Dimanche 1er novembre - Tarbes (65) - Lourdes (65) =  0 km / 934,4 km

Lourdes, quatrième sanctuaire marial de ce pèlerinage.
Les premières apparitions à Bernadette Soubirous datent des 11 et 14 février 1858. La Vierge se contente de réciter le chapelet avec Bernadette. Sa première parole, le 18 février est : "Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde mais dans l’autre". Lors de la 8ème apparition, le 24 février, la Vierge lui transmet ce message: « Pénitence ! Pénitence ! Pénitence ! Priez Dieu pour les pécheurs ! Allez baiser la terre en pénitence pour les pécheurs ! ».  Le 25 février, elle lui demande " d’aller boire à la source, et de manger une herbe qui se trouvait près de la fontaine... pour les pécheurs". 
Le 1er mars, la vierge accorde son premier miracle à Lourdes: Dans la nuit, Catherine Latapie, une amie lourdaise, se rend à la Grotte, elle trempe son bras déboîté dans l’eau de la source : son bras et sa main retrouvent leur souplesse.

Le 2 mars, lors de la 13ème apparition, la Vierge demande à Bernadette : « Allez dire aux prêtres qu’on vienne ici en procession et qu’on y bâtisse une chapelle ». Bernadette en parle à l’abbé Peyramale, curé de Lourdes. Celui-ci ne veut savoir qu’une chose : le nom de la Dame. Il exige en plus une preuve : voir fleurir en plein hiver le rosier (l’églantier) de la Grotte. Mais, pendant vingt jours, Bernadette ne va plus se rendre à la Grotte : elle n’en ressent plus l’irrésistible attrait. ce n'est que le 25 mars que la vierge révèle son nom: "Que soy era immaculada councepciou". Quatre ans plus tôt, en 1854, le pape Pie IX en avait fait de l’Immaculée Conception une vérité de la foi catholique.
Le 7 avril, Bernadette tient son cierge allumé. La flamme entoure longuement sa main sans la brûler, fait immédiatement constaté par le médecin.
Le 16 juillet, Bernadette assiste à la 18ème et dernière apparition: "jamais je ne l’ai vue aussi belle !"

Dimanche 18 octobre - Livron (64) - Tarbes (65) = 23 km / 934,4 km

Évangile bien connu de Matthieu 22,15-21, dans lequel « les pharisiens allèrent tenir conseil pour prendre Jésus au piège en le faisant parler. ....  « donne-nous ton avis : Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? » . On connaît la suite, Jésus leur dit : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »

En pèlerinant, la messe est diffusée en direct depuis Lourdes pour le pèlerinage des élus. Mgr Gosselin, évêque d’Angoulême, nous ouvre les yeux: il ne s’agit pas de séparer ce qui est à Dieu et ce qui revient à César. La tentation est de substituer au domaine temporel ou au contraire l'ignorer. Il ne faut pas séparer les deux mondes, mais il ne faut pas, non plus, les confondre. Au contraire, donc, mystique et politique sont liées. Pour Jésus, le spirituel est au coeur du temporel. Il s’agit de distinguer et de discerner. Il ne s’agit pas de choisir, ou bien une vie spirituelle ou bien un engagement. Le philosophe nous dit: « Nous n’avons jamais fini notre chemin d'incarnation ». Il nous faut mener les deux de front: nous engager pour construire la civilisation de l’amour, basée sur la fraternité et le dialogue. Quant à la manière de faire, il y a effectivement des discernements à exercer. L’église a mission de discerner le signe des temps, l’écologie par exemple. Mais elle doit rendre à César les choix scientifiques qui lui reviennent, sans prendre parti (cf. Laudato si § 188). L’église n’a pas à se désintéresser de la question, mais peut se contenter d’organiser des débats contradictoires (cf. Idem).

Samedi 17 octobre - Pau (64) - Livron (64) = 23 km / 911,4 km

Jésus nous demande (Luc 12,8-12) d’avoir une vie cohérente avec notre foi, et il nous met en garde : « Si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, cela ne lui sera pas pardonné ». À ce sujet, le pape Paul VI disait, " Sans l'aide du Saint-Esprit l’instabilité fait souvent glisser insensiblement notre personnalité dans ce champ magnétique environnant et écrasant, qu'on appelle respect humain, conformité à l'environnement, peur paralysante du jugement d'autrui, de l'ironie d'autrui, de la presse des autres". (cf. Audience générale, 4 mai 1972)

Vendredi 16 octobre - Monein (64) - Pau (64) = 21,6 (-10) km / 888,4 km

Départ de nuit vers Pau. Trois anticlinaux à franchir... lever de soleil sur les sommets, mais dans les vallées, le GPS est déconnecté faute de réseau internet. Il faut se fier au « sens pigeon » dans des sentiers empierrés, jusqu’au moment où ils se rétrécissent, et se terminent dans une pente raide au milieu d’un roncier encombré de troncs d’arbres tombés ! Une heure 1/2 pour en sortir à coups de bâtons contre les ronces et les lianes et avec une sérieuse douleur au genou. Une fois la route recupérée, et faute de GPS, erreur de direction pendant plus d’un km!

Avec le recul, l’évangile (Luc 12, 1-7) éclaire la situation : « Méfiez-vous du levain des pharisiens, c’est-à-dire de leur hypocrisie. Tout ce qui est couvert d’un voile sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Aussi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu en pleine lumière, ce que vous aurez dit à l’oreille dans le fond de la maison sera proclamé sur les toits ».
Alors pourquoi se cacher? Le pèlerin croise une voiture qui s’arrête. - « Vous êtes perdu? »- « Oui, je vais à Pau » - « A pied! » - « Oui, sauf si vous m’y emmenez » - « Bien sûr »! Première entorse à l’engagement de faire tout à pied!

L’évangile continue : « Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous. Or pas un seul n’est oublié au regard de Dieu. À plus forte raison les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux. » C’est par cette citation (qu’il avait tirée de Mat 6, 26) que le Cardinal Scola avait commencé sa conférence aux Bernardins le 17 nov 2015 en l’assortissant du commentaire suivant: C’est « sans aucun doute, pour le chrétien, la manière la plus adéquate pour parler d’écologie, dans le cadre de laquelle se pose la question climatique... ». Une chose est à souligner : le Christ, une fois de plus dit « Soyez sans crainte ».

Jeudi 15 octobre - Navarrenx (64) - Monein (64) = 23,6 km / 876,8 km

Navarrenx! Jolie cité bastionnée entourée de murailles. Impossible de se faire servir un sandwich à 14h dans les cafés restaurants... Pas de nouvelles de la personne qui avait accompagné Mgr l’Évêque à Lourdes en novembre dernier! Relancée 3 fois de mon passage, le dialogue n’a pas été sa priorité ! Triste ? Un peu! Mais l’évangile  du jour (Luc 11,47-54) remet les codes à l’endroit. Le Christ devait être bien triste lui aussi ce jour-là : « Quel malheur pour vous, .... Quel malheur pour vous, docteurs de la Loi... »! Triste à cause de nous qui sont sommes les nouveaux pharisiens ! Le Christ est triste à cause de nous et non à cause des Navarrais. Il n’a pas dit « malheur à ceux qui... » mais « malheur à vous qui ...». Le Christ nous dit : « on en demandera compte à cette génération... ». C’est bien de nous dont il s’agit et non d’autrui ! Concrètement, que nous est-il reproché ? « vous avez enlevé la clé de la connaissance ; vous-mêmes n’êtes pas entrés, et ceux qui voulaient entrer, vous les en avez empêchés. » Les clés de la connaissance! On peut voir là tous les freins à une saine évangélisation, les contre-témoignages, les accessoires que nous proposons au mépris de l’essentiel ! À méditer !

Mercredi 14 octobre - Barraute-Camu (64) - Navarrenx (64) =  14 km / 853,2  km  

Pauvres pharisiens. Ils ont bien mauvaise presse. Ils illustrent toutes nos propres vicissitudes. Jésus n'aimait pas le pharisaïsme, mais devait bien aimer les pharisiens, tant il déploie d’énergie à les redresser, à les rééduquer comme il cherche à le faire pour nous. Saint Luc raconte (Lc 11, 42-46): « En ce temps-là, Jésus disait : « Quel malheur pour vous, pharisiens, parce que vous payez la dîme sur toutes les plantes du jardin, comme la menthe et la rue ». La menthe et la rue petites plantes, courantes dans les jardins, ne coûtaient rien! Nous aussi sommes prêts à payer de petites écotaxes, peu coûteuses... « si ça fait plaisir à nos gouvernements »...
Comme les pharisiens, nous ne faisons pas la différence entre l’essentiel et l’accessoire :  « vous passez à côté du jugement et de l’amour de Dieu ».
Comme les pharisiens, nous recherchons, dans la religion, la reconnaissance de notre ego au lieu de nous effacer au profit de l’autre; nous nous servons d’autrui, en critiquant ses idées comme un faire valoir personnel et faire croire que nos solutions sont meilleures: « vous aimez le premier siège dans les synagogues, et les salutations sur les places publiques ».
Jésus reproche également aux pharisiens de sentir la mort et de contaminer les autres: « vous êtes comme ces tombeaux qu’on ne voit pas et sur lesquels on marche sans le savoir. » Quand nos pastorales écologiques collaborent avec toutes sortes de peurs écologiques, nous contaminons les autres. Nous sommes comme des tombeaux au lieu de donner la vie.
Enfin, le Christ nous reproche ceci: « vous chargez les gens de fardeaux impossibles à porter, et vous-mêmes, vous ne touchez même pas ces fardeaux d’un seul doigt. » Ainsi, quand nous évoquons la nécessité d’écouter à la fois le cri de la terre et le cri des pauvres, sur qui en faisons nous pour porter ce fardeau? C’est tellement plus simple de faire un écogeste !

Mardi 13 octobre - Masparraute (64)  - Barraute-Camu (64) = 0 km / 839,2 km

Retour à Bayonne pour un RV reporté.
Dans l’évangile du jour (Lc 11, 37-41), Jesus a accepté de déjeuner chez un pharisien. Il sait qu’il va choquer en ne faisant pas les ablutions. « un pharisien l’invita pour le repas de midi. Jésus entra chez lui et prit place. Le pharisien fut étonné en voyant qu’il n’avait pas fait d’abord les ablutions précédant le repas » . Il se sent libre vis à vis de certaines conventions sociales. Choquer n’est pas un manque de charité. Se montrer sans peur en ne portant pas de masque, ne serait-ce pas une forme de respect pour montrer à ses proches qu’il faut se libérer des réflexes de peur? Dire que les ressources naturelles ne sont plus pas limitées, ne serait-ce pas une manière de choquer pour arrêter d’avoir peur de la surpopulation? Quand il choque, Jésus ne cherche pas à être apprécié ni à se donner une posture. Il s’explique par une parole: « Le Seigneur lui dit : « Bien sûr, vous les pharisiens, vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat, mais à l’intérieur de vous-mêmes vous êtes remplis de cupidité et de méchanceté. Insensés ! Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? ». Jésus montre que la juste attitude n’est pas dans les gestes extérieurs, ni, aujourd’hui, dans des écogestes consistant, par exemple, à s’engager dans une « frugalité par précaution » pour sauver la planète ou dans un jeûne le vendredi Saint pour maigrir. Au risque de choquer, ne faut-il pas s’interroger: les critères retenus pour obtenir les « labels paroisses vertes » ne ressemblent-ils pas aux ablutions pratiquées par les pharisiens ? Jésus veut nous recentrer sur l’essentiel, sur les vertus théologales intérieures, foi, espérance et charité. La frugalité et le jeûne sont des vertus destinées à nous faire tourner le regard vers Dieu et vers les pauvres.
D’ailleurs Jésus ajoute: « Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous. » L’aumône, c’est aussi savoir donner un sourire, le don d’une parole bienveillante ou d’un regard quand on n’en n’a pas envie. Alors tout sera pur pour nous: L’aumône purifie mieux que les ablutions....
Et le Seigneur aime les cas concrets : dans la cathédrale de Bayonne, deux heures après l’écriture de ces lignes m’a fait un clin d’œil en m’envoyant une personne me taper sur l’épaule et me demandant l’aumône !

Lundi 12 octobre - Abbaye ND de Belloc (64) -  Masparraute (64) = 21 km / 839,2 km

Dans l’évangile du jour (Luc 11,29-32), Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas ». Même commentaire que celui du 4 Mars 2020!

 Dimanche 11 octobre - Bayonne (64) -  Urt - Abbaye ND de Belloc (64)  = 22,1  km  / 818,2  km 

« Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils ». C’est ce qu’annonce l’évangile du jour (Mat. 22,1-14). Oui, nous sommes appelés au mariage du Christ avec l’humanité, à devenir l’épouse même du fils de Dieu, bref, à être divinisés en Lui... comme le dit saint Irénée: « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu ». Mais l’évangile précise: « Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noces ». Sommes nous vêtus de ce vêtement qui symbolise notre relation personnelle avec l’époux? Dieu fait malheureusement le constat: sommes-nous de ces invités qui n’en tinrent « aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce »... les uns à leur militantisme écologie, les autres à la logistique de leur pèlerinage! Sommes-nous vraiment dans l’attente de ces noces et prêts à revêtir le vêtement de noces?
Ainsi, sur la route, il y a peu de boulangerie ou épicerie. À Briscous, petit village au sommet d’un mont du pays basque, j’arrive dans une boulangerie, prêt à m’offrir une petite gâterie. Encore essoufflé par la montée, le masque à la main, le boulanger me met en demeure de mettre le masque immédiatement. Lui demandant grâce pendant que je souffle quelques secondes, il me répond: «  vous n’avez aucune obligation de marcher, mais le masque est une obligation ». Prière pour se boulanger visiblement perturbé par la crise du COVID et qui m’a valu de prendre conscience que m’offrir une pâtisserie n’était pas, non plus, une obligation et m’a permis de sortir sans achat ... ni soumission au dit geste barrière !

Samedi 10 octobre - Bayonne (64) = 796,1 km

« Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la gardent ! » dit l’évangile du jour (Lc 11, 28). Méditons sur ce mot « garder », fréquent dans la bible.
Pensons à ce que dit laudato si: « le livre de la nature est unique et indivisible ». Garder la création, c’est en quelque sorte garder la parole de ce livre. Mais la bible associe les mots garder et cultiver : La Genèse précise d’ailleurs qu’il « n’y avait encore sur la terre aucun buisson des champs, et aucune herbe des champs n’avait encore poussé, car Yahvé Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol » (Gen 2-5). C’est ce qui fait dire à Rachi[1] que c’est parce qu’il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol que le Seigneur ne faisait pas pleuvoir et « le Seigneur ne faisait pas pleuvoir car il n’y avait encore personne qui sache reconnaître les dons de Dieu ».
La genèse dit : « Yahvé Dieu prit l’homme et l’installa dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder » (Gen 2,15). Est-il possible de garder sans cultiver? Dans le langage de la vie monastique, il y a « Je garde la règle »: j’y suis fidèle, mais aussi « c’est la règle qui me garde ». Il en est de même pour la Parole, mais également pour la Création.
S’il faut « Garder la création », on peut dire également que « la création nous garde ». Et elle nous gardera si nous la cultivons pour notre bien, pour le bien de chaque homme et pour le bien de tous les hommes. 

Vendredi 9 octobre -    Labenne (40) -  Bayonne (64) = 13,8 km / 796,1 km

Dernière étape dans les Landes, avec un dialogue avec un jeune présent à Lourdes lors de l’AG des évêques consacrée à l’écologie. Ce jeune, comme d’autres participants à cette AG, force l’admiration. Foi en JC, désir de conversion, souci d’évangélisation. 
Dans l’évangile du jour (Luc 11,15-26), « Jésus avait expulsé un démon, certains dirent : "C’est par Béelzéboul, le chef des démons, qu’il expulse les démons" ». La réaction d’une partie des témoins est d’en redemander. On est comme au cirque: inconsciemment, on aimerait que le dompteur se fasse dévorer par le lion, que l'humanité meurt d'une planète hostile qu'il aurait pas mal dominée. En matière d’écologie, le démon a distillé dans nos cœurs de multiples peurs. Le christ pourrait chasser ce démon, mais en quelque sorte on en redemande un peu plus de signes justifiant la peur. « Mais il y a aussi tel point! Et tel autre! L’homme pourrait ne pas survivre! ». On se plaît à imaginer que l’homme sera englouti par la planète dévastée ! Toujours plus de spectacle! Toujours plus d’émotions qu’on voudrait prendre pour des signes : « D’autres, pour le mettre à l’épreuve, cherchaient à obtenir de lui un signe venant du ciel ». 
Le Christ explique que le combat contre le démon est un rapport de force. Il ne faut pas laisser le démon entrer sinon on devient prisonnier de notre hôte : « ils entrent et s’y installent. Ainsi, l’état de cet homme-là est pire à la fin qu’au début ». Ne laissons pas la peur s’installer dans nos pastorales; sinon nous deviendrons prisonnier de cette peur démoniaque! 

Jeudi 8 octobre - Saubusse (40) - Labenne (40) = 23,8 km / 782,3 km 

Saubusse: label paroisse d’accueil; la paroisse avait annoncé une réunion sur la pastorale écologique chez un paroissien ami. Hébergement  chaleureux.
Saint Luc, dans l’évangile du jour (Luc 11,5-13), parle de la prière :  « il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami. » Il faut beaucoup de « sans gêne » pour qu’un simple pèlerin demande, dans sa prière, que les responsables de pastorale écologique surfe un peu moins sur les grandes peurs écologiques de notre temps pour appeler à la conversion, pour qu’ils acceptent un dialogue plus ouvert à une pluralité d’analyse. N’est pas sainte Catherine de Sienne qui veut pour penser devoir réformer l'église!
Il est vrai que le Christ précise qu’il faut être un « ami » de Dieu pour qu’il nous accorde ce dont nous avons besoin: «...et il lui donnera tout ce qu’il lui faut ». De quoi avons nous besoin? L’évangile le dit : «  le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! ». Demander à l’Esprit Saint de nous éclairer dans nos prières et, alors: « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira »

Mercredi 7 octobre - Dax (40) - Saubusse (40) = 15,4 km / 758,5 km

Saint Paul raconte, dans l’épître du jour (gal. 2, 1-14) : « quand  Pierre est venu à Antioche, je me suis opposé à lui ouvertement, parce qu’il était dans son tort ». L’apôtre ne mâche pas ses mots. Ce passage fait penser à l’exhortation du concile appellant les laïcs, "dans la mesure de leurs connaissances, de leurs compétences et de leur situation" à user de leur "faculté et même de leur devoir de manifester leur sentiment en ce qui concerne le bien de l’Église" (Lumen Gentium § 37). La démarche du pèlerin est un peu dans cet esprit lorsqu’il s’arrête  là où les paroisses et les diocèses le veulent bien, pour faire savoir son sentiment sur la pastorale écologique. 
Cette démarche nécessite beaucoup de clarté. Saint Paul est explicite sur ces sentiments : « En effet, avant l’arrivée de quelques personnes de l’entourage de Jacques, Pierre prenait ses repas avec les fidèles d’origine païenne. Mais après leur arrivée, il prit l’habitude de se retirer et de se tenir à l’écart, par crainte de ceux qui étaient d’origine juive ».
Saint Paul explique que ne pas intervenir risque de provoquer une contagion nuisible à l’Eglise: « Tous les autres fidèles d’origine juive jouèrent la même comédie que lui, si bien que Barnabé lui-même se laissa entraîner dans ce jeu ».

Mardi 6 octobre - Dax (40)

L’évangile du jour (Luc, 10,38-42) met en scène Marthe et Marie. Jésus reproche à Marthe : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses ». De l’importance de savoir nommer et identifier nos soucis majeurs, ceux pour lesquels nous nous agitons et sommes inquiets, même s’il s’agit de peurs écologiques ou sanitaires.
Le Christ lui dit que c’est Marie qui « a choisi la meilleure part ». Or elle était assise à ses pieds et « écoutait sa parole »? 
Face à nos soucis, quelle parole écoutons-nous ?

Lundi 5 octobre - Lahosse (40) - Dax (40) = 23,2 km / 743,1 km

Après quelques échanges, un moine m’écrit avec humour: « Bienheureux chapitre 1er de l'Encyclique qui nous vaut un tel pèlerin sur les routes de France ! ». Je rapproche ce propos de celui que me tenait Fabien REVOL, à propos du Giec, danse notre ouvrage commun à paraître [1]: « Bienheureuse erreur scientifique qui nous valut une telle prise de conscience de la place du mystère de la création dans la foi chrétienne ». Le rapprochement entre le GIEC et le 1er chapitre de Laudato si serait tentant surtout quand on vécu de près à quel point le premier a influencé les rédacteurs du second. Mais cet humour serait mal venu, surtout après ce passage chez des Bénédictins dont la règle dit: « n'être ni enclin ni prompt à rire, car il est écrit: "Le sot, en riant, élève la voix." (Si 21,23) » (Règle de Saint Benoit, Chapitre 7 $ 59).
Si fautes il y a eu, l’occasion est bonne de dire ici qu’elles ne sont jamais « bienheureuses ». Le père Sébastien ANTONI (Augustin de l’Assomption) résume très bien qu’ « il est évident que c’est l’expérience que l’on fait de ce péché qui est profitable et non pas, bien sûr, l’acte ».
Quant à savoir si l’encyclique « nous vaut un tel pèlerin sur les routes de France ! », la règle de Saint-Benoit appelle le moine à l’humilité et à dire « avec le Prophète: "J'ai été réduit à rien et je ne sais rien; je suis devenu comme une bête de somme devant toi et je suis toujours avec toi." (Ps 72,22-23)... » (Règle de Saint Benoit, Chapitre 7 $ 50). Oui, je marche comme une « bête de somme »... « Je marche comme un âne », dirait le Cardinal Etchegaray. 
[1] Fabien REVOL et Stanislas de LARMINAT : « L’écologie, nouveau jardin de l’église - Dialogue et controverses » (Lyon, oct 2020, Peuple Libre, § 623, page 299)

Dimanche 4 octobre - Abbaye de Maylis (40) - Lahosse (40) = 11 (+3) km / 719,9 km

Saint Paul, dans l’épître du jour (Phil. 4,6-9), revient encore sur le thème de la peur: « ne soyez inquiets de rien,... ». Il donne la recette : «tout ce qui est vrai et noble, tout ce qui est juste et pur, tout ce qui est digne d’être aimé et honoré, tout ce qui s’appelle vertu et qui mérite des éloges, tout cela, prenez-le en compte...  ». En matière d’écologie, dire la vérité ! Oui ! Appeler à plus de justice ! Oui ! Appeler à la vertu, celle de la frugalité par exemple vécue comme une vertu et non comme une précaution ! Oui ! Mais tout cela ne sauvera pas la planète ! Le fruit est bien plus simple: « Et le Dieu de la paix sera avec vous ». Avoir de bons comportements donne la paix, celle de Dieu!

Samedi 3 octobre - Eyres-Montcubes  (40) - Abbaye de Maylis (40) = 16 (+ 5) km / 705,9 km

L’évangile du jour (Luc 10, 17-24), inspire la joie. Non pas la joie temporelle d’avoir trouvé le ressort suffisant pour marcher 5km de plus que prévu d’allers, retours et crochets pour contourner les routes barrées par des inondations ! Non le Christ parle d’une joie spirituelle :
- Joie du retour de mission: « les soixante-douze disciples que Jésus avait envoyés revinrent tout joyeux... » . Joie de travailler comme le Christ le demande.
- Joie de savoir que la victoire finale contre le mal est certaine: « même les démons nous sont soumis en ton nom ».
Joie de l’assurance que nous donne le Christ de nous libérer de toutes nos peurs: « absolument rien ne pourra vous nuire ». La joie est antidote de la peur, de nos peurs écologiques ou sanitaires.
- Joie de l’espérance du ciel : « réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »
Joie de la prière de bénédiction quand elle est inspirée par l’esprit saint: « À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange ».
- Enfin joie d’être témoin de la présence du Christ dans le monde d’aujourd’hui : «  « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! »
Alors? Même pas peur? Peut-être ! Alors: Arrêtons de nous focaliser sur les marchands et collaborateurs de peur, mais vivons plutôt et témoignons de cette joie. Les motifs de joie sont multiples!  

Vendredi 2 octobre - 
Mont de Marsan (40) - Abbaye Saint-Eustase à Eyres-Montcubes  (40) = 22,3 km / 684,9 km

Lecture du jour appropriée pour un pèlerin (Ex. 23, 20-23a): « Ainsi parle le Seigneur : « Je vais envoyer un ange devant toi pour te garder en chemin et te faire parvenir au lieu que je t’ai préparé. Respecte sa présence, écoute sa voix. Ne lui résiste pas : il ne te pardonnerait pas ta révolte, car mon nom est en lui. Mais si tu écoutes parfaitement sa voix, si tu fais tout ce que je dirai, je serai l’ennemi de tes ennemis, et l’adversaire de tes adversaires. Mon ange marchera devant toi ».
L’évangile du jour (Matt. 18, 1-5.10) dit également : « À  moment-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : "Qui donc est le plus grand dans le royaume des Cieux" ... Jésus déclara : "Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Mais, celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux "...» Le Christ ne donne pas ici une leçon d’organisation sociale qui donnerait une priorité hiérarchique à l’enfant sur l’adulte. Il dit : « devenez comme des enfants... faites-vous petits comme cet enfant ». Devenir enfant, c’est accepter d’être fragile, d’être dépendant. C’est renoncer à imposer sa puissance. Pour le pèlerin, c’est ne pas s’engager dans une stratégie d’image, mais méditer sur un chemin de conversion. Pour le responsable de pastorale, c’est renoncer à jouer de la peur pour instrumentaliser un auditoire en le convainquant d’une conversion à l’écologie. Pour les deux, il s’agit de reconnaître leur dépendance mutuelle, malgré les fragilités de leurs discours réciproques.
L’évangile poursuit : « celui qui accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, il m’accueille, moi... ». Accueillir l’enfant n’est pas qu’une affaire de paternité responsable. C’est accueillir l’enfant que nous sommes, celui que nous sommes appelés à devenir.
L’évangile ajoute :  « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits... ». Gardons-nous donc de mépriser ceux qui, comme nous-mêmes, s’efforcent, comme ils peuvent de devenir des enfants.

Jeudi 10 septembre -
Roquefort (40) - Mont de Marsan (40) = 22,9 km / 662,6 km

L'épître du jour (Cor 8, 1-7,11-13) est difficile à comprendre: "1Pour ce qui est des viandes immolées aux idoles, nous avons tous la science, nous le savons. La science gonfle, alors que l’amour bâtit. 2Si quelqu’un pense connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faut connaître ;3mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de Lui.
4Donc, pour ce qui est de manger des viandes immolées aux idoles, nous savons qu’une idole n’est rien dans le monde et qu’il n’y a de Dieu que l’Unique. 5Car, bien qu’il y ait de prétendus dieux, soit au ciel, soit sur terre –et de fait, il y a quantité de dieux et quantité de seigneurs-, 6pour nous, du moins, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par sont toutes choses et par qui nous sommes.
7Mais tous n’ont pas la science. Certains, accoutumés encore à l’idole, mangent de la viande immolée comme telle, et leur conscience, qui est faible, est salie. 8Ce n’est pas un aliment qui nous rapprochera de Dieu. Si nous n’en mangeons pas, nous n’avons rien de moins ; et si nous en mangeons, nous n’avons rien de plus. 9Mais prenez garde que ce droit que vous avez ne devienne un achoppement pour les faibles. 10Si, en effet quelqu’un te voit, toi qui as la science, attablé dans un temple d’idoles, sa conscience, à lui qui est faible, ne sera-t-elle pas fondée à manger des viandes immolées aux idoles ? 11Et ta science alors va perdre le faible, ce frère pour qui Christ est mort ! 12En péchant ainsi contre les frères et en blessant leur conscience, qui est faible, c’est contre Christ que vous péchez. 13C’est pourquoi, si un aliment doit scandaliser mon frère, je ne mangerai jamais de viande, pour ne pas scandaliser mon frère (1Cor 8, 1-13)".

Qu'en penser dans une perspective écologique?

Il est des formes d’écologismes qui peuvent être de véritables religions. Il est, également, des cultes que notre époque rend de nouveau à la déesse Gaïa. Au début de sa première lettre aux Corinthiens, saint Paul, montre qu’il y avait, à l’époque, des problèmes plus graves et plus urgents, ceux relevant de l’autorité apostolique, de l’appel aux tribunaux païens en cas de disputes communautaires, de la fornication, de l’inceste, du mariage ou de la virginité. Aujourd’hui également, il y a des sujets plus graves que celui de savoir s’il faut utiliser du pain et du vin label bio dans l’eucharistie, s’il faut réintroduire la fête des rogations dans la liturgie, construire des églises en label haute qualité environnementale, ou produire des fruits bio dans les fermes de monastères. Tout cela ne revient-il pas à manger des viandes immolées aux idoles, à être crédule quant aux idéologies de notre temps, dont l’écologisme ?
Saint Paul nous rappellerait sans doute à l’ordre et à la priorité de la conversion personnelle pour mettre en place des organisations -économiques notamment- qui assurent le respect de la destination universelle des biens, ou du bien commun. Il rappellerait sûrement à toutes nos communautés de chrétiens leur devoir de s’engager dans la nouvelle évangélisation. Ce sont des enjeux autrement plus graves.
Comme du temps de saint Paul, la mission de l’Église est bien « de scruter à tout moment les signes des temps » et « de connaître et de comprendre ce monde dans lequel nous vivons, ses attentes, ses aspirations, son caractère souvent dramatique » (Gaudium et Spes § 4-1).
Dans ce texte, saint Paul rappelle d’abord à ceux qui ont la prétention d’avoir la science et le sentiment aigu de ce qu’il convient de faire, de se méfier d’eux-mêmes, car cette connaissance est bien peu de chose en comparaison de l’amour. Elle ne sert qu’à nous enfler, à nous gonfler d’orgueil, alors que c’est « l’amour [qui] bâtit ». De plus la connaissance est toujours partielle ; nous ne savons rien avec une connaissance pleine et absolue. Saint Paul expliquait par ces mots : « Si quelqu’un pense connaître quelque chose, il ne connaît pas encore comme il faut connaître. » (1 Cor 8, 2)Alors que si nous aimons Dieu, nous pouvons être assurés que nous sommes connus de Lui, et probablement plus près de la vérité.
Quant aux idoles, nous dit Saint Paul, elles ne sont rien dans le monde, pas plus que quantités de faux dieux et de faux seigneurs qui peuplent ciel et terre, car le seul Dieu est le Dieu Unique.
Comment qualifierons-nous, dans quelques années, tous les chevaux de bataille de l’écologisme, si la cause anthropique du réchauffement climatique n’est pas plus fondée que les dangers des OGM, ni que les bienfaits d’une décroissance pour limiter l’empreinte écologique de l’homme ?
Que toutes ces idées soient vénérées ou non comme de vrais dieux, cela ne change pas notre foi dans « le Père, de qui viennent toutes choses », ce Père Créateur pour qui nous sommes. Nous savons que les viandes offertes aux idoles ne nous rapprocheront ni ne nous éloigneront de Dieu (1Cor 8,8) ; ou autrement dit, peu importe que nous ayons telle ou telle sensibilité écologique. Nos visions écologiques peuvent différer. Certains peuvent manger de la viande et d’autres ne pas en manger. Il n’y a aucun avantage à faire d’une manière, comme il n’y a aucun inconvénient à faire de l’autre, si nous veillons, comme le demande saint Paul, à ne pas être occasion de chute pour le plus faible. Car tous n’ont pas la science, et voir un chrétien attablé dans un temple d’idoles, peut troubler gravement de nombreux croyants dont la conscience est peut-être faible. Sommes-nous conscients qu’en assénant des vérités sans être ouverts au dialogue, nous pouvons blesser gravement ceux qui nous entendent ? Comment faut-il se comporter face à cette situation ? Que doit faire l’Église ?
Nous devons savoir que toute une frange de chrétiens, même si elle « a moins de visibilité et est moins aguerrie[1] », ne se retrouve pas aujourd’hui dans les discours écologistes courants. Pour beaucoup d’entre eux l’écologisme est une idéologie vide de sens, même s’ils reconnaissent à ce courant de pensée des aspirations légitimes. Mais s’attabler dans un temple d’idoles en adhérant, par exemple, à des ONG prônant des doctrines sociales opposées à celle de l’Église, c’est se laisser emporter par la connaissance et «courir le risque de devenir une pierre d’achoppement pour les autres[2]. »
« Et ta science alors va faire périr le faible. » Ceux, parmi nos contemporains chrétiens, qui n’arrivent pas à discerner, parmi certains discours écologistes ambiants, ce qui relève de la foi de l’Église, de ce qui relève de la sensibilité de leurs membres, risquent alors d’être paralysés au point de ne plus pouvoir témoigner de leur Foi, ce[s] frère[s] pour qui Christ est mort ! Blesser la conscience d’un frère est pécher contre le Christ.
Face à ce risque, saint Paul préfère ne plus se passer de viande à tout jamais. C’est dans cet esprit que le magistère rappelle que « l’Église, avec sa doctrine sociale, n’entre pas dans des questions techniques et ne propose pas de systèmes ou de modèles d’organisation sociale : ceci ne relève pas de la mission que le Christ lui a confiée. L’Église a la compétence qui lui vient de l’Évangile » (Compendium § 68), afin qu’elle ne laisse pas quelque sensibilité que ce soit « se sentir étrangers dans la communauté des chrétiens » (Concile- Dignitatis humanae § 9).
Cette recommandation de saint Paul s’applique d’abord, nous semble-t-il, aux évêques qui ont la mission de proclamer à haute voix le kérygme, c’est-à-dire l’énoncé premier de la foi[3]. Certes l’Église doit veiller à la rationalité des réalités terrestres. Nous avons donc le devoir d’argumenter, mais, comme le dit Jean-Luc Marion, « dans l’Église, cette responsabilité n’échoit pas d’abord au magistère […]. Le kérygme ne peut, comme tel, immédiatement jouer le rôle d’un argument dans le débat de la place publique »[4].
L’appel de saint Paul de se passer de viande, c’est-à-dire de ne pas s’attabler avec les dispensateurs d’idéologie, écologiste ou autres, s’adressent également à nous, les laïcs. Mais, comme le dit également Jean-Luc Marion, « chez le baptisé, l’erreur n’est pas toujours un péché », alors que, chez l’évêque, « l’erreur est toujours un péché, et non le moindre ». En effet, « la vérité a le pouvoir de faire vivre » mais si « elle se pervertit, elle a celui de laisser mourir, voire de tuer directement[5] ». Attention donc aux laïcs qui sont les plus proches de leurs évêques et qui les conseillent dans les disciplines environnementales, de ne pas être les initiateurs de ce péché.
Nous passer de viande, nous aidera à être facteurs d’unité dans l’Église. Quelques soient nos regards en matière d’écologie, nous sommes membres du même corps du Christ, l’Église qui est Une, Sainte, et appelée à le devenir.

[1] Mgr Crepaldi, Commentaire à l’issue du séminaire du Conseil pontifical justice et paix sur le climat, 4 janvier 2008 (source Fides).
[2] Commentaire de Franck Binford Hole (1874-1964).
[3] « Le point central de l’annonce demeure toujours le même : le Kérygme du Christ mort et ressuscité pour le salut du monde, le Kérygme de l’amour de Dieu absolu et total pour tout homme et pour toute femme. Ce Kérygme a culminé dans l’envoi du Fils éternel et unique, le Seigneur Jésus qui ne dédaigna pas de prendre la pauvreté de notre nature humaine, l’aimant et la rachetant du péché et de la mort en s’offrant lui-même sur la croix » (Benoît XVI, Message pour la journée mondiale des missions, 2012).
[4] Jean-Luc Marion, Le Croire pour le voir, op. cit., p. 111.
[5]  Ibid., p. 99. 

Mercredi 9 septembre -
Bourriot-Bergonce (40) - Roquefort (40) = 13,2 km / 639,7 km

Les béatitudes de Saint Luc sont différentes de celles de Saint Mathieu: chez Saint-Luc, la pauvreté n’est pas seulement spirituelle. Elle est également sociale, matérielle, économique. Il ne s’agit pas de faire l’apologie de la pauvreté mais de l’associer à l’expérience de la vie simple. La misère est quelque chose qui défigure l’homme, alors que la pauvreté évangélique libère grâce au partage. Le partage n’est pas un moyen de se donner bonne conscience mais un chemin permettant de compatir avec le pauvre. Ce n’est pas, non plus, un outil de redistribution dans un monde dont les ressources naturelles seraient limitées, comme voudraient nous le faire croire certains discours écologiques. Le partage permet un retour sur soi pour réfléchir aux mécanismes dont nous serions complices et qui engendrent la pauvreté: certaines règles de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), par exemple, mettent en concurrence riches et pauvres et rendent les pauvres encore plus pauvres.

Quant à la première lecture du jour elle est moins souvent commentée tant elle surprend (Cor 7,25-31): « ... au sujet du célibat, je n’ai pas un ordre du Seigneur, mais je donne mon avis, moi qui suis devenu digne de confiance grâce à la miséricorde du Seigneur. Je pense que le célibat est une chose bonne, étant donné les nécessités présentes ; oui, c’est une chose bonne de vivre ainsi. Tu es marié ? ne cherche pas à te séparer de ta femme. Tu n’as pas de femme ? Ne cherche pas à te marier. Si cependant tu te maries, ce n’est pas un péché ; et si une jeune fille se marie, ce n’est pas un péché. Mais ceux qui font ce choix y trouveront les épreuves correspondantes, et c’est cela que moi, je voudrais vous éviter. Frères, je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’avaient pas de femme, ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui ont de la joie, comme s’ils n’en avaient pas, ceux qui font des achats, comme s’ils ne possédaient rien, ceux qui profitent de ce monde, comme s’ils n’en profitaient pas vraiment. Car il passe, ce monde tel que nous le voyons ».
Ce discours sur le célibat est surprenant et mériterait de longs développements. Contentons nous de dire, ce que personne ne souligne suffisamment qu’une véritable « écologie intégrale » ne peut se comprendre que si elle intègre les deux encycliques « Laudato si » et « Humanae vitae ».
Quant à l'affirmation "le temps est limité", interrogeons-nous sur la première phrase de la version française de En chemin pour la sauvegarde de la maison commune 5 ans après Laudato si publiée par le groupe de travail interdicasteriel du Saint-Siège sur l’écologie intégrale. L’introduction commence par cette phrase : « ‘Le temps se fait court’ (1Co 7, 29). Cette exhortation…, nous l’entendons aujourd’hui résonner avec urgence ». Est-ce la bonne interprétation? En écho à cette affirmation, s'agit-il de l'urgence climatique ou d'un appel à nous tourner vers la terre nouvelle ? Saint Paul utilise un terme technique de la navigation : « littéralement, 'le temps a cargué ses voiles'[1] : quel que soit le temps restant à courir jusqu’à la parousie,  de toute façon, dans le Christ ressuscité, le monde à venir est déjà présent »[2]. Notre vie est comme une navigation toujours orientée vers le port.  
On peut souligner 
les deux expressions qui encadrent ce court extrait de la lettre de Paul : « le temps est limité » et « il passe, ce monde ». Et entre les deux, cinq « comme si » invitent à prendre du recul en cinq exemples concrets de situations diverses de vie, comme des exemples de manières de vivre dans ce monde qui passe vite, qui se déroule dans des limites et qui s'arrêtera un jour. Il y a là une sorte de leçon de philosophie de la vie ? Une sagesse ? Une invitation à ne s'attacher à aucune situation, comme s'il n'y avait pas de réchauffement climatique anthropique et comme si la population mondiale devait ou non s’accroître ! Une invitation à ne pas s'enfermer dans des peurs de toutes sortes ? Paul ici ne traite pas du mariage, des pleurs, de l'argent, de la joie du monde, ni de la crise écologique … Il n'a pas l'habitude d'en rester à ce seul niveau humain de sagesse, ce n'est pas son genre, lui qui répète souvent en Christ, comme une devise.
Paul n'invite pas à quitter notre façon de vivre, pour nous orienter vers une vie plus écologique! Il nous appelle à l'orienter vers le but du voyage, la parousie. Sur les questions écologiques, les chrétiens et les non chrétiens vivent comme tout le monde. La spécificité du chrétien est d’avoir les yeux dirigés vers un horizon "en Christ". Il a une autre manière de vivre qui vient de sa foi "en Christ", de son espérance et de son amour. Plus loin, saint Paul écrira : Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu (10,31).

[1] Carguer signifie replier, serrer une voile autour d'un espar (vergue, bôme, mât) à l'aide de cargues (Larousse).
[2] Note de bas de page de la traduction œcuménique de 1 Co 7,29 (TOB, 1977, p. 505, § s)

Mardi 8 septembre -
Captieux (33) - Bourriot-Bergonce (40) = 19.7 km / 626,5 km

En la fête de la nativité de la Vierge, l’évangile de Matthieu 1,1-16.18-23 propose deux tableaux: la généalogie de Jésus montrant qu’Il est vrai homme et sa conception par l’Esprit saint montrant qu’Il est également vrai homme. L’Eglise, elle aussi, est pleinement humaine, donc appelée à devenir sainte, mais elle est pourtant sainte car fondée par le Christ lui-même. Cette ambivalence est ancrée également en nous qui sommes tantôt tentés par une forme d’angélisme désincarné et tantôt dans un activisme tout puissant. Prier pour l’Eglise n’est pas un vain mot, Elle, devant qui la bête s’agite. Prions aussi pour notre propre conversion, passage obligé pour la sanctification de l’église. La Vierge est notre intermédiaire pour cela.

Lundi 7 sept -
Bazas (33) - Uzeste (33) = 9,6 km / 606,8 km

Pèlerinage sur le tombeau du Pape Clément V, premier pape d’Avignon, élu peu après Boniface VIII qui avait promulgué la fameuse Unam Sanctam prônant la supériorité des papes sur les rois (du spirituel sur le temporel).De cette époque date la fameuse doctrine gallicane qui commença avec. Clément V s’opposa au roi Philippe le Bel qui lui demandait de révoquer l’ordre des templiers. Clément V, certes réunit un concile à cette fin, mais, au grand damne du roi, fit remettre tous leurs biens aux chevaliers de Rhodes.
Après Charlemagne, les empereurs du Saint empire Romain Germanique avaient également cherché à soumettre la papauté à leurs désirs. Peut-on imaginer qu’aujourd’hui, l’Eglise soit à l’abri des jeux de puissance de la part des grands messianismes? L’Eglise  doit-elle se soumettre à cette bête de l’apocalypse qui agite ses multiples têtes et cornes et qui symbolisent les grands pouvoirs temporels? Quand l’écologisme devient un outil pour soumettre les peuples à la peur, il faut veiller à ne pas collaborer avec la peur.

Retour à Bazas pour le « témoignage d’un pèlerin sur l’écologie intégrale » à 20h15 au presbytère. Thèmes abordés par Stanislas de Larminat :
- Qu’est-ce que l’Écologie intégrale dans « Laudato si » ?
- N’ayons pas peur, soyons dans la joie pour tant d’abondance !
- Quelle planète laissera-t-on aux générations futures ?
- Quelle jeunesse laissera-t-on aux générations futures ?

Dimanche 6 septembre -
Langon (33) - Bazas (33) = 15,3 km / 597,2 km

En Mat, 18, 15-20, l’évangile du jour dit: « quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. » Cette parole invite à renouveler l’appel à rejoindre notre pèlerinage pour que cette marche ne soit pas celle d’un solitaire. C’est un impératif car « si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux. ». Sans ce compagnonnage, toute prière pour que nos pastorales écologiques ne collaborent plus, ni de près ni de loin, avec la peur serait vaine. 
Reste que ce soupçon fait à des responsables pastoraux dévoués et de bonne volonté peut être perçu comme un péché commis contre eux. Or l’évangile commence ainsi: « si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul ». La marche en tête à tête peut être une occasion de dialogue et de correction fraternelle.

L’objet même de ce pèlerinage est évoqué dans la première lecture (Ez 33, 7-9):  « si tu avertis le méchant d’abandonner sa conduite, et qu’il ne s’en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie. » Cette parole est difficile. Peut-on dire que celui qui collabore avec la peur écologique est un « méchant »? Certes non ! Est ce une raison pour ne pas le prier « d’abandonner sa conduite »?

Samedi 5 septembre -
Podensac (33) - Langon (33) = 14,6 km / 581.9 km

Décidément, saint Paul (dans 1Co 4,6-15) continue à nous mettre en garde sur la manière dont nous suivons les discours d’untel ou untel: « apprenez d'Apollos et de moi-même à ne pas aller au-delà de ce qui est écrit, afin qu’aucun de vous n’aille se gonfler d’orgueil en prenant le parti de l’un contre l’autre ».

L’évangile du jour nous donne un excellent exemple: comme du temps des pharisiens, nous pourrions suivre l’un ou l’autre et avoir des discussions oiseuses sur la signification du sabbat dans nos discussions écologiques. Repos du créateur, repos du chrétien, repos de la terre, etc... Cela ne manque pas d’intérêt, mais tout est bon pour donner une interprétation légaliste au sabbat, en oubliant, comme les pharisiens, que l’homme n’est pas fait pour la loi, mais la loi pour le bonheur de l’homme. Jésus (en Luc 6,1-5) clos le débat en disant : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. » Comment comprendre ce propos? Les juifs célèbrent dans le "Sabbat" l'aboutissement de l’œuvre des "six jours" (la création). Pour le chrétien, il apparaît un nouveau jour: celui de la Résurrection du Christ. Le septième jour termine la première création et le huitième commence la nouvelle création en Jésus-Christ. En nous disant qu’il est maître du sabbat, le Christ nous invite à nous tourner vers la résurrection. 

Vendredi 4 septembre -
Saint-Medard d’Eyrans (33) - Podensac (33) = 15,0 km / 567,3 km

Merveilleux contacts pendant ce pèlerinage. Hier soir les hôtes proposent de partager leur repas. Et cette femme, sur le pas de sa porte, m’encourageant ce matin en levant les deux poignets et me priant de saluer la Vierge en arrivant! Cela mériterait la tenue d’un journal de bord, mais, comme le disait l’hôtesse d’hier, "en pèlerinage à pied, tout va trop vite !"

Nous sommes actuellement dans la « saison de la création ». Certains voudraient en profiter pour nous appeler, à adopter un style de vie simple pour sauver la planète. L’Évangile du jour (Luc 5, 33-39), à titre personnel, ouvre un autre horizon : « les pharisiens et les scribes dirent à Jésus : «  Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent! » ». En cette fête de la création, soyons comme les disciples: vivons la joie, la joie devant tant d’abondance de biens que le créateur met à notre disposition: aucun risque de pénurie de ressources naturelles pour les générations futures! Ce jour est, en quelque sorte l’anniversaire de l’acte créateur décrit dans la Genèse. Imaginerait-on, le jour de notre anniversaire, ne prendre qu’un quart de notre part de gâteau, au motif d’être un adepte de la vie simple ? La vie simple est, certes, une vertu qu’il faut promouvoir, mais ce n’est pas un éco-geste pour sauver la planète !
Dans le même Évangile, les pharisiens cherchent à se positionner par rapport aux disciples de Jésus. À l’époque il y avait toutes sortes de disciples: sadducéens, zélotes, pharisiens, disciples de Jean-Baptiste, etc. Aujourd’hui, nous également, ressentons le besoin de nous positionner par rapport aux autres, nous proclamer adeptes du GIEC, fidèles de Laudaoto si, proches des dissidents climatiques, etc... Saint Paul, dans l’épître du jour (1 Cor 4,1-5) ne se préoccupe pas de ce genre de débat posture : « Pour ma part, je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement, ou à celui d’une autorité humaine ; d’ailleurs, je ne me juge même pas moi-même ».
Le Christ répond que ses disciples vivent simplement avec l’époux, lui le christ. Nous n’avons donc qu’un seul maître à suivre, le Christ.
L’évangile du jour nous invite également à être ouvert à la nouveauté : « Personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. On doit mettre le vin nouveau dans des outres neuves.». Certes le discours écologique a eu, à son origine, le mérite d’être un « vin nouveau ». Mais n’aurait-il pas un peu vieilli en collaborant avec la peur? Ne faudrait-il un peu renouveler les outres dans lesquelles on conserve ces discours ? Les dissidents prônant l’optimisme et la joie n’auraient-ils pas quelque chose à dire pour renouveler les breuvages qu’on fait ingurgiter à tant de crédules.

Jeudi 3 septembre -
Bordeaux (33) - Saint-Medard d’Eyrans (33) = 15,9 km / 552,3 km

Suite de la 1ère lettre aux Corinthiens d’hier  (3, 18-23):  « ...Il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme... que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir » ...que ce soit le GIEC ou un dissident climatique... Pourquoi? « Car tout vous appartient,... mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu ».
 Il faut donc rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Mais comment discerner le bien dans ce qui revient à Cesar ?
L’évangile du jour donne une piste: regarder ceux qui jettent le filet au large et voir ce qu’ils ramènent dans leur filets. « Jesus dit à Simon : Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche... Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirèrent ». Que ramènent nos pastorales écologiques ? Une contribution à la peur ambiante ou de la joie, « la joie … que donne l'abondance de toutes choses"  (Deutéronome 28, 47)? N’ayons pas peur que les générations futures manquent de ressources naturelles. La principale ressource est l’homme et Dieu donne à toutes les générations de jouer de la technicité d’un moment pour satisfaire leurs besoins du moment.
Et nous? Quelle est notre contribution? Même si nous pensons comme Pierre: « À cette vue [des barques pleines de poissons], Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ».  Malgré nos faiblesses, Jesus nous dit comme à Pierre : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras ». Nous sommes appelés à rejoindre les hommes dans leurs inquiétudes et leur annoncer la promesse d’une terre nouvelle.  Car, oui, il ne faut jamais lus rêver d’un paradis définitivement perdu. Nous sommes appelés à la déification définitive, celle que le Christ nous à valu en se faisant homme pour que nous devenions Dieu (Saint Irénée). C’est une véritable écologie divine sur laquelle nous devons méditer.

Mercredi 2 septembre - Bordeaux (33)

Reprise du pèlerinage après une conférence-débat hier à Rennes avec les deux personnes invitées par leur évêque à l’accompagner à Lourdes en novembre dernier pour l’AG des évêques consacrée à l’écologie.

Cette conférence illustre de manière vivante l’épître du jour (1 Co 3,1-9): « C’est du lait que je vous ai donné, et non de la nourriture solide ; vous n’auriez pas pu en manger, et encore maintenant vous ne le pouvez pas ». Comment rendre audible nos discours face à nos contemporains envahis par l’inquiétude face aux OGM, au réchauffement climatique, à l’évolution de l’ozone, à l’acidité des océans, au prétendu « jour du dépassement », à  la dite raréfaction des ressources naturelles ou de l’eau, aux virus, à l’usage du glyphosate et des pesticides, au nucléaire, à une croissance de la démographie,... De quoi n’avons nous pas peur? Comment faire entendre ces deux phrases du Christ « N’ayez pas peur... Soyez dans la joie » (Jean 6, 20  ... Matthieu 5, 12)? Faut-il, comme certains, donner du lait à nos contemporains comme à des enfants? Faut-il leur donner des éléments plus solides mais difficile à mâcher ? Rejoindre leurs inquiétudes justifie-t-il que nos pastorales écologiques collaborent, si peu soit-il, avec la peur?
Comment lire la suite de cette épître :  « Il y a entre vous des jalousies et des rivalités, n’êtes-vous pas toujours des êtres charnels, et n’avez-vous pas une conduite tout humaine? Quand l’un de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul », et un autre : « Moi, j’appartiens à Apollos », n’est-ce pas une façon d’agir tout humaine?  ...  Nous sommes des collaborateurs de Dieu, et vous êtes un champ que Dieu cultive, une maison que Dieu construit »?

Certains d’entre nous appartiennent au Giec, apôtres de la cause humaine du réchauffement climatique, d’autres aux hélio-centristes expliquant par le soleil la période chaude contemporaine! L’essentiel n’est-il pas de collaborer avec Dieu à ce « champ [que nous sommes et] que Dieu construit ». Appel à la conversion personnelle ! 
L’évangile du jour (Luc 4, 38-44) éclaire l’épître : «  la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle ». Toutes nos peurs ne sont-elles pas des formes de fièvres ? « Jésus se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait ». Seul Jésus peut nous guérir de nos peurs. Guéris de ces peurs, nous devons nous lever et « servir » nos frères. L’évangile poursuit : « même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : C’est toi le Fils de Dieu ! ». Même les esprits du monde, marchands de peurs, sont obligés de fuir face à Jésus. Quelles sont les maladies qui nous affectent et sur lesquelles nous sommes prêts à demander à Jésus de se pencher, de faire quelque chose?

Jeudi 18 juin - Bordeaux (33)

Dans saint Matthieu 6,7-15 « Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens... ». Évangile difficile à entendre pendant un pèlerinage où la récitation du chapelet est de mise. Heureusement Jésus ajoute : « Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé ».
Si on suivait littéralement ces préceptes, on ne prierait pas du tout… Or c’est justement aux versets suivants que Jésus enseigne aux disciples les paroles du Notre Père, la matrice de toutes les prières chrétiennes.

Mercredi 17 juin -
Sainte-Eulalie (33) - Bordeaux (33) = 12,6 km / 536,4 km

Est-il conforme à l’évangile du jour de rendre public cette démarche de pèlerinage ? Dans saint Matthieu 6,1-6.16-18, «  Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer.... quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, ... pour obtenir la gloire qui vient des hommes....  quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites [qui] aiment à ...se montrer aux hommes,... quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu ». Pourtant, dans ce pèlerinage, il y a une aumône de vérité destinée aux observateurs, un jeûne de moyens de transports (« carbonés »!), et une intention de prière connue (la pastorale écologique).
Saint François de Sales donne un élément de réponse dans son « Traité de l'amour de Dieu » [livre XII, chap. VII (Tome second; Librairie Victor Lecoffre, Éd. J. Gabalda 1924; p. 391-392, rev.)], en évoquant l’intention qui nous anime :  « Notre Seigneur, au rapport des anciens, avait coutume de dire aux siens : « Soyez bons monnayeurs ». Si l’écu n’est pas de bon or, s’il n’a pas de poids, s’il n’est pas marqué au coin conforme, on le rejette comme non recevable. Une œuvre de bonne espèce, si elle n’est pas ornée de charité, si l’intention n’est pas pieuse, elle ne sera pas reçue parmi les bonnes œuvres ».

Le Christ donne la réponse : si l’intention est « d’obtenir la gloire des hommes », nous ferons alors partie de « ceux-là [qui] ont reçu leur récompense ». Notre intention  est simplement de répondre au concile qui appelle les laïcs: "dans la mesure de leurs connaissances, de leurs compétences et de leur situation" à user de leur "faculté et même de leur devoir de manifester leur sentiment en ce qui concerne le bien de l’Église" (Lumen Gentium § 37). 
Pour ce qui est du reste, Jésus répond : «  ton Père qui voit dans le secret te le rendra ».

Mardi 16 juin -
Perissac (33) - Sainte-Eulalie (33) = 22,1 km / 523,8 km

Dans l’évangile du jour de saint Matthieu 5,43-48, « Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent ».
Il faut comprendre le mot aimer au sens de l’agapé, c’est à dire vouloir du bien à son ennemi. Ainsi ceux qui sont des persécuteurs, manient l’invective contre nous, il faut  leur rendre ce qui peut les faire progresser.

Lundi 15 juin -
Clérac (17) - Perissac (33) = 21,8 km / 501,7 km

La loi du talion évoqué dans l’Évangile du jour était un progrès par rapport aux périodes précédentes dominées par les barbares ou des despotes comme le roi Achab de Samarie. Celui-ci, arbitrairement, s’était approprié la vigne de son voisin Naboth après qu’il ait été tué (lecture de ce jour du Premier livre des Rois 21,1-16).
La loi du talion limitait l’arbitraire pour introduire une forme de proportionnalité dans les relations sociales. Dans les discours écologiques actuels, il y a une forme de retour à la barbarie dans la mesure où on assiste à une dictature de la pensée. Les analyses sont imposées aux opinions publiques avec tout un concert de mesures d’accompagnement qui seraient censées apporter le salut sur terre. Pour évoquer la question climatique, il n’y a plus aucune proportionnalité entre le risque et les mesures proposées, surtout s’il est avéré, comme beaucoup de scientifiques le pensent, que c’est le soleil qui est à l’origine des variations climatiques. Il n’est plus question alors de proportionnalité mais d’un gaspillage considérable financier pour lutter, en vain,  contre les variations solaires. Il n’est plus question non plus, d’un pouvoir qui rendrait justice à la vérité, mais de scientifiques militants qui exerce une forme de vengeance sociale en se fondant plus sur leurs opinions politiques que sur des méthodes scientifiques éprouvées et destinées à établir des preuves.
La loi du talion voudrait, à tout le moins, la proportionnalité d’un débat contradictoire. Ce serait un progrès. Mais, le Christ, dans l’évangile de saint Matthieu 5,38-42 va plus loin encore: il utilise  à cette fin, non une parabole mais un mode d’expression hyperbolique destiné, non pas à être écouté à la lettre, mais à souligner l’importance de la paix évangélique: « Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre ».
Dans nos dialogues écologiques, Le Christ ne nous propose pas de réclamer un second mensonge quand on nous en a asséné un. Il nous demande de vivre la douceur des béatitudes, non pas dans une soumission doucereuse, mais animé d’une force intérieure, maîtrisée et canalisée.

Dimanche 14 juin:
Chevanceaux (17) - Clérac (17) = 15,4 km / 479,9 km

Fête-Dieu à Montlieu-la-Garde (17). Le livre du Deutéronome (8,2-3.14b-16a) commence ainsi: « Moïse disait au peuple d'Israël : « Souviens-toi de la longue marche que tu as faite pendant quarante années dans le désert ; le Seigneur ton Dieu te l’a imposée pour te faire passer par la pauvreté ; il voulait t’éprouver et savoir ce que tu as dans le cœur ... Il t’a fait passer par la pauvreté, il t’a fait sentir la faim ». Avant de recevoir l’Eucharistie, de quelle pauvreté avons nous conscience? De quoi avons nous faim?
Dans l’Évangile de saint Jean 6,51-58, le Christ précise : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ». Avons nous faim et soif de cette vie éternelle ? Avons nous soif de transformer le monde et de le rendre écologiquement durable ou préférons nous nous laisser transformer par le Christ? Avons nous confiance que Dieu peut nous transformer? Que peut plus simplement Dieu s’il a permit à Thérèse Neumann, une mystique allemande (1898-1962), de vivre sans aucune alimentation solide ni liquide autre que l’eucharistie pendant 36 ans?

Samedi 13 juin:
Barbezieux-Saint-Hilaire (16) - Chevanceaux (17) = 21,4 km / 464,5 km

Dans l’évangile du jour de saint Matthieu (5,33-37): « Jésus disait à ses disciples : Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur ». La démarche de celui qui s’engage dans un long pèlerinage relève-t-elle d’un serment pris devant Dieu ou d’un simple acte velléitaire ? Est-ce un engagement pris à la légère surtout quand on réalise que les douleurs et autres crampes aux pieds seraient motif à remettre en cause la démarche entreprise.
L’évangile donne une réponse: qu’en toute circonstance notre parole soit véridique : « que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais ». L’esprit initial d’une démarche de conversion et de rencontre est-il respecté ?
- une démarche de rencontre avec des chrétiens sensibles à l'écologie? Comment les appeler à aller vers les « périphéries » constituées de dissidents? Pour les encourager, que notre oui soit oui, que la parole soit sans duplicité ni double langage.
- Une conversion ne se limite pas à des réflexions intellectuelles sur ce qu’est ou non une conversion . Elle passe par une rencontre personnelle avec Dieu. Et, là, comme le dit un pasteur lors d’une conversation téléphonique, il n’y a pas de recettes -heureusement ajoutait-il-, c’est une grâce reçue de Dieu lui-même.

Vendredi 12 juin -
Champagne-Vigny (16) - Barbezieux (16) = 18,8 km / 443.1 km

Dans l’évangile du jour, « Jésus disait à ses disciples : Vous avez appris qu’il a été dit : "Tu ne commettras pas d’adultère". Eh bien ! moi, je vous dis : "Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur" ». Ce texte renvoie au problème de la concupiscence évoqué dans la Genèse à propos d’Adam et Ève, c’est à dire de posséder autrui, mais aussi la création. Jésus ne condamne pas l’homme d’admirer une jolie femme. Le Cantique des cantiques célèbre cette beauté, tout comme d’autres psaumes célèbrent la beauté de toute la création. Ce qui est condamné, c’est la convoitise c’est à dire vouloir instrumentaliser autrui pour sa propre satisfaction.
Cette réflexion ne concerne pas que la sexualité. Un parallèle peut être fait avec l’écologie.  La genèse évoque deux concepts: celui de la concupiscence et de l'insatiabilité.

  • chez l'homme: Il "semble être celui qui éprouve de manière particulièrement intense la honte de son propre corps: "j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché" (Gen 3,10)... l'homme est celui pour qui la honte, unie à la concupiscence, deviendra propension à "dominer" la femme ("il dominera sur toi").  De la même manière, l’écologie  intégrale doit rechercher à la « garder et cultiver » la terre, sans concupiscence.
  • chez la femme: Jean-Paul II s'appuie sur le texte de Genèse 3,16, "ton élan te portera vers ton mari" pour expliquer que "l'expérience d'une telle domination se manifeste plus directement chez la femme comme désir insatiable d'une union différente" (audience n°31 du 25 juin 1980). Jean-Paul II explique que l'expression de Gen 3,16 indique "que la femme ressentira comme un manque de pleine unité précisément dans le vaste contexte de l'union avec l'homme... Pour la première fois, l'homme est défini comme "mari". ..." (audience du 18 juin). En écologie, cette recherche d’insatiabilité, dans une nature unifiant l’homme dans un « grand tout », se retrouve dans le concept de la déesse Gaia.

Bien sûr ces déviances ne sont pas « genrées » à ce point. Elles se retrouvent chez l’homme et la femme. L’écologie comme la sexualité, doivent se mettre au service de l’amour.
Jésus poursuit « Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne ». Il ne s’agit pas là d’une parabole mais d’une hyperbole par laquelle il nous projette vers la fin des temps. Dans le royaume, il n’y aura plus mari ni femme, ni paradis perdu mais une terre nouvelle.

Jeudi 11 juin -
Angoulême (16) - Champagne-Vigny (16)  = 21,5 km / 424, 3 km

Saint-Barnabé fêté ce jour. Ce qui est intéressant, chez saint Barnabé, c’est son audace. Il a quand même le toupet d’introduire Paul, ancien persécuteur de chrétiens, auprès des apôtres. Il fallait oser faire entrer le loup converti dans la bergerie ! Merci aux pasteurs -ils sont rares- qui osent faire entrer un dissident écologiste dans la bergerie qu’est l’église. Le toupet c’est que le dissident pourrait  « faire du mal à la cause »! Mais l’évangélisation est-elle une « cause »? La vraie mission consiste à transmettre l’appel du Christ à se convertir et non à transmettre des recettes pour sauver la planète ! 

Mercredi 10 juin - Angoulême (16)

Tout est grâce, en ce diocèse, pour les contacts pris sur place.
Méditation du jour à partir du Premier livre des Rois 18,20-39:  « Élie se présenta devant la foule et dit : « Combien de temps allez-vous danser pour l’un et pour l’autre ? Si c’est le Seigneur qui est Dieu, suivez le Seigneur ; si c’est Baal, suivez Baal. » La tentation est grande de vouloir adorer en même temps Dieu et l’esprit mondain écologique. Elie appelle à choisir: se convertir ou sauver la planète ? « Elie continua : « Moi, je suis le seul qui reste des prophètes du Seigneur, tandis que les prophètes de Baal sont quatre cent cinquante ». Et ils sont nombreux les marchands de peur expliquant que la planète est en danger et qu’il y a urgence à une « conversion écologique ». Mgr Crepaldi, auteur du Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise avait commenté Laudato si à ce sujet: « La "conversion écologique": Cette expression a souvent été lue et comprise comme une conversion "à l'écologie", presque comme si la terre, la planète et les facteurs d'équilibre environnemental étaient l'objet de la conversion.
La conversion consiste dans l'observation de la création "en Dieu", dans Son plan de salut et à la lumière de sa providentielle volonté et non pas dans l'adhésion à des formes d'écologisme ».
Adorer à la fois Yahve et Baal ne simplifie pas le travail de conversion personnelle! Mais qu’est-ce que se convertir ? Question lancinante du pèlerin ! L’évangile du jour de saint Matthieu 5,17-19 donne une piste: «  je ne suis pas venu abolir, mais accomplir ». Se convertir ne consiste pas à abolir notre passé, la famille, la culture et le milieu social dans lequel nous sommes nés, les amitiés et rencontres de jeunesse qui ont forgé notre personnalité,... Il s’agit de laisser Dieu accomplir en nous ce à quoi il nous appelle. Le Christ n’est pas venu abolir le débat entre les crédules et les sceptiques de la cause humaine du réchauffement, ni entre les dissidents et les consensuels. Le Christ lui même entrait dans les débats de son temps comme dans l’évangile du 5 juin (saint Marc 12,35-38) « Comment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David ». Mais toujours le Christ explique qu’il vient accomplir les temps. Le royaume des cieux est proche. Il nous appelle à une conversion écologique qui ne consiste pas à prendre comme objet la terre, la planète et les divers facteurs d’équilibre environnemental. La conversion à l’écologie intégrale ne consiste pas, par exemples, pour un chef d’entreprise, à s’interroger sur le passage ou non à l’électrique de toute sa flotte de véhicules commerciaux, ou pour un agriculteur s’interroger sur un traitement ou non au glyphosate. L’objet de notre conversion écologique est Dieu et son plan de salut: « la création est tendue vers la divinisation, vers les saintes noces, vers l’unification avec le créateur lui-même » (LS 236). C’est une conversion à l’ « écologie divine »

Mardi 9 juin -
Aussac-Vadalle (16) - Angoulême (16) = 20,7 km / 402,8 km

Thème de l’intervention de ce jour à la maison du diocèse : qu’est-ce que l’« écologique divine »? La nature de l’homme tient du fruit d’amour du Père qui a voulu donner une épouse à son fils et du désir du fils d’accepter cette épouse pour prendre ensuite sa condition et la « déifier » pour lui apprendre à rendre gloire à son Père. L’écologie divine consiste à cultiver cette nature deifiable de l’homme, à adhérer à cette vocation de rendre gloire au Père. Et voilà que l’évangile du jour, selon saint Matthieu 5,13-16, insiste sur ce point: « alors, voyant ce que vous faites de bien, [les hommes] rendront gloire à votre Père qui est aux cieux ». Se focaliser sur le respect de la nature environnementale sera vain si l’homme ne respecte pas d’abord sa nature deifiable. C’est bien ce que rappelle saint Irénée: « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne dieu ».
Vivre l’« écologie divine » au quotidien, c’est se laisser inspirer par un texte de sainte Gertrude d'Helfta (1256-1301), moniale bénédictine (Le Héraut, Livre III, SC 143 (Œuvres spirituelles, trad. P. Doyère, éd. du Cerf, 1968, p. 311, 313, rev.): « [Une personne] s’affligeait de ce qu’elle se voyait empêchée de vaquer à l’oraison du fait des divers soucis que lui causait l’emploi dont elle était chargée. Gertrude priait pour elle, elle reçut du Seigneur la réponse suivante : « Je n’attends pas d’elle qu’elle me serve une heure par jour, mais bien que, pendant toute la journée, elle soit sans cesse en ma présence, et cela, en accomplissant continuellement tous ses travaux pour ma gloire, dans l’esprit même où elle voudrait vaquer à la prière, et y ajoutant, en outre, cet acte de piété. À chaque travail qu’elle accomplit dans sa charge, de souhaiter toujours que tous ceux qui bénéficieront de son travail non seulement en soient restaurés corporellement, mais aussi spirituellement entraînés à m’aimer davantage et affermis dans le bien. »

Lundi 8 juin -
Verteuil/Charente (16) - Aussac-Vadalle (16) = 21,5 km / 382,1 km

Comment un « dissident climatique » peut-il vivre l’évangile du jour des béatitudes (Mathieu 15, 1-12)? Que peut lui inspirer sa démarche de pèlerinage à ce sujet? En paraphrasant le commentaire d’Olivier Belleil, nous dirions:
- « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux »...heureux celui qui a conscience de sa faiblesse dans ses arguments, qui n’est ni suffisant ni orgueilleux dans ses discours.
- « Heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés »... non pas pleurnicher sur le fait de ne pas être écouté, mais avoir un cœur de compassion, sensible... tout sauf être indifférent à ceux qui s’en tiennent aux consensus.
-«  Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage »... non pas doucereux mais animé d’une force intérieure maîtrisée et canalisée, tel Saint-François de Salle qui lutta toute sa vie contre un tempérament colérique... Le pèlerin dissident doit lutter lui aussi contre le ton « passionné et péremptoire » de ses discours. Il faut tout la bienveillance d’un pasteur pour reconnaître que la foi et la raison sont les deux ailes  qui permettent à l’esprit humain de s’élever vers la vérité et que « l’enjeu peu valoir un ton passionné ». Commentant ce pèlerinage, il ajoute : la « mission est belle, dure sûrement, mais essentielle ».
- « Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. ».. justice par rapport aux droits de Dieu, par exemple sur son Église qui n’a pas à prendre parti dans les débats scientifiques..., justice par rapport aux droits de l’homme, aux droits des pauvres qui crient contre un modèle d’économie décarbonée qui les enfermera dans la pauvreté... Heureux ceux qui refusent de collaborer avec le mal, avec l’injustice..
- « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde ». Heureux celui qui agit avec bonté, avec compassion pour toutes les formes de misères ... 
- « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu». ... pureté intellectuelle sans mélange, pureté de la volonté qui évite d’avoir un cœur double, faite d’ambivalence et de duplicité,...
-« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu », en paix avec Dieu, avec soi-même, avec les autres, avec la création... paix que procure l’écologie intégrale...
- « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est eux; Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés»... Sans se prendre pour un prophète (quoique, quelquefois)... Ce n’est pas le prophète qui est persécuté, insulté,objet de médisance... c’est la parole de Vérité qui est ainsi malmenée ...

Dimanche 7 juin -
Londigny (16) - Verteuil/Charente (16) = 15,2 km / 360.6 km

Messe en passant à Ruffec. Homélie sur le mystère de la Sainte Trinité. La vierge a compris ce mystère : comme toutes les femmes, Marie est la seule à savoir qui est le père de son enfant!

Samedi 6 juin -
Brux (86) -  Londigny (16) = 19.9 km / 345,4 km

Dans l’Épître du jour, deuxième  lettre à Timothée 4,1-8 , Saint-Paul nous exhorte : « Devant Dieu, et devant le Christ Jésus..., je t’en conjure, ... proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps, dénonce le mal, fais des reproches, encourage, toujours avec patience et souci d’instruire. Un temps viendra où les gens ne supporteront plus l’enseignement de la saine doctrine ; mais, au gré de leurs caprices, ils iront se chercher une foule de maîtres pour calmer leur démangeaison d’entendre du nouveau. Ils refuseront d’entendre la vérité pour se tourner vers des récits mythologiques ».
On pense à ces discours mythologiques qui font croire que l’« homoecologicus » pourrait avoir l’initiative de l’apocalypse. On pense à cette foule de maîtres scientifiques qui affirment qu’il n’existe pas de traitement contre le coronavirus (affaire Lancet), que les enfants nés de GPA ne souffriraient d’aucun troubles, que les cellules souches embryonnaires seraient une panacée thérapeutique, que le réchauffement climatique serait causé par les émissions de CO2 alors que seul les cycles solaires peuvent expliquer les périodes chaudes comme celle qui a valu au Groenland d’être vert...
Comment « intervenir à temps et contre temps », surtout quand l’évangile du jour selon saint Marc 12,38-44 ajoute: « Méfiez-vous des scribes »? Comment ne pas avoir un comportement de scribe?  Saint- Paul répond :  en proclamant la parole « devant Dieu, et devant le Christ Jésus», en parlant « toujours avec patience et souci d’instruire ». Sainte-patience, priez pour nous.
Comment prendre la veuve de l’évangile comme modèle? Donner? Se donner?

Vendredi 5 juin -
Vivonne (86) - Brux (86)  = 25,2 km / 325,5 km

Jésus participe à un débat théologique dans l’évangile du jour selon saint Marc 12,35-37. Le texte se termine par : « la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir ». 
Puissent nos débats écologiques contradictoires être écoutés avec plaisir par nos communautés. A cette fin, finissons-en avec les discours moralisateurs. Des esquives et des invectives, Sgr., délivre-nous!

Jeudi 4 juin -
Iteuil (86) - Vivonne (86) = 8,7 km / 300,3 km

Épître du jour - Deuxième lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,8-15 : « on n’enchaîne pas la parole de Dieu! »
La tentation est grande de s’approprier la parole du Magistère pour faire valoir ses opinions personnelles. Le Conseil pontifical pour les communications sociales rappelle que « personne n'a le droit de parler pour l'Eglise, ou de laisser entendre que c'est le cas, à moins d'y être désigné; et les opinions personnelles ne devraient pas être présentées comme reflétant l'enseignement de l'Eglise (cf. canon 227) ». C’est un impératif du droit canon.
Évangile du jour selon saint Marc 12,28b-34: « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Comment s’aimer soi-même ? Notre premier prochain, c’est nous-même. Aimer son prochain, c’est lui souhaiter le plus de bien possible comme à nous-mêmes. Mais quel bien? Le plus sûr est de choisir le bien que Dieu veut pour nous, Lui qui nous a créés pour devenir ses fils. Dès lors, écouter le cri des pauvres, c’est :

  • aimer les pauvres qui crient contre l’économie décarbonée qu’on veut leur imposer et qui les enfermera dans un sous-développement permanent
  • aimer les pauvres qui crient qu’ils seront toujours les perdants dans un commerce mondial qui met en concurrence les pauvres et les riches.
  • aimer les pauvres qui refusent qu’on leur impose une culture malthusienne qui ne correspond en rien à leurs valeurs.

Mercredi 3 juin -
Poitiers (86) - Iteuil (86) = 12,3 km / 291.6 km

Épître du jour - deuxième  lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,1-3.6-12 : « Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d’amour et de pondération ». Après un confinement obtenu par la peur, que nos pastorales écologiques ne jouent jamais de la peur mais d’un dialogue pondéré et de la force de la vérité.

Mardi 2 juin - Poitiers

Fin de confinement. Reprise du pèlerinage là où il devait passer.
Évangile du jour: saint Marc 12,13-17. Les pharisiens ne croient pas si bien dire: « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, ... tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité ». Leur question est connue: « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César? ». Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » 
La question se pose: est ce au nom de notre foi que nous devons « nous laisser influencer » et nous engager dans une « conversion climatique », comme nous le demande César?  L’important n’est-il pas plutôt de « suivre le chemin de Dieu, selon la vérité »? Rendons à César ce qui est à César. Rendons au débat contradictoire scientifique ce qui devrait appartenir au « débat honnête et transparent » (Laudato si § 188). C’est ce à quoi nous appelle le concile: « les laïcs ne doivent pas attendre qu’ils aient une réponse à toutes les questions (climatiques ?), même graves, ni que ce soit leur compétence ni leur mission ». Notre mission de chrétien est d’abord de montrer le chemin de Dieu. Demander à Dieu de « montrer ce chemin » à tous les pèlerins. 
Dans la deuxième lettre de saint Pierre 3,12-15a.17-18, l’apôtre nous dit que « ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle ». Il nous précise que « la longue patience de notre Seigneur, c’est notre salut »

Dimanche 30 mai- lundi 1er juin 2020- Pellevoisin

Sortie de confinement au sanctuaire où la Vierge est apparue 15 fois à Estelle Faguette entre le 17 février et le 8 décembre 1876. Elle était au service des La Rochefoucauld à Paris et au château de Montbel, à 3 km de Pellevoisin. En 1875, Estelle est atteinte d'une péritonite tuberculeuse et est déclarée perdue. Elle écrit une lettre à la Vierge pour obtenir sa guérison et demande à une amie de la déposer à la petite réplique de la grotte de Notre-Dame de Lourdes que la famille de La Rochefoucauld a fait construire dans le parc du château de Montbel. Le , le médecin déclare qu'elle n’en a plus que pour quelques heures. A partir de cette nuit-là, la Vierge lui apparaît et lui dit: "Ne crains rien, tu sais bien que tu es ma fille. Courage, prends patience, mon Fils va se laisser toucher. Tu souffriras encore cinq jours en l’honneur des cinq plaies de mon Fils. Samedi, tu seras morte ou guérie. Si mon Fils te rend la vie, je veux que tu publies ma gloire". Le lendemain, elle lui dit: "Cette fois, mon Fils s’est laissé attendrir, il te laisse la vie. Tu seras guérie samedi". Estelle répond « Mais ma Bonne Mère, si j’avais le choix, j’aimerais mieux mourir pendant que je suis bien préparée. » Alors la Sainte Vierge dit en souriant : « Ingrate, si mon Fils te rend la vie, c’est que tu en as besoin. Qu’a-t-il donné à l’homme sur la terre de plus précieux que la vie ? En te rendant la vie, ne crois pas que tu seras exempte de souffrances ; non, tu souffriras et tu ne seras pas exempte de peines. C’est ce qui fait le mérite de la vie. Si mon fils s’est laissé toucher, c’est par ta grande résignation et ta patience. N’en perds pas le fruit par ton choix. Ne t’ai-je pas dit : S’il te rend la vie, tu publieras ma gloire ?» Le 19 février, Estelle souffre terriblement, puis tout se termine et elle se sent guérie sauf du bras droit qui reste paralysé. Le curé arrive dès l'aube car il craint de ne plus la retrouver vivante et la trouve guérie ; sur son ordre, elle fait le signe de croix avec l'ancien bras paralysé. Elle annonce sa guérison aux religieuses qui entrent dans sa chambre. Pendant les apparitions suivantes, les messages de la Vierge sont nombreux: 

« Ce qui m’afflige le plus, c’est le manque de respect qu’on  a pour mon Fils dans la sainte communion et l’attitude de prière que l’on prend, quand l’esprit est occupé d’autres choses ; je dis ceci pour les personnes qui prétendent être pieuses ... Je suis venue particulièrement pour la conversion des pécheurs (2.7.1876)... Tu as bien le caractère du Français, il veut tout savoir avant d’apprendre et tout comprendre avant de savoir. Hier encore je serai venue ; tu en as été privée. J’attendais de toi cet acte de soumission et d’obéissance (9.10.1876)... Qu’ils prient, je leur en montre l’exemple  (10.9.1876)... Dans l’Eglise, il n’y a pas ce calme que je désire … Qu’ils prient et qu’ils aient confiance en moi. Et la France ! Que n’ai-je pas fait pour elle ! Que d’avertissements, et pourtant elle refuse d’entendre ! Je ne peux plus retenir mon Fils … Courage et confiance  (15.9.1876)... Vois les grâces que je répands sur ceux qui porteront [le scapulaire] avec confiance et qui aideront à le propager (8.12.1876) »

Messe de la Pentecôte sur l'esplanade de Pellevoisin le 31 mai 2020.

Mardi 17 mars 2020- Pontmain (53) - confinement 

La providence a voulu que les mesures de confinement contre le coronavirus ne s'appliquent que 12 h après l'arrivée à Pontmain. 

Lundi 16 mars 2020 -  Husson (50) - Pontmain (53) = 22,7 km / 279,3 km

Le 17 janvier 1871, alors que la France était vaincue par la Prusse, Eugène et Joseph Barbedette, Françoise Richer et Jeanne-Marie Lebossé vont contempler la Vierge, vêtue d’une robe bleue, parsemée d’étoiles, avec un voile noir sur la tête et une couronne d’or avec un liseré rouge. Elle apparaît successivement
- en levant les mains à hauteur de ses épaules en remuant les doigts au rythme du cantique "Mère de l'espérance"
- en portant un crucifix rouge pendant le cantique "Parce Domine"
- entourée d'un ovale bleu avec quatre bougies allumée par une étoile pendant le cantique "Ave Maris Stella"
- en portant deux croix blanches sur ses épaules avant la fin des apparitions.
Les principaux messages de la Vierge sont:
- "Mais priez mes enfants, Dieu exaucera en peu de Temps.
- "Mon fils se laisse toucher"

Évangile du jour de Saint Luc: 
"Amen, je vous le dis, aucun prophète ne trouve un accueil dans son pays... Aux mots de Jésus, tous deviennent furieux... Mais Jésus, passant au milieu d'eux, allait son chemin".
Deux pièges dans cet évangile, se prendre pour un prophète ou se prendre pour Jésus:

1- se prendre pour un prophète: La tentation est grande de vouloir convaincre les milieux chrétiens sensibles à l'écologie des erreurs d'appréciations qu'ils véhiculent dans leur pastorale mettant en évidence

"les risques mis en évidence par le dernier rapport du GIEC ...d’une extrême gravité. ...a atteint un tel niveau que des catastrophes majeures sont à prévoir : des événements météorologiques extrêmes ...les sécheresses, les inondations, les cyclones et les typhons comme aux Philippines, l’élévation du niveau de la mer et son acidification, ... une perte de biodiversité et le bouleversement complet de nos écosystèmes. Ces changements risquent d’entraîner la destruction irréversible des moyens d’existence, la baisse des rendements agricoles, des famines, des  manques d’eau, l’extension de maladies parasitairesCrise économique, migrations massives et conflits internationaux sont ainsi attendus. Le changement climatique est peut-être la plus grave menace qui pèse sur les sociétés humaines ». (Source: document du Conseil Famille et Société de la conférence des évêques de France intitulé « Un kairos climatique », janvier 2015).

Le ton délibérément catastrophique ne peut être un "kairos", c'est à dire un "moment opportun", "un instant de grâce où tout peut basculer" quand il est fondé sur la peur, voire sur beaucoup de mensonges.
Mais, être prophète, ce n'est pas tant dire la vérité, sur des sujets aussi graves puissent-ils paraître. Être prophète, c'est annoncer que Dieu viendra, qu'il sera en mesure de faire du bien au delà du peuple élu, dans toutes les nations, aux pays de Sidon et de Syrie.  

2- se prendre pour Jésus. La tentation inverse consiste à renoncer à convaincre et à se contenter de dire ce que l'on croit devoir dire.  Une fois les choses dites, "passer son chemin". Mais, pour le Christ, "aller son chemin", c'est aller vers le père, en passant par la Croix. Ce n'est pas changer de chemin par dépit de ne pas avoir été entendu. 
Malgré tout, le commentaire de YouPray peut surprendre: Il propose "d'entrer dans la tristesse de Jésus" comme il est écrit dans le prologue de Saint-Jean: "il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas reconnu". D'une certaine manière, notre tristesse de voir l'Eglise incapable de s'ouvrir à une analyse plurielle sur ces sujets, à accepter un dialogue contradictoire, rend profondément triste. Il y a là, paradoxalement, un chemin qui permet d'entrer dans la "tristesse de Jésus".

Dimanche 15 mars 2020 -  
Domfront en Poiraie (61) - Husson (50) = 23,1 km / 256,6 km

Évangile de la Samaritaine au puits de Jacob selon St-Jean: "Dieu est esprit et ceux qui l'adorent, c'est en esprit et vérité qu'ils doivent l'adorer"

Samedi 14 mars 2020 -
Bagnoles de l’Orne (61) - Domfront -en-Poiraie (50) = 18,7 km / 233,5 km

Laudes avec les pères Servites : psaume 91 faisant écho de la cérémonie de la veille : « 11 -Tu me donnes la fougue du taureau, tu me baignes d'huile nouvelle ;12 -j'ai vu, j'ai repéré mes espions, j'entends ceux qui viennent m'attaquer. »

Vendredi 13 mars 2020 -  
Carrouges (61) - Bagnoles de l’Orne (61) = 22,6 km / 214.8 km

Passage par le bois de Monthard (53-Lignières-Orgères), point culminant sur lequel a été construite en 1948 une statue du Sacré-coeur de 10 m. de haut en remerciements de la commune d'avoir été épargnée en 1944 de violences dont elle était menacée par les allemands.

Label « Paroisse d’accueil » : le P. Christian Roullé, curé de La Ferté-Macé m’a mis en relation avec Roch-André Grisé, « servite de Marie » (canadien) (fondée au XIIIe siècle, à Florence en Italie par sept fondateurs). Hébergement dans leur prieuré de Saint-Ortaire, rue st-Ortaire, à Bagnoles de l’Orne. Eucharistie à 17h suivie de l’imposition des mains et l’onction de l’huile selon le rituel à St-Pérégrin. 
Le père Roch a appelé ses paroissiens à écouter le témoignage du pèlerin que je suis. 15 personnes dont 2 écologistes surpris par le propos, mais à l’écoute.

Jeudi 12 mars 2020 -
Tanville (61) - Carrouges (61) = 12.8 km / 192,2 km

Évangile de Luc : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; »
Commentaire de YouPRAY : Ce qui est reproché au riche, ce n’est pas tant qu’il ait « reçu le bonheur pendant sa vie » mais qu’il n’ait pas partagé avec Lazare. Pourquoi le partage
- D'un côté, le Père Schall ne confond pas partage et redistribution: « La théorie de la "redistribution", comme Bertrand de Jouvenel l’écrit dans son célèbre ouvrage, est inepte. Si nous voulons vraiment aider les pauvres à sortir de la pauvreté, la première chose à faire est de cesser tout discours sur la "redistribution", qui, au fond, est une variante de l’envie. Il faut chercher ailleurs, innovations, économies, incitations, justice équitable, vertu, loi du marché, culture, croissance ».
- En revanche, l’Abbé Bruno de Mas Latrie, vicaire  de St-Jean-Baptiste de la Salle à Paris explique « comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage. Ces trois moyens sont, face au virus du péché, comme le masque et le gel hydroalcoolique ».     

Mercredi 11 mars 2020 -  Sées (61) - Tanville (61)

Lundi 9 et mardi 10 mars 2020 -  Sées (61)

En fait de "pause-diocèse", l"étape de Sées est by-passée pour l'inhumation d'un frère. Fin de pèlerinage ici-bas pour lui. La dernière dizaine de chapelet dite pour lui en marchant aux dernières heures de sa maladie, était la cinquième dizaine du "chapelet de Jean 23": Mystère de l'assomption qui, dit Jean 23, "nous familiarise avec la pensée de notre mort dans une lumière de paisible abandon: une grâce à demander!..." L'intention de prière du Pape "est pour ceux qui meurent pendant la récitation de la dizaine...". Jean 23 "demande au Sgr de le prendre au bon moment...attente de la mort, ce sourire qui devrait être le dernier sourire de mon âme au moment de sortir de cette vie." Vives pensée pour ce frère qui a su regarder sa mort prochaine avec un véritable sourire de son âme, qui a su chercher à ce que sa mort soit une pastorale pour ses proches. Comment faire de nos pèlerinages un entrainement au "sourire de l'âme"?

Dimanche 8 mars 2020 - 
Montligeon (61) - Coulonges-l'Étang (61) = 26,1 km / 179,4 km

Entretien avec un des chapelains du sanctuaire de ND de Montligeon. 
Accueil à Coulonges-l'Étang par un père blanc, curé de la paroisse. Il a organisé un dialogue autour d'un repas partagé avec 6 paroissiens ! Occasion de promouvoir une écologie intégrale, soutenue par le moteur de la vérité, loin de toute peur.

Samedi 7 mars 2020 - 
Remalard (61)- Montligeon (61) = 13,3 km / 153,3 km

L'évêque a signalé ma présence à un des laïcs présents à l'A.G. des évêques de Lourdes en novembre 2019 sur l'Ecologie. Celui-ci s'est proposé de pèleriner à deux. Démarche positive, occasion de dialogue amical, avec des approches plurielles, mais empruntes d'un réel désir mutuel d'approfondir une prise de conscience vers l'écologie intégrale.

Vendredi 6 mars 2020 -
La Loupe (28)- Remalard (61) = 20,4 km / 140,0  km

La marche est propice à la réflexion sur les dialogues partagés antérieurement avec un agriculteur investi dans l’agriculture biologique : En quoi ce type d’agriculture, et surtout la permaculture, pourrait-ils être des modèles pour l'écologie intégrale ? Si oui, ce ne sera pas parce que leurs productions seraient meilleures pour la santé des consommateurs. En effet:

  • L’épidémiologiste réputée, Catherine Hill affirme que « croire que l’environnement est une cause majeure de cancer est irrationnel. ». Elle explique qu'« une étude, anglaise, sur 600.000 femmes n’a trouvé aucun effet de la consommation de bio sur ce risque de cancer. On ne peut donc pas conclure aujourd’hui que manger bio réduit le risque de cancer ».
  • Par ailleurs, dire que "en termes d’émissions de gaz à effet de serre, l’agriculture bio a un cran d’avance" n'a pas grand sens dans la mesure où de plus en plus d’études systémiques montrent que les variations climatiques ne s’expliquent pas par les émissions de gaz carbonique mais par les variations d’activité solaire.

Le seul fait que ces points d'ordre "prudentiel" fassent l'objet de débats contradictoires montrent que ce n'est pas vers ces arguments qu'il faut tourner le regard pour y voir un modèle d'écologie intégrale. 

La permaculture se définit elle-même comme une forme de philosophie. Est-ce dans cette direction qu'il faudrait réfléchir pour y trouver un modèle pour d'autres activités, y compris dans un monde urbain et productiviste ? Tout le monde n'est pas appelé à devenir permaculture. Quelle leçon pourrait apporter la permaculture aux autres activités humaines. Laudato si rappelle que « le travail devrait être le lieu de ce développement personnel multiple où plusieurs dimensions de la vie sont en jeu : la créativité, la projection vers l’avenir, le développement des capacités, la mise en pratique de valeurs, la communication avec les autres, une attitude d’adoration » (LS § 127). Même l'agriculture traditionnelle, plus productiviste que l'agriculture biologique ou que la permaculture, peut répondre à ce qu'évoque Laudato si: on ne peut pas, en effet, nier « les bienfaits des progrès scientifiques et technologiques, qui manifestent la noblesse de la vocation de l’homme à participer de manière responsable à l’action créatrice de Dieu dans le monde… On ne peut pas … inhiber ceux qui ont des dons spéciaux pour le développement scientifique et technologique, dont les capacités ont été données par Dieu pour le service des autres » (LS § 131).

Le travail ne concerne pas que le travail de la terre : « Nous ne parlons pas seulement du travail manuel ou du travail de la terre, mais de toute activité qui implique quelque transformation de ce qui existe, depuis l’élaboration d’une étude sociale jusqu’au projet de développement technologique » (LS § 125).
Toute activité humaine gagne à reconstruire des relations entre facteurs complexes:

  • Le responsable d’un service d’une société d’assurance, le chercheur en physique nucléaire, ou le chef d’atelier d’une industrie sucrière peuvent s’inspirer de ce qui fait la richesse de l'agriculture biologique: Dans une société d’assurance il convient de porter un regard sur les les personnes, celles qui travaillent, celles qui ont fourni les outils informatiques, les personnes victimes d’un sinistre, celles qui mènent des études techniques des risques environnementaux d’un client pour l’inciter à investir tout le temps lui accordant une réduction de prime. Ces regards sont constitutifs de la reconstruction d’un réseau de relations entre les personnes.
  • Le chercheur en physique nucléaire peut ressentir un profond émerveillement dans la nature quand il s’emploie à développer industriellement la découverte du prix Nobel Gérard Mourou, avec le laser, sait réduire la radioactivité d'un million d'années à 30 minutes.  
  • Le chef d’atelier d’une industrie sucrière peut réfléchir lui aussi aux pratiques d’écologie circulaire qui sont celles de cette industrie séculaire : utiliser l’eau contenue dans les betteraves pour l’évaporer, en produire de la vapeur vive exploitable dans le générateur électrique, récupérer l’eau détendue, moins vive, pour réchauffer des jus sucrés intermédiaires, laver les betteraves avec l'eau refroidie, stocker les eaux de lavage pour la réutiliser en agriculture par épandage chez les producteurs de betteraves... Il y a dans ses pratiques un regard permettant de réaliser que tout, dans la nature, est don.

En conclusion, on peut dire que l’agriculture biologique ou la permaculture ne portent pas tant de fruits du fait de sa technicité que dans sa capacité à créer du lien... C’est en cela que Laudato si disait également : « tout est lié ».

Jeudi 5 mars 2020 -
Les Landelles (28)- La Loupe (28) = 15,1 km / 119,6 km

Psaume 15 des complies du jour : "(3) Toutes les idoles du pays, ces dieux que j'aimais, ne cessent d'étendre leurs ravages, et l'on se rue à leur suite. (4) Je n'irai pas leur offrir le sang des sacrifices ; leur nom ne viendra pas sur mes lèvres !

Mercredi 4 mars 2020 -
Chartres (28)- Les Landelles (28) = 22,8 km / 104,5 km

Évangile du jour (Luc 9,32): « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas ». L’annonce de la destruction de la cité, Ninive, était-il un signe des temps à l’époque de Jonas?

Pourtant le concile nous dit bien que l’église a pour mission de détecter les signes des temps. L’annonce de la destruction proche de notre planète par les prophètes écologistes est-elle un signe de notre temps? On pourrait penser que Oui. Mais le concile ajoute que la mission de l’Eglise est d’apporter des réponses éternelles. L’église a-t-elle mission de répondre  à ces questions, même si elles paraissent grave. Le concile Vatican 2 répond Non!  Que les laïcs : « ne pensent pas... que leurs pasteurs aient une compétence telle qu’ils puissent leur fournir une solution concrète et immédiate à tout problème, même grave, qui se présente à eux, ou que telle soit leur mission. » (Gaudium et spes § 2

Jésus ne refuse pas toute forme de signe, mais si nous voulons y croire, nous n’avons qu’à nous rappeler ce qui est arrivé à Jonas. Les habitants de Ninive se sont convertis à la prédication du prophète, mais ce dernier a disparu pendant trois jours dans les entrailles d’une baleine... puis il est revenu sur terre. 
Jésus, comme s’il voulait habilement et adroitement répondre à notre demande de signes, s’appuyant une fois de plus sur les Écritures, se sert de cette histoire de l’Ancien Testament pour annoncer sa passion, sa sépulture et sa résurrection. Ils veulent un signe... ils n’auront que celui-là ! Le signe de Dieu adressé aux hommes est celui qu’ils ont devant les yeux, celui qui leur parle, le Fils de l’homme, Jésus lui-même.

L’église, pour accomplir son «devoir permanent» de scruter les signes des temps (cf. Gaudium et spes n. 4), et d’y apporter des « réponses éternelles », est invitée à redécouvrir de façon toujours plus profonde et vitale que Jésus-Christ, le Seigneur crucifié et ressuscité, est «la clé, le centre et la fin de toute histoire humaine». Telle est bien la mission de l’église et non de recommander des formes d’éco-gestes qui n’ont rien d’une « réponse éternelle ».

Jean-Paul 2 explique que « dans la perspective de la foi chrétienne, l'invitation à discerner les signes des temps correspond à la nouveauté eschatologique introduite dans l'histoire par la venue du Logos parmi nous (cf. Jn1, 14). En effet, Jésus invite au discernement à l'égard des paroles et des œuvres, qui témoignent de l'avent imminent du Royaume du Père. Il oriente et concentre même tous les signes dans l'énigmatique «signe de Jonas». Et, grâce à cela, il renverse la logique terrestre visant à chercher des signes qui confirment le désir d'affirmation personnelle et de puissance de l'homme. Comme le souligne l'apôtre Paul, «alors que les Juifs demandent des signes et que les Grecs sont en quête de sagesse, nous proclamons, nous, un Christ crucifié scandale pour les Juifs et folie pour les païens» (1 Co 1, 22-23). ... Le Christ a le premier vaincu en lui-même la «tentation» diabolique de se servir de moyens terrestres pour accomplir la venue du Royaume de Dieu. Cela a eu lieu à partir du moment des épreuves messianiques dans le désert, jusqu'au défi sarcastique qui lui fut lancé lorsqu'il était cloué sur la croix: «Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix!» (Mt 27, 40). En Jésus crucifié se produit comme une transformation et une concentration des signes: il est lui-même le «signe de Dieu», en particulier dans le mystère de sa mort et de sa résurrection. Pour discerner les signes de sa présence dans l'histoire, il faut se libérer de toute prétention matérielle et accueillir l'Esprit qui «sonde tout, jusqu'aux profondeurs de Dieu» (1 Co 2, 10)..»  (Audience générale du 23 sept. 1998).  

Mardi 3 mars 2020 - Chartres (28)

Pause-Diocèse : arrêt devant le labyrinthe de la cathédrale de Chartres, symbole du chemin du pèlerin errant dans tous les sens pour marcher vers Dieu... À certains moments, le pèlerin s’éloigne du centre! À d’autres, il croise quelqu’un qui pèlerine en marchant dans la direction opposée, mais tous sont attirés par le centre.

Lundi 2 Mars 2020 -
Maintenon (28)- Chartres(28) = 18,7 km / 81,7 km

Arrêt chez un des laïcs participants à l’A.G. des évêques de Lourdes: occasion de dialogue et d’échanges...

Dimanche 1er mars 2020 -
Gallardon (78) -Maintenon(28) = 12,3 km / 63,0 km

Messe à Gallardon, sanctuaire de la Miséricorde, avec trois reliquaires de grands saints polonais: Sainte-Faustine, Saint-Jean-Paul 2, ... et Saint-Stanislas!

Samedi 29 février 2020 -
Chevreuse(78) - Rambouillet(78) = 18,7 km / 50,7 km

Rambouillet : paroisse d’accueil! Label mérité grâce à une secrétaire qui, en l’absence du curé, prend l’initiative de trouver deux familles de paroissiens accueillants. Occasion de dialogues et de témoignages autour de l’écologie.

Évangile du jour:  « je suis venu pour convertir les malades ».
Commentaire de YouPRAY : "Dans la tradition juive le texte des juifs hassidiques, le rabbi Shneur-Zalman avait coutume de dire et de raconter : jadis, du temps de ma jeunesse, enflammé d’un zèle au service de Dieu, je voulais convertir à Dieu le monde entier.
Puis je ne tardais pas à comprendre qu’il me suffirait de ramener à Dieu les seuls habitants de ma ville.
Je m’y efforçais un bon bout de temps sans cependant y réussir alors je me rendis compte que je m’étais fixé  de trop larges objectifs et je me  rabattis sur  les membres de ma propre maisonnée. Mais je ne suis pas arrivé non plus à les convertir en Dieu.
Alors mes yeux se sont décillés.
C’était à moi-même de me rectifier pour servir Dieu dans la vérité. Cette conversion-là, je ne suis pas parvenu, non plus, à l’accomplir.
Alors voilà ce qui nous reste à faire ; il y a un proverbe qui dit : conversion bien ordonnée commence par soi-même".

Vendredi 28 février 2020 - 
Versailles (78)- Chevreuse (78) = 15,2 km /  32,0 km

Échanges, en marchant, autour du thème de la peur, la peur des catastrophes dites écologiques, la peur du Coronavirus, toutes ces peurs érigées en système de gouvernements. 

L’antidote de la peur, c’est la joie: Jésus en a tellement parlé : « Soyez dans la joie » et « n’ayez pas peur ! ».
La peur, subrepticement, s’immisce dans nos vies familiales, professionnelles,  politiques, culturelles ou sociales. Cette peur, parfois, empêche de dormir, pollue les relations à l’autre, freine les ardeurs créatives ou rend la volonté sourde aux aspirations les plus profondes du cœur : peur de ne pas avoir, de ne pas savoir, de ne pas pouvoir, de se faire avoir…
Et, « en même temps, nous confondons parfois la joie avec le plaisir, le fun, l’éclate, la gaieté. La joie n’est ni à vendre sur les trottoirs de Pigalle, ni livrée avec la conduite d’une BMW.
La joie pour laquelle nous sommes faits nous touche tout entier: corps, esprit et cœur.
  • corps avec notre plaisir de danser, de chanter, d’embrasser, d’humer, de caresser, de manger, de boire…
  • esprit avec notre jubilation de comprendre, de connaître, d’imaginer, de communiquer, de contempler…
  • cœur, demeure de Dieu en nous qui nous permet d’aimer, de recevoir et de donner, de remercier…
Vouloir ne plus avoir peur, c’est une chose ; le vivre, c’est autre chose. Car la joie n’est pas un truc de riche. La joie ne vient pas de comportements exemplaires. La joie ne se commande pas sur iPhone mais s’accueille de plus loin, de plus haut, de plus profond. Elle est à partager sans modération par nos visages et nos louanges. 
Paradoxalement, la joie n’évacue pas la souffrance. Elle se tient au contraire dans le renoncement, dans l’acceptation paisible, dans la patience et dans une douceur tranquille face aux assauts de la vie.
Pour faire face aux peurs écologiques, recevons la joie qui est un don de Dieu... au risque de paraître pour un inconscient, un incompétent en matière écologique, un "illuminé de service" ou un désuet "ducon la joie". Le chrétien s’efforce d’accueillir ce don de Dieu – un acte de foi qui consiste juste à dire « oui » – pour accéder à la Joie parfaite

Jeudi 27 février 2020 - Versailles (78)

"Pause diocèse", c'est à dire, journée sans marche pour rester à disposition du diocèse en cas de besoin. Aucun rendez-vous possible, ni avec Mgr. Aumonier, ni avec Mgr. Valentin, ni avec la responsable de « L’église verte » au sein du diocèse dont les coordonnées m'ont été communiquées par le diocèse.
Réaction d'un ami: "Je suis admiratif ... même si je ne comprends pas tout de ta démarche. Je te rejoins au moins sur un point; prendre la route! (Quand tu aimes il faut partir ...Blaise Cendrars)".
Évangile du jour "Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même" (Luc 9, 22-25)

Mercredi "des Cendres" 26 février 2020 -
Paris (75) - Versailles (78) = 16,8 km

Départ de Paris- Messe à 8h à la chapelle de la médaille miraculeuse, 140 rue du Bac, où est apparue la Vierge à Catherine Labouré, entrée en janvier 1830 comme postulante chez les "filles de la Charité".
Le 18 juillet 1830, la Sainte Vierge lui apparaît: elle désigne de la main l’autel où repose le tabernacle et lui dit : "Venez au pied de cet autel. Là, les grâces  seront répandues sur toutes les personnes qui les demanderont avec confiance et ferveur".
Le 27 novembre 1830, la Sainte Vierge apparaît de nouveau à Catherine dans la chapelle. Elle se tient debout sur le demi-globe terrestre, ses pieds écrasant le serpent. La Vierge porte dans ses mains un petit globe doré surmonté d’une croix qu’elle élève vers le ciel: "Cette boule représente le monde entier, la France et chaque personne en particulier". Des rayons éclatant  sortent de ses mains: "Ces rayons sont le symbole des grâces que je répands sur les personnes qui me les demandent". Puis un ovale se forme autour de l’apparition et Catherine Labouré voit s’inscrire en demi-cercle cette invocation en lettres d’or : "O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous" pendant que la Vierge lui dit: "Faites, faites frapper une médaille sur ce modèle. Les personnes qui la porteront avec confiance recevront de grandes grâces".
Mercredi des Cendres! Concours de circonstances pour un départ en pèlerinage. Tout un symbole! Pourtant saint Matthieu (6,1-6.16-18) recommande de ne "pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle..., aiment à se tenir debout aux carrefours... pour obtenir la gloire qui vient des hommes "... Appel contradictoire avec la 1ère lecture du jour: "Sonnez du cor dans Sion : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une fête solennelle, réunissez le peuple" (Joël 2,12-18)... 
Que ce pèlerinage soit à la fois source de conversion personnelle et de conversion de nos pastorales écologiques. Pour la première, "prier le Père qui est présent dans le secret" (Matthieu 6), et pour la seconde, veiller à ne pas s'"exposer ...à l'insulte et aux moqueries" (Joël 2,12-18).

Jeudi 20 février 2020 - Paris J-6

Encouragement d'un autre moine: "Ces deux mots, pèlerinage et dialogue, vont très bien ensemble. Les deux évoquent un déplacement local, intellectuel, spirituel, un changement de lieu, de position ou de positionnement, et avant tout une ouverture à l'inconnu, au nouveau, à l'autre et à l'Autre".

Dimanche 16 février 2020 - Paris J-10

Encouragements d'un moine, ancien abbé de monastère bénédictin, apprenant le projet de pèlerinage : "Je vous félicite d'entreprendre ce pèlerinage courageux aux grands sanctuaires marials de notre pays pour confier à la Vierge la cause de l'écologie intégrale et rencontrer les chrétiens qui voudront bien faire un bout de chemin avec vous. C'est une démarche originale et consonante avec l'esprit de synode (marche ensemble) que le pape François veut insuffler à l'Église. J'espère de tout cœur que vous aurez la force et la santé de mener à bien votre entreprise et que votre bonne connaissance du dossier du réchauffement climatique permettra d'ajuster et enrichir la position de l'Église. 
Je vous souhaite bonne route et vous assure de ma prière et de mon amitié