En matière de santé: peur du virus, du cancer, du handicap, de la mort ; en matière de sécurité: peur dans les trains de banlieue, des casseurs dans les manifs, du viol de nos jeunes filles, des immigrés  en matière d’écologie : peur des OGM, du réchauffement climatique, de la disparition de l’ozone, du glyphosate, d’une pénurie d’eau, des virus coronariens, des pesticides, de la 6ème extinction des espèces et des abeilles, de la surpopulation, de la raréfaction des ressources et du jour du dépassement planétaire, de la sixième extinction des espèces, peur pour les générations futures…
De quoi n'avons-nous pas peur ?
La peur ne serait-elle pas devenue un instrument de gouvernance ?
Qui et comment sont véhiculées ces peurs ? Les gouvernants qui, avec des règles et des interdits, ne font en réalité qu’amplifier les craintes, accroître la crédulité sur les risques, … Les medias qui jouent de la peur pour vendre du papier à des lecteurs rêvant de trouver le lendemain une nouvelle plus rassurante. Hélas … !
La jeunesse est particulièrement exposée, faute d’expérience, elle n’a pas appris à prendre du recul sur les allégations anxiogènes. Les programmes scolaires considèrent le consensus comme un acquit de la science, alors que le consensus n’est qu’un argument d’autorité qui n’apporte aucune autorité aux arguments avancés.
En des temps où, même les chrétiens, ont des difficultés à croire à l’existence du démon, on est en droit de s’interroger : la peur serait-elle d’essence diabolique ?
Le bon moyen de résister à la peur : la joie ! "N'ayez pas peur! … Soyez dans la joie"  (Jean 6, 20  ... Matthieu 5, 12),  "dans la joie … que donne l'abondance de toutes choses"   (Deutéronome 28, 47).

Analyse "les2ailes.com"

1- La raison pour combattre le mensonge et la peur

On pourrait évoquer les peurs en matière de santé : peur des virus coronariens, du cancer, du handicap, de la mort ; ou en matière de sécurité: peur dans les trains de banlieue, des casseurs dans les manifs, du viol de nos jeunes filles, des immigrés…
Restons-en aux questions écologiques :

  1. Peur des OGM?
  • Et pourtant, ils n’ont jamais fait un mort : point besoin d’étude de laboratoires sur quelques rats quand chacune des millions de carcasses de porcs et de bovins, nourris au maïs OGM, font l’objet d’inspection de vétérinaires dans les abattoirs.

b. Peur du réchauffement climatique?

  • Et pourtant les explications anthropiques ne sont fondées que sur 150 ans d’observation rendant impossible toute explication des causes de la période chaude médiévale, du temps où le Groenland était une terre verte, ni à expliquer le petit âge glaciaire, du temps de la Berezina. Et pourtant, ne calculant que des « probabilités subjectives ».
  • Et pourtant, le Giec reconnait qu’il n’est pas indispensable  « que chaque aspect de la réponse à un facteur causal …soit correctement simulé »[1] .
  • Et pourtant, le Giec élimine certains facteurs pour limiter la complexité, en particulier le rôle des nuages et ne retient que « des conditions de ciel clair[2].
  • Et pourtant les principaux centres de modélisation climatiques paramètrent leurs modèles « pour obtenir les propriétés souhaitées »[3].
  • Et pourtant, le Giec estime qu’un modèle « n’exige ni n’implique que chaque aspect de la réponse au facteur causal en question soit correctement simulé»[4].
  • Et pourtant des milliers de publications attribuent la période chaude contemporaine à des variations d’activité solaire[5]

c. Peur de l’acidification des océans ?

  • Pourtant il n’existe pas d’indicateur mondial permettant de mesurer les évolutions moyennes sur de longues périodes[6].

d. Peur d'une recrudescence des typhons, sécheresses et inondations?

  • Pourtant le Giec lui-même reconnaît que ces phénomènes ne sont pas corrélés avec le réchauffement climatique[7]

e. Peur des migrations climatiques?

  • Pourtant on entretient la confusion avec les migrants de la pauvreté et les migrants résultants de catastrophes naturelles hors phénomènes climatiques[8].

f. Peur de la disparition de l’ozone?

  • Et pourtant, même les organes de l’accord de Montréal reconnaissent « la capacité de lier les changements d'ozone aux changements d'UV-B sur des échelles de temps relativement longues»[9].

g. Peur des particules fines? Certes, au plan local, il faut dépoussiérer les cheminées des usines, investir dans des pots d’échappements modernes,…

  • Mais, pourtant, au plan planétaire, l’impact humain n’est rien au regard des vents de sable, des poussières volcaniques et des pollens qui traversent les océans[10]

h. Peur des pesticides, des poisons dans mon assiette?

  • Et pourtant les allégations santé les plus mises en avant, comme celle concernant le glyphosate, ont fait l’objet d’une étude épidémiologique qui « n'a révélé aucune association statistiquement significative avec l'utilisation de glyphosate et le cancer, »[11].

i. Peur de la 6èmeextinction des espèces et de la disparition des abeilles?

  • Et pourtant, au plan planétaire, il n’existe aucun indicateur permettant de modéliser une sixième extinction des espèces[12] Même l'IPBES (Giec de la biodiversité) le reconnait [12 bis]

j. Peur de la surpopulation, de la raréfaction des ressources et du jour du dépassement planétaire?

  • Et pourtant, la principale ressource naturelle est l’homme. Il existe autant de manières d’exploiter les ressources limitées que de jouer du piano sur un clavier limité à 88 touches.
  • Et pourtant le calcul de l’empreinte écologique intègre l’équivalent d’une planète « virtuelle » au seul objectif de recycler les émissions de CO2[13]

k. Peur d’une pénurie d’eau?

  • Et pourtant, il pleut plus de 20 fois les besoins humains, sans compter les ressources océaniques. Le problème est économique pour l’accès à l’eau potable[14].

En bref, peur pour les générations futures… De quoi n'avons-nous pas peur ? 

2- La peur, moyen  de gouvernance?

Qui et comment sont véhiculées ces peurs ? Les gouvernants, avec des règles et des interdits, ne font en réalité qu’amplifier les craintes, accroître la crédulité sur les risques, … Les médias jouent de la peur pour vendre du papier à des lecteurs rêvant de trouver le lendemain une nouvelle plus rassurante. Hélas … !
La peur ne serait-elle pas devenue un instrument de gouvernance ?

Les citations ne manquent pas:
- "Celui qui contrôle la peur des gens devient le maître de leurs âmes"  (phrase attribuée à Nicolas Machiavel)
- « Le mensonge et la crédulité s’accouplent et engendrent l’opinion » (Paul Valéry)
- « Ceux que la peste aurait épargnés mourraient quand même – de terreur ! ». (Gustave Thibon, « l’Homme devant la nature », 1973)
- « le peuple peut toujours être amené à suivre les ordres des dirigeants. C'est assez simple. Il suffit de dire aux gens qu'ils sont attaqués ». (Propos qu'aurait tenu Hermann Göring, Président du conseil ministériel d'Hitler, au psychologue Gustave Gilbert, dans sa cellule à Nuremberg).

Avec l'écologie, il ne s'agit plus d'une attaque extérieure, ni d'un voisin ni d'un virus, mais de rendre coupable celui-là même qui se sent menacé.
On comprend les ravages que peuvent faire ces mécanismes de peur auprès des jeunes: "NoKids" et  "KillYourself" deviennent des éco-gestes recommandés.

Le Club de Rome, très influent à l'ONU, a bien compris le mécanisme suggéré par Göring:

"Peut-on vivre sans ennemis? Chaque État a été tellement habitué à classer ses voisins comme ami ou ennemi, que l'absence soudaine d'adversaires traditionnels a laissé les gouvernements et l'opinion publique avec un grand vide à combler. 
De nouveaux ennemis doivent être identifiés, de nouvelles stratégies imaginées, et de nouvelles armes mises au point. Les nouveaux ennemis sont différents dans leur nature et leur positionnement, mais ils ne sont pas moins réels. Ils menacent la race humaine tout entière, et leurs noms sont la pollution, pénurie d'eau, la famine, la malnutrition, l'analphabétisme et le chômage. Cependant, il semble que la sensibilisation des nouveaux ennemis, soit encore insuffisante pour réaliser la cohésion et la solidarité mondiale dans cette lutte. L'échec de nombreuses idéologies a supprimé certains des points de référence nécessaires » (« The first Global revolution – A report by the Council of the Club de Rome », p. 70-71).

Le rapport du Club de Rome propose cette conclusion étonnante :

« Dans la recherche d'un ennemi commun contre lequel nous pouvons nous unir, nous sommes arrivés avec l'idée que la pollution, la menace du réchauffement climatique, les pénuries d'eau, la famine et autres, ferait l'affaire. Dans leur totalité et de leurs interactions ces phénomènes constituent une menace commune qui doit être confrontée à tout le monde ensemble. Mais en désignant ces dangers "ennemis", nous tombons dans le piège, dont nous avons déjà mis en garde les lecteurs, à savoir la confusion entre les symptômes et les causes. Tous ces dangers sont causés par l'intervention humaine dans les processus naturels, et ce n'est qu'à travers un changement d'attitude et de comportement qu'ils peuvent être surmontés. Le véritable ennemi, alors, c'est l'humanité elle-même » (p. 75).

On devine à demi-mot que le problème n’est donc pas de savoir si « la pollution, la menace du réchauffement climatique, les pénuries d'eau, la famine » sont ou non de vrais problèmes. Ce qui importe c’est de se servir de la peur comme d’une vertu agglutinante pour les sociétés et de s’en servir pour faire avancer la cause de la « gouvernance mondiale ».
Cette montée de la parole collective sur l’angoisse pourrait être positive : connaître et énoncer ses peurs, c’est déjà les combattre. Il suffirait de changer de regard, de déchausser les lunettes de la morosité ambiante pour prendre une mesure apaisée des évolutions positives comme des risques encourus par nos sociétés contemporaines. Or c’est tout le contraire qui se passe : loin de se réduire, nos peurs grandissent chaque jour un peu plus[15]

Le maître-livre de Corey Robin, montre en quoi la peur constitue un levier fondamental de pouvoir, même dans une démocratie libérale comme la nôtre. L’auteur conjugue ici une analyse historique de l’idée de peur (de Hobbes à Hanna Arendt en passant par Montesquieu et Tocqueville) … La peur monopolise notre existence dans tous les domaines, politique, économique, psychologique, sociologique. C’est une véritable maladie contemporaine. La peur évoque toute l’histoire de l’humanité[16]

3- La peur, garde-fou nécessaire? ou suggestion du démon?

Nous vivons tous avec nos peurs, intimes ou collectives. La peur est une composante majeure de l’expérience humaine… La peur est certes nécessaire mais il faudra bien réussir à ce qu’elle ne garde qu’une place de garde-fou, et apprendre à la surmonter pour vivre… la peur, et c’est heureux, la peur est aussi un objet poétique et magnifique sujet pour les productions artistiques et culturelles, et le plaisir d’avoir peur fait partie des expériences fondatrices de l’enfance et de l’adolescence.
La peur est une émotion qui joue à ce titre un rôle fondamental : vive, elle appartient comme les autres désirs à la nature humaine telle que créée par Dieu. En ce sens, la peur est utile à l’homme, le divin ne donnant rien au hasard à sa créature. Cependant, et comme toutes les passions naturelles, elle doit être soumise à la volonté et orientée de manière salutaire. Sa valeur morale dépendant in extenso de son bon gouvernement selon la possibilité permise par le libre arbitre donné à l’individu.
Ne pas s’enfermer dans la peur de la mort, c’est pouvoir la penser comme une étape et s’orienter vers la bonne conduite nécessaire à la vie future de l’âme. Au sein d’une réflexion médiévale plus large sur la valeur des émotions attribuées par Dieu à la nature humaine, la peur est ambivalente et, ni bonne ni mauvaise, elle demande la bonne orientation d’une nature raisonnable[17].

Mais Jacqueline Kelen, auteur de « Le diable préfère les saints » explique que la peur est aussi « un des moyens qu’utilisent le diable comme les hommes pour déstabiliser…. La peur, l’intimidation, l’humiliation, font perdre tous ses moyens, physiques, moraux ou spirituels. Il faut donc cesser d’avoir peur, ce qui est impossible si on n’a pas recours à Dieu »[18].

3.1- Dans la Genèse

2, 9 Yahvé Dieu fit pousser du sol toute espèce d'arbres séduisants à voir et bons à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.
2, 16 Et Yahvé Dieu fit à l'homme ce commandement: "Tu peux manger de tous les arbres du jardin.
2, 17 Mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu deviendras passible de mort."
3, 1 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme: "Alors, Dieu a dit: Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin?"
3, 2 La femme répondit au serpent: "Nous pouvons manger du fruit des arbres du jardin.

3, 3 Mais du fruit de l'arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit: Vous n'en mangerez pas, vous n'y toucherez pas, sous peine de mort."
3, 4 Le serpent répliqua à la femme: "Pas du tout! Vous ne mourrez pas!
3, 5 Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal."
3, 6 La femme vit que l'arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu'il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea.
3, 7 Alors leurs yeux à tous deux s'ouvrirent et ils connurent qu'ils étaient nus; ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des pagnes.
3, 8 Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l'homme et sa femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin.
3, 9 Yahvé Dieu appela l'homme: "Où es-tu?" Dit-il.

3, 10 "J'ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l'homme; j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché."

3, 11 Il reprit: "Et qui t'a appris que tu étais nu? Tu as donc mangé de l'arbre dont je t'avais défendu de manger!"
3, 12 L'homme répondit: "C'est la femme que tu as mise auprès de moi qui m'a donné de l'arbre, et j'ai mangé!"
3, 13 Yahvé Dieu dit à la femme: "Qu'as-tu fait là?" Et la femme répondit: "C'est le serpent qui m'a séduite, et j'ai mangé."

Quelle est le message de ces versets de la Genèse? 

a. Confusion entre les deux arbres du jardin d’Éden : Le serpent menteur !

Dieu parle de l’arbre de vie « au milieu du jardin » (§ 2.9). L’homme peut en manger comme « de tous les arbres du jardin » (§ 2.16).
Mais le serpent entretient la confusion en laissant entendre que Dieu a dit « Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin » (§ 3.1). Le serpent use ainsi d’une stratégie qui ressort clairement du texte : la fausse vérité !
Dès lors Ève est en pleine confusion et parle d’un autre arbre qui est au milieu du jardin : « l'arbre qui est au milieu du jardin, … Vous n'en mangerez pas, … sous peine de mort » (§ 3.3). Elle confond cet arbre avec l’arbre de vie qui est « au milieu du jardin » !
Ayant semé la confusion, le serpent change alors de stratégie en usant du vrai mensonge : « Pas du tout! Vous ne mourrez pas! » (§ 3.4).

b. Conséquence du mensonge : la peur !

Ève n’a pas peur du serpent. Au contraire, elle est séduite par les fausses vérités, et, dès lors, la peur s’installe : Adam et Ève « se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin … j'ai eu peur parce que je suis nu et je me suis caché » ! (§ 3,8-9).
Parole très actuelle : l’homme ayant perdu le sens de Dieu, se cache derrière un autre dieu, Gaïa, la nature, « les arbres du jardin ».
Comme en écho à ce texte de l'exode, la parabole des talents parle du 3ème serviteur "J'ai eu peur et je suis allé cacher ton talent dans la terre". (Matt 25, 14-30). Comme Adam, la terre est son refuge quand on a peur. 
Ayant peur de sa solitude, l'homme croit tout expliquer, le climat, la biodiversité, les océans. Il en a même peur, mais est victime des multiples « fausses vérités » qui lui font croire qu’il est le coupable de tout ce qui le menace. Il se prend pour Dieu créateur en imaginant que les programmes qu’il propose pourront éviter l’apocalypse. Or l’initiative de l’apocalypse est un privilège divin. 

c. Après la peur, le serpent diviseur

Dans la panique, la réponse est classique, ce n’est pas moi, c’est l’autre : "C'est la femme que tu as mise auprès de moi qui m'a donné de l'arbre, et j'ai mangé!... C'est le serpent qui m'a séduite, et j'ai mangé " (§ 3,12-13).
L'antique serpent ne cherche pas à faire peur à Adam et Ève, il se contente de dérouler un tapis de fausses vérités et de vrais mensonges qui a pour conséquence de déclencher en eux non pas la peur du diable mais... la peur de Dieu leur Créateur et la méfiance au sein du couple.

d. La division : une logique de mort

Quand la méfiance s’installe entre les hommes, ils s’entretuent. On connait l’issue fatale : « Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua » (§ 4, 8).
Parole très actuelle : pour sauver la planète, il faut se méfier de la démographie, voire la réduire.

3.2- La peur, stratégie démoniaque reconnue par de nombreux auteurs

Le serpent est souvent surnommé « le menteur », ou le « le diviseur ». De nombreux auteurs le décrive également comme l’instigateur de la peur.

a) Dans son roman « La Tactique du Diable », l’auteur C.S. Lewis donne à un vieux démon tentateur “Screwtape”  de faire part de son expérience à une nouvelle recrue “Wormwood”. Un auteur italien en a rédigé un pastiche et l'a offert à Gotti-Tedeschi, grand ami de Benoît XVI, pour qu'il le publie : « Wormwood– Et comment as-tu fait pour amener autant d’âmes en enfer à l’époque ? Screwtape– Grâce à la peur ».

b) Jean-Paul II explique que la nudité dont Adam et Ève ont soudain peur relève d’une « fracture constitutive dans l’intérieur de la personne humaine, presque une rupture de l’unité spirituelle et somatique originaire de l’homme. Pour la première fois, celui-ci se rend compte que son corps a cessé de puiser à la force de l’Esprit qui l’élevait au niveau d’ « image de Dieu ». »[19] (§2)
Cette rupture créé une peur. J’ai eu peur parce que j’étais nu. Le serpent a réussi à mettre la peur entre l’homme et son créateur, mais également entre Ève et lui : "C'est la femme que tu as mise auprès de moi qui m'a donné de l'arbre". Bref, lorsque la confiance meurt, la manipulation et la peur ont de beaux jours devant elles.

c. Un exorciste du diocèse de Paris explique : « Le démon est un voleur d’âmes… le démon agit par la peur et l’intimidation».[20]

d. Job vivait dans la peur. Au chapitre 3, il aura lui-même la révélation du pourquoi de son malheur : « Ce que je crains c'est ce qui m'arrive, ce que je redoute, c'est ce qui m'atteint. » (Job 3, 25). Quelle puissante vérité ! Certains diront : « Ce n'est pas de la peur, c'est de la sagesse, je veux juste mettre toutes les chances de mon côté ! » Alors là, il faut s'examiner soi-même et sonder la vraie raison de notre motivation : « Est-ce la peur ? ». Job a voulu mettre les chances de son côté, par crainte pour ses enfants, et cela lui a coûté cher[21].

e. Une Lettre pastorale de la Conférence des évêques de Toscane 1994 explique que « Tous les moyens qu'il est capable de mettre en œuvre pour induire l'homme à vouloir ce qu'il veut, sont la peur, la terreur et la fascination de l'esprit[22].

3.3- En résumé

Le démon utilise deux grands moyens pour chercher à nous lier. Il nous suggère la peur ou le péché. « La peur est mauvaise conseillère » dit un adage populaire. Le démon le sait. Il est l’auteur de la peur. Il suggère aux hommes d’avoir peur. Peur de Dieu, ou peur de lui, l’adversaire de Dieu. L’âme prise par la peur perd ses moyens. La peur empêche de prier et de poser un acte de foi. Elle trouble l’intelligence et le jugement. Elle paralyse la volonté. On sait que l’exhortation divine « N’ayez pas peur » revient 365 fois dans la Bible. Celui qui met sa foi en Dieu ne doit pas avoir peur, il doit garder la paix en tout circonstance[23].
Il est humiliant d’avoir peur et de se l’avouer, nous en minimisons irrésistiblement l’influence, préférant nous réfugier derrière des explications plus « rationnelles » du comportement des gouvernants comme des citoyens. 

3. Le bon moyen de résister à la peur : la joie !

"N'ayez pas peur! … Soyez dans la joie"  (Jean 6, 20  ... Matthieu 5, 12),  "dans la joie … que donne l'abondance de toutes choses"   (Deutéronome 28, 47).

Aucune politique ni aucune pastorale ne devrait collaborer avec la peur. La peur n'est jamais salvatrice. Seule la Vérité rend libre! Il y a là une véritable épine dans le pied de nos pastorales. Il faut vraiment extirper la peur de nos discours. C'est si tentant d'y avoir recours que c'est une opération délicate, bien illustrée par la statue du "cavaspina"[24] ("Le tireur d'épine").
Si nous voulons que les fidèles aient confiance en l'Église, elle doit extirper cette épine qui la blesse et l'empêche d'avancer. Elle doit annoncer la joie de l’évangile sans collaborer avec la peur et toutes sortes d’inquiétudes. Paul VI l’avait bien compris qui disait en 1972 avoir le sentiment que "la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu par quelque fissure". Il y a le doute, l'incertitude, l'inquiétude, l'insatisfaction, la confrontation. Nous ne faisons plus confiance à l'Église ; nous faisons confiance au premier prophète profane qui vient nous parler depuis un journal ou un mouvement social quelconque pour le poursuivre et lui demander s'il a la formule de la vraie vie. Et nous n'avons pas le sentiment d'en être déjà les maîtres et les enseignants[25].


[1]Attribution does not require, and nor does it imply, that every aspect of the response to the causal factor in question is simulated correctly”. (Climate Change 2013 – The Physical Science Basis: Working Group I contribution to the  5th assesment report  of the IPCC,   page 873)

[2] Giec-IPCC “Most intercomparison studies on RF of greenhouse gases are for clear-sky” IPCC, WG1 Fifth Assestment Report,  § 8.3.1, p. 8-18/124, ligne 17, www.climatechange2013.org/images/report/WG1AR5_SOD_Ch08_All_Final.pdf (consulté le 28/08/19)

[3] «22 of 23 groups reported adjusting model parameters to achive desired properties such as radiation balance at the top of the atmosphere”, source: Frédéric Hourdin, The Art and Science of Climate Model Tuning  (L’art et la science du réglage des modèles climatiques), American Meteorological Society , 9 juillet  2016, https://journals.ametsoc.org/doi/full/10.1175/BAMS-D-15-00135.1 , (consulté le 18/08/19)

[4]  “Attribution does not require, and nor does it imply, that every aspect of the response to the causal factor in question is simulated correctly”. GIEC-IPCC, “Climate Change 2013 - The Physical Science Basis: Woking Group 1 contribution to the fith assesment report of the IPCC” , p. 873,

www.ipcc.ch/site/assets/uploads/2018/02/WG1AR5_Chapter10_FINAL.pdf (consulté le 28/08/19)

[5] http://www.larminat.fr/les2ailes/index.php?option=com_content&view=article&id=665:une-avalanche-de-publications-contredisant-le-giec&catid=12&Itemid=101#_ftn10

[6] Létude "Planetary boundaries, publiée publié le 15 janvier 2015 par la revue Sciences express,  reconnait qu’« aucune nouvelle preuve n’a émergé pour suggérer que la limite initiale proposée (≥80% de la moyenne préindustrielle annuelle Ωarag mondiale) devrait  être ajustée » et que « l'hétérogénéité géographique est importante pour suivre la nature de limites pour les océans du monde ».

[7] « On peut dire avec un degré de confiance élevé que des inondations plus importantes que celles observées depuis 1900 se sont produites au cours des cinq derniers siècles dans le nord et le centre de l’Europe, dans l’ouest de la région méditerranéenne et dans l’est de l’Asie ». {Rapport GIEC - AR5 § 2.6.2 et 5.5.5}

« La confiance reste faible quant aux changements d’activités sur le long terme des cyclones tropicaux".... "les chiffres actuels n’indiquent pas de tendance significative dans la fréquence des cyclones tropicaux par rapport au passé" (« Rapport 2013 pour les décideurs » du Giec p. 7/60)

[8] Un rapport de référence : "Global Estimates 2014 - People displaced by disasters" , établi par deux institutions reconnues par l’ONU, le Norwegian Refugee Comite (NRC)  et l’Internal Displacement Monitoring Centre  (IDMC), donnent la liste de "catastrophes liées aux risques géophysiques" en précisant qu’il s’agit de "risques naturels liés au hasard ". Les chiffres indiquées sont, par ordre décroissants :  Typhon Haiyan = 4.1 millions de personnes déplacées,  Typhon Trami = 1.7 millions, Tremblement de terre de Visayas = 0.35 millions,  Typhon Man-Yi (Japon) = 0.260 millions,  Inondations Alberta canada = 0.120 millions... Les grands évènements ne sont pas liés au changement climatique. "Les chiffres, dit l’étude, ont augmenté parce que les villes ont triplé de dimension, parce que les mesures de prévention sont plus efficaces et qu’il y a donc plus de survivants qui sont déplacés".

[9] Dix ans après l’adoption du protocole de Montréal, un rapport officiel de son organe de gouvernance a d’ailleurs reconnu l’impact des variations de rayons UV : « Des augmentations locales des UV-B ont été mesurées en 1992/93 aux latitudes moyennes et élevées de l'hémisphère Nord. Les signatures spectrales des améliorations impliquent clairement l'ozone anormalement bas observé au cours de ces années, plutôt que la variabilité de la couverture nuageuse ou de la pollution troposphérique. De telles corrélations renforcent la capacité de lier les changements d'ozone aux changements d'UV-B sur des échelles de temps relativement longues » (Rapport WMO 1994, résumé pour décideurs, p. xx). C’est confirmé dans le cœur du rapport : « Les variations du flux ultraviolet solaire (UV) peuvent affecter les quantités et profils d'ozone de la colonne, les changements les plus importants se produisant dans la haute stratosphère (Hood et al., 1993, Brasseur, 1993, Fleming et al., 1994). » (Rapport WMO 1994, § 4.16, p.210). Mais aucune conclusion pratique n’a été tirée de ces observations. Y a-t-il une réelle volonté de comprendre ? Dans le rapport de 2010, tout un chapitre est consacré à l’hypothèse solaire, mais la conclusion est « L'origine d'une telle réponse dynamique au cycle solaire n'est pas totalement comprise » (rapport WMO 2010, § 2.4.3.2).

[10] http://www.larminat.fr/les2ailes/index.php?option=com_content&view=article&id=100:malthus-revient-avec-des-limites-planetaires-9-les-particules-fines&catid=83&Itemid=110

[11] L'étude épidémiologique publiée dans le Journal of the National Cancer Institute (JNCI du 9 nov. 2017
Le protocole retenu prévoyait l’observation de 54.000 agriculteurs et a duré plus de 20 ans. Elle a observé un grand nombre d'habitude de vie des personnes retenues, alimentation, addictions, poids, exposition à cinq autres pesticides… L’étude était longitudinale, c'est-à-dire qu’elle a suivi des agriculteurs pendant cinq ans. L’étude était ciblée cancer par cancer, au motif que des données générales auraient pu masquer l’existence d’un cancer meurtrier dû au glyphosate. 
Le sérieux de ce protocole a été reconnu : « C’est un excellent travail scientifique, robuste et sérieux », a affirmé au Figaro le Dr Luc Multigner, épidémiologiste et directeur de recherche à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). 

[12] Létude "Planetary boundariessur la biodiversité, publiée publié le 15 janvier 2015 par la revue Sciences express,  reconnaît qu’il « peut y avoir un risque important dans l’utilisation du taux d’extinction comme variable de contrôle ». Malgré tout, l’étude estime que la limite du taux de perte de PSV ne devrait pas dépasser celui constaté au cours de l’Holocène ! Faute de le connaître, elle propose de  se rabattre sur la limite, bien qu’imparfaite, de 1 à 10 millions d’années-espèces. L’étude reconnaît que « nous ne savons ni les niveaux, ni les types de perte de biodiversité,  qui peuvent éventuellement déclencher des changements non linéaires ou irréversibles du Système-Terre ».

[12 bis] Le G.I.E.C. de la biodiversité qu’on appelle l’I.P.B.E.S (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services éco-systémiques),  reconnaît qu’il "existe d’importantes lacunes dans les données disponibles pour construire et tester les scénarios et les modèles". (IPBES- Analyse méthodologique des scénarios et des modèles de la biodiversité et des services écosystémiques (produit 3 c) - Résumé à l’intention des décideurs,  - Principale Conclusion n° 3.5., p. 15 , 25.11.2015 , www.ipbes.net/system/tdf/downloads/IPBES-4-4_FR.pdf?file=1&type=node&id=13340 (consulté le 28/08/19))

[13] http://www.larminat.fr/les2ailes/index.php?option=com_content&view=article&id=384:l-empreinte-ecologique-ou-empreinte-ideologique-sur-les-consciences&catid=49&Itemid=110

[14] http://www.larminat.fr/les2ailes/index.php?option=com_content&view=article&id=102:malthus-revient-avec-des-limites-planetaires-7-l-eau-potable&catid=78&Itemid=110

[15] DAKHLI Leyla, MARIS Bernard, SUE Roger, VIGARELLO Georges, Gouverner par la peur, Collection 451 Transversales, Fayard, 2007, p. 7 - 8. (in Clémence Codron, « La surveillance diffuse : entre Droit et Norme » Université du Droit et de la Santé - Lille II, 2018. Français. ffNNT : 2018LIL2D002ff. fftel-01905217, p.143)

[16] « Politique de la peur » 30 Septembre 2010

[17] Elise Vernerey  « Nuisance et bon usage de la peur »

[18] Jacqueline Kelen, auteur de Le diable préfère les saints (Cerf), » Quels remèdes contre le mal ? » (in La Croix)

[19] Jean Paul II  Audience générale 28.5.1980 (§ 2)

[20] Père Jean-Pascal Duloisy, exorciste de l’archidiocèse de Paris, in « Le démon est un voleur d’âmes » (France Catholique 8.1.2020)

[21] Michael Lebeau, Pasteur, serviteur de Dieu, EMCI tv,

[22]« L'ÉGLISE DANS LE MONDE MAGIE ET DÉMONOLOGIE » Lettre pastorale de la Conférence des évêques de Toscane 1994 (Texte italien dans Il Regno-Documenti, 1er octobre. Traduction de la DC. La Conférence épiscopale de Toscane ( Le 15 avril 1994). Page 65

[23] Père Christophe Liony, Paroisse Notre Dame de Bon Secours, Homélie du 4ème dimanche TO, janvier 2018.

[24] Copie en marbre de 85 cm de haut, réalisée par un anonyme à la fin du XVI° siècle (ou 4-5° siècle selon les sources) et probablement achetée par le Cardinal  Scipion Cafarelli-Borghèse qui construisit la Galerie Borghèse et y rassembla, à partir de mars 1613, une importante collection d'oeuvres d'art. Cette copie est présentée dans la Galerie Borghèse, sala n° 9 du Didone.
Le modèle en bronze beaucoup plus ancien et daterait du 1° siècle avant JC. Le pape Sixte IV avait présentée au peuple romain le 15.12.1471 avec un groupe d'autres bronzes remarquables (dont la Fameuse Louve). Conservés au "Campus Lateranensis" (Latran), il les fit transférer au Musée du Capitole. L'historien Ludovico REBAUO propose une lecture de la donation au Peuple Romain des bronzes du Latran par Sixte IV en un sens non pas humaniste mais politique, comme une prise de distance vis-à-vis de la passion très contestée de Paul II de collectionner, et, en même temps, comme un acte de conciliation envers les institutions municipales. Cette donation est commémorée par une inscription, datée du 15 décembre 1471, que les Conservateurs Giovanni Il peri ni, Filippo Palosci et Nicolo Pinciaroni, en qualité de procuratores, placèrent sur le Capitole: "Sixte IV grand pontife, dans son immense bienveillance, a estimé que les insignes statues en bronze, monuments d'excellence et de vertu antiques, devaient être rendues et données au peuple romain dont elles proviennent".

[25] Paul VI, « Homélie du 29 juin 1972 »