Les medias s’emparent de l’actualité du Synode sur l’Amazonie pour faire croire que le synode en appelle à un retour aux traditions ancestrales et indigènes de notre « mère la Terre ». Nous proposons ici de lire en détail ce que dit le rapport final adopté par les pères synodaux et les contextes exacts de ses citations. On rappellera que Laudato si reprend l’expression de Saint-François d’Assise : « sœur notre mère la Terre »[1]. Tout discours magistériel mérite d’être travaillé à la lumière de ce que  Benoit XVI appelait l’herméneutique de la continuité. Y a-t-il une continuité dans la tradition de l'Église à parler de « terre-mère » ? Si oui, elle pourrait répondre, certes avec un caractère très minoritaire, de la tradition franciscaine. Reste à mieux connaître l’analyse franciscaine de l’ajout du mot « sœur » dans l’expression « notre sœur la terre-mère ». Le père Georges Morin, franciscain, montre que « l’appellation ‘sœur’ donnée à la terre marque la limite » de la maternité de la terre. La terre « n’est pas cependant la source absolue de l’être et de la vie ; elle est elle-même une créature, au même titre que les autres réalités cosmiques ». Le père Georges Morin dénonce cette « image archaïque de la « mère nourricière » dont notre vie dépend ».

Analyse « les2ailes.com »

 

Notre analyse est articulée autour du plan suivant:

1- Le Document final du "Synode des évêques pour la région pan-amazonique"

2- "Sœur notre mère la terre" dans Laudato si :

3-L’analyse franciscaine du père Georges Morin (OFM)

3- La réaction de certains évêques au synode sur l’Amazonie
   3.1- Mgr José Luis Azcona, évêque émérite du diocèse amazonien de Marajo.
   3.2- Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Sainte-Marie in Astana (Kazakhstan)
   3.3- Le cardinal Gerhard Müller, ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi 1

4- Un peu de recul : le regard de Jean-Paul II sur Saint-François d’Assise

5- "Dieu notre mère" ou "notre terre-mère"?

1- Le Document final du « Synode des évêques pour la région pan-amazonique »

Le document final[2] utilise, à trois reprises seulement, l’expression « terre-mère ».
Dans un chapitre consacré à « Le cri de la terre et le cri des pauvres » , le document final écrit : « Mais, l'Amazonie est aujourd'hui une beauté blessée et déformée, un lieu de douleur et de violence. Les attaques contre la nature ont des conséquences sur la vie des peuples…. Les victimes sont les secteurs les plus vulnérables, les enfants, les jeunes, les femmes et la sœur terre-mère (§ 10). Il parle donc de « sœur terre-mère », reprenant ainsi l’expression de Saint-François d’Assise.
C’est dans le chapitre consacré à « L'Église dans le dialogue œcuménique, interreligieux et culturel » que le document parle de terre-mère, au sens où il est utilisé dans les traditions des religions indigènes : « En Amazonie, le dialogue interreligieux se déroule surtout avec les religions indigènes et les cultes d'origine africaine. Ces traditions méritent d'être connues, comprises dans leurs propres expressions et dans leur relation avec la forêt et la terre mère. Avec eux, les chrétiens, fondés sur leur foi en la Parole de Dieu, s'engagent dans le dialogue, partageant leur vie, leurs préoccupations, leurs luttes, leurs expériences de Dieu, pour approfondir leur foi mutuelle et pour agir ensemble à la défense de la "maison commune". Pour cela, il est nécessaire que les Églises d'Amazonie développent des initiatives de rencontre, d'étude et de dialogue avec les fidèles de ces religions. Un dialogue sincère et respectueux est le pont vers la construction d'un " bien vivre " » (§ 25).
L’expression « terre-mère » est également évoquée au sens des peuples ancestraux, dans un chapitre consacré au « rôle de la femme, la ‘reconnaissance’ ». Le document  écrit :  « La sagesse des peuples ancestraux affirme que la terre mère a un visage féminin. Dans le monde indigène et occidental, les femmes sont celles qui travaillent dans les multiples facettes, dans l'éducation des enfants, dans la transmission de la foi et de l'Évangile, elles sont un témoignage et une présence responsable dans la promotion de l'humanité. Nous valorisons " le rôle des femmes, en reconnaissant leur rôle fondamental dans la formation et la continuité des cultures, dans la spiritualité, dans les communautés et les familles. Il est nécessaire qu'elle assume avec plus de force son leadership au sein de l'Église, et que l'Église le reconnaisse et le promeuve en renforçant sa participation aux conseils pastoraux des paroisses et diocèses, ou même dans les instances gouvernementales » ( § 101).

Certains commentaires ont pu écrire que le document synodal « s’appuie en cela sur  les vœux du Concile Vatican II ». En réalité ce passage est précédé par cette référence : «  Depuis le Concile Vatican II, le Magistère de l'Église a souligné la place centrale que les femmes occupent en elle : " l'heure est venue, où la vocation de la femme s'accomplit en plénitude, l'heure où la femme acquiert dans la cité une influence, un rayonnement, un pouvoir jamais atteints jusqu'ici.. … »[3] (§ 100). Or la place centrale auxquelles les femmes sont appelées sont détaillées par Paul VI dans la référence utilisée  par les pères synodaux : assurer la garde du foyer, Réconcilier les hommes avec la vie …veiller sur l’avenir de notre espèce, … accomplir leur vocation de dévouement,  … témoigner de la force de lutter jusqu'au bout, de témoigner jusqu'au martyre, … à rendre la vérité douce, tendre, accessible . Paul VI  appelle les  vierges consacrées, à être les gardiennes de la pureté, du désintéressement, de la piété … » [4]. Il faudrait méditer ces appels pour voir en quoi ces appels correspondent ou non à la sagesse des peuples ancestraux et en quoi la terre mère inspire ou non ce visage féminin développé par le Concile.

2- « Sœur notre mère la terre » dans Laudato si :

Cette thématique a été la première porte d’entrée de l’encyclique du Pape François :  «  Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne, et produit divers fruits avec les fleurs colorées et l’herbe » (LS § 1)[5]
 « Tout est lié, et, comme êtres humains, nous sommes tous unis comme des frères et des sœurs … avec une tendre affection, à frère soleil, à sœur lune, à sœur rivière et à mère terre. » (LS § 92)

3-L’analyse franciscaine du père Georges Morin (OFM)

Nous reprenons intégralement une analyse de Georges Morin, OFM, faite le 31.7.2011 sur la prière de Saint-François d’Assise.

Le Cantique des Créatures de François d’Assise commence avec l’image pleine de jeunesse et d’élan printanier de Messire frère Soleil pour se terminer avec l’image de la fécondité automnale des divers fruits de Sœur notre mère la Terre. C’est un chant qui unit la jeunesse à l’Âge d’or, et ne l’oublions pas c’est à l’automne de sa vie que François a voulu composer cette dernière louange au Seigneur pour ses créatures.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre, qui nous soutient et nous gouverne et produit divers fruits, avec les fleurs colorées et l’herbe.
Cette strophe chante la fécondité de la terre sous l’image archaïque de la « mère nourricière » dont notre vie dépend. Cette « bonne » terre produit divers fruits pour notre subsistance. L’expression de François divers fruits doit sans doute inclure tous les fruits de la terre : les céréales, les légumes aussi bien que les arbres fruitiers. À ces fruits s’ajoutent les fleurs colorées et l’herbe. Donc à l’utilité de la terre s’ajoute la beauté.

« Mais ce qu’il y a de nouveau et, à première vue, de surprenant dans la manière franciscaine de désigner la terre, écrit
Fr. Éloi Leclerc, c’est le nom de ‘sœur’ qui lui est donné en même temps que celui de ‘mère’ : ‘Sœur notre mère la Terre’ dit François. Pour celui-ci, la Terre Mère a aussi le visage d’une sœur. Et c’est comme telle qu’il la chante. Il lui confère ainsi une nouvelle jeunesse. Plus profondément, il crée entre lui et la terre une relation nouvelle. L’appellation ‘sœur’ donnée à la terre ne détruit ni n’affaiblit sa maternité, mais elle en marque la limite. Elle signifie, en effet, que, si la terre est notre mère, celle dont nous dépendons vitalement, elle n’est pas cependant la source absolue de l’être et de la vie ; elle est elle-même une créature, au même titre que les autres réalités cosmiques. Elle fait partie de la grande famille des créatures. Elle et nous dépendons finalement de la même origine transcendante, du Père qui a créé toutes choses. Bref, elle est notre sœur ».
Nous savons tous que cette strophe du Cantique des Créatures dédiée à Sœur notre mère la Terre devient de plus en plus populaire de nos jours surtout depuis le 22 avril 2009 alors que l’Assemblée générale de l’ONU a adopté en ce jour une résolution proclamant le 22 avril Journée internationale de Mère Terre ou de la Terre nourricière, en présence du Président de la Bolivie, Evo Morales. Celui-ci en cette occasion a fait un discours mémorable qui peut se résumer ainsi : « Au XXème siècle, les droits humains ont été reconnus. (…) La mère nourricière terre aussi doit avoir ses droits et le XXIème siècle doit être le siècle de la mère terre (…) Ce qui se passe avec le changement climatique est dû au fait que l’on n’ait pas respecté les droits de la mère terre nourricière. (…) Certains êtres humains considèrent qu’ils sont au centre de l’univers. (…) la vie humaine n’est pas possible sans la terre nourricière. (…) Pour nous, les peuples indigènes, la mère terre est sacrée. Et c’est pourquoi nous avons des rituels sacrés pour rendre hommage aux terres de nos ancêtres. (…) Nous devons, les 192 pays des Nations Unies, nous entendre pour une Déclaration universelle des droits de notre Mère la Terre….. ».
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la terre. Loué sois-tu, Dieu Créateur de l’univers, pour cette terre fragile, notre demeure qui est vraiment notre sœur et notre mère. Comme mère, elle est à la fois la source et la subsistance de ma vie et de celle des animaux et des oiseaux, des insectes et des reptiles. Elle est la sœur avec laquelle toutes nos sœurs et tous nos frères humains sont membres d’une seule famille. Aide-moi à me réjouir de ce cadeau que tu me donnes – cette terre vivante et dynamique – et d’y chanter toujours ta louange.
Ajoutons à cette prière une bénédiction amérindienne chinook : « Nous invoquons la Terre qui fait pousser notre nourriture, le sol nourricier, les champs fertiles, les jardins et les vergers abondants et nous leur demandons de nous enseigner et de nous montrer le chemin ».
« Que la terre bénisse le Seigneur : qu’elle chante et l’exalte éternellement ! O vous, montagnes et collines, bénissez le Seigneur : chantez-le, exaltez-le éternellement ! »

3- La réaction de certains évêques au synode sur l’Amazonie

3.1- Mgr José Luis Azcona, évêque émérite du diocèse amazonien de Marajo.

Il a mis en garde contre la vénération de la Pachamama[6] :

« Dans ces rituels, il y a le diable, il y a de la magie. Notre Dame n’est pas la Pachamama, elle est la Vierge de Nazareth.»
« Ce sont des questions fondamentales et ici, en Amazonie, nous connaissons la signification de Macumba ou Candomblé,  des rites et des malédictions magiques, venant du nord-est du Brésil et de l’État de Bahia, qui sont fréquentes ici ».
« Ces célébrations dépendent des esprits qui y sont évoqués et il est évident qu’il s’agit de sorcellerie, dont la lettre de saint Paul aux Galates, au chapitre V, verset 29, nous avertit quand il dénonce le péché d’idolâtrie qui est incompatible avec l’Evangile et la mission ».
« Ce sont des déesses comme Cybèle (dans l’Antiquité classique) ou comme la déesse Astarté adorée à Babylone : toutes deux expriment la fertilité des femmes. L’invocation des statuettes devant lesquelles même certains religieux se sont inclinés au Vatican (et je ne dis pas la congrégation à laquelle ils appartiennent…) est l’invocation d’une puissance mythique, la Terre Mère, à laquelle on demande des bénédictions pour l’humanité ou à qui on adresse des gestes de gratitude. Ce sont des sacrilèges démoniaques scandaleux, surtout pour les petits qui ne savent pas discerner ».
« La Terre Mère ne doit pas être adorée parce que tout, même la terre, est sous la domination de Jésus-Christ. Il n’est pas possible qu’il existe des esprits avec une puissance égale ou supérieure à celle de Notre Seigneur ou à celle de la Vierge Marie. »
« La Pachamama n’est pas et ne sera jamais la Vierge Marie. Dire que cette statue représente la Vierge est un mensonge. Elle n’est pas la dame de l’Amazonie parce que la seule dame de l’Amazonie est Marie de Nazareth. Ne faisons pas de mélanges syncrétiques. Tout cela est impossible : la Mère de Dieu est la Reine du Ciel et de la terre. »

3.2- Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de Sainte-Marie in Astana (Kazakhstan)

Il a publié une Lettre ouverte à cette occasion disant[7] :

1. « Vous n’aurez pas d’autres dieux devant moi », dit le Seigneur Dieu, et c’est le premier des commandements (Ex 20:3). Donné à l’origine à Moïse et au peuple hébreu, ce commandement reste valable pour tous les peuples et pour tous les temps, ainsi que Dieu nous le dit : « Tu ne te feras point d’idoles en forme de quoi que ce soit dans le ciel, en haut, sur la terre, en bas, ou dans les eaux sous la terre ; tu ne te prosterneras point devant eux et tu ne les adoreras point " (Ex 20:4-5). Notre Seigneur Jésus-Christ a parfaitement observé ce commandement. Lorsque le démon lui promit tous les royaumes du monde, à condition qu’il se prosternât devant devant lui, Jésus répondit : « Retire-toi, Satan ; car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu Le serviras Lui seul. » (Mt 4,10 ; Dt 6,13-14). L’exemple du Christ est donc de la plus haute importance pour tous ceux qui désirent « le vrai Dieu et la vie éternelle », comme nous y exhorte l’apôtre saint Jean : « Mes petits enfants, gardez-vous des idoles » (1 Jn 5, 20-21).
De nos jours, ce message revêt une importance particulière, car le syncrétisme et le paganisme sont comme des poisons qui coulent dans les veines du Corps mystique du Christ, l’Église. En tant que successeur des Apôtres, chargé de veiller sur le troupeau de Dieu, je ne peux rester silencieux face à la violation flagrante de la sainte volonté de Dieu et aux conséquences désastreuses qu’elle aura sur les âmes individuelles, l’Église dans son ensemble, et même sur le genre humain tout entier. C’est donc avec beaucoup d’amour pour l’âme de mes frères et sœurs que j’écris ce message.
2. Le 4 octobre 2019, à la veille du Synode de l’Amazonie, une cérémonie religieuse a eu lieu dans les Jardins du Vatican, en présence du Pape François et de plusieurs évêques et cardinaux, en partie dirigée par des chamans et dans laquelle des objets symboliques ont été utilisés, notamment une sculpture en bois représentant une femme enceinte déshabillée. Ces représentations sont connues et appartiennent aux rituels indigènes des tribus amazoniennes, et plus particulièrement au culte de la Pachamama, la Terre Mère ; au cours des jours suivants, les statuettes de femmes nues en bois étaient également vénérées dans la Basilique Saint-Pierre, devant la Tombe de Saint-Pierre. Le Pape François a également salué deux évêques portant en procession la « chose » Pachamama sur leurs épaules à l’intérieur de la salle du Synode où elle a été mise à une place d’honneur. Des statues de Pachamama ont également été exposées dans l’église de Santa Maria in Traspontina.
En réponse aux protestations des fidèles catholiques concernant ces rites et l’utilisation de ces statues, les porte-parole du Vatican et les membres des comités du Synode amazonien ont minimisé ou nié le caractère syncrétiste religieux évident de ces statues, mais leurs réponses étaient évasives et contradictoires ; elles n’étaient que des acrobaties intellectuelles et des négations de preuves manifestes.
L’entreprise américaine de visuels de presse « Getty Images » a réalisé une photo de presse officielle de ce rituel en y ajoutant cette description : « Le pape François et le cardinal Cardinal Claudio Hummes, archevêque émérite de São Paulo, président du Réseau Ecclésial Pan-Amazonien (REPAM), se tiennent devant une statue représentant la Pachamama (Terre Mère). Le Père Paulo Suess, participant au Synode sur l’Amazonie, n’a laissé subsister aucun doute sur le caractère païen des cérémonies autour des images en bois dans les jardins du Vatican, et il a même osé saluer ces rites païens, affirmant : "Même s’il s’agissait d’un rite païen, c’est néanmoins un culte païen rendu à Dieu. On ne peut pas rejeter le paganisme comme n’étant rien » (interview du 17 octobre, Vatican News). Dans un communiqué officiel, le 21 octobre, le Réseau ecclésial panamazonien (REPAM) a condamné l’acte héroïque de ces Messieurs qui avaient jeté les images en bois dans le Tibre en le qualifiant d’acte « d’intolérance religieuse ». Ils ont ainsi dévoilé les mensonges et les astuces dont ils se sont servis pour nier le caractère religieux des images en bois vénérées. Les volontaires de l’église carmélite Santa Maria in Traspontina, où les statues en bois étaient exposées, ont corroboré cette affirmation en affirmant : « La mère[sculptée] que j’ai ramenée du Brésil… qui était dans la procession, eh bien, nous l’avons ramenée du Brésil. Elle a été réalisée par un artiste indigène, et nous lui avons demandé une œuvre d’art qui symboliserait toute cette connexion de la Terre Mère, des femmes, l’aspect féminin de Dieu, le fait que Dieu est le protecteur de la vie et celui qui la nourrit. » Elle l’a qualifiée à la fois de symbole de la "« Terre-Mère »et de « Pachamama ».
Des sources objectives notent que la Pachamama est un objet de vénération, une déesse à laquelle certains Boliviens sacrifient des lamas, une divinité terrestre vénérée par certains Péruviens, enracinée dans les croyances et pratiques païennes inca.
3. Les catholiques ne peuvent accepter aucun culte païen, ni aucun syncrétisme entre les croyances et pratiques païennes et celles de l’Église catholique. Les actes d’adoration consistant à allumer une flamme, à s’incliner, à se prosterner ou à s’incliner profondément devant le sol et à danser devant une statue féminine nue, qui ne représente ni la Vierge ni un saint canonisé de l’Église, violent le premier commandement de Dieu : « Tu n’auras pas d’autres dieux devant Moi » ainsi que  l’interdiction explicite de Dieu, qui commande : « … de peur qu’élevant tes yeux au ciel, et y voyant le soleil, la lune et tous les astres, tu ne tombes dans l’illusion et dans l’erreur, et que tu ne rendes un culte d’adoration à des créatures que le Seigneur ton Dieu a faites pour le service de toutes les nations qui sont sous le ciel. » (Dt 4,19), et : « Vous ne vous ferez point d’idoles ni d’image taillée, vous ne dresserez point de colonnes ni de monuments, et vous n’érigerez point dans votre terre de pierre remarquable par quelque superstition, pour l’adorer. Car je suis le Seigneur votre Dieu. » (Lev 26:1).
Les Apôtres allaient même jusqu’à interdire la moindre allusion ou ambiguïté à l’égard des actes de vénération des idoles : « Quel rapport entre le temple de Dieu et les idoles ? » (2 Co 6, 15-16), et "Fuyez l’idolâtrie. Ce que les païens immolent, ils l’immolent aux démons, et non à Dieu. Or je ne veux pas que vous soyez en société avec les démons. Vous ne pouvez pas boire le calice du Seigneur, et le calice des démons. Vous ne pouvez pas participer à la table du Seigneur, et à la table des démons. Voulons-nous provoquer la jalousie du Seigneur ? Est-ce que nous sommes plus forts que lui ? » (1 Co 10, 14, 21-22).
Saint Paul, sans aucun doute, dirait ces mots à tous ceux qui ont participé activement aux actes de vénération des statues de Pachamama, qui symbolisent des choses matérielles ou créées : « Mais maintenant que vous connaissez Dieu, bien mieux, que vous êtes connus de Dieu, comment retournez-vous vers ces pauvres et faibles éléments, auxquels vous voulez de nouveau vous asservir ? » (Gal 4:9). Les païens, en effet, adoraient les éléments comme si c’étaient des êtres vivants. Et en observant les actes religieux syncrétistes ou du moins très ambigus dans les Jardins du Vatican, dans la Basilique Saint-Pierre et dans l’église de Santa Maria in Traspontina, saint Paul dirait : « (eux) qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni dans tous les siècles. »(Rom 1:25).
Tous les vrais catholiques qui ont encore l’esprit des Apôtres et des martyrs chrétiens, devraient pleurer et dire à propos des cérémonies païennes qui ont eu lieu dans la Ville éternelle, en paraphrasant les paroles du Psaume 79:1 : « O Dieu, les nations sont entrées dans ton héritage, ta ville sainte de Rome ; elles ont souillé Rome, elles l’ont réduite à des ruines. »
4. La tradition ininterrompue de l’Église a évité la moindre ambiguïté ou collaboration avec des actes idolâtres. Les explications données par les porte-parole du Vatican et par des personnes liées au Synode sur l’Amazonie pour justifier la vénération religieuse de la figure en bois d’une femme nue enceinte, étaient très semblables aux arguments donnés par les païens à l’époque des Pères de l’Église, comme le rapporte saint Athanase. Athanase a réfuté les pseudo-arguments des païens, et ses réfutations s’appliquent pleinement aux justifications invoquées par les autorités du Vatican. Saint Athanase a dit : « Ils se vanteront d’adorer et de servir, non seulement le bois et la pierre et des formes humaines, des oiseaux irrationnels, des reptiles et des bêtes, mais le soleil, la lune et tout l’univers céleste, et la terre, déifiant ainsi la création » (Contre-Gentiles, 21, 1-3) et : « Ils réuniront tout ensemble, comme constituant un seul corps, et diront que le tout est Dieu » (Contra Gentiles, 28, 2). « Au lieu du vrai, du véritable Dieu, ils ont déifié des choses qui n’étaient pas Dieu, servant la créature plutôt que le Créateur (voir Rom. 1:25), participant ainsi à la folie et à l’impiété » (Contra Gentiles, 47, 2).
L’apologiste du deuxième siècle Athenagoras a parlé de la vénération des éléments matériels par les païens : « Ils déifient les éléments et leurs différentes parties, en leur appliquant des noms différents à des moments différents. On dit que Kronos est le temps, et Rhéa la terre, et qu’elle devient enceinte de Kronos, et qu’elle engendre, d’où elle est considérée comme la mère de tous. Manquant de découvrir la grandeur de Dieu, et ne pouvant s’élever en haut avec leur raison (car ils n’ont aucune affinité pour le lieu céleste), ils se languissent parmi les formes de la matière, et enracinés sur la terre, déifient les changements des éléments » (Apol. 22).
Les paroles suivantes du Deuxième Concile de Nicée s’appliquent pleinement à tous les hommes d’Église qui ont soutenu les actes religieux syncrétistes mentionnés ci-dessus à Rome : « De nombreux pasteurs ont détruit ma vigne, ils ont souillé ma part. Car ils ont suivi des hommes impurs et, faisant confiance à leurs propres frénésies, ils ont calomnié la sainte Église, que le Christ notre Dieu s’est donnée à lui-même, et ils n’ont pas su distinguer le saint du profane, affirmant que les icônes de notre Seigneur et de ses saints ne sont pas différentes des images en bois des idoles sataniques. »
Comme l’a établi le deuxième Concile de Nicée, l’Église ne permet pas la vénération par des gestes extérieurs de culte tels que s’incliner, embrasser et bénir, d’autres symboles, images ou statues que « les icônes de notre Seigneur Dieu et Sauveur Jésus Christ, celles de Notre Dame la Théotokos, celles des anges vénérables et celles de tout le peuple saint. Chaque fois que ces représentations sont contemplées, elles amèneront ceux qui les regardent à commémorer et à aimer leur prototype. »
5. Ceux qui croient au Dieu Unique et Véritable ont toujours travaillé à l’élimination de l’adoration des faux dieux, en enlevant leurs images du milieu du peuple saint de Dieu. Quand les Hébreux se prosternèrent devant la statue du Veau d’Or – avec les encouragements et la complicité du haut clergé – Dieu condamna de tels actes. Son serviteur Moïse condamna également ces actes d’« accueil et de tolérance » envers les divinités indigènes locales de l’époque, et il réduisit la statue en poudre et la dispersa dans l’eau (voir Ex 32,20). De même, les Lévites furent félicités pour avoir arrêté tous ceux qui adoraient le veau d’or (Ex 32:20,29). A travers les âges, les vrais catholiques ont aussi œuvré pour renverser les « les dominateurs de ce monde de ténèbres » (Ep 6, 12), et la vénération des images qui les représentent.
Au milieu de la consternation et du choc face à l’abomination perpétrée par les actes religieux syncrétistes au Vatican, l’Église entière et le monde entier ont été témoins d’un acte hautement méritoire, courageux et louable de la part de quelques courageux hommes chrétiens qui, le 21 octobre, ont chassé et jeté dans le Tibre les statues en bois idolâtres de l’église de Santa Maria in Traspontina, à Rome. Tels de nouveaux Maccabées, ils ont agi dans l’esprit de la sainte colère de Notre Seigneur expulsant les marchands du temple de Jérusalem avec un fouet. Les gestes de ces hommes chrétiens seront inscrits dans les annales de l’histoire de l’Église comme un acte héroïque qui a rendu gloire au nom chrétien, tandis qu’au contraire, les actes des ecclésiastiques de haut rang qui ont souillé le nom chrétien à Rome, resteront dans l’histoire comme des actes d’ambiguïté et de syncrétisme lâches et perfides.
Le pape saint Grégoire le Grand, dans une lettre à saint Æthelbert, le premier roi chrétien d’Angleterre, l’exhorte à détruire les images idolâtres : « Supprimez le culte des idoles, renversez leurs édifices et leurs sanctuaires » (Bède, Histoire ecclésiastique, Livre I).
Saint Boniface, l’apôtre de l’Allemagne, a abattu de sa propre main un chêne dédié à l’idole Thor ou Donar, qui était non seulement un symbole religieux, mais aussi un symbole de la protection des soldats, de la végétation et même de la fertilité dans la culture autochtone des tribus germaniques.
Vladimir, le premier prince chrétien de Kiev, a fait abattre, démolir et tailler en pièces les idoles en bois qu’il avait lui-même érigées. Quant à la statue en bois du dieu païen en chef, Peroun, il l’a jetée dans le Dniepr. Cet acte de saint Vladimir rappelle l’acte héroïque de ces Messieurs chrétiens qui, le 21 octobre 2019, jetèrent les statues en bois de la culture indigène païenne des tribus amazoniennes dans le Tibre.
Si les actes de Moïse, de Notre Seigneur Jésus-Christ expulsant violemment les marchands du Temple, de saint Boniface et de saint Vladimir avaient eu lieu à notre époque, les porte-parole du Vatican les auraient sûrement condamnés comme des actes d’intolérance religieuse et culturelle, et comme des vols.
6. La phrase du document d’Abou Dhabi, qui se lit comme suit : « Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains » a trouvé sa réalisation pratique dans les cérémonies du Vatican de vénération des statues en bois, qui représentent des divinités païennes ou des symboles culturels indigènes de fertilité. C’était la conséquence pratique logique de la déclaration d’Abou Dhabi.
7. Compte tenu de ce qu’exige le culte authentique et l’adoration du Dieu unique, la Très Sainte Trinité, et du Christ Notre Sauveur, en vertu de l’ordination qui a fait de moi un évêque catholique et un successeur des Apôtres, et dans une fidélité et un amour véritables envers le Pontife romain, le Successeur de Pierre, et envers sa tâche qui est de présider à la « Cathédrale de la vérité » (cathedra veritatis), je condamne le culte du symbole païen du Pachamama dans les jardins du Vatican in Saint Paul, dans la basilique Saint-Pierre, et dans l’église romaine de Santa Maria in Traspontina.
Il serait bon que tous les vrais catholiques, et d’abord et avant tout les évêques, et aussi prêtres et les fidèles laïcs, forment une chaîne mondiale de prières et d’actes de réparation pour l’abomination de la vénération des idoles en bois perpétrée à Rome pendant le synode sur l’Amazonie. Face à un scandale aussi évident, il est impossible qu’un évêque catholique se taise, cela serait indigne d’un successeur des Apôtres. Le premier dans l’Église qui devrait condamner de tels actes et faire réparation est le Pape François.
La réaction honnête et chrétienne à la danse autour de la Pachamama, le nouveau Veau d’Or, au Vatican, doit consister en une protestation digne, une correction de cette erreur, et surtout en des actes de réparation.
Les larmes aux yeux et avec une douleur sincère au cœur, il faut offrir à Dieu des prières d’intercession et de réparation pour le salut éternel de l’âme du pape François, Vicaire du Christ sur terre, et le salut des prêtres et fidèles catholiques qui ont commis de tels actes de culte interdits par la Révélation divine. On pourrait proposer à cet effet la prière suivante :
« Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, recevez de notre cœur contrit, par les mains de Marie, Mère Immaculée et toujours vierge de Dieu, un acte sincère de réparation pour les actes d’adoration d’idoles et de symboles en bois qui ont eu lieu à Rome, Ville éternelle et cœur du monde catholique, pendant le synode sur l’Amazonie. Répands dans le cœur de Notre Saint-Père le Pape François, des cardinaux, des évêques, des prêtres et des fidèles laïcs, ton Esprit, afin qu’il expulse les ténèbres de leurs esprits, afin qu’ils reconnaissent l’impiété de ces actes qui ont offensé ta Divine Majesté, et qu’ils t’offrent des réparations publiques et privées. 
« Répandez dans tous les membres de l’Église la lumière de la plénitude et de la beauté de la foi catholique. Rallumez en eux le zèle ardent à apporter le salut de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, à tous les hommes, en particulier aux peuples de la région amazonienne, qui sont encore esclaves des choses faibles et périssables que sont les symboles et idoles sourds et muets de la “Terre Mère terre”, à tous les peuples et surtout aux peuples des tribus amazoniennes, qui n’ont pas la liberté des enfants de Dieu, et qui n’ont pas le bonheur indicible de connaître Jésus Christ et de participer en Lui à la vie de votre nature divine. 
« Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, qui êtes le seul vrai Dieu, en dehors duquel il n’y a pas d’autre dieu et aucun salut, ayez pitié de votre Église. Regardez surtout les larmes et les soupirs contrits et humbles des petits dans l’Église, regardez les larmes et les prières des petits enfants, des adolescents, des jeunes hommes et des jeunes femmes, des pères et des mères de famille et aussi des vrais héros chrétiens, qui dans leur zèle pour votre gloire et dans leur amour pour la Mère Église ont jeté à l’eau les symboles d’abomination qui la souillent. Ayez pitié de nous : épargne-nous, Seigneur, parce Domine, parce Domine, parce Domine ! Ayez pitié de nous : Kyrie eleison ! »

3.3- Le cardinal Gerhard Müller, ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi

EWTN[8] a publié le 24 octobre 2019 un court extrait du long entretien accordé par l'ancien Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à son journaliste, qui lui demandait son sentiment à propos de l'enlèvement des statuettes païennes de l'église de Santa Maria del Traspontina, jetées par la suite dans le Tibre (et qui ont été repêchées depuis par la police romaine, aux dires de ses responsables).

« La grande erreur a été d'amener les idoles dans l'Église, et non pas de les en avoir ôtées,  car selon la Loi de Dieu lui-même – le Premier Commandement – l'idolâtrie est un péché grave, une violation criminelle de la loi divine, et on ne doit pas les mélanger avec la liturgie chrétienne. »
« Aller les prendre », a poursuivi le cardinal Müller, « peut être contraire à la loi humaine, mais amener les idoles dans l'Église était un péché grave, un crime contre la loi divine. Il y a une très profonde différence. »

Le 22 octobre 2019, le cardinal avait fait une déclaration à Maike Hickson de LifeSiteNews[9]. Il y déclarait: « Dans quelle situation sommes-nous pour que même les évêques ne se rendent pas compte de ce que la frontière du vieux paganisme a été franchie ? ». Il ajoutait :

La distinction claire que fait saint Paul entre la foi en Dieu et le paganisme ne doit pas être contournée : parce que les gens « échangeaient la gloire du Dieu immortel contre des images ressemblant à un être humain mortel ou à des oiseaux ou à des animaux à quatre pieds ou à des reptiles....ils échangeaient la vérité sur Dieu contre un mensonge et adoraient et servaient la créature plutôt que le Créateur. » (Rom. 1:23 seq.)  
L’adoration de Dieu est la véritable théologie de la libération:  la libération de la peur, de l’effroi et de l’insécurité qui nous viennent du monde matériel et de nos frères les hommes. Et ce n’est qu’avec l’aide de l’Évangile et de la grâce du Christ qu’une culture peut développer son influence positive et se libérer de la puissance du mal.  
Objectivement, l’idolâtrie et la superstition sont les plus grands péchés de tous, basés sur une confusion entre le Créateur et la créature (Thomas d’Aquin, S. Th. II-II q. 94 a. 3.), qui ne peut être dépassés que par l’hérésie de ceux qui ont déjà reçu la vraie foi par la proclamation de l’Église, contrairement aux païens qui, sans leur propre faute, ne connaissent pas encore l’Évangile. 

4- Un peu de recul : le regard de Jean-Paul II sur Saint-François d’Assise

Une  Bulle de Jean-Paul II a été publiée le 29.11.1979, proclamant  Saint François d’Assise, « comme Patron céleste des cultivateurs de l'écologie ». Dans cette bulle, il évoque la grande estime de Saint-François d’Assise  pour « toutes les œuvres du Créateur et, ce qui l’a inspiré de façon presque surnaturelle, dans la composition de ce très beau "Cantique des Créatures", à travers lesquelles, il a rendu gloire, honneur et toute bénédiction à la bonté du Seigneur, et fait son éloge, spécialement à travers notre frère soleil, notre sœur la  lune et les étoiles ». Pourquoi, dans cette bulle, Jean-Paul II n’a-t-il pas repris l’expression de Saint-François d’Assise sur « sœur notre terre-mère » ?

Il est intéressant de voir quel pouvait être l’état d’esprit du Pape au moment où il publiait cette bulle.
Quelques mois auparavant, en mars 1979, Jean-Paul II évoquait « la volonté du Créateur » de voir l’homme être « en communion avec la nature comme son ‘maître’ et son ‘gardien’ intelligent et noble…»[10].
Également en mars 1979, Jean-Paul II parlait d’esclavage devant une réunion de savant: «... chaque déséquilibre écologique entraîne un dommage pour l’homme. Le savant ne traitera donc pas la nature comme une esclave mais en s’inspirant peut-être du Cantique des créatures de Saint François d’Assise, il la considérera plutôt comme une sœur appelée à coopérer avec lui pour ouvrir des voies nouvelles au progrès de l’humanité »[11].
Pour Jean-Paul II, il ne s’agissait pas d’instrumentaliser Saint-François d’Assise et sa louange à sœur notre terre mère ».  Rien à voir avec le rituel de peuples indigènes sacralisant la terre-mère. Au contraire, il en appelle au rôle de l’homme, intelligent et noble pour vivre en communion avec la terre et mieux ouvrir des voies au progrès de l’humanité..

5- "Dieu notre mère" ou "notre terre-mère"?

Une pastorale andine propose un Credo qui intègre l'approche religieuse traditionnelle à la démarche chrétienne en soulignant tout particulièrement le visage féminin d'une telle foi [12] 

Je crois en Dieu notre mère, toute puissante, Créatrice du ciel et de la terre. 
je crois en Dieu qui a porté la femme, à son image et sa ressemblance. 
Je crois au Dieu de la vie qui a un visage de femme
enceinte d"une nouvelle création, d'un nouveau ciel, d'une nouvelle terre. 
Je crois en Dieu Père et Mère, porteuse de tendresse et de pardon, 
forteresse et espérance pour tous les pauvres du monde.
Nous croyons en Dieu Père et Mère, esprit de vie qui a donné la tendresse et la résistance, l'audace et la solidarité. 
Je crois en la femme chrétienne et pauvre qui, entendant la Parole de Dieu en communauté,
devient consciente et s'organise pour la solidarité et la défense de la vie
Je crois à l'Eglise des pauvres, ses réserves de sainteté et d'intelligence, 
capable d'humaniser, de démocratiser, et d'unifier la foi des peuples. [13]

Sans nécessairement adhérer à ce symbole de foi, ce texte a le mérite de faire un effort d'inculturation de la foi et de proposer un texte avec le souci d'éviter le syncrétisme qui rôde souvent en bordure de l'inculturation. 

6- Conclusion: Marie, notre seule et vraie mère

Marie est-un modèle de mère pour nous, en même temps qu’elle est notre mère. Ce n’est pas la Terre qui est notre mère. Projeter sur la Terre une image de mère peut devenir une forme d’anthropomorphisme car la Terre n’est pas toujours bienveillante : elle peut devenir cette « mère toute puissante », comme la qualifie Ignace IV, Patriarche d'Antioche [14] ! Même si Marie est bien Reine de la création,  c’est bien elle, Marie, qui est notre mère, humble et compatissante pour ses enfants, à l’opposé d’une mère possessive. Dans toutes ses apparitions, elle nous implore de nous convertir et se déclare médiatrice auprès de son Fils pour qu’Il nous pardonne. 


[1] Les éditions Salvator ont publié un ouvrage intitulé « Notre mère la Terre » attribué au Pape François. Il s’agit en réalité d’un  volume qui « rassemble plusieurs textes du pape François sur les thèmes de la préservation de la Création et de la promotion d’une vie digne pour tout être humain. » Ce recueil publie un texte inédit du Pape François en conclusion qui livre « livre une synthèse de la vision chrétienne de la Création et de la mission de tous les hommes et les femmes de bonne volonté ».

[2] http://press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2019/10/26/0820/01706.html

[3] Conclusion solennelles de Paul VI du 31 janvier 1966 et commentaires officiels sur le concile : « Mais l'heure vient, l'heure est venue, où la vocation de la femme s'accomplit en plénitude, l'heure où la femme acquiert dans la cité une influence, un rayonnement, un pouvoir jamais atteints jusqu'ici. C'est pourquoi, en ce moment où l'humanité connaît une si profonde mutation, les femmes imprégnées de l'esprit de l'Evangile peuvent tant pour aider l'humanité à ne pas déchoir ». (Acta Apostolicae Sedis - Commentarium Officiale, p. 13-14)

[4] (Acta Apostolicae Sedis - Commentarium Officiale, p. 13-14)

Ce document explique ce que Paul VI attend des femmes :

« Vous femmes, vous avez toujours en partage la garde du foyer, l'amour des sources, le sens des berceaux. Vous êtes présentes au mystère de la vie qui commence . Vous consolez dans le départ de la mort. Notre technique risque de devenir inhumaine. Réconciliez les hommes avec la vie. Et surtout veillez, nous vous en supplions, sur l'avenir de notre espèce. Retenez la main de l'homme qui, dans un moment de folie, tenterait de détruire la civilisation humaine. Épouses, mères de famille, premières éducatrices du genre humain dans le secret des foyers, transmettez à vos fils et à vos filles les traditions de vos pères, en même temps que vous les préparez à l'insondable avenir. Souvenez-vous toujours qu'une mère appartient par ses enfants à cet avenir qu'elle ne verra peut-être pas. Et vous aussi, femmes solitaires, sachez bien que vous pouvez accomplir toute votre vocation de dévouement. La société vous appelle de toutes parts. Et les familles même ne peuvent vivre sans le secours de ceux qui n'ont pas de famille. Vous surtout, vierges consacrées, dans un monde où l'égoïsme et la recherche du plaisir voudraient faire la loi, soyez les gardiennes de la pureté, du désintéressement, de la piété. Jésus, qui a donné à l'amour conjugal toute sa plénitude, a exalté aussi le renoncement à cet amour humain, quand il est fait pour l'Amour infini et pour le service de tous. Femmes dans l'épreuve, enfin, qui vous tenez toutes droites sous la croix à l'image de Marie, vous qui, si souvent dans l'histoire, avez donné aux hommes la force de lutter jusqu'au bout, de témoigner jusqu'au martyre, aidez-les encore une fois à garder l'audace des grandes entreprises, en même temps que la patience et le sens des humbles commencements. Femmes, ô vous qui savez rendre la vérité douce, tendre, accessible, attachez-vous à faire pénétrer l'esprit de ce Concile dans les institutions, les écoles, les foyers, dans la vie de chaque jour. Femmes de tout l'univers, chrétiennes ou incroyantes, vous à qui la vie est confiée en ce moment si grave de l'histoire, à vous de sauver la paix du monde ! » (ibid. p. 14)

[5] et François d’Assise, Cantique des créaturesSC 285, p. 343-345.)

[6] Traduction de Jeanne Smits de propos extraits de Infocatolica (d'après La Nuova Bussola Quotidiana)

[7] traduction de Jeanne Smits

[8] https://www.youtube.com/watch?v=sGxDlPh5d_A

[9] Traduite sur le blog de Jeanne Smits 

[10] Dans sa première encyclique, Redemptor hominis (§ 15)

[11] « Discours aux membres de la société européenne pour la physique » (30 mars 1979)

[12] Source: "La théologie au XXe siècle: histoire, défis, enjeux" de Klauspeter Blaser, Ed. l'Age d'homme, page 266

[13] cité dans Mission, DEFAP-Paris, 26, 1992

[14] Ignace IV, Patriarche d'Antioche, Sauver la Création, DDB, Paris 1989, p. 46