enfant est déjà une personne humaine en titre, un citoyen de plein droit et que le cantonner au statut de mineur, en raison de son âge est une discrimination pure et simple. Or il s’agissait là d’un cadeau empoisonné fait à l’enfance qu’on livrait pieds et poings liés à tous les manipulateurs. Cette approche risquait d’éluder une fois encore les devoirs des éducateurs et des parents puisque l’on plaçait dans notre progéniture une responsabilité écrasante pour mieux nous en décharger.
Qu’on le veuille ou non, l’enfant n’est pas un sujet politique, il est un sujet en devenir : il doit simultanément être protégé et respecté dans sa légèreté et doté des moyens de sortir progressivement de sa condition de mineur à mesure qu’il grandit. S’il est indispensable de l’apprivoiser à la liberté, en lui offrant des tâches à sa mesure, il est dangereux de lui demander de parodier les adultes, de se réunir, par exemple, en conclave pour mimer la vie parlementaire, de se déguiser en journaliste pour interviewer une personnalité. Lors du grand débat, le président Emmanuel Macron a cru utile de discuter avec des enfants de 7 à 14 ans dont certains arboraient leur écharpe d’élu au conseil municipal des jeunes. Notre époque privilégie un seul rapport entre les âges : le pastiche réciproque. Nous singeons nos enfants qui nous copient. Quand les adultes rêvent d’immaturité, c’est aux bambins que revient la charge de se conduire en adultes. Mais c’est alors que se produit un véritable détournement de majeurs et le droit pour tous à la confusion des âges.
Il y a un scandale à propager la peur et la terreur chez nos bambins au lieu de les armer pour affronter le monde. Que nous disent les marches et les grèves scolaires pour le climat, telles que retraduites par les très jeunes manifestants ? Qu’il n’y aurait pas d’obstacles matériels en ce domaine, sinon la mauvaise volonté des gouvernements sous la coupe des groupes d’influence ? Exactement ce que nous serinent les lobbys verts depuis toujours, eux-mêmes habités par le symptôme infantile d’impatience et de toute-puissance. Or les adolescents n’ont pas encore appris à hiérarchiser leurs désirs, à freiner leurs envies. En bons produits de la société de consommation, ils veulent tout tout de suite, exigent la fin du changement climatique maintenant. Que les températures commencent à baisser dès demain. Si tu veux, tu peux, tout est possible. Ce n’est pas eux qu’il faut blâmer, ce sont les professeurs d’effroi qui dictent à un public fragile leurs émotions et leurs préjugés. La lutte contre le dérèglement climatique mérite mieux que cette mobilisation à visage poupon.
PASCAL BRUCKNER 

[7] Radio Notre Dame "un jour, un évêque" (12 avril 2019, minute 3.02)