Jeudi 18 juin - Bordeaux (33)

Dans saint Matthieu 6,7-15 « Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens... ». Évangile difficile à entendre pendant un pèlerinage où la récitation du chapelet est de mise. Heureusement Jésus ajoute : « Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé ».
Si on suivait littéralement ces préceptes, on ne prierait pas du tout… Or c’est justement aux versets suivants que Jésus enseigne aux disciples les paroles du Notre Père, la matrice de toutes les prières chrétiennes.

Mercredi 17 juin - Sainte-Eulalie (33) - Bordeaux (33)

Est-il conforme à l’évangile du jour de rendre public cette démarche de pèlerinage ? Dans saint Matthieu 6,1-6.16-18, «  Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer.... quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, ... pour obtenir la gloire qui vient des hommes....  quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites [qui] aiment à ...se montrer aux hommes,... quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu ». Pourtant, dans ce pèlerinage, il y a une aumône de vérité destinée aux observateurs, un jeûne de moyens de transports (« carbonés »!), et une intention de prière connue (la pastorale écologique).
Saint François de Sales donne un élément de réponse dans son « Traité de l'amour de Dieu » [livre XII, chap. VII (Tome second; Librairie Victor Lecoffre, Éd. J. Gabalda 1924; p. 391-392, rev.)], en évoquant l’intention qui nous anime :  « Notre Seigneur, au rapport des anciens, avait coutume de dire aux siens : « Soyez bons monnayeurs ». Si l’écu n’est pas de bon or, s’il n’a pas de poids, s’il n’est pas marqué au coin conforme, on le rejette comme non recevable. Une œuvre de bonne espèce, si elle n’est pas ornée de charité, si l’intention n’est pas pieuse, elle ne sera pas reçue parmi les bonnes œuvres ».

Le Christ donne la réponse : si l’intention est « d’obtenir la gloire des hommes », nous ferons alors partie de « ceux-là [qui] ont reçu leur récompense ». Notre intention  est simplement de répondre au concile qui appelle les laïcs: "dans la mesure de leurs connaissances, de leurs compétences et de leur situation" à user de leur "faculté et même de leur devoir de manifester leur sentiment en ce qui concerne le bien de l’Église" (Lumen Gentium § 37). 
Pouf ce qui est du reste, Jesus répond : «  ton Père qui voit dans le secret te le rendra ».

Mardi 16 juin - Perissac (33) - Sainte-Eulalie (33)

Dans l’évangile du jour de saint Matthieu 5,43-48, « Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent ».
Il faut comprendre le mot aimer au sens de l’agapé, c’est à dire vouloir du bien à son ennemi. Ainsi ceux qui sont des persécuteurs, manient l’invective contre nous, il faut  leur rendre ce qui peut les faire progresser.

Lundi 15 juin - Clérac (17) - Perissac (33)

La loi du talion évoqué dans l’Évangile du jour était un progrès par rapport aux périodes précédentes dominées par les barbares ou des despotes comme le roi Achab de Samarie. Celui-ci, arbitrairement, s’était approprié la vigne de son voisin Naboth après qu’il ait été tué (lecture de ce jour du Premier livre des Rois 21,1-16).
La loi du talion limitait l’arbitraire pour introduire une forme de proportionnalité dans les relations sociales . Dans les discours écologiques actuels, il y a une forme de retour à la barbarie dans la mesure où on assiste à une dictature de la pensée. Les analyses sont imposées aux opinions publiques avec tout un concert de mesures d’accompagnement qui seraient censées apporter le salut sur terre. Pour évoquer la question climatique, il n’y a plus aucune proportionnalité entre le risque et les mesures proposées, surtout s’il est avéré, comme beaucoup de scientifiques le pensent, que c’est le soleil qui est à l’origine des variations climatiques. Il n’est plus question alors de proportionnalité mais d’un gaspillage considérable financier pour lutter, en vain,  contre les variations solaires. Il n’est plus question non plus, d’un pouvoir qui rendrait justice à la vérité, mais de scientifiques militants qui exerce une forme de vengeance sociale en se fondant plus sur leurs opinions politiques que sur des méthodes scientifiques éprouvées et destinées à établir des preuves.
La loi du talion voudrait, à tout le moins, la proportionnalité d’un débat contradictoire. Ce serait un progrès. Mais, le Christ, dans l’évangile de saint Matthieu 5,38-42 va plus loin encore: il utilise  à cette fin, non une parabole mais un mode d’expression hyperbolique destiné, non pas à être écouté à la lettre, mais à souligner l’importance de la paix évangélique: « Jesus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ».
Dans nos dialogues écologiques, Le Christ ne nous propose pas de réclamer un second mensonge quand on nous en a asséné un. Il nous demande de vivre la douceur des béatitudes, non pas dans une soumission doucereuse, mais animé d’une force intérieure, maîtrisée et canalisée.

Dimanche 14 juin: Chevanceaux (17) - Clerac (17) à 

Fête-Dieu à Montlieu-la-Garde (17). Le livre du Deutéronome (8,2-3.14b-16a) commence ainsi: « Moïse disait au peuple d'Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur ... Il t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim » Avant de recevoir l’Eucharistie de quelle pauvreté avons nous conscience? De quoi avons nous faim?
Dans l’Évangile de saint Jean 6,51-58, le Christ précise : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ». Avons nous faim et soif de cette vie éternelle ? Avons nous soif de transformer le monde et de le rendre écologiquement durable ou préférons nous nous laisser transformer par le Christ? Avons nous confiance que Dieu peut nous transformer? Que peut plus simplement Dieu s’il a permit à Thérèse Neumann, une mystique allemande (1898-1962), de vivre sans aucune alimentation solide ni liquide autre que l’eucharistie pendant 36 ans?

Samedi 13 juin: Barbezieux-Saint-Hilaire (16) - Chevanceaux (17)

Dans l’évangile du jour de saint Matthieu (5,33-37): « Jésus disait à ses disciples : Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur ». La démarche de celui qui s’engage dans un long pèlerinage relève-t-elle d’un serment pris devant Dieu ou d’un simple acte velléitaire ? Est-ce un engagement pris à la légère surtout quand on réalise que les douleurs et autres crampes aux pieds seraient motif à remettre en cause la démarche entreprise.
L’évangile donne une réponse: qu’en toute circonstance notre parole soit véridique : « que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais ». L’esprit initial d’une démarche de conversion et de rencontre est-il respecté ?
- une démarche de rencontre avec des chrétiens sensibles à l'écologie? Comment les appeler à aller vers les « périphéries » constituées de dissidents? Pour les encourager, que notre oui soit oui, que la parole soit sans duplicité ni double langage.
- Une conversion ne se limite pas à des réflexions intellectuelles sur ce qu’est ou non une conversion . Elle passe par une rencontre personnelle avec Dieu. Et, là, comme le dit un pasteur lors d’une conversation téléphonique, il n’y a pas de recettes -heureusement ajoutait-il-, c’est une grâce reçue de Dieu lui-même.

Vendredi 12 juin - Champagne-Vigny (16) - Barbezieux (16)

Dans l’évangile du jour, « Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur ». Ce texte renvoie au problème de la concupiscence évoqué dans la Genèse à propos d’Adam et Ève, c’est à dire de posséder autrui, mais aussi la création. Jesus ne condamne pas l’homme d’admirer une jolie femme. Le Cantique des cantiques célèbre cette beauté, tout comme d’autres psaumes célèbrent la beauté de toute la création. Ce qui est condamné, c’est la convoitise c’est à dire vouloir instrumentaliser autrui pour sa propre satisfaction.
Cette réflexion ne concerne pas que la sexualité. Un parallèle peut être fait avec l’écologie.  La genèse évoque deux concepts: celui de la concupiscence et de l'insatiabilité.

  • chez l'homme: Il "semble être celui qui éprouve de manière particulièrement intense la honte de son propre corps: "j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché" (Gen 3,10)... l'homme est celui pour qui la honte, unie à la concupiscence, deviendra propension à "dominer" la femme ("il dominera sur toi").  De la même manière, l’écologie  intégrale doit rechercher à la « garder et cultiver » la terre, sans concupiscence.
  • chez la femme: Jean-Paul II s'appuie sur le texte de Genèse 3,16, "ton élan te portera vers ton mari" pour expliquer que "l'expérience d'une telle domination se manifeste plus directement chez la femme comme désir insatiable d'une union différente" (audience n°31 du 25 juin 1980). Jean-Paul II explique que l'expression de Gen 3,16 indique "que la femme ressentira comme un manque de pleine unité précisément dans le vaste contexte de l'union avec l'homme... Pour la première fois, l'homme est défini comme "mari". ..." (audience du 18 juin). En écologie, cette recherche d’insatiabilité, dans une nature unifiant l’homme dans un « grand tout », se retrouve dans le concept de la déesse Gaia.

Bien sûr ces déviances ne sont pas « genrées » à ce point. Elles se retrouvent chez l’homme et la femme. L’écologie comme la sexualité, doivent se mettre au service de l’amour.
Jésus poursuit « Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne ». Il ne s’agit pas là d’une parabole mais d’une hyperbole par laquelle il nous projette vers la fin des temps. Dans le royaume, il n’y aura plus mari ni femme, ni paradis perdu mais une terre nouvelle.

Jeudi 11 juin - Angoulême (16) - Champagne-Vigny (16)

Saint-Barnabé fêté ce jour. Ce qui est intéressant, chez saint Barnabé, c’est son audace. Il a quand même le toupet d’introduire Paul, ancien persécuteur de chrétiens, auprès des apôtres. Il fallait oser faire entrer le loup converti dans la bergerie ! Merci aux pasteurs -ils sont rares- qui osent faire entrer un dissident écologiste dans la bergerie qu’est l’église. Le toupet c’est que le dissident pourrait  « faire du mal à la cause »! Mais l’évangélisation est-elle une « cause »? La vraie mission consiste à transmettre l’appel du Christ à se convertir et non à transmettre des recettes pour sauver la planète ! 

Mercredi 10 juin - Angoulême (16)

Tout est grâce, en ce diocèse, pour les contacts pris sur place.
Méditation du jour à partir du Premier livre des Rois 18,20-39:  « Élie se présenta devant la foule et dit : « Combien de temps allez-vous danser pour l’un et pour l’autre ? Si c’est le Seigneur qui est Dieu, suivez le Seigneur ; si c’est Baal, suivez Baal. » La tentation est grande de vouloir adorer en même temps Dieu et l’esprit mondain écologique. Elie appelle à choisir: se convertir ou sauver la planète ? « Elie continua : « Moi, je suis le seul qui reste des prophètes du Seigneur, tandis que les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante ». Et ils sont nombreux les marchands de peur expliquant que la planète est en danger et qu’il y a urgence à une « conversion écologique ». Mgr Crepaldi, auteur du Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise avait commenté Laudato si à ce sujet: « La "conversion écologique": Cette expression a souvent été lue et comprise comme une conversion "à l'écologie", presque comme si la terre, la planète et les facteurs d'équilibre environnemental étaient l'objet de la conversion.
La conversion consiste dans l'observation de la création "en Dieu", dans Son plan de salut et à la lumière de sa providentielle volonté et non pas dans l'adhésion à des formes d'écologisme ».
Adorer à la fois Yahve et Baal ne simplifie pas le travail de conversion personnelle! Mais qu’est-ce que se convertir ? Question lancinante du pèlerin ! L’évangile du jour de saint Matthieu 5,17-19 donne une piste: «  je ne suis pas venu abolir, mais accomplir ». Se convertir ne consiste pas à abolir notre passé, la famille, la culture et le milieu social dans lequel nous sommes nés, les amitiés et rencontres de jeunesse qui ont forgé notre personnalité,... Il s’agit de laisser Dieu accomplir en nous ce à quoi il nous appelle. Le Christ n’est pas venu abolir le débat entre les crédules et les sceptiques de la cause humaine du réchauffement, ni entre les dissidents et les consensuels. Le Christ lui même entrait dans les débats de son temps comme dans l’évangile du 5 juin (saint Marc 12,35-38) « Comment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David ». Mais toujours le Christ explique qu’il vient accomplir les temps. Le royaume des cieux est proche. Il nous appelle à une conversion écologique qui ne consiste pas à prendre comme objet la terre, la planète et les divers facteurs d’équilibre environnemental. La conversion à l’écologie intégrale ne consiste pas, par exemples, pour un chef d’entreprise, à s’interroger sur le passage ou non à l’électrique de toute sa flotte de véhicules commerciaux, ou pour un agriculteur s’interroger sur un traitement ou non au glyphosate. L’objet de notre conversion écologique est Dieu et son plan de salut: « la création est tendue vers la divinisation, vers les saintes noces, vers l’unification avec le créateur lui-même » (LS 236). C’est une conversion à l’ « écologie divine »

Mardi 9 juin - Aussac-Vadalle (16) - Angoulême (16)

Thème de l’intervention de ce jour à la maison du diocèse : qu’est-ce que l’ «écologique divine »? La nature de l’homme tient du fruit d’amour du Père qui a voulu donner une épouse à son fils et du désir du fils d’accepter cette épouse pour prendre ensuite sa condition et la « déifier » pour lui apprendre à rendre gloire à son Père. L’écologie divine consiste à cultiver cette nature deifiable de l’homme, à adhérer à cette vocation de rendre gloire au Père. Et voilà que l’évangile du jour, selon saint Matthieu 5,13-16, insiste sur ce point: « alors, voyant ce que vous faites de bien, [les hommes] rendront gloire à votre Père qui est aux cieux ». Se focaliser sur le respect de la nature environnementale sera vain si l’homme ne respecte pas d’abord sa nature deifiable. C’est bien ce que rappelle saint Irénée: « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne dieu ».
Vivre l’« écologie divine » au quotidien, c’est se laisser inspirer par un texte de sainte Gertrude  d'Helfta (1256-1301), moniale bénédictine (Le Héraut, Livre III, SC 143 (Œuvres spirituelles, trad. P. Doyère, éd. du Cerf, 1968, p. 311, 313, rev.): « [Une personne] s’affligeait de ce qu’elle se voyait empêchée de vaquer à l’oraison du fait des divers soucis que lui causait l’emploi dont elle était chargée. Gertrude priait pour elle, elle reçut du Seigneur la réponse suivante : « Je n’attends pas d’elle qu’elle me serve une heure par jour, mais bien que, pendant toute la journée, elle soit sans cesse en ma présence, et cela, en accomplissant continuellement tous ses travaux pour ma gloire, dans l’esprit même où elle voudrait vaquer à la prière, et y ajoutant, en outre, cet acte de piété. À chaque travail qu’elle accomplit dans sa charge, de souhaiter toujours que tous ceux qui bénéficieront de son travail non seulement en soient restaurés corporellement, mais aussi spirituellement entraînés à m’aimer davantage et affermis dans le bien. »

Lundi 8 juin - Verteuil/Charente (16) - Aussac-Vadalle (16)

Comment un « dissident climatique » peut-il vivre l’évangile du jour des béatitudes (Mathieu 15, 1-12)? Que peut lui inspirer sa démarche de pèlerinage à ce sujet? En paraphrasant le commentaire d’Olivier Belleil, nous dirions:
- « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux »...heureux celui qui a conscience de sa faiblesse dans ses arguments, qui n’est ni suffisant ni orgueilleux dans ses discours.
- « Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés »... non pas pleurnicher sur le fait de ne pas être écouté, mais avoir un cœur de compassion, sensible... tout sauf être indifférent à ceux qui s’en tiennent aux consensus.
-«  Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage »... non pas doucereux mais animé d’une force intérieure maîtrisée et canalisée, tel Saint-François de Salle qui lutta toute sa vie contre un tempérament colérique... Le pèlerin dissident doit lutter lui aussi contre le ton « passionné et péremptoire » de ses discours. Il faut tout la bienveillance d’un pasteur pour reconnaître que la foi et la raison sont les deux ailes  qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la vérité et que « l’enjeu peu valoir un ton passionné ». Commentant ce pèlerinage, il ajoute : la « mission est belle, dure sûrement, mais essentielle ».
- « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. ».. justice par rapport aux droits de Dieu, par exemple sur son Église qui n’a pas à prendre parti dans les débats scientifiques..., justice par rapport aux droits de l’homme, aux droits des pauvres qui crient contre un modèle d’économie décarbonée qui les enfermera dans la pauvreté... Heureux ceux qui refusent de collaborer avec le mal, avec l’injustice..
- « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ». Heureux celui qui agit avec bonté, avec compassion pour toutes les formes de misères ... 
- « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu». ... pureté intellectuelle sans mélange, pureté de la volonté qui évite d’avoir un cœur double, faite d’ambivalence et de duplicité,...
-« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu », en paix avec Dieu, avec soi-même, avec les autres, avec la création... paix que procure l’écologie intégrale...
- « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est eux; Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés»... Sans se prendre pour un prophète (quoique, quelquefois)... Ce n’est pas le prophète qui est persécuté, insulté,objet de médisance... c’est la parole de Vérité qui est ainsi malmenée ...

Dimanche 7 juin - Londigny (16) - Verteuil/Charente (16)

Messe en passant à Ruffec. Homélie sur le mystère de la Sainte Trinité. La vierge a compris ce mystère : comme toutes les femmes, elle est la seule à savoir qui est le père de son enfant!

Samedi 6 juin - Brux (86) -  Londigny (16)

Dans l’Épître du jour, deuxième  lettre à Timothée 4,1-8 , Saint-Paul nous exhorte : « Devant Dieu, et devant le Christ Jésus..., je t’en conjure, ... proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques ».
On pense à ces discours mythologiques qui font croire que l’« homoecologicus » pourrait avoir l’initiative de l’apocalypse. On pense à cette foule de maîtres scientifiques qui affirment qu’il n’existe pas de traitement contre le coronavirus (affaire Lancet), que les enfants nés de GPA ne souffriraient d’aucun troubles, que les cellules souches embryonnaires seraient une panacée thérapeutique, que le réchauffement climatique serait causé par les émissions de CO2 alors que seul les cycles solaires peuvent expliquer les périodes chaudes comme celle qui a valu au Groenland d’être vert...
Comment « intervenir à temps et contre temps », surtout quand l’évangile du jour selon saint Marc 12,38-44 ajoute: « Méfiez-vous des scribes »? Comment ne pas avoir un comportement de scribe?  Saint- Paul répond :  en proclamant la parole « devant Dieu, et devant le Christ Jésus», en parlant « toujours avec patience et souci d’instruire ». Sainte-patience, priez pour nous.
Comment prendre la veuve de l’évangile comme modèle? Donner? Se donner?

Vendredi 5 juin - Vivonne (86) - Brux (86)  

Jesus participe à un débat théologique dans l’évangile du jour selon saint Marc 12,35-37. Le texte se termine par : « la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir ». 
Puissent nos débats écologiques contradictoires être écoutés avec plaisir par nos communautés. A cette fin, finissons-en avec les discours moralisateurs. Des esquives et des invectives, Sgr. délivre-nous!

Jeudi 4 juin - Iteuil (86) - Vivonne (86)

Épître du jour - Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,8-15 : « on n’enchaîne pas la parole de Dieu! »
La tentation est grande de s’approprier la parole du Magistère pour faire valoir ses opinions personnelles. Le Conseil pontifical pour les communications sociales rappelle que « personne n'a le droit de parler pour l'Eglise, ou de laisser entendre que c'est le cas, à moins d'y être désigné; et les opinions personnelles ne devraient pas être présentées comme reflétant l'enseignement de l'Eglise (cf. canon 227) ». C’est un impératif du droit canon.
Évangile du jour selon saint Marc 12,28b-34: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Comment s’aimer soi-même ? Notre premier prochain, c’est nous-même. Aimer son prochain, c’est lui souhaiter le plus de bien possible comme à nous-mêmes. Mais quel bien? Le plus sûr est de choisir le bien que Dieu veut pour nous, Lui qui nous a créés pour devenir ses fils. Dès lors, écouter le cri des pauvres, c’est :
- aimer les pauvres qui crient contre l’économie décarbonée qu’on veut leur imposer et qui les enfermera dans un sous-développement permanent
- aimer les pauvres qui crient qu’ils seront toujours les perdants dans un commerce mondial qui met en concurrence les pauvres et les riches.
- aimer les pauvres qui refusent qu’on leur impose une culture malthusienne qui ne correspond en rien à leurs valeurs.

Mercredi 3 juin - Poitiers (86)— Iteuil (86)

Épître du jour - deuxième  lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,1-3.6-12 : « Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération ». Après un confinement obtenu par la peur, que nos pastorales écologiques ne jouent jamais de la peur mais d’un dialogue pondéré et de la force de la vérité.

Mardi 2 juin - Poitiers

Fin de confinement. Reprise du pèlerinage là où il devait passer.
Évangile du jour: saint Marc 12,13-17. Les pharisiens ne croient pas si bien dire: « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, ... tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité ». Leur question est connue: « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César? ». Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » 
La question se pose: est ce au nom de notre foi que nous devons « nous laisser influencer » et nous engager dans une « conversion climatique », comme nous le demande César?  L’important n’est-il pas plutôt de « suivre le chemin de Dieu, selon la vérité »? Rendons à César ce qui est à César. Rendons au débat contradictoire scientifique ce qui devrait appartenir au « débat honnête et transparent » (Laudato si § 188). C’est ce à quoi nous appelle le concile: « les laïcs ne doivent pas attendre qu’ils aient une réponse à toutes les questions (climatiques ?), même graves, ni que ce soit leur compétence ni leur mission ». Notre mission de chrétien est d’abord de montrer le chemin de Dieu. Demander à Dieu de « montrer ce chemin » à tous les pèlerins. 
Dans la deuxième lettre de saint Pierre 3,12-15a.17-18, l’apôtre nous dit que « ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle ». Il nous précise que « la longue patience de notre Seigneur, c’est notre salut »

Dimanche 30 mai- lundi 1er juin 2020- Pellevoisin

Sortie de confinement au sanctuaire où la Vierge est apparue 15 fois à Estelle Faguette entre le 17 février et le 8 décembre 1876. Elle était au service des La Rochefoucauld à Paris et au château de Montbel, à 3 km de Pellevoisin. En 1875, Estelle est atteinte d'une péritonite tuberculeuse et est déclarée perdue. Elle écrit une lettre à la Vierge pour obtenir sa guérison et demande à une amie de la déposer à la petite réplique de la grotte de Notre-Dame de Lourdes que la famille de La Rochefoucauld a fait construire dans le parc du château de Montbel. Le , le médecin déclare qu'elle n’en a plus que pour quelques heures. A partir de cette nuit-là, la Vierge lui apparaît et lui dit: "Ne crains rien, tu sais bien que tu es ma fille. Courage, prends patience, mon Fils va se laisser toucher. Tu souffriras encore cinq jours en l’honneur des cinq plaies de mon Fils. Samedi, tu seras morte ou guérie. Si mon Fils te rend la vie, je veux que tu publies ma gloire". Le lendemain, elle lui dit: "Cette fois, mon Fils s’est laissé attendrir, il te laisse la vie. Tu seras guérie samedi". Estelle répond « Mais ma Bonne Mère, si j’avais le choix, j’aimerais mieux mourir pendant que je suis bien préparée. » Alors la Sainte Vierge dit en souriant : « Ingrate, si mon Fils te rend la vie, c’est que tu en as besoin. Qu’a-t-il donné à l’homme sur la terre de plus précieux que la vie ? En te rendant la vie, ne crois pas que tu seras exempte de souffrances ; non, tu souffriras et tu ne seras pas exempte de peines. C’est ce qui fait le mérite de la vie. Si mon fils s’est laissé toucher, c’est par ta grande résignation et ta patience. N’en perds pas le fruit par ton choix. Ne t’ai-je pas dit : S’il te rend la vie, tu publieras ma gloire ?» Le 19 février, Estelle souffre terriblement, puis tout se termine et elle se sent guérie sauf du bras droit qui reste paralysé. Le curé arrive dès l'aube car il craint de ne plus la retrouver vivante et la trouve guérie ; sur son ordre, elle fait le signe de croix avec l'ancien bras paralysé. Elle annonce sa guérison aux religieuses qui entrent dans sa chambre. Pendant les apparitions suivantes, les messages de la Vierge sont nombreux: 

« Ce qui m’afflige le plus, c’est le manque de respect qu’on  a pour mon Fils dans la sainte communion et l’attitude de prière que l’on prend, quand l’esprit est occupé d’autres choses ; je dis ceci pour les personnes qui prétendent être pieuses ... Je suis venue particulièrement pour la conversion des pécheurs (2.7.1876)... Tu as bien le caractère du Français, il veut tout savoir avant d’apprendre et tout comprendre avant de savoir. Hier encore je serai venue ; tu en as été privée. J’attendais de toi cet acte de soumission et d’obéissance (9.10.1876)... Qu’ils prient, je leur en montre l’exemple  (10.9.1876)... Dans l’Eglise, il n’y a pas ce calme que je désire … Qu’ils prient et qu’ils aient confiance en moi. Et la France ! Que n’ai-je pas fait pour elle ! Que d’avertissements, et pourtant elle refuse d’entendre ! Je ne peux plus retenir mon Fils … Courage et confiance  (15.9.1876)... Vois les grâces que je répands sur ceux qui porteront [le scapulaire] avec confiance et qui aideront à le propager (8.12.1876) »

Messe de la Pentecôte sur l'esplanade de Pellevoisin le 31 mai 2020.

Mardi 17 mars 2020- Pontmain (53) - Lieu de confinement 

La providence a voulu que les mesures de confinement contre le coronavirus ne s'appliquent que 12 h après l'arrivée à Pontmain. 

Lundi 16 mars 2020 -  Husson (50) -Pontmain (53) 

Le 17 janvier 1871, alors que la France était vaincue par la Prusse, Eugène et Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé vont contempler la Vierge, vêtue d’une robe bleue, parsemée d’étoiles, avec un voile noir sur la tête et une couronne d’or avec un liseré rouge. Elle apparaît successivement
- en levant les mains à hauteur de ses épaules en remuant les doigts au rythme du cantique "Mère de l'espérance"
- en portant un crucifix rouge pendant le cantique "Parce Domine"
- entourée d'un ovale bleu avec quatre bougies allumée par une étoile pendant le cantique "Ave Maris Stella"
- en portant deux croix blanches sur ses épaules avant la fin des apparitions.
Les principaux messages de la Vierge sont:
- "Mais priez mes enfants, Dieu exaucera en peu de Temps.
- "Mon fils se laisse toucher"

Évangile du jour de Saint Luc: 
"Amen, je vous le dis, aucun prophète ne trouve un accueil dans son pays... Aux mots de Jésus, tous deviennent furieux... Mais Jésus, passant au milieu d'eux, allait son chemin".
Deux pièges dans cet évangile, se prendre pour un prophète ou se prendre pour Jésus:

1- se prendre pour un prophète: La tentation est grande de vouloir convaincre les milieux chrétiens sensibles à l'écologie des erreurs d'appréciations qu'ils véhiculent dans leur pastorale mettant en évidence

"les risques mis en évidence par le dernier rapport du GIEC ...d’une extrême gravité. ...a atteint un tel niveau que des catastrophes majeures sont à prévoir : des événements météorologiques extrêmes ...les sécheresses, les inondations, les cyclones et les typhons comme aux Philippines, l’élévation du niveau de la mer et son acidification, ... une perte de biodiversité et le bouleversement complet de nos écosystèmes. Ces changements risquent d’entraîner la destruction irréversible des moyens d’existence, la baisse des rendements agricoles, des famines, des  manques d’eau, l’extension de maladies parasitairesCrise économique, migrations massives et conflits internationaux sont ainsi attendus. Le changement climatique est peut-être la plus grave menace qui pèse sur les sociétés humaines ». (Source:: document du Conseil Famille et Société de la conférence des évêques de France intitulé « Un kairos climatique », janvier 2015).

Le ton délibérément catastrophique ne peut être un un "kairos", c'est à dire un "moment opportun", "un instant de grâce où tout peut basculer" quand il est fondé sur la peur, voire sur beaucoup de mensonges.
Mais, être prophète, ce n'est pas tant dire la vérité, sur des sujets aussi graves puissent-ils paraître. Être prophète, c'est annoncer que Dieu viendra, qu'il sera en mesure de faire du bien au delà du peuple élu, dans toutes les nations, aux pays de Sidon et de Syrie.  

2- se prendre pour Jésus. La tentation inverse consiste à renoncer à convaincre et à se contenter de dire ce que l'on croit devoir dire.  Une fois les choses dites, "passer son chemin". Mais, pour le Christ, "aller son chemin", c'est aller vers le père, en passant par la Croix. Ce n'est pas changer de chemin par dépit de ne pas avoir été entendu. 
Malgré tout, le commentaire de YouPray peut surprendre: Il propose "d'entrer dans la tristesse de Jésus" comme il est écrit dans le prologue de Saint-Jean: "il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas reconnu". D'une certaine manière, notre tristesse de voir l'Eglise incapable de s'ouvrir à une analyse plurielle sur ces sujets, à accepter un dialogue contradictoire, rend profondément triste. Il y a là, paradoxalement, un chemin qui permet d'entrer dans la "tristesse de Jésus".

Dimanche 15 mars 2020 -  Domfront en Poiraie (61)- Husson (50)

Évangile de la Samaritaine au puits de Jacob selon St-Jean: "Dieu est esprit et ceux qui l'adorent, c'est en esprit et vérité qu'ils doivent l'adorer"

Samedi 14 mars 2020 -  Bagnoles de l’Orne (61) - Domfront -en-Poiraie (50) 

Laudes avec les pères Servites : psaume 91  faisant écho de la cérémonie de la veille : « 11 -Tu me donnes la fougue du taureau, tu me baignes d'huile nouvelle ;12 -j'ai vu, j'ai repéré mes espions, j'entends ceux qui viennent m'attaquer. »

Vendredi 13 mars 2020 -  Carrouges (61)- Bagnoles de l’Orne (61)

Passage par le bois de Monthard (53-Lignières-Orgères), point culminant sur lequel a été construite en 1948 une statue du Sacré-coeur de 10 m. de haut en remerciements de la commune d'avoir été épargnée en 1944 de violences dont elle était menacée par les allemands.

Label « Paroisse d’accueil » : le P. Christian Roullé, curé de La Ferté-Macé m’a mis en relation avec Roch-André Grisé, « servite de Marie » (canadien) (fondée au XIIIe siècle, à Florence en Italie par sept fondateurs). Hébergement dans leur prieuré de Saint-Ortaire, rue st-Ortaire, à Bagnoles de l’Orne. Eucharistie à 17h suivie de l’imposition des mains et l’onction de l’huile selon le rituel à St-Pérégrin. 
Le père Roch a appelé ses paroissiens à écouter le témoignage du pèlerin que je suis. 15 personnes dont 2 écologistes surpris du propos mais à l’écoute.

Jeudi 12 mars 2020 - Tanville (61)- Carrouges (61)

Évangile de Luc : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; »
Commentaire de YouPRAY : Ce qui est reproché au riche, ce n’est pas tant qu’il ait « reçu le bonheur pendant sa vie » mais qu’il n’ait pas partagé avec Lazare. Pourquoi le partage? 
-D'un côté, le Père Schall ne confond pas partage et redistribution: « La théorie de la "redistribution", comme Bertrand de Jouvenel l’écrit dans son célèbre ouvrage, est inepte. Si nous voulons vraiment aider les pauvres à sortir de la pauvreté, la première chose à faire est de cesser tout discours sur la "redistribution", qui, au fond, est une variante de l’envie. Il faut chercher ailleurs, innovations, économies, incitations, justice équitable, vertu, loi du marché, culture, croissance ».
- En revanche, l’Abbé Bruno de Mas Latrie, vicaire  de St-Jean-Baptiste de la Salle à Paris explique « comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage. Ces trois moyens sont, face au virus du péché, comme le masque et le gel hydroalcoolique ».     

Mercredi 11 mars 2020 -  Sées (61)- Tanville (61)

Lundi 9 et mardi 10 mars 2020 -  Sées (61)

En fait de "pause-diocèse", l"étape de Sées est by-passée pour l'inhumation d'un frère. Fin de pèlerinage ici-bas pour lui. La dernière dizaine de chapelet dite pour lui en marchant aux dernières heures de sa maladie, était la cinquième dizaine du "chapelet de Jean 23": Mystère de l'assomption qui, dit Jean 23, "nous familiarise avec la pensée de notre mort dans une lumière de paisible abandon: une grâce à demander!..." L'intention de prière du Pape "est pour ceux qui meurent pendant la récitation de la dizaine...". Jean 23 "demande au Sgr de le prendre au bon moment...attente de la mort ce sourire qui devrait être le dernier sourire de mon âme au moment de sortir de cette vie." Vives pensée de ce frère qui a su regarder sa mort prochaine avec un véritable sourire de son âme. Comment faire de nos pèlerinages un entrainement au "sourire de l'âme"?

Dimanche 8 mars 2020 -  Montligeon (61)  - Coulonges-l'Étang (61)

Entretien avec un des chapelains du sanctuaire de ND de Montligeon. 
Accueil à Coulonges-l'Étang par un père blanc, curé de la paroisse.Il a organisé un dialogue autour d'un repas partagé avec 6 paroissiens ! Occasion de promouvoir une écologie intégrale, soutenue par le moteur de la vérité, loin de toute peur.

Samedi 7 mars 2020 -  Remalard (61)- Montligeon (61)

L'évêque a signalé ma présence à un des laïcs présents à l'AG des évêques de Lourdes en novembre 2019 sur l'Ecologie. Celui-ci s'est proposé de pèleriner à deux. Démarche positive, occasion de dialogue amical, avec des approches plurielles, mais empruntes d'un réel désir mutuel d'approfondir une prise de conscience vers l'écologie intégrale.

Vendredi 6 mars 2020 - La Loupe (28)- Remalard (61)

La marche est propice à la réflexion sur les dialogues partagés antérieurement avec un agriculteur investi dans l’agriculture biologique : En quoi ce type d’agriculture pourrait-il être un modèle d'écologie intégrale ? Si l'agriculture biologique est un modèle ce n'est pas parce que ses productions seraient meilleures pour la santé des consommateurs. En effet:
- L’épidémiologiste réputée, Catherine Hill affirme que « croire que l’environnement est une cause majeure de cancer est irrationnel. ». Elle explique qu'« une étude, anglaise, sur 600.000 femmes n’a trouvé aucun effet de la consommation de bio sur ce risque de cancer. On ne peut donc pas conclure aujourd’hui que manger bio réduit le risque de cancer ».
- Par ailleurs, dire que "En termes d’émissions de gaz à effet de serre, l’agriculture bio a un cran d’avance" n'a pas grand sens dans la mesure où de plus en plus d’études systémique montre que les variations climatiques ne s’explique pas par les émissions de gaz carbonique mais par les variations d’activité solaire.
Le seul fait que ces points d'ordre "prudentiel" fassent l'objet de débats contradictoires montrent que ce n'est pas vers ces arguments qu'il faut tourner le regard pour y voir un modèle d'écologie intégrale. 

Mais comment imaginer que l'agriculture biologique puisse être un modèle pour d'autres activités dans un monde urbain et productiviste? En fait, cette analyse succincte mériterait d’être étendu à toutes les activités humaines. Laudato si rappelle que « le travail devrait être le lieu de ce développement personnel multiple où plusieurs dimensions de la vie sont en jeu : la créativité, la projection vers l’avenir, le développement des capacités, la mise en pratique de valeurs, la communication avec les autres, une attitude d’adoration » (LS § 127). Même l'agriculture traditionnelle, plus productiviste que l'agriculture biologique peut répondre à ce qu'évoque Laudato si: on ne peut pas, en effet, nier « les bienfaits des progrès scientifiques et technologiques, qui manifestent la noblesse de la vocation de l’homme à participer de manière responsable à l’action créatrice de Dieu dans le monde… On ne peut pas … inhiber ceux qui ont des dons spéciaux pour le développement scientifique et technologique, dont les capacités ont été données par Dieu pour le service des autres. » (LS§ 131).

Le travail ne concerne pas que le travail de la terre : « Nous ne parlons pas seulement du travail manuel ou du travail de la terre, mais de toute activité qui implique quelque transformation de ce qui existe, depuis l’élaboration d’une étude sociale jusqu’au projet de développement technologique » (LS § 125).
Toute activité humaine gagne à reconstruire des relations entre facteurs complexes:
- Le responsable d’un service d’une société d’assurance, le chercheur en physique nucléaire, ou le chef d’atelier d’une industrie sucrière peuvent s’inspirer de ce qui fait la richesse de l'agriculture biologique: Dans une société d’assurance il convient de porter un regard sur les les personnes, celles qui travaillent, celles qui ont fourni les outils informatiques, les personnes victimes d’un sinistre, celles qui mènent des études techniques des risques environnementaux d’un client pour l’inciter à investir tout le temps lui accordant une réduction de prime. Ces regards sont constitutifs de la reconstruction d’un réseau de relations entre les personnes.
- Le chercheur en physique nucléaire peut ressentir un profond émerveillement dans la nature quand il s’emploie à développer industriellement la découverte du prix Nobel Gérard Mourou, avec le laser, sait réduire la radioactivité d'un million d'années à 30 minutes.  
- Le chef d’atelier d’une industrie sucrière peut réfléchir lui aussi aux pratiques d’écologie circulaire qui sont celles de cette industrie séculaire : utiliser l’eau contenue dans les betteraves pour l’évaporer, en produire de la vapeur vive exploitable dans le générateur électrique, récupérer l’eau détendue, moins vive, pour réchauffer des jus sucrés intermédiaire, laver les betteraves avec l'eau refroidie, stocker les eaux de lavage pour la réutiliser en agriculture par épandage chez les producteurs de betteraves... Il y a dans ses pratiques un regard permettant de réaliser que tout, dans la nature, est don.
En conclusion, on peut dire que l’agriculture biologique ne porte pas tant de fruits du faît de sa technicité que dans sa capacité à créer du lien.. En cela Laudato aussi c’est en cela que aussi disait : « tout est lié ».

Jeudi 5 mars 2020 - Les Landelles (28)- La Loupe (28)

Psaume 15 des complies du jour : "(3) Toutes les idoles du pays, ces dieux que j'aimais, 
ne cessent d'étendre leurs ravages, et l'on se rue à leur suite. (4) Je n'irai pas leur offrir le sang des sacrifices ; leur nom ne viendra pas sur mes lèvres !

 Mercredi 4 mars 2020 - Chartres (28)- Les Landelles (28)

Évangile du jour (Luc 9,32): « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas ». L’annonce de la destruction de la cité, Ninive, était-il un signe des temps à l’époque de Jonas?

Pourtant le concile nous dit bien que l’église a pour mission de détecter les signes des temps. L’annonce de la destruction proche de notre planète par les prophètes écologistes est-elle un signe de notre temps? On pourrait penser que Oui. Mais le concile ajoute que la mission de l’Eglise est d’apporter des réponses éternelles. L’église a-t-elle mission de répondre  à ces questions, même si elles paraissent grave. Le concile Vatican 2 répond Non! « Les laïcs ne doivent pas attendre de leurs pasteurs qu’ils aient une réponse à tous les problèmes, même graves »

Jésus ne refuse pas toute forme de signe, mais si nous voulons y croire, nous n’avons qu’à nous rappeler ce qui est arrivé à Jonas. Les habitants de Ninive se sont convertis à la prédication du prophète, mais ce dernier a disparu pendant trois jours dans les entrailles d’une baleine... puis il est revenu sur terre. 
Jésus, comme s’il voulait habilement et adroitement répondre à notre demande de signes, s’appuyant une fois de plus sur les Écritures, se sert de cette histoire de l’Ancien Testament pour annoncer sa passion, sa sépulture et sa résurrection. Ils veulent un signe... ils n’auront que celui-là ! Le signe de Dieu adressé aux hommes est celui qu’ils ont devant les yeux, celui qui leur parle, le Fils de l’homme, Jésus lui-même.

L’église, pour accomplir son «devoir permanent» de scruter les signes des temps (cf. Gaudium et spes n. 4), et d’y apporter des « réponses éternelles », est invitée à redécouvrir de façon toujours plus profonde et vitale que Jésus-Christ, le Seigneur crucifié et ressuscité, est «la clé, le centre et la fin de toute histoire humaine». Telle est bien la mission de l’église et non de recommander des formes d’éco-gestes qui n’ont rien d’une « réponse éternelle ».

Jean-Paul 2 explique que « dans la perspective de la foi chrétienne, l'invitation à discerner les signes des temps correspond à la nouveauté eschatologique introduite dans l'histoire par la venue du Logos parmi nous (cf. Jn1, 14). En effet, Jésus invite au discernement à l'égard des paroles et des œuvres, qui témoignent de l'avent imminent du Royaume du Père. Il oriente et concentre même tous les signes dans l'énigmatique «signe de Jonas». Et, grâce à cela, il renverse la logique terrestre visant à chercher des signes qui confirment le désir d'affirmation personnelle et de puissance de l'homme. Comme le souligne l'apôtre Paul, «alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous proclamons, nous, un Christ crucifié scandale pour les Juifs et folie pour les païens» (1 Co 1, 22-23). ... Le Christ a le premier vaincu en lui-même la «tentation» diabolique de se servir de moyens terrestres pour accomplir la venue du Royaume de Dieu. Cela a eu lieu à partir du moment des épreuves messianiques dans le désert, jusqu'au défi sarcastique qui lui fut lancé lorsqu'il était cloué sur la croix: «Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix!» (Mt 27, 40). En Jésus crucifié se produit comme une transformation et une concentration des signes: il est lui-même le «signe de Dieu», en particulier dans le mystère de sa mort et de sa résurrection. Pour discerner les signes de sa présence dans l'histoire, il faut se libérer de toute prétention matérielle et accueillir l'Esprit qui «sonde tout, jusqu'aux profondeurs de Dieu» (1 Co 2, 10)..»  (Audience générale du 23 sept. 1998).  

Mardi 3 mars 2020 - Chartres (28)

Pause-Diocèse : arrêt devant le labyrinthe de la cathédrale, symbole du chemin du pèlerin errant dans tous les sens pour marcher vers Dieu... À certains moments, le pèlerin s’éloigne du centre! À d’autres, il croise quelqu’un qui pèlerine en marchant dans la direction opposée, mais tous sont attirés par le centre.

Lundi 2 Mars 2020 - Maintenon 28)- Chartres(28)

Arrêt chez un des laïcs participants à l’AG des évêques de Lourdes:occasion de dialogue et d’échanges...

Dimanche 1er mars 2020 - Gallardon (78)-Maintenon(28)

Messe à Gallardon, sanctuaire de la Miséricorde, avec trois reliquaires de grands saints polonais: Ste-Faustine, St-Jean-Paul 2, ... et St-Stanislas!

Samedi 29 février 2020 - Chevreuse(78) -Rambouillet(78)

Rambouillet : paroisse d’accueil! Label mérité grâce à une secrétaire qui, en l’absence du curé, prend l’initiative de trouver deux familles de paroissiens accueillants. Occasion de dialogues et de témoignages autour de l’écologie.

Évangile du jour:  « je suis venu pour convertir les malades ».
Commentaire de YouPRAY : "Dans la tradition juive le texte des juifs hassidiques, le rabbi Shneur-Zalman avait coutume de dire et de raconter : jadis , du temps de ma jeunesse, enflammé d’un zèle au service de Dieu , je voulais convertir à  Dieu le monde entier.
Puis je ne tardais pas à comprendre qu’il me suffirait  de ramener à Dieu les seuls habitants de ma ville.
Je m’y efforçais un bon bout de temps sans cependant y réussir alors je me rendis compte que je m’étais fixé  de trop larges objectifs et je me  rabattis sur  les membres de ma propre maisonnée. Mais je ne suis pas arrivé non plus à les convertir en Dieu.
Alors mes yeux se sont décillés.
C’était à moi-même de me rectifier pour servir Dieu dans la vérité. Cette conversion-là, je n’y suis pas parvenu non plus à l’accomplir.
Alors voilà ce qui nous reste à faire ; il y a un proverbe qui dit : conversion bien ordonnée commence par soi-même".

Vendredi 28 février 2020 - Versailles (28)- Chevreuse(28)

Échanges, en marchant, autour du thème de la peur, la peur des catastrophes dites écologiques, la peur du Coronavirus, toutes ces peurs érigées en système de gouvernements. 

L’antidote de la peur, c’est la joie: Jésus en a tellement parlé : « Soyez dans la joie » et « n’ayez pas peur ! ».
La peur, subrepticement, s’immisce dans nos vies familiales, professionnelles,  politiques, culturelles ou sociales. Cette peur, parfois, empêche de dormir, pollue les relations à l’autre, freine les ardeurs créatives ou rend la volonté sourde aux aspirations les plus profondes du cœur : peur de ne pas avoir, de ne pas savoir, de ne pas pouvoir, de se faire avoir…
Et « , en même temps, nous confondons parfois la joie avec le plaisir, le fun, l’éclate, la gaieté. La joie n’est ni à vendre sur les trottoirs de Pigalle, ni livrée avec la conduite d’une BMW.
La joie pour laquelle nous sommes faits nous touche tout entier: corps, esprit et cœur.
 corps avec notre plaisir de danser, de chanter, d’embrasser, d’humer, de caresser, de manger, de boire…
 esprit avec notre jubilation de comprendre, de connaître, d’imaginer, de communiquer, de contempler…
 cœur avec notre bonheur d’aimer, de recevoir et de donner, de remercier…
Vouloir ne plus avoir peur, c’est une chose ; le vivre, c’est autre chose. Car la joie n’est pas un truc de riche. La joie ne vient pas de comportements exemplaires. La joie ne se commande pas sur iPhone mais s’accueille de plus loin, de plus haut, de plus profond. Elle est à partager sans modération par nos visages et nos louanges. 
Paradoxalement, la joie n’évacue pas la souffrance. Elle se tient au contraire dans le renoncement, dans l’acceptation paisible, dans la patience et dans une douceur tranquille face aux assauts de la vie.
Pour faire face aux peurs écologiques, recevons la joie qui est un don de Dieu... au risque de paraître pour un inconscient, un incompétent en matière écologique, un "illuminé de service" ou un désuet "ducon la joie". Le chrétien s’efforce d’accueillir ce don de Dieu – un acte de foi qui consiste juste à dire « oui » – pour accéder à la Joie parfaite

Jeudi 27 février 2020 - Versailles (78)

"Pause diocèse", c'est à dire, journée sans marche pour rester à disposition du diocèse en cas de besoin. Aucun rendez-vous possible, ni avec Mgr. Aumonier, ni avec Mgr. Valentin, ni avec la responsable de « L’église verte » au sein du diocèse dont les coordonnées m'ont été communiquées par le diocèse.
Réaction d'un ami: "Je suis admiratif ... même si je ne comprends pas tout de ta démarche. Je te rejoins au moins sur un point; prendre la route! (Quand tu aimes il faut partir ...Blaise Cendrars)".
Évangile du jour "Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même" (Luc 9, 22-25)

Mercredi "des Cendres" 26 février 2020 - Paris (75)- Versailles (78)

Départ de Paris- Messe à 8h à la chapelle de la médaille miraculeuse, 140 rue du Bac, où est apparue la vierge en  à Catherine Labouré, entrée en janvier 1830 comme postulante chez les "filles de la Charité".
Le 18 juillet 1830, la Sainte Vierge lui apparaît: elle désigne de la main l’autel où repose le tabernacle et lui dit : "Venez au pied de cet autel. Là, les grâces  seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur".
Le 27 novembre 1830, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à Catherine dans la chapelle. Elle se tient debout sur le demi-globe terrestre, ses pieds écrasant le serpent. La Vierge porte dans ses mains un petit globe doré surmonté d’une croix qu’elle élève vers le ciel: "Cette boule représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier". Des rayons éclatant  sortent de ses mains: "Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent". Puis un ovale se forme autour de l’apparition et Catherine Labouré voit s’inscrire en demi-cercle cette invocation en lettres d’or : "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous" pendant que la Vierge lui dit: "Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces".
Mercredi des Cendres! Concours de circonstances pour un départ en pèlerinage. Tout un symbole! Pourtant saint Matthieu (6,1-6.16-18) recommande de ne "pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle..., aiment à se tenir debout aux carrefours... pour obtenir la gloire qui vient des hommes "... Appel contradictoire avec la 1ère lecture du jour: "Sonnez du cor dans Sion : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une fête solennelle, réunissez le peuple" (Joël 2,12-18)... 
Que ce pèlerinage soit à la fois source de conversion personnelle et de conversion de nos pastorales écologiques. Pour la première, "prier le Père qui est présent dans le secret" (Matthieu 6), et pour la seconde, veiller à ne pas s'"exposer ...à l'insulte et aux moqueries" (Joël 2,12-18).

Jeudi 20 février 2020 - Paris J-6

Encouragement d'un autre moine: "Ces deux mots, pèlerinage et dialogue, vont très bien ensemble. Les deux évoquent un déplacement local, intellectuel, spirituel, un changement de lieu, de position ou de positionnement, et avant tout une ouverture à l'inconnu, au nouveau, à l'autre et à l'Autre".

Dimanche 16 février 2020 - Paris J-10

Encouragements d'un moine, ancien abbé de monastère bénédictin, apprenant le projet de pèlerinage : "Je vous félicite d'entreprendre ce pèlerinage courageux aux grands sanctuaires marials de notre pays pour confier à la Vierge la cause de l'écologie intégrale et rencontrer les chrétiens qui voudront bien faire un bout de chemin avec vous. C'est une démarche originale et consonante avec l'esprit de synode (marche ensemble) que le pape François veut insuffler à l'Église. J'espère de tout cœur que vous aurez la force et la santé de mener à bien votre entreprise et que votre bonne connaissance du dossier du réchauffement climatique permettra d'ajuster et enrichir la position de l'Église. 
Je vous souhaite bonne route et vous assure de ma prière et de mon amitié